THE EAST – À vous en faire perdre le nord !

Écrit par Quentin Didier

Le logo de ce mystérieux groupuscule éco-terroriste (rien que ca !) étant une boussole, ne vous étonnez donc pas de ressortir bouleverser de ce film. Mais pour cela, encore faut-il pouvoir vous rendre dans une des 18 salles le projetant. Plus qu’un défi, une véritable épreuve d’orientation … mais qui vaut le coup !  Pourtant, au départ, on ne donnait pas cher de sa peau. Réalisé par Zal Batmanglij (qui a également à son actif le quasi inconnu « Sound My Voice » abordant aussi le thème de l’isolement au travers d’une secte ici, et on l’on retrouve Brit Marling), le film s’avère de prime abord être un nouveau prétexte à faire parler de l’écologie pure et dure (« vous êtes méchants, on va se venger en retournant vos produits sur vous »). On se suffirait bien des bons « Promised Land » de Gus Van Sant et de « Polluting Paradise » cette année en termes d’écologie. De plus, ce film bénéficie d’un cast. beaucoup trop élogieux pour une exploitation aussi transparente, une sorte de cache misère ? (un mec de « True Blood » pour rameuter les minettes ?  Depuis quand Ellen Page accepte des films où elle n’a pas le premier rôle ? Ma haine pour Ellen Page n’a aucune limite depuis qu’elle m’a traumatisée avec « Hard Candy » sachez le). Et bien, je vais vous démontrer par 1+1 = √4, que ce film vaut largement le détour (je ne rembourse pas les frais de TGV si ça ne vous a pas plu ceci dit !).

L’histoire est des plus convenues certes. Une trentenaire blonde, très ambitieuse (à la limite de l’arrogance) se fait embaucher par une agence de renseignement et reçoit la mission de s’infiltrer dans une organisation éco terroriste qui s’attaque aux multinationales coupables de dissimuler leurs agissements criminels. D’abord très méfiante et déterminée à faire son travail du mieux possible (se taillader le bras avec une canette faut oser !), elle va progressivement être touchée par ses gens, troublée par l’un d’entre eux … Choisira t’elle le camp des «  East  » ou celui de son travail… le cœur ou la raison… telle est la sempiternelle question. Résumer le film ainsi, c’est montrer à quel point « The East » est un croisé entre « Damages Saison 2 » et « Homeland », saupoudré d’un « Avatar ». Je vous assure, ça m’a plus que fleuré l’esprit !

Les premières minutes du film laissent sceptiques, au même titre que ses oiseaux mazouteux sur leur sort ! Coller des images d’archives écolo c’est plus que classique. Mais les craintes vont très vite s’estompées. Bien que transparente dans « Sous surveillance » de Robert Redford, Brit Marling (sosie officielle de Cécile Cassel) est littéralement éblouissante dès ses premiers plans.  L’on comprend sans problème pourquoi  Zal Batmanglij  a refait appel à elle. Malgré une bonne scène d’entretien d’embauche, le film se cherche un peu. On a un peu de mal à suivre mais on se laisse bercer par la sublime BO de Hally Cauthery qui ne cessera de faire des merveilles. Les choses deviennent très intéressantes lors de l’arrivée de Sarah (Brit Marling ) au sein de l’organisation, avec une scène tout bonnement passionnante de repas qui fait plus que réfléchir sur la tournure égoïste qu’a pris notre monde. Malgré quelques clichés, ces scènes de quotidien, de partage, de folie au sein de l’organisation sont un pur régal ! Tel un monde enchanté, on est triste quand on le quitte, heureux quand on le retrouve.  Oublier le personnage agaçant (pour ma part) d’Alexaner Skarsgard  dans « True Blood », oublier la Ellen Page ultra médiatisée, oublier le Shiloh Fernandez stéréotypé du « Chaperon rouge ». Le film nous montre de grands acteurs ou un excellent metteur en scène … ou peut être les deux…

Une fois la machine bien rodée ( on va dire une demi heure ), on n’a plus qu’à se prélasser, le sourire en coin et regarder les East faire leur bonne action, se tourner vers le soleil levant, la source de toute lumière, à savoir la vérité et la pureté du monde ( définition même de « se tourner vers l’Est » ) . Le film aurait pu être un enchaînement de règlement de compte entre écolos et PDG, mais c’est loin de ça (on n’est pas dans un épisode de « Leverage » non plus). Deux règlements de compte à la finale, qui nous suffiront à nous nourrir sans crainte. Car le plus passionnant a toujours été et restera la vie de ses East ainsi que le basculement progressif de Sarah sans jamais tomber dans la fable pathétique écologique ou dans l’histoire d’amour impossible.

Très bien filmé et sonorisé, le réalisateur créer l’exploit de partir d’un sujet bateau et de le maîtriser jusqu’au bout de son générique final (hors de question de décoller de son siège à la première seconde du générique, on est comme aimanté à lui). Bien sûr, on ressent quelque peu les 2h, le final se fait attendre mais quand il est là, on se cacherait bien pour se faire la séance d’après. Il est des films qui sont faiseurs de miracle, « The East » en est. Il m’a réconforté avec Ellen Page (OMG sa voix !) c’est pour dire !

Produit par les frères Scott (pas la série bien sûr !), « The East » est plus que remarquable. Absolument pas superficiel et doté d’une grande âme, on en ressort conquis.  Non, il ne vous tirera pas les larmes pour voter écolo aux prochaines élections, mais vous créera suffisamment d’adrénaline pour courir l’acheter en DVD.

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THE EAST (3,5/5) – Réalisé par Zal Batmanglij  – Sortie le 10 Juillet 2013

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