12 HEURES – Totalement à l’West

Écrit par Quentin Didier

Comment… Mais alors comment est ce possible de ne pas avoir craqué pour « 12 Heures » ? Nan mais je vous le demande ! Un pitch des plus accrocheur et révolutionnaire, un acteur principal qui s’est toujours illustré dans les bon coups … ok, je suis pas crédible plus de cinq minutes ! « 12 Heures » où la réincarnation parfaite de « Taken » s’installe donc en salle (alors que tout le monde l’a déjà il y a 6 mois en DVD vas savoir pourquoi !). Pour les fans désirant voir ce film en grand écran, faites vite avant qu’il ne reparte aussi vite qu’il soit arrivé. Pour les autres, estimez vous bien chanceux … Car si « 12 Heures » s’annonçait comme un film écervelé, on ne pensait pas atteindre un tel niveau de débilité. Il est toujours temps pour vous de faire demi-tour…

Je vous vois de là, ô pauvre naïf qui avez quand même voulu franchir la barrière… et qui avez regretté dès l’entame du générique de début. Efficace quelques secondes, on se demande bien ce que Simon West,  habitué aux films un peu plus explosif et ambitieux («  Expendables 2 », «  Le déshonneur d’Elisabeth Campbell ») vient faire dans ce qui s’annonce tout de suite comme un film de bas étage. Ce générique ressemble plus à une vielle ouverture des séries des années 1990 ou des films nanardesques de Samuel L Jackson. Pas de doute, on est plus proche de son « terreur sur la ligne » de 2006 qui nous avait déjà fait trembler … de consternation.

La suite … car oui, le générique est peut être en lui-même une épreuve, il faut reprendre des forces car 1h30 de film nous attende… est d’une souffrance sans nom. Alors oui, certains films sont débiles, peu crédibles mais on peut y prendre son pied. Ici, comme le personnage de Vincent, on a perdu le notre ! La scène d’ouverture s’ouvrant sur un braquage censé être original ne marche, mais alors pas du tout ! Très longue, pas crédible voir même à mourir de rire (les braqueurs qui se disputent alors que la police arrive c’est juste risible !),  on en vient forcément à regarder ni vu ni comment combien de temps le film dure sur son portable ! Oui je sais ça fait de la lumière désagréable mais c’est pour la bonne cause.  C’est simple, les 20 minutes de cette ouverture sont largement plus longues que les 120 d’ « Inside Man ». CQFD !

12 heures : Affiche

Nicolas Cage c’est le yin et le yang ! Tantôt dans les bons coups, tantôt dans les coups fourrés. Pas de doute, ici, il est … en manque d’argent… en fait comme son personnage (peut on dès lors dire qu’il est dans la peau parfaite de celui-ci, qu’il joue son rôle à la perfection… euh je ne pense pas non plus !).

Le film est juste bourré de clichés. Ceux qui croyaient que cela s’arrêterait à son pitch sont bien naïfs ! Mettez donc du « Inside Man », ajoutez y du «  Cellular », mélangez le tout avec du « The Call » et bien sûr n’oubliez pas le côté nanardesque avec « Fast and Furious » et vous trouverez « 12 Heures » dont le titre identique en VO, à du bien leur valoir un mal de crâne pendant dix jours.

On assiste ainsi (véritablement impuissant) au kidnapping de la fille d’un ex taulard, Will. Cette dernière étant enlevée par un ancien ami du taulard, Vincent,  qui veut se venger du fait qu’il lui ait tiré dessus pendant leur dernier braquage qui a mal tourné (jeu de main jeu de vilain !). Voyez déjà la débilité de la chose. Alors si on rajoute à cela le fait que Vincent soit devenu, un peu à la manière d’un Spiderman avec Otto Octavius (décidément, ca pioche partout dans ce film), un homme unijambiste ressemblant à un junky, se faisant passer pour mort et assoiffé d’une vengeance  juste à cause d’une petite balle dont il serait peut être lui-même l’auteur, on frôle la tragédie grecque.

