Snowpiercer, Le Transperceneige

Écrit par Werner Dejaeghere

« Le Transperceneige arrivera UGC de Lille à 19H30, salle 3. » Je m’apprête à monter à bord du nouveau film de Bong Joon-Ho (The Host, Mother, …) juste après être revenu d’un voyage long et décevant dans l’espace (j’ai détesté Gravity!). Je n’en attendais rien de ce Snowpiercer, donc qu’elle ne fut pas ma surprise à la fin du trajet quand je me frottais la joue après m’être une claque sous forme d’uppercut! Rarement la S.F. ne m’avait autant plu et marqué (ce n’est pas un genre que j’adore), la dernière fois que c’était arrivé, j’avais 15 ans et c’était devant le 2001, L’Odysée De L’Espace de ce cher Stanley Kubrick (accessoirement mon réalisateur préféré), il y eu aussi plus récemment et dans une moindre mesure, District 9 de Neill Blomkamp et Looper de Rian Johnson.

Synopsis:

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

(Source: AlloCiné)

Snowpiercer, Le Transperceneige commence par un film sur la lutte des classes assez simplistes (un thème prisé cette année avec Upside Down ou encore Elysium) et évolue au fur et à mesure que le film avance au fil des wagons que ses personnages traversent. Bong Joon-Ho a adapté une B.D. française (Le Transperceneige de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette), mais son film semble être avant tout l’adaptation d’un jeu vidéo (un peu comme World War Z…en mieux) du fait de sa stylisation et ses séquences de fight et de gunfight intense, fun et puissante, mais surtout ultra-violente. On est sans cesse captivé, car Snowpiercer grâce à un rythme hallucinant, ne nous laisse quasiment jamais souffler et la mise en scène de Bong Joon-Ho apporte une énergie et une vitalité incroyable au film, car elle est tout le temps en mouvement.

Snowpiercer, Le Transperceneige : Affiche

Le scénario est en soi des plus simpliste. Au final ce n’est rien d’autre que des personnes qui traversent un train et défonce des gens à coup de hache, flingue, poing ou encore couteau, mais Bong Joon-Ho et Kelly Masterson y ajoutent une lutte des classes accessible, mais très juste et une critique de la politique maligne. Les personnages sont très bien écrit et surtout très attachant. Ils sont écrits avec facilité sans réelle profondeur, mais à y regarder de plus près, il y a un travail assez impressionnant, car on a l’impression de les connaître depuis toujours et surtout même les personnages très secondaires sont bien travaillés. Les dialogues sonnent toujours juste, c’est parfois un peu facile, mais c’est toujours efficace. Le film n’hésite aussi jamais à aller dans l’humour.

Les acteurs sont très bons. Chris Evans est parfait, tout en mâchoire carré et serré. Il trouve son meilleur rôle, car on avait jusque là pas encore décelé son talent d’acteur, Song Kang-Ho est très bon en père camé et insaisissable, Tilda Swinton est méconnaissable sous toutes ses prothèses, mais la qualité de son jeu n’en est pas altéré, elle reste très bonne, John Hurt est bon en patriarche usé, Jamie Bell est encore une fois bon, mais il n’arrive jamais à être plus que juste bon, Octavia Spencer est mauvaise, Ewen Bremmer est toujours juste. Il reste deux acteurs excellents, mais qui ne sont présent que le temps d’une séquence. Ed Harris est exceptionnel en homme de pouvoir calme et calculateur et il y une Alison Pill saisissante de folie.

La mise en scène est parfaite, elle est au service de la narration. Il y a une inventivité folle et de chaque instant, les mouvements de caméra apporte du rythme à la narration. La photographie de Alex Hong Kyung-Pyo est sublime que ça soit dans les endroits sombres, lumineux, ouvert ou confiné. Le travail sur la lumière apporte beaucoup à l’ambiance. Marco Beltrami signe une B.O. des plus géniales. Elle est hyper efficace et souligne l’action à la perfection.

Snowpiercer, Le Transperceneige : Photo Chris Evans, Jamie Bell

Snowpiercer, Le Transperceneige est un film d’une puissance incroyable. On rentre dans le film de Bong Joon-Ho directement, car l’univers est tellement bien posé qu’on est forcément pris dans l’ambiance installé et rajouter à ça une stylisation des scènes de violences absolument géniales (pourtant c’est plus suggéré qu’explicite!). Snowpiercer en plus d’être un divertissement grandiose et de très haut niveau et un film critique intelligent et surtout intéressant, on ne s’y ennuie jamais grâce à ses scènes d’actions, mais c’est là toute le réussite du film de Bong Joon-Ho, il arrive aussi à nous accrocher avec son côté plus cérébrale (exactement ce qu’il manquait à Elysium).

Snowpiercer, le Transperceneige est un des meilleurs film de l’année 2013 et déjà un must de la S.F. pour cette décennie en cours. Bong Joon-Ho signe un film intense et qu’on oubliera pas de si tôt! Snowpiercer roule sur des voies déjà prise, mais encore jamais vu, car on jamais vu un film de train aussi haletant et intelligent (rappelez-vous la connerie Unstoppable de Tony Scott). Une claque.

Snowpiercer, Le Transperceneige de Bong Joon-Ho: 5/5

(sortie le 30/10/2013)

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Filed under Octobre 2013

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