Dalton Trumbo

Écrit par Werner Dejaeghere

Dalton Trumbo (sobrement Trumbo en V.O.), biopic sur le célèbre scénariste hollywoodien du même nom qui vers la fin des années 50 jusqu’en 1960 fut placé sur les listes noires d’Hollywood à cause du maccarthysme. Il faisait partie des « Dix d’Hollywood », lui et d’autres scénaristes et réalisateurs furent interdit d’exercer leur travail dû au fait d’une attitude communiste. Le film s’attarde sur cette période-là de la vie de son personnage, une excellente idée d’autant plus que Dalton Trumbo est un pur biopic calibré pour les Oscar. Il n’y a pas grand-chose à en dire en termes de pur cinéma, Trumbo est un film qui se regarde comme une leçon, leçon dès plus plus intéressante d’ailleurs. Ici on oscille entre le biopic et la page Wikipédia sans que ça soit l’un ou l’autre et pourtant les deux à la fois.

Synopsis :

Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

(Source : AlloCiné)

C’est Jay Roach qui s’occupe de réaliser le projet, on lui doit la trilogie Austin Powers ou encore les deux premiers films de la trilogie Mon Beau Père. Un réalisateur de comédie en somme. Ça se ressent dans le film, mais surtout ça le sert idéalement. On le disait plus haut, Trumbo est un biopic taillé pour les Oscar entre la reconstitution, le sujet et la performance d’acteur et ça sentait mauvais, car ça voulait dire académisme pesant à la limite de l’ennui malgré le sujet. C’était sans compter sur Roach qui amène toute sa décontraction et son savoir-faire comique pour contourner et élever ou en tout cas emmener son film plus loin qu’une simple machine calibrée qui manque d’âme, il évite le piège du film musée et sa lourdeur qui l’accompagne. Trumbo ne se prend jamais au sérieux, en résulte un film qui amuse tout du long.

Le film raconte autant l’Homme que l’Histoire et dans les deux cas il passionne. Trumbo est à la fois un hommage au travail et le génie de son personnage, ainsi qu’un portrait du maccarthysme et l’ambiance paranoïaque (synonyme ?) qui régnait aux États-Unis durant les 50’s. Sur le fond Jay Roach livre un film qui n’ennuie jamais, tandis sur la forme c’est un peu plus classique. Rien de bien extraordinaire mise à part dans les scènes utilisant des images d’archives, la seule bonne idée en termes de technique dans le film. Ici rien de mauvais, juste rien de surprenant ou d’innovateur, tout est faits de manière très sobre.

Trumbo vaut aussi pour son casting investi, chose rare dans un biopic il ne vaut pas que pour ses acteurs/trices. Bryan Cranston (Breaking Bad, Drive, ) en fait parfois trop, mais livre une belle performance, Louis C.K. (Blue Jasmine, American Bluff, ) livre une composition parfaite, Diane Lane (Rusty James, Man Of Steel, ) se montre toujours juste, Elle Fanning (Super 8, Maléfique, ) confirme un peu plus son talent, Helen Mirren (The Queen, Red, ) s’éclate, alors que John Goodman (The Big Lebowski, Argo) se montre une fois plus truculent.

Trumbo survole un peu son sujet et ses personnages, mais passionne malgré le côté « maccarthysme pour les Nuls ». Jay Roach signe un bel hommage qui sait maintenir l’attention grâce à un scénario toujours surprenant, mais aussi une ironie ambiante assez jouissive. Un biopic pour plaire au votant de l’Académie, mais qui évite tous les pièges du genre. Trumbo fait du bien.

