GOLD – KOH LANTA 2013

Écrit par Quentin Didier

VOIX OFF : Thomas Arslan « Bonjour, soyez les bienvenus aux confins du Canada et de l’Alaska.  Les chercheurs d’or ont rendez vous avec leur destin, ici à 8000 km de l’Allemagne dans ce dédale de roches et de forets perdus à travers le monde. D’un côté, les longues plaines mystérieuses de Wrangell, de l’autre, la nature sauvage de Glenora. Depuis des siècles, seuls les intrépides  gold-digger ont su dompter cette nature hostile, cette jungle impénétrable où vivent des espèces ailleurs méconnues. Et aujourd’hui, ils sont sept courageux prêts à tout pour décrocher le titre ultime, le précieux minerai.  Ils ont laissé leur famille, leurs amis et leur confort douillet pour tenter la grande aventure. En quittant l’Allemagne, ils croyaient connaitre les règles, mais les règles évoluent et croyez moi ils vont vite s’en rendre compte. Alors qui saura supporter la faim et les privations, qui osera affronter ses peurs et ses doutes, et qui sera le plus fort, le plus résistant ou le plus audacieux, pour survivre … et surtout survivre aux autres. En jeu, un amas d’or promis aux vainqueurs. Au départ ils sont  sept … à la fin, il n’en restera qu’un.  »

Gold : Affiche

Au générique, l’on retrouve Nina Hoss qui incarne ici le modèle de la femme courage en Emily Mayer. Encensée par les  critiques, je me permets d’être beaucoup plus réservé. Je n’ai en sois rien à dire sur son jeu, son charisme, mais son rôle ne lui permet pas de pouvoir rivaliser avec les meilleurs et pousser son talent à l’extrême. Imaginez vous une femme sur un cheval, dont la blondeur de ses boucles rivalise avec la noirceur de ses cernes et qui semble, à la manière d’un asiatique au travail, interdit d’émettre le moindre mouvement de facies. Avance sans broncher en somme. C’est d’autant peu évident lorsqu’à ses côtés, le séduisant Carl Boehmer (Marko Mandic) vous fait du gringue. Employé de l’impitoyable Wilhem Laser qui fait aussi partie du voyage, il devra refouler ses sentiments au profit … du profit à venir.  Gustav Muller et Joseph Rossmann sont également de la partie. L’un est un journaliste prêt à tout, l’autre …. Ceci étant un gros défaut du film ! On n’en retient pas grand-chose, à commencer par les personnages. On ne demande pas de multiplier les clichés mais au moins de nous impliquer en eux. Là, entre le jeu silencieux des acteurs, leurs visages sales, on ne sait pas vraiment qui est qui, quelles sont leurs motivations (même si cela semble plus qu’évident). Il y a comme un vide scénaristique sur ce point… Les personnages de Maria et Otto Dietz accompagnés de leur roulotte tel Charles et Caroline Ingalls en sont probablement la preuve la plus flagrante.  De cela forcément en découle un manque d’âme lors de la mort des protagonistes qui, il faut le dire, finit par nous rendre littéralement de glace et même pire, va jusqu’à faire résonner dans nos tête ces quelques mots : « A qui le tour ? » avec un rire sadique.

Ainsi, avec cette narration digne des plus grands slashers, « Gold » prend dans sa deuxième moitié d’intrigue des allures de « Harper’s Island », ce qui ne colle, mais alors pas du tout, à l’image d’un western dramatique. Pour faire court, ceux qui s’attendent à un bon western (ou même un western tout court) risquerons d’être déçu.

Thomas Arslan joue la carte de l’innovation pour faire bouger le monde du western. Mais tel le bon vieux pain, la meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de rester dans… la tradition.

Gold : Photo Nina Hoss

Le réalisateur prend le parti d’un film sobre dans tous les sens du terme. C’est simple, il n’en fait jamais assez (par peur de tomber dans les clichés ?). Plus tôt, nous citions un problème d’ordre scénaristique : le problème de la caractérisation des personnages. À la caméra, Arlsan est loin de briller. Il y a clairement une absence de dynamisme, le tout reste toujours très terre à terre (ce peu être un choix ceci dit !), les plans de nuit sont quasiment indéchiffrables. Au son, chaque note pousse à la souffrance ultime… Le montage et ses parti pris de fondu au noir, s’avère très mauvais, comme pour souligner un peu plus le manque de maîtrise ou pire, la profonde monotonie meurtrière du film ( drame en six actes !).

Reste des paysages à couper le souffle, un plaisir sonore concernant les sons d’ambiance qui, à la manière d’un CD zen, nous plonge en relaxation mentale … 30 min … puis nous endort littéralement par la suite à la vue du manque d’intérêt du film.

Alors oui, on prend son pied en se demandant qui va être la prochaine victime de dame nature et comment cela va arriver ! Mais je ne suis pas sûr qu’Arslan soit heureux que l’on compare son film à « Destination Finale ». Mais là est toute l’ambiguïté de la chose puisque jamais le réalisateur ne semble chercher à décoller de cette image, pire, il s’y enfonce (c’est sûr qu’avec le trou qu’il a fait, il l’as trouvera son or !).

Thomas Arlsan pourra à coup sûr compter sur son collier d’immunité pour ne pas se faire éjecter. Nominé dans 9 catégories à la Berlinale 2013 avec ce film qui vaut de l’or, il a de quoi souffler avant d’être inquiété de la sentence irrévocable…

GOLD (1,5/5) – Réalisé par Thomas Arslan – Sortie le 24 Juillet 2013

Advertisements

Laisser un commentaire

Filed under Juillet 2013

Un avis? Une critique? C'est ici, n'hésitez pas!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s