Je ne vois pas réellement de point positif au film, même sa fonction de divertissement semble à des années lumières c’est pour dire. L’ambiance, mélangeant notre temps et les films de gangsters des années 90, est mauvaise. On se croirait parfois dans un « chapeau melon et bottes de cuir ».  Les acteurs n’ont pas un scénario suffisamment bon pour tout simplement jouer. Nicolas Cage (au passage plus frais en ressortant de 8 ans de prison qu’avant !) joue le personnage insensible enchaînant les sprints pour sauver sa fille, sosie d’Anne Hathaway qu’on aurait bien envie de laisser dans le coffre.  Les comportements des personnages sont absolument incompréhensibles. La BO  est à oublier.  La liste est longue en fait … Bref, pour faire court l’histoire ne sert à rien puisqu’on sait déjà qui kidnappe,  pourquoi et le tout se finit (faudrait pas trop d’originalité non plus) comme 99% des films de ce genre à la réplique près …

Là où des films comme « Cellular » et « The Call », bien que sûr le papier aussi, semblait peut attrayant, la réalisation à su faire la différence. Ici, elle l’enfonce plus  qu’il ne l’est déjà.

Image

Rien à retenir de ce film donc ? Si bien sûr … voici en exclusivité le TOP 5 des «  What The Fuck ???» du film ! Attention, ne reproduisez pas ça chez vous, c’est fait par des professionnels …

1)      Le mec, qui disons à un grain dans sa tête et une jambe en moins, se retrouve immolé pendant bien une bonne minute.  Va savoir comment il réussit à se jeter dans l’eau quelques mètres plus loin (des bons mètres !) et continuer à se battre comme un taureau.

2)      Rien de plus normal que, coincée dans un coffre, mais avec une petite ouverture faite avec ses ongles, une fille puisse  à l’aveugle atteindre un téléphone portable laissé là in extremis,   grâce au mouvement de la voiture qui le fait bouger dans tous les sens. Et ensuite, toujours à l’aveugle et avec deux doigts, elle réussit à composer le « 911 ».  Je ne sais pas comment elle comptait faire pour parler ensuite … peut être avec ses doigts non ? M’enfin, c’est la fille de Nicolas Cage dans le film… ceci explique peut être cela !

3)      Le mec se fait passer pour mort mais rien de plus logique d’apprendre que depuis deux ans, il travaille en tant que chauffeur de taxi ! C’est bien connu, c’est un métier où on ne croise personne.

4)      Will a l’obligation de répondre à chaque fois que Vincent, qui tient en otage sa fille, lui téléphone ! Il a donc 8 sonneries et pas une de plus. S’il loupe un appel, il l’a tue. Grosse pression donc … d’autant plus lorsque le portable posé sur le tableau de bord, sonne alors qu’on est menotté à l’arrière d’une voiture de police avec deux poulets devant. Mission quasiment impossible. Rassurons nous Will arrivera tout de même à se démenotter en le voyant sonner, puis à faire basculer la voiture pour qu’elle fasse des tonneaux, à prendre le portable entre temps et à sortir du véhicule. Le tout en logiquement … 15 secondes.

5)      Deux braqueurs qui sont à deux doigts ( 10 m à faire avant de monter dans une camionnette ) d’avoir réussi le casse parfait et qui se prennent la tête pour pas grand chose alors que la police arrive vers eux. Mais pourquoi vous n’avancez pas ???? Pour couronner le tout, Will tire sur Vincent  et le ramène à la camionnette …. Mais du coup il n’a pas pris l’argent ! Tout ça pour ça ! Et dire que sans cette stupide dispute … le film n’aura pas eu lieu …

15 ans après, c’est donc avec ce « 12 heures » que nous retrouvons le duo Cage / West, dans un film qui nous prouve qu’il vaut mieux être aveugle de que voir ça…

12 HEURES (1,25/5) – Réalisé par Simon West – Sortie le 24 Juillet 2013

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Filed under Juillet 2013

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