Dalton Trumbo (Trumbo) de Jay Roach : 3,5/5

(sortie le 27/04/2016)

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Filed under Avril 2016

Les Tuche 2 – Le Rêve Américain

Écrit par Werner Dejaeghere

Huitième film de Olivier Baroux (Safari, L’Italien, ) qui continue sa descente dans les abysses de la comédie. Alors que ses premiers films étaient généreux autant dans l’humour que dans le récit, excepté le très bon Mais Qui A Re-Tué Pamela Rose, depuis 2011 avec Les Tuche, Baroux livre des films ringards où rien ne fonctionne. Les Tuche 2 – Le Rêve Américain est un pur exemple du fléau qui gangrène la comédie en France, le manque total d’ambition artistique. Ici pas une trace de cinéma, cette suite n’est qu’un assemblage de sketchs tout aussi lourds qu’ils sont gênants et qui a en plus ne se finit jamais. Quand vous croyez que le film a atteint des sommets de gêne, ça continue encore et c’est ainsi durant tout le long de cette interminable comédie.

Synopsis :

Les Tuche, une famille française modeste, voit sa vie changer après avoir gagné 100 millions d’euros au loto. Grâce à l’argent de ses parents, le benjamin de la fratrie, Donald, dit “coin-coin” part un mois à Los Angeles pour améliorer son anglais. C’est sur le campus de l’université de L.A. qu’il rencontre Jennifer, fille d’un célèbre financier américain. Donald, impressionné par cette famille qui est l’opposée de la sienne, se sent obligé de mentir sur les Tuche, persuadé que les deux familles ne se rencontreront jamais. Lorsque les Tuche vont débarquer à Los Angeles pour faire une surprise à Donald, les choses ne vont pas se passer comme prévu, mais alors pas du tout.

(Source : Cinebel)

Bénéficiant de l’effet de surprise, le premier film n’était pas extrêmement mauvais bien que d’un mauvais goût certain. Il avait le mérite de pousser son délire jusqu’au bout et s’avérait assez fascinant dans sa nullité, mais son énorme défaut était d’en rajouter des tonnes que ça soit dans les gags poussifs ou les acteurs qui font plus les bouffons qui ne les jouent. Les Tuche 2 – Le Rêve Américain est à la fois meilleur et pire que son prédécesseur, pire parce que ça continue sur la lancée du premier dans l’humour lourdingue où on en rajoute trop « pour le délire » et meilleur parce que cette fois-ci même si ça reste la plupart du temps gênant, il arrive par de rares moments à faire (sou)rire de manière assez naturelle, sans forcer. Baroux livre ce qui reste tout de même 1H34 d’une comédie non seulement laborieuse, mais aussi opportuniste parce qu’inutile.

Olivier Baroux ne réitère pas la fausse bonne surprise du premier film qui est devenu entre-deux un film culte pour un certain nombre de personnes voir un certain public. Cette suite faite que pour surfer sur le succès du précédent, mais peu importe l’intention elle reste inutile d’autant qu’ici il n’y a rien à garder d’une histoire vu mille fois à un humour poussif. Degré zéro de la comédie, Les Tuche 2 – Le Rêve Américain n’est qu’un festival d’accent souvent gonflant, toujours navrant. Baroux livre un film qui non content de prendre son public pour des imbéciles à rejouer tout un système de comédie éculée, il ne propose rien de plus qu’un prolongement où rien ne fonctionne. Un beau ratage sauvé du naufrage par sa sympathie et son casting impliqué, malgré tout Les Tuche 2 – Le Rêve Américain reste affligeant de médiocrité.

Les Tuche 2 – Le Rêve Américain de Olivier Baroux : 1,5/5

(sortie le 03/02/2016)

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Filed under Février 2016

45 Ans

Écrit par Werner Dejaeghere

Il y a de ses films qui savent qui ne resteront pas dans l’Histoire, mais qui existent pour ce qu’ils sont. 45 Ans est de ceux-là,  sans prétention aucune il se livre, se regarde et se déguste sans pour autant vouloir être plus. Andrew Haigh à qui l’on doit le méconnu Week-End livre un très joli film sur le couple, mais surtout sur le temps qui passe par le prisme de l’amour. 45 Ans se montre parfois très plat dû à une certaine distance par rapport à son sujet et ses personnages, aussi à cause d’une réalisation trop fixe qui rend le tout loin d’être ennuyeux, mais un peu froid. Qu’importe, à la fois plein de pudeur et sans fard, Haigh explore le couple dans un portrait d’une grande justesse et d’une élégance rare.

