INSAISISSABLES – Magique !

Écrit par Quentin Didier

Quand j’apprends qu’ « Insaisissables » est un film réalisé par Louis Leterrier (« Le Choc Des Titans », « L’Incroyable Hulk », « Le Transporteur »), je me dis que ce « Now You See Me » se verra sans moi. Quand j’apprends que lors d’une avant première en Belgique, les spectateurs se voit offrir des billets de cinq euros qui descendent du ciel, je me dis que la phrase « il faudra me payer pour aller voir ce film » n’a jamais eu autant de sens. Quand je vois cette Bande Annonce, je me dis (après avoir mis cinq minutes à me remettre de la présence idyllique d’Isla Ficher), que c’est le genre de film qui te triture le cerveau pour finalement te faire comprendre qu’il y avait quelque chose à comprendre alors qu’en fait, il n’y avait rien à comprendre. Un vrai tour  de magie en fait … mais magie il y eu puisque toute crainte s’est estompée, et ce « Insaisissables » s’avère être l’un des meilleurs blockbusters de l’année. Chapeau bas l’artiste (tu peux sortir de ton terrier louis !)

Insaisissables : Affiche

L’introduction de ses quatre cavaliers est certes classique mais la présence de la magie est là, et c’est tout ce qu’on demande (combien de films sont passés à côté de leur sujet cette année ?). Mieux encore, la toute première scène hallucine en nous impliquant dedans avec un tour de carte dont on ne peut s’empêcher de jouer aussi … et de subir la magie ! Jesse Eisenberg ayant trouvé ma carte, il ne me faut pas plus de 2 minutes de film pour déjà accrocher ! Car le point fort de ce film c’est d’ (ab)user de magie. On assiste ainsi pendant près de deux heures à un tour de magie, qui lui-même contient d’autres tour et ainsi de suite.

Côté casting, nos cavaliers sont assez équilibrés tant dans leur jeu que dans leur rôle. Jesse Eisenberg (et sa voix !) signe une copie parfaite, Dave Franco n’est plus simplement le frère de … (d’ailleurs pourquoi j’en parle !), Isla Ficher (qui semble avoir un peu trop tiré sur le whisky ses derniers temps) nous hypnotise avec sa crinière rousse, Mark Ruffalo est et à toujours été parfait, et enfin Woody Harrelson est bon ! Comment ? Mélanie Laurent ?

Je change ainsi in fretta de paragraphe pour aborder le cas « Mélanie Laurent » et par la même occasion laisser ci-dessus un paragraphe d’éloge sans la moindre grisaille. Mélanie Laurent, c’est la french touch de ce film. On appréciera notamment tous les hommages que Leterrier rend à la France,  à commencer par la présence de José Garcia (bon !) et des beaux plans de notre chère capitale, qui nous rassure et nous font dire que le plus français des ricains ne s’est pas trop pris le choux contrairement à d’autres  ( je ne citerais pas de nom pour ne pas finir … dans le grand bleu .. si vous voyez ce que je veux dire !).  Partant de là, on comprend la venue de Mélanie Laurent. Mais voilà, peut être est ce la barrière du maquillage ou du mauvais jeu d’acteur, mais la magie ne passe pas. Chaque mot dit en anglais (avec son accent bien à elle), chacune de ses apparitions décrédibilisent le film. Pourtant, je ne faisais pas parti de ses principaux détracteurs de l’époque qui l’avait assassinée une seconde fois dans «Inglourious Basterds», c’est pour dire !

Retournons à nos moutons ! Le film démarre très vite, avec la réunion des quatre cavaliers tout en magie bien sûr, puis un saut dans le temps … là où tout va vraiment commencer. Le film alternera ensuite de longues scènes de spectacles de magie (pour notre plus grand plaisir), de longues scène de bavardage (pour notre plus petit plaisir) et un enchaînement de mystères apporté par un Morgan Freeman des très bons jours. On le comprend avec ça, le film, sorte de tour de magie en trois actes, va jouer sur nos nerfs. On attend sans cesse le nouveau tour de magie des quatre cavaliers mais une barrière de bavardage d’une demi-heure se met en travers de notre chemin à tous les coups… avant leur prochain coup ! Heureusement, leur tour de magie va vous faire grimper … dans les tours !

Hormis un dernier tour un peu plus bâclé (mais voulu par l’histoire), les trois tours de nos quatre cavaliers font un sans faute.  Le braquage via téléportation est bluffant (quand on n’a pas vu la BA), le dépouillement à la Robin des Bois du second tour est amusant et entrecoupé de petits tours divertissants. Enfin, le tour final vaut surtout pour sa magnifique 3D sur les immeubles (la meilleure 3D se trouve sur un film en 2D, un comble non ?). N’allons pas dire dès lors que comme le dernier tour est raté, le film l’est ! Car le vrai dernier tour, n’est autre que celui dont nous sommes la victime depuis le début…

Insaisissables : Photo Dave Franco, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson

Louis Letterier signe un film nerveux, sans temps mort (oui, même quand ça bavarde, ça bavarde en rythme !) et ponctué d’une B.O. académique mais… magique! (suffisamment pour nous faire rester tout le long du générique).  Tous les tours sont remarquablement bien filmés, une sorte de très bon mix entre le clip et l’émission tv (quand je vous dis que nous sommes spectateurs tout du long).

Comme les précédents films du réalisateur, Louis Letterier n’en oublie pas l’action, se croyant même parfois dans « Le Transporteur » avec une fameuse scène de course poursuite en voiture.

L’on pouvait craindre le pire en matière de scénario. Mais bien mal nous en prend en découvrant le résultat… bluffant ! Des personnages secondaires très bien caractérisés (Morgan Freeman et Mark Ruffalo en tête), une intrigue béton mêlant des guerres à tous les étages et entre tout le monde,  une passionnante course contre la montre, des histoires que l’on croyaient enfouies à tout jamais, des remises en questions toutes les cinq minutes … et j’en passe. On est bien loin d’un épisode bateau et pas drôle de « Leverage ».  Après une heure à admirer le spectacle, Louis Letterier trouve le remède pour combattre l’ennui du spectateur en balançant la dynamique et la dynamite du mystère (qui est le cinquième cavalier ?). Un mystère qui va crescendo toutes les minutes pour trouver son apogée lors des dix derniers. Jamais l’on n’avait connu un suspense tel et une réalisation aussi nerveuse depuis « Trance ».

Le dénouement, bien que légèrement complexe est à la hauteur des attentes. Pire, pour les plus inattentifs dont je fais partie, il vous poussera à y retourner. « Insaisissables » fait donc parti de ses films à aller voir deux fois … ce qui lui vaut déjà un million de spectateurs dès sa première semaine! Bravo!

À voir… ou revoir ! Quoi qu’il en soit, ne passez surtout pas à côté de l’un des meilleurs  films de cet été. Parfait pour un samedi soir, parfait pour une après midi trop ensoleillée…  en fait parfait pour toutes les occasions. Du grand spectacle ! On en sort ravis ! Pour une fois que 7 euros la place de ciné, ça  fait pas cher payer !

Insaisissables : Affiche

INSAISISSABLES (3,75/5) – Réalisé par Louis Leterrier – Sortie le 31 Juillet 2013

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Filed under Juillet 2013

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