Gravity (double critique)

Écrit par Quentin Didier et Werner Dejaeghere

Gravity événement majeur de cette année cinématographique 2013, crée un buzz et est un succès incroyable, à tel point que chez FreshBuzzCinéma ont a décidé de faire chacun une critique. Werner l’ayant vu plus tard, il rajoutait un petit avis sur le film. C’est parti dans 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… DÉCOLLAGE!

Critique de Quentin:

Les années 2000 ont eu leur « Avatar« , les années 2010 seront-elles marquées par « Gravity« ? Magistralement salué par les professionnels du milieu (James Cameron en tête), par les professionnels de l’autre milieu (astronautes et tutti quanti) et par le public (un carton au box-office), « Gravity » semble donc prendre le chemin de la voie lactée. Mais force est de constater que derrière ce tapage médiatique, le nouveau film de Alfonso Cuarón n’a peut être pas la carrure suffisante pour porter ce lourd poids sur ses épaules. On attendait du très grand, on n’a eu que du grand, alors forcément le film paye involontairement de sa notoriété.

Synopsis:

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

(Source: AlloCiné)

Le film pose très vite ses bases avec ses longs plans séquences soignés et délicats. Là où sur la Terre, le temps ne cesse d’être une obsession dans la vie de tous les jours, ici, la contradiction est poussée à l‘extrême et participe amplement à notre évasion mentale. Car, un peu à la manière d’Avatar quatre ans plus tôt, c’est un monde assez inconnu que nous devons appréhender, avec ses règles, ses normes, ses variantes et ses codes. De quoi être émerveillé, mais aussi incroyablement soumis par Dame nature, ce qui aura pour conséquence de pousser le spectateur dans ces limites. Sommes-nous capable d’accepter d’être dans le corps de personnes libres mais en même temps piégés ? Pouvons nous rester à notre place sachant que, plus que jamais l’homme est à la merci de la technologie et que cette dernière  peut la pousser à sa perte ? Accepterons nous que dans l’espace, un corps se doit de toujours avoir un lien avec une matière sous peine de mourir perdu dans l’obscurité ? « Gravity » n’est pas un film qui vous fera sortir de vos gonds à coups de rebondissements explosifs, mais il saura sans l’ombre d’un doute vous tester comme ont pu le faire précédemment des huit clos très réduits à la manière de « Buried ». Qu’on me dise ainsi que « Gravity » est un chef d’œuvre, je ne conçois pas, mais que l’on me dise qu’il s’agit d’une expérience, peut être la plus grande de l’année, là je cède. Pour autant, le film ne marche pas sur les traces d’attractions comme « Space Mountain ». Cela reste du cinéma, et bien que même si les moyens y sont mis, la frontière du spectacle n’est jamais avoisinée. Pour tous ceux qui ainsi auraient peur de dégobiller en cours de route donc, pas de panique.

Gravity : Affiche

Si le visuel est très bon, la 3D me laisse un peu sur ma faim, comme la technologie en elle-même dont je cherche encore l’utilité.  Si la scène de l’incendie marche à merveille, la 3 Dimensions énervera surtout par l’abondance d’objets qui viendrons trouver impact sur votre gueule, vous forçant à fermez les yeux non stop. Au niveau du son, « Gravity » nous prouve que le film s’adapte assez à tous. Si toi, Renée, 84 ans, à moitié sourde et guère fan de la Sy-Fy (lis) comme tu dis avec beaucoup d’humour, tu veux allez voir le film dont tout le monde parle mais tu n’oses pas, déambules y !  Plus que jamais tu te sentiras légère avec ton arthrite et plus que jamais tu te diras que tu n’es pas sourde. Car, il faut bien l’avouer, le film par moment se prend dans son propre piège en nous mettant réellement dans les conditions de l’espace mais oubliant que nous, pauvres spectateurs, ne somme pas munis du matériel adéquate. Mis à part ça (et encore, plus c’est fort, plus j’adore !), que ce soit avec une utilisation réussie des sons d’ambiances, ou de la musique de Price, le voyage sonore est assuré. Les B.O. de film qui sortent en CD ont souvent plus un intérêt commercial qu’utile. Force est de constater qu’ici, si sortie il y a,  elle semble même plutôt économique en nous évitant de payer des séances de yoga. Attention cependant à bien sélectionner les musiques parce que certaines ont de quoi remplir les salles d’attentes des ORL (n’est ce pas Renée ?).

