Les Salauds

Écrit par Werner Dejaeghere

AVANT DE COMMENCER CETTE CRITIQUE IL FAUT PRÉCISER QUE Quentin a détesté le film et que moi même je sais pas pourquoi j’ai aimé (ce qui n’est pas des plus facile pour écrire une critique!), mais je vais quand même tenter la chose…

Les Salauds est un film totalement fascinant, envoûtant et hypnotique. Pendant 1H40 Claire Denis fait parler l’image, une image qu’elle préfère à un scénario qui aborde plein de sujet tout en ne rentrant jamais vraiment dedans. Un film désenchanté presque cauchemardesque où le bonheur n’a pas lieu d’être et où la brutalité humaine domine en permanence.

Synopsis:

Commandant, à bord d’un supertanker, Marco Silvestri doit rentrer d’urgence à Paris, abandonner le navire. Sa sœur Sandra est aux abois… son mari suicidé, une entreprise en faillite et sa fille unique à la dérive. Sandra désigne le coupable : l’homme d’affaires Edouard Laporte. Marco loue un appartement dans l’immeuble où Laporte a installé sa maîtresse et leur fils. Mais Marco n’avait pas prévu les secrets de Sandra, qui brouillent la donne…

(Source: AlloCiné)

Les Salauds est hypnotique de bout en bout, l’ambiance y est oppressante à souhait. Malgré des passages à vide, le film n’est jamais ennuyeux, car ici le scénario n’est qu’un prétexte à un film qui n’est que du cinéma. Claire Denis signe un pur film de mise en scène où l’image captive et fait tout le film. Les Salauds c’est du Nicolas Winding Refn (la trilogie Pusher, Bronson, Drive,…) à la française, car comme chez le cinéaste danois Claire Denis utilise en premier l’image pour sa narration et la stylisation ultra-classe ou poisseuse pour installé une ambiance.

Les Salauds : Affiche

Le scénario s’enchaîne un peu anarchiquement, c’est même assez incompréhensible, mais on s’en fout un peu tellement c’est fort et prenant. Le film fait parlé les images et s’en est d’autant plus grand. Les personnages sont mystérieux presque vide, on comprend assez mal leurs motivations, mais ils en sont que plus intéressant. Ils manquent peut-être de profondeur, mais ils ont une telle présence. Les dialogues sont d’une sobriétés désarmantes. Jamais bavard et inutile tout est à l’économie, les dialogues sont des plans, des effets, des jeux de regard, le mouvement des corps.

Les acteurs sont très bons. Vincent Lindon est parfait comme à son habitude il est tout en présence et en force, Chiara Mastroianni est magnifique toute en sobriété et retenue, Lola Créton est très bonne, elle s’impose comme une révélation (on avait pu la voir dans Après Mai de Olivier Assayas l’année dernière), Michel Subor est bon, il incarne le pouvoir avec beaucoup de naturel, Julie Bataille est toujours juste.

La mise en scène est très bonne. Tout est travaillé, c’est plein d’idées et surtout ultra-maîtrisé. Les corps sont filmés avec rudesse et les scènes de disputes avec beaucoup de force. La photographie de Agnès Godard est sublime, elle fait toutes l’ambiance du film. Les deux femmes étant quasiment comme des sœurs (elle fut chef opératrice sur tout les films de la réalisatrice et gagna même un César de la Meilleure photographie en 2001 pour Beau Travail), elles travaillent sur la conception du film ensemble et ça se ressent, car comme Claire Denis joue beaucoup de sa mise en scène, Agnès Godard la conseille sur les choix technique à faire. Stuart Staples (fondateur de du groupe Tindersticks) signe une B.O. électrisante et tout simplement bonne (écouter ce magnifique track intitulé Put Your Love In Me).

Les Salauds : Photo Chiara Mastroianni, Vincent Lindon

Les Salauds est une sorte mix entre Pusher de Nicolas Winding Refn et Irréversible de Gaspar Noé. Il a leurs brutalités évidente, mais aussi leurs douceurs cachés et surtout ils parlent tous avec pour seul langage l’image et la mise en scène. Claire Denis signe un film trouble et violent qu’on a parfois du mal à comprendre dans ses choix, car la réalisatrice fait de son film un rêve qui se transforme très vite en un cauchemar prenant et inquiétant, mais surtout au pouvoir magnétique extraordinaire. Le film se perd parfois, divague souvent et brille par bribes, car si le scénario commence à faiblir il revient avec un effet de mise en scène particulièrement saisissant pour nous remettre dans le bain.

Les Salauds on aime (on adore certainement pas) ou on déteste, car le fait de ne faire parlé qu’avant tout la caméra est un vrai parti pris cinématographique. Claire Denis nous offre un film sexy et rentre dedans qui tient grâce à la seule force de ses idées et qui est particulièrement beau à voir. On prend pas une claque devant ce Les Salauds, mais on apprécie l’entreprise, car ils sont rares les réalisateurs (et pour le coup réalisatrices) à encore ne faire tenir leur narration et leur film dans tout son ensemble que par ce qu’il aime vraiment, c’est-à-dire le cinéma dans son plus simple appareil. Les Salauds aborde plein de sujet très intéressant sans jamais vraiment les abordé réellement, mais on en a que cure, car le film est une réelle expérience, du cinéma à l’état brute.

Les Salauds de Claire Denis: 3,5/5

(sortie le 07/08/2013)

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Filed under Août 2013

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