Synopsis :

Kate et Geoff Mercer sont sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45e anniversaire de mariage. Pendant ces préparatifs, Geoff reçoit une nouvelle : le corps de Katya, son premier grand amour, disparu 50 ans auparavant dans les glaces des Alpes, vient d’être retrouvé. Cette nouvelle va alors bouleverser le couple et modifier doucement le regard que Kate porte sur son mari…

(Source : AlloCiné)

Le film est emmené par un casting absolument prodigieux, deux interprètes qui portent le projet sur leurs épaules avec un talent monstre. Charlotte Rampling (Portier De Nuit, Sous Le Sable, ) et Tom Courtenay (La Nuit Des Généraux, Quartet, ) tous deux récompensés d’un Ours d’Argent pour leurs interprétations. Jouant de leurs images, assumant leurs vieillesses, ils composent leurs personnages avec une force tranquille magnifique. C’est simple, ils brillent de mille feux. Andrew Haigh les observe souffrir, s’aimer, vivre avec un naturel désarmant dans une chronique qui parle plus avec l’image que les mots, des silences qui veulent tout dire, des expressions qu’il capte, il montre tout, mais toujours avec pudeur. 45 Ans même dans son final où un personnage déclame son amour dans un discours, il n’a que faire des mots, ici on préfère regarder les personnages avant de les écouter.

45 Ans n’est bien entendu pas un grand film. Il y a des défauts que ça soit dans le rythme ou la réalisation, mais rien d’honteux loin de là. Tout passe par l’image, il est donc normal que par moments on puisse ressentir des longueurs (qui n’en sont pas vraiment). Andrew Haigh préfère observer et il a raison, car ici tout sonne juste. Il y a dans cette chronique de vie de gens simple qui se rappelle leur vie au travers de souvenir, une espèce de vérité universelle qui le rend attachant. 45 Ans c’est un beau sur l’amour, mais le fait de prendre un vieux couple permet de le voir se muer en œuvre sur le temps qui passe, ce mélange de joie et d’amertume, de ce qui fait la vie en somme se révèle touchant.

A. Haigh ne livre rien d’extraordinaire en termes de cinéma, mais son film tout à fait honorable à quelque chose de grand dans sa manière de regarder son sujet en face. 45 Ans est un petit film qui fait du bien, certes il n’a rien de révolutionnaire, mais voir ces deux acteurs fantastiques parler de ce qui fait l’amour et la vie avec un naturel sidérant à quelque chose de fort.

45 Ans (45 Years) de Andrew Haigh : 3/5

(sortie le 27/01/2016)

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Filed under Janvier 2016

Flop 2015

Écrit par Werner Dejaeghere

Classement à la fois facile et difficile à faire que celui des ratés de l’année. Facile parce que comme chaque année il y a évidemment de mauvais films, mais difficile parce que souvent on a eu mal devant, vraiment. On se dit que il mérite tous une place parce qu’ils sont à nos yeux tous mauvais, mais pourtant il faut faire un choix. Ce choix c’est ici, c’est maintenant, pour mon Flop 2015 ça ira de film foncièrement mauvais vers ce qui s’avère plutôt être des déceptions.

2015 à au-delà du Cinéma était une bien mauvaise année pour le Monde et c’est certainement pas les films (et tellement d’autres !) qui ont aidés. Cette année le site fut quasiment inactif, j’ai vu beaucoup moins de films (au total 125). J’ai essayé de privilégier les bons films dans une année globalement décevante et c’est pourquoi il n’y pas ces films qui au vu de la bande-annonce, le réalisateur, les acteurs, … auraient pu très certainement être dans cette liste : Cinquante Nuances De Grey de Sam Taylor-Wood, Pyramide de Grégory Levasseur, Entre Amis de Olivier Baroux, Tracers de Daniel Benmayor, Gunman de Pierre Morel, Poltergeist de Gil Kenan, Hitman : Agent 47 de Aleksander Bach ou encore Nos Femmes de Richard Berry.