Et puis arrive les choses qui fâchent. Les dix premières minutes sont magiques, on en prend plein les yeux, on découvre avec stupéfaction l’univers, mais … société de consommation oblige, on en veut toujours plus et tout de suite et il n’y a rien. Mais ça nous aurons l’occasion d’en reparler après (comment ? pourquoi ne pas en parler tout de suite ? …Et bien pour faire comprendre cette frustration que j’ai connu avec Gravity of course ! ).

Bien que le film s’auto suffise visuellement, on ne pourra s’empêcher de faire grise mine face à ses dialogues (qui ne cesseront jamais d’être) insupportablement mauvais. Alors oui on est sur la lune, on s’éclate, on fait un métier qui nous plait…. mais est ce qu’on est obligé de sortir des vannes toutes les deux secondes ? Ça nuit gravement le film ! Où comment avec ces simples dialogues on passe d’un film qui aurait pu certes être difficile à regarder pour la populace, à un film purement commercial et adapté à tous, parce que le but du jeu c’est le fric. Alfonso Cuarón clairement partisan du « On peut faire une œuvre exceptionnel et salué par la critique, mais si en plus on gagne plein de fric ça sera mieux. » sur ce coup là. En parallèle de ça, on ne parlera pas de la flagrante Américanisation du film (« ce chef d’ouvre est un film Américain et je veux que ça se voit ! ») qui aurait pu ceci dit être pire quand on sait que Georges Clooney était de la partie. What Else ?

Parlons acteurs justement. De prime abord, le cast. fait très commercial. Je te cible du Georges pour rameuter les ménagères qui ne seront pas forcément intéressé par le film sur le papier. Et je te ramène Sandra Bullock pour… MAIS POURQUOI EN FAIT ??? Mettant de côté ma rancœur pour l’actrice, car il faut bien avouer qu’il est assez difficile de sortir de nos têtes la Miss FBI ou encore la flingueuse en la voyant, sa prestation est aussi fade que son niveau visage. Je suis méchant !  Elle s’en sort pas trop mal mais on ne dira pas ce que l’on dit souvent pour un premier rôle « ça ne pouvait être qu’elle est personne d’autre » (Natalie Portman dans « Black Swan » ndlr).

Gravity : Photo

Ce qui a été le plus  reproché au film, c’est son intrigue digne du vide intersidéral. Ne voulant pas y croire au début, et surtout que je suis d’une nature à m’adapter assez facilement à tous les films, passer 1h30 dans une histoire sans réelle intrigue ne devait pas me gêner autant que de rester 1h30 dans un cercueil avec un seul acteur (j’ai même pu affronter l’interminable puzzle « An Oversimplification of her beauty » c’est pour dire !). Ceci étant dans le principe … mais dans les faits, y a comme un couac. Vous savez, cette impression (ma fois très populace) de sortir du ciné en se disant « putain mais il s’est rien passé du tout dans le film ». Car oui, « Gravity » est l’un des films les plus vides de cette année. Son intrigue se résume en trois lignes. Mais contrairement aux personnes lambda critiquant le film sur ce point sans chercher à pointer plus loin que leur nez, j’ajouterais que le problème ne vient pas tant de l’intrigue en elle-même, mais plutôt du scénario. Avec des dialogues ratés et des acteurs passables, l’émotion ne fait jamais mouche, ne mettant jamais vraiment en avant de grandes scènes (sur ce point là) dans le film, d’où la grande impression de platitude, voir de ridicule parfois. Je ne citerais pas la scène du « fœtus » beaucoup décriée alors que je la trouve sublime, mais plutôt les grands moments de solitude de Sandra Bullock qui le sont tout autant pour nous. Voilà, même si j’adore le pathos, je pense que « Gravity » pouvait trouver un juste milieu entre le rien et le tout.

