Ma Vie Avec Liberace

Écrit par Werner Dejaeghere

Ma Vie Avec Liberace est à la base de tout un téléfilm, car les producteurs le trouvait trop « gay ». Au États-Unis, ce qui pourrait bien être le dernier film de Steven Soderbergh est donc un téléfilm de la chaîne câblée HBO, alors qu’en Europe il est distribué en salle et a même été sélectionné en compétition au dernier Festival de Cannes. Savoir que l’on doit considérer Ma Vie Avec Liberace comme un téléfilm est une sorte de farce de mauvais goût, car on a rarement vu un film transpirer autant le cinéma que le film de Steven Soderbergh.

Synopsis:

Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés. Liberace affectionnait la démesure et cultivait l’excès, sur scène et hors scène. Un jour de l’été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d’âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. « Ma Vie avec Liberace » narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

(Source: AlloCiné)

Ma Vie Avec Liberace est avant d’être un biopic assez secondaire sur le pianiste Liberace, c’est une grande histoire d’amour, belle et à la fois malsaine, une sublime histoire qui prends aux tripes, ça nous bouleverse, ça nous fait parfois rire, le scénario de Richard LaGravenese est éblouissant d’émotions, mais le film de Steven Soderbergh est avant tout chose un bijou de…cinéma. De la mise en scène à l’interprétation ou des décors au costumes, tout est maîtrisé et au service d’une narration qui n’en est que plus prenante. Ma Vie Avec Liberace est un film totalement fascinant sur le petit monde de Liberace.

Ma vie avec Liberace : Affiche

Le scénario est juste bon, car oui l’histoire est prenante, mais c’est surtout car on est toujours emporté dans un torrents d’émotions et ça cache quelque faiblesse scénaristique, le film est assez mal construit. Les personnages sont incroyablement bien écrits, d’une grande simplicité, mais aussi d’une humanité et d’une sensibilité folle, ils sont très attachants. Les dialogues sont bien écrits, on a droit a quelques joutes verbale sorti tout droit de The Social Network et qui sont souvent drôles, mais on peut aussi assister à des monologues qui sont très souvent émouvants.

Les acteurs sont extraordinaires, on éprouve un certain plaisir à voir ces grands acteurs affublés de costume et perruque kitsch et de les voir jouer les homo-sexuel avec un naturel incroyable. Michael Douglas trouve certainement (et à 69 ans!) là son meilleur rôle, il est tout simplement parfait, mais il ne l’aurait surement pas était si il n’y avait pas eu Matt Damon qui est tout aussi parfait et dans un composition plus théâtrale et qui complète Douglas, l’un n’allant pas sans l’autre, il fallait qu’il soit tout les deux égal dans leurs jeux, Dan Aykroyd est méconnaissable (vraiment!) et est très bon, Scott Bakula est bon, Rob Lowe est toujours juste.

La mise en scène est totalement maîtrisé, Soderbergh a une idée à chaque plan, à chaque mouvement. C’est un véritable bijou, une mise en scène d’une incroyable technicité. La photographie de…Steven Soderbergh (car oui il est son propre chef op’, comme souvent) est ultra-léchée, il y a un travail exceptionnel sur la lumières, certes moindres que sur Magic Mike ou Contagion, mais la qualité est très haute. C’est d’une incommensurable beauté. Marvin Hamlish signe une B.O. assez jolie et surtout très efficace. Il y rien de transcendant, la musique est juste agréable à écouter et c’est déjà pas mal.

Ma vie avec Liberace : Photo Matt Damon, Michael Douglas

Ma Vie Avec Liberace est un film soigné et qui même si on ne l’aime et véritablement fascinant, ne serait-ce que pour sa technicité et au minimum pour sa reconstruction ultra-précise du Las Vegas « gay » de la fin 70’s et début 80’s qui ressemble d’ailleurs beaucoup à la reconstruction de Casino de Martin Scorsese. Steven Soderbergh affranchi de toute les contrainte d’un plateau de cinéma, nous sert une bien belle partition et qui est joué sans fausse note.

Si Ma Vie Avec Liberace est le dernier film de Steven Soderbergh, il partirait sur une bonne note et qui pourrait même en faire un réalisateur culte pour les générations à venir, car en arrêtant parce qu’il est fatigué et dégoté de ce que le cinéma propose avec son système fondé sur l’argent, un système dont-il a été victime avec son film, alors qu’il est un réalisateur qui a offert plein de bonne chose au cinéma, il démontre que l’on a pas besoin des studios pour faire et de plus réussir un film. Avec Ma Vie Avec Liberace, Steven Soderbergh a su utilisé les alternatives du cinéma pour nous offrir un des ses plus beau films.

Ma Vie Avec Liberace de Steven Soderbergh: 3,5/5

(sortie le 18/09/2013)

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Filed under Septembre 2013

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