Voilà une liste de 20 films qui font partis de ce qu’il y avait de pire cette année.

20. N.W.A – Straight Outta Compton de F. Gary Gray

On commence par une énorme déception, biopic sur le groupe mythique N.W.A par F. Gary Gray (Friday, Braquage À L’Italienne, ). On s’attendait pas forcément à quelques choses qui ne serait que pure vérité dans les faits où dans le portrait d’un groupe si hardcore au parcours assez remarquable, mais là c’est carrément de la rigolade. Compton devient juste un quartier black où les flics sont tous des gros nazis et où si t’as pas d’objectif t’es un branleur, rien d’un des quartiers les plus violents du monde, l’ascension du groupe est tellement lissée que ça en devient ennuyeux malgré un casting exceptionnel qui essaye de sauver le navire. N.W.A – Straight Outta Compton est à l’image du rap « gangsta », il a que de la gueule.

19. Tale Of Tales de Matteo Garrone (Il Racconto Dei Racconti)

Certainement LA déception de l’année, Tale Of Tales déçoit tant il avait du potentiel. Déjà ses acteurs, le casting avait de quoi faire saliver et puis surtout proposer un discours moderne au travers de conte. Au final Matteo Garrone (Gomorra, Reality, …)ce la joue premier degré tout du long dans un long-métrage qui assemble tout les pires clichés de ce qu’on peut penser d’un film qui va à Cannes. Il n’y a ici aucune magie et surtout aucune poésie, Tale Of Tales applique une espèce de réalisme qui se veut chic, mais où tout paraît toc. Garrone crée un paradoxe assez désolant, faire de toute fantaisie une surenchère grotesque, ce qui dans un film sur le conte est tout même un comble.

18. Everest de Baltasar Kormákur

L’un des films les plus surestimés de l’année, Everest c’est de grands acteurs, une grande aventure, de grands paysages et c’est surtout grandement mauvais. Tout ici relève plus ici du marche digestive que de l’expédition incroyable. Baltasar Kormákur (Contrebande, 2 Guns, ) brasse du vent pendent deux très longues heures où ils se passent trois péripéties dont on peut clairement se foutre et où il y a tellement de grosses ficelles qu’elles auraient pues servir pour l’ascension de l’Everest. Everest c’est le gros raté de l’année tant le projet était plein de promesse.

17. À 14 Ans de Hélène Zimmer

Hélène Zimmer n’a absolument rien à dire sur la jeunesse d’aujourd’hui du coup elle se contente de la regarder sans rien proposer. À 14 Ans réussi l’exploit de ne pas être ennuyer malgré le fait qu’il est vide de toute substance à part celles prises par ces jeunes qu’ils vomiront juste derrière et en prime on verra tout. Ici tout le monde à 10 de Q.I., tout le monde parle mal, les filles sont des connes et les gars des connards, c’est tellement caricatural que ça en devient risible. Un bon gros raté qui rappelle ces encore pire sitcom AB.

16. Cops – Les Forces Du Désordre de Luke Greenfield (Let’s Be Cop’s)

Comédie n’y faite, n’y à faire, Let’s Be Cop’s ce n’est que de la gêne. Jamais drôle malgré des dialogues bien envoyés, mais le pire étant que Luke Greenfield (Girl Next Door, Something Borrowed,) y va à fond dans le premier degré avec presque l’envie de réaliser un polar. Que ça soit dans son intrigue policière ridicule à son humour inoffensif tout est lourd.