Si le film n’a pas de scènes marquantes sur le  point de l’émotion, il peut en revanche compter sur l’action. Ça marche du tonnerre… l’arrivée de projectiles, les navettes qui n’en font qu’à leur tête … et puis c’est tout. Car l’action présente très vite ses limites. C’est génial, c’est beau … mais c’est très éphémère. En soit même je ne suis pas demandeur acharné d’action, mais force est de constater que quand l’émotion est fragile, on essaye de se raccrocher à autre chose (à la manière d’astronautes dans l’espace).

Quand on commence une critique, on aborde le début du film, quand on la termine, on aborde la fin. Et à ce sujet, je serais très (très) loin d’être tendre avec « Le film de la décennie ».  Quand on filme un ultime plan, j’estime qu’on est censé le soigner un minimum.  Là, il est d’un raté ! La faute à quoi ? À ses satanées gouttes d’eau qui viennent se mettre sur l’écran, et qui se voient amplifier par la 3D. Si « Percy Jackson 2 » et d’ailleurs la plupart des films en 3D ne peuvent tout maîtriser et surtout les gouttes d’eau, pour un soit disant « chef-d’œuvre » et un plan final, ça ne le fait pas mais alors pas du tout. De plus ( ah oui ce dernier plan est d’une inspiration sans précédent), on se retrouve avec un plan digne d’Avatar et même la musique qui nous ferait penser qu’on est retourné 4 ans en arrière. J’ai rien contre « Avatar« , mais le film s’appelle bien « Gravity« ! A ce niveau là, c’est presque une faute de goût…e ! L’on espérait d’autant plus un petit cliff final bien sympa mais ce n’est pas le cas. Pour autant, malgré ces deux défauts du final, il n’en reste pas moins correct, n’en faisant pas trop ni pas assez et se stoppant pile au moment où l’on commençait à s’ennuyer.

Si avec « Gravity« , vous ne verrez pas le temps passé,  il faudra cependant remettre les pendules à l’heure. Seulement 80 minutes et un scénario qui ne décolle jamais vraiment. Un comble quand on sait que ça se passe dans l’espace ! Pas le chef-d’œuvre attendu, mais suffisamment bon grâce à une MAÎTRISE technique bluffante.  Si l’on avait vraiment un reproche à faire à « Gravity« , ce ne serait pas sur lui, mais plutôt sur le Système qui pour ma part le surestime (« Un avant et après Gravity » euh …) et par conséquent créer une guerre entre les « Graviticiens » et les « Anti-Gravity », oubliant la vraie nature du film: pas un chef d’œuvre, pas un navet mais tout bonnement et simplement… un bon film!

Critique de Werner:

Gravity c’est le film événement que tout le monde attendait, attendu par à peu près tout le monde sur cette planète. On en parlait comme d’une immersion totale, une expérience hors du commun et même un chef-d’œuvre et bien forcer de constater que oui! Sauf sur un point le terme de chef-d’œuvre qui est totalement aberrant, alors oui il y aura un après Gravity, car ses effets spéciaux sont tout simplement extraordinaire, mais il n’y a rien d’autre dans le film de Alfonson Cuarón, il n’y a absolument aucun scénario, fin si mais c’est très secondaire. On tient certainement le film de la décennie (encore une fois, car c’est con de geek avait annoncé la même chose avec le bien pire Pacific Rim) en terme de science-fiction, car il révolutionne complètement en terme technique le cinéma.

Alors Gravity c’est juste un objet visuel et technique extraordinaire, dans la forme on peut aisément lui donné tout les prix qu’il mérite, mais dans le fond le film de Cuarón est extrêmement chiant et totalement vain, c’est même une purge. Gravity reste un film à voir, car c’est d’une incroyable maîtrise technique, mais on s’y ennuie à mourir et même si on se croirait dans l’espace, on se dit vite qu’on est bien mieux sur Terre!

Gravity de Alfonso Cuarón: Note Quentin-3,25/5-Note Werner-2,5/5

(sortie le 23/10/2013)

Advertisements

Laisser un commentaire

Filed under Octobre 2013

Un avis? Une critique? C'est ici, n'hésitez pas!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s