15. Le Monde De Nathan de Morgan Matthews (X+Y)

Prenez Rain Man de Barry Levinson rajoutez lui encore plus de gros sabots puis le teen-movie rajoutez encore plus de clichés qu’il n’en a dans le genre, ajoutez-y une pincée de réalisme social à l’anglaise bien gonflant et mélangez le tout vous obtiendrez l’épreuve qu’est Le Monde De Nathan. Mis à part Asa Butterfield (Hugo Cabret, La Stratégie Ender, )qui s’en sort pas trop mal en autiste et un Rafe Spall (Prometheus, Mariage À L’Anglaise, ) plutôt bon en prof désabusé, rien à garder dans ce premier film de Morgan Matthews qui se vautre dans la niaiserie exaspérante.

14. Le Dernier Coup De Marteau de Alix Delaporte

Vous l’aurez peut-être compris juste au-dessus, j’ai dû mal avec le film social et quand celui-ci ressemble à tout les autres c’est encore pire. Le Dernier Coup De Marteau c’est les frères Dardenne sous xanax tellement il ne s’y passe rien ! Tout dans le film de Alix Delaporte (Angèle Et Tony) est inintéressant, du gamin qui essaye de retrouver un semblant de famille, du cancer de la mère, de la famille portugaise qui vient d’arriver, c’est pauvre, c’est ennuyeux et interminable. On gardera la beauté du cadre et l’excellent Grégory Gadebois (Le Prochain Film, Mon Âme Par Toi Guérie, ) ça reste peu.

13. Bis de Dominique Farrugia

En soit Bis est un film éminemment sympathique où même les deux comiques les plus utilisés de France que sont Kad Merad et Franck Dubosc (à l’affiche vingt films par an) ne sont même pas lourd. Le problème c’est que le Nul Dominique Farrugia (La Stratégie De L’Échec, Le Marquis, ) n’est plus tellement drôle depuis un bout de temps et aurait même tendance à virer au ringard, son film n’est qu’un enchaînement de situations attendues et de gag lourdingue. Il en reste quelques séquences qui fonctionnent plutôt bien et un casting étonnamment attachant, mais ça ne suffit pas à sauver ce Bis de la pauvreté scénaristique dont il souffre.

12. Charlie Mortdecai de David Koepp (Mortdecai)

Comme pour Bis, Mortdecai est en soi plutôt sympathique et même assez divertissant à tel point que je me demande comment il a fait pour finir dans ce classement. En fait ce film est un énorme nanar de luxe où les acteurs en font des tonnes. Entre grosse farce et très mauvais film, la nullité l’emporte toujours qu’importe le point de vue. David Koepp (Hypnose, Premium Rush, ) emballe le tout proprement pour un ensemble dès plus basique. De l’action à l’humour, Mortdecai se fait plus désespérant qu’autre chose.

11. 108 Rois-Démons de Pascal Morelli

Bouillie esthétique complète où l’animation se mêle au réel et inversement pour un résultat absolument dégueulasse. Pascal Morelli (Corto Maltese, La Cour Secrète Des Arcanes, Shuriken School, …) démontre de grandes ambitions, mais il se perds dans son projet. Certes intéressant et même parfois amusant, 108 Rois-Démons est tellement brouillon qu’il en devient lourd. Réellement moche, le film de Morelli ressemble plus à un jeu vidéo au graphisme digne de la Playstation 2.

10. Les Chevaliers Du Zodiaque – La Légende Du Sanctuaire de Keiichi Sato (Saint Seiya: Legend Of Sanctuary)

L’animation a beau être superbe, l’univers de la série Les Chevaliers Du Zodiaque en long-métrage est une abomination. Keiichi Sato (Asura, Black Butler, ) mêle un humour lourdingue qui fait passer tout les personnages pour des clowns et qui désamorce chaque enjeux ou émotions, enjeux qui en plus de ça se révèle très vite sans intérêt. Un bien triste film d’animation pour cet univers cultissime qui se transforme en véritable purge.

9. Valentin Valentin de Pascal Thomas

Le thriller est ici bien amené et même assez original, mais Valentin Valentin dérive sur une réflexion sur le désir qui rends le tout très pénible à suivre. Pascal Thomas (La Dilettante, L’Heure Zéro, ) livre un film qui veut à tout prix se faire intellectuel. Des dialogues récités au acteurs aux jeux surfaits, l’ensemble se transforme très vite en un calvaire juste gonflant.

8. Une Histoire Américaine de Armel Hostiou

Ça passe vite, ça s’oublie tout aussi vite, la faute à la banalité du projet qui fait tomber Une Histoire Américaine dans une vacuité totale. Armel Hostiou a être inspiré c’est tellement pauvre que tout devient fade alors que la tragédie sentimentale et une des choses les plus intéressante à voir. Dans la nouvelle vague de comédie française loin des codes commerciaux, celle-ci est déjà anecdotique. Même Vincent Macaigne (La Fille Du 14 Juillet, Eden, …) à l’air de s’y ennuyer !

7. Journal D’Une Femme De Chambre de Benoît Jacquot

Le rythme c’est surtout ça qui manque à Journal D’Une Femme De Chambre qui est tout de même doté d’une bonne histoire, mais c’est tellement lent dans son développement qu’on se fout de tout. Benoît Jacquot (Les Adieux À La Reine, 3 Cœurs, ) exploite à peine ses deux-trois pauvres idées et en oublie d’insuffler un peu de vie dans ce film d’époque complètement désincarné. Même les acteurs –Vincent Lindon– qui se demandent ce qui fout là n’y peut rien, rien à garder dans ce film dès plus médiocre.

6. Ouija de Stiles White

Depuis quelques années le cinéma d’horreur n’est plus que l’ombre de lui à quelques rares exceptions près. Ouija n’y échappe pas, nanar première classe où le frisson ne peut être que par un froid dans la pièce où vous le regardez. Stiles White dont c’est le premier film en tant que réalisateur impressionnerait en prenant le parti pris de ne rien montrer, ni même suggérer, ce qui est admirable vu l’explosion du quota de jump-scare idiot dans le genre, sauf que si en soit c’est agréable de pas avoir un film agressif qui gueule toute les deux secondes ici il n’y a malheureusement rien à raconter. Ouija ou le film d’horreur sans peur.

5. Into The Woods, Promenons-Nous Dans Les Bois de Rob Marshall (Into The Woods)

La comédie musicale, un genre qui si on est dans une bonne forme n’est pas forcément déplaisant et qui surtout revient depuis quelques années assez régulièrement. Into The Woods c’est une adaptation d’une pièce de Broadway par Disney. On y retrouve le musical hystérique qui a frappé Hollywood, celui qui part dans tout les sens et le pire de la chanson Disney bien énervante, l’insupportable qui reste en tête le tout emballé dans une esthétique immonde et durant deux (longues) heures. On saluera la tentative de relier les contes avec malice, mais Rob Marshall (Chicago, Nine, ) certainement en pause café durant tout le temps du tournage n’insuffle aucune idée à son film. On vous épargnera la critique des acteurs qui à part Emily Blunt (Looper, Sicario, …) sont tous navrants de ridicule, Meryl Streep (Out Of Africa, The Hours,) en tête qui ici continue son hécatombe cinématographique.

4. Robin Des Bois, La Véritable Histoire de Anthony Marciano

Je préfère même pas en parler. Je résumerais son infinie nullité par deux arguments qui obligatoirement vous feront fuir de ce qui ce fait de pire dans la comédie française. 1. Il y a Patrick Timsit et 2. Il y a un caméo de Matt Pokora. Voilà. C’est encore plus triste quand on sait que Anthony Marciano avait réalisé une des grosses surprises de 2013, Les GaminsMax Boublil était bon et surtout où Alain Chabat était hilarant comme il ne l’avait plus été depuis longtemps.

3. The Humbling de Barry Levinson

Énième crise existentielle d’un acteur hasbeen en fin de carrière, The Humbling ne propose rien de nouveau sur le sujet et donc ennui. Barry Levinson (Rain Man, The Bay, ) signe un gros brouillon de scénario qui put le déjà-vu, mais auquel on aurait tenté de cacher la médiocrité par des semblants de scènes originales. The Humbling est en fait plus triste qu’autre chose, triste de voir Al Pacino (la trilogie Le Parrain, Scarface) devenir de plus en plus mauvais, triste de voir Greta Gerwig (Damsels In Distress, Frances Ha, …) aussi insupportable et triste qu’en 2015 on cautionne encore de traiter un sujet aussi éculé avec aussi peu d’originalité. Levinson signe l’anti-Birdman, rien à montrer, rien à dire de nouveau et le tout doté d’un style foncièrement moche.

2. Cake de Daniel Barnz

Frustrant c’est le mot qui ressort pour Cake, frustrant parce que très intéressant dans son sujet (la mort et le deuil surtout) et pourtant rien n’est vraiment abordé dans le film, tout y est floue, on ne sait jamais où il nous mène ou ce qu’il veut dire. Daniel Barnz (Learning To Fly, Sortilège,) signe un film d’une laideur de sans nom, c’est affreux dans sa tentative de parler de la mort en y ajoutant plein de sentiment, le casting, Jennifer Aniston -mode « filez moi un Oscar »- activé en tête sont d’un ridicule constant. On ne croit en rien dans Cake, longue séance où l’on voit des gens boire, pleurer et rien faire pour après boire, pleurer et rien faire. Long, très long.

1. Soux-X de JMC

Tentative de cinéma social (encore !) complètement foireuse dans ce premier film de JMC. Une multitude de sujets sont abordés dans Sous-X, mais le gros problème étant que déjà il y en a trop et surtout que jamais il y a un seul qui est traité. JMC livre un film qu’on sent très personnel où il essaye de donner le meilleur, mais il n’a aucune vision de cinéma et son film se transforme en une espèce de reportage de luxe dans lequel on aurait ajouté un semblant de fiction. Après tout ça n’a certes jamais empêché de passer un bon moment devant un film en sachant bien qu’il est mauvais, mais ici les 1H40 en paraisse quatre, ennuyeux à mourir en plus de jamais finir, Sous-X se transforme en véritable épreuve.

Des films comme Les Minions de Pierre Coffin et Kyle Balda, Taken 3 de Olivier Megaton ou encore Pitch Perfect 2 aurait pu venir faire un tour dans ce classement, mais dans les 125 films vus entre le 01 janvier 2015 au 31 décembre 2015 ce que j’ai vu de pire est bel et bien ce qu’il y a ci-dessus. Entre un cinéma social encombrant, l’animation lourdingue ou du déjà-vu, cette année 2015 n’aura pas manquée de livrer son lot de mauvais films.

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Crazy Amy

Écrit par Werner Dejaeghere

Crazy Amy (Trainwreck en V.O.), 5ème film du pape de la comédie trash US, Judd Apatow qui après avoir produit bon nombre de film devenu culte (Présentateur Vedette : La Légende De Ron Burgundy, SuperGrave, Délire Express, ), scénariste de ses propres films et sur d’autres qu’il a aussi produit (Walk Hard – The Dewey Cox Story, ) mais surtout réalisateur désormais tout aussi culte que ses productions (40 Ans, Toujours Puceau, En Cloque, Mode D’Emploi, …). En bref un génie de la comédie aussi juste que hilarante. Cette fois-ci il n’est « que » le réalisateur, le scénario étant écrit par l’actrice principale du film, Amy Schumer. Autant le dire tout de suite, ça ce ressent tout du long. Crazy Amy n’est pas mauvais loin de là, mais c’est un peu différent de ce que Apatow a pu faire avant. Le point de vue chez le réalisateur a toujours été masculin, il est ici féminin, en plus d’être très drôle, l’humour a toujours était teinté d’une certaine mélancolie presque de tristesse, ici c’est soit la scène va dans la comédie ou l’émotion, jamais ce n’est mélangé. On a vite fait de remarquer que Judd Apatow n’est pas scénariste, mais pourtant ça reste fondamentalement la même chose, du schéma narratif à l’humour ça reste sensiblement identique.

Synopsis :

Depuis sa plus tendre enfance, le père d’Amy n’a eu de cesse de lui répéter qu’il n’est pas réaliste d’être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu’elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s’est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l’apprécier, n’auraient pas quelque chose à lui apprendre.

(Source : AlloCiné)

Le fait que ça soit Amy Schumer à l’écriture donne au film un ton profondément moderne. Dans un Cinéma qui donne trop peu de place aux actrices et forcément aux femmes, Crazy Amy est un vent de fraîcheur qui rappelle « Mes Meilleures Amies » de Paul Feig dans cette manière de mettre en scène des femmes modernes, une vision actuelle où on montre que oui elles ont des coups d’un soir, boivent et font des trucs sales. Ça donne lieu à une agréable inversion des rôles, chose assez rare dans la comédie romantique. J. Apatow et A. Schumer s’en donnent à  joie pour démolir l’image de la romcom traditionnelle où les bons sentiments coulent à flots. Même si malgré tout sur sa fin le film se range dans le classique et l’attendue, une fin inhérente à la comédie romantique et ses happy end, mais inhérent aussi au cinéma de Judd Apatow qui responsabilise toujours ses personnages à la fin de ses films.

Le scénario est d’une grande efficacité, ça s’étire parfois trop, mais l’humour fait toujours mouche grâce à une relance de gag constante et le tout s’avère assez accrocheur pour ne pas ennuyer. L’ensemble est saupoudré de dialogues finement amenés et toujours très drôles tout en étant gorgés de culture pop. La réalisation  est encore une fois chez Judd Apatow particulièrement soignée, certes rien d’éclatant, mais c’est tout à fait correct.

Le film doit aussi beaucoup a son casting. D’une Amy Schumer (Jusqu’à Ce Que La Fin Du Monde Nous Sépare, Inside Amy Schumer, ) qui emporte vite l’adhésion à un Bill Hader (Adventureland : Un Job D’Été À Éviter, Paul, ) au réaction savoureuse. Rien que le duo principal enchante. Du côté des rôles secondaires on y trouve Brie Larson (21 Jump Street, States Of Grace, ) tout en justesse, Tilda Swinton (Burn After Reading, Only Lovers Left Alive, …) méconnaissable et absolument géniale, Colin Quinn (Une Nuit Au Roxbury, Copains Pour Toujours, ) avec un jeu simple et efficace, mais surtout le basketteur LeBron James qui s’en sort étonnamment bien au même titre que le catcheur John Cena (The Marine, 12 Rounds, ) qui dévoile un talent comique insoupçonné. Il y a aussi beaucoup de caméo ou courte apparition extrêmement amusant.

Comédie romantique très sympathique, d’une redoutable efficacité, d’une évidente simplicité. Le film pourrait presque paraître anecdotique si il n’avait pas ce ton moderne qui le rends au final presque nouveau, l’inversion du rôle homme/femme qui leurs rends justice et les mets à l’égal de l’Homme fait de Crazy Amy une date dans le cinéma comique. Judd Apatow  livre un film profondément féministe qui séduit par sa simplicité, son cast. tout en charme et surtout son humour ravageur. Il n’y a ici rien de grandiose, mais Crazy Amy a au moins le mérite de tenter des choses et mieux encore il le fait avec beaucoup de réussite.

Crazy Amy de Judd Apatow : 3,5/5

(sortie le 18/11/2015)

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