BATTLE OF THE YEAR – The Dream Team

Écrit par Quentin Didier

L’on ne pourra jamais y échapper, chaque année nous pouvons découvrir sur grand écran un film de danse pour teenagers, si ce n’est pas plus. En 2012, le correct « Street Dance 2 » et « Sexy Dance 4 », en 2011 l’ensorceleuse Katerina Graham a enflammée la piste avec « Honey 2 », en 2010 « Street Dance » et « Sexy Dance 3 » se sont à nouveau retrouvés en Battle.  Entre histoire d’amour et conjugaison de danses impossibles, concours internationaux et rejets nationaux, les franchises ont épuisé leur stock de thème, autant que leur tête d’affiche de maquillage. Il fallait donc du renouveau dans tout ça… rien de pire qu’un mouvement de danse inlassablement destiné à se répéter comme une poupée danseuse qui tourne. Et contre toute attente, l’année du changement est bien celle de 2013. Avec son nom autant machiste que guère attrayant « Battle Of The Year » dit « BOTY » pour les intimes, se veut révolutionner le genre. Mais à vouloir s’écarter des sentiers battus, ne se met-on pas les fans à dos (ados)? La réponse est …mitigée!

Battle of the Year : Affiche

La grande originalité de « BOTY »  vient de son intrigue. On n’aurait jamais pensé dire ça de « Street Dance », « Sexy Dance » et autres… Adapté d’une histoire vraie, le film mélange ceci dit quelques aspects de l’ordre de la fiction, afin de satisfaire le public. Inutile de dire qu’il est très facile de deviner ce qui est ou non romancé.   Commençons pas le commencement. « Battle Of The Year » est la plus grande compétition de Break Dance de tous les temps. Les Américains, à l’origine de la création de cette dance ont néanmoins été très vite détrônés par les Coréens, Français ou encore Allemands. Depuis 15 ans, la « dream team »  n’a jamais réussi à remporter le titre, de quoi la surnommer par anagramme la «drame team ». Pour relever le drapeau américain au plus haut niveau, Dante Graham engage ainsi Jason Blake (interprété par « Josh Holloway » s’il vous plait!) pour y parvenir.  Ancien coach de basketball, il a depuis la mort de sa femme, mis sa carrière sur le banc de touche, préférant la compagnie du panier à linge débordant et vivre le reste de son temps…mort sur un canapé. Dante croit en son talent et le convainc d’entrainer une équipe pour le « BOTY ». À sa manière (assez controversée), Jason essayera de mener la « dream team » au sommet, créant par la même occasion une thérapie de son mal être, le tout en évitant les remontrances de son patron avec ses pics…. de Dante !

Je n’ai pas particulièrement aimé le premier quart d’heure du film, voir pas du tout en fait. Avec son générique bateau, et son démarrage de croisière, le film prend un peu l’eau. Ça démarre comme un mauvais téléfilm où l’homme d’affaire convainc le mec qui n’en a plus rien à faire de la vie de suivre sa cause. Mais ce dernier ne s’en sent pas capable, refuse, puis accepte, puis se la joue un peu borderline en en faisant voir de toutes les couleurs à son boss qui pense plus au blé qu’au champ de victoire.  L’occasion également de découvrir « Franklyn  avec un Y », joué par Josh Peck,  qui viendra faire la troisième roue du carrosse et apporter cette touche de fraîcheur tout au long du film comme il avait su l’être dans « L’Aube Rouge ».

Ici, il n’est nullement question de s’attarder sur une histoire d’amour. Seul une guèguère très puérile entre macho assez énervante abordera le sujet, mais en aucun cas Josh Holloway ne fera le sexy boy pendant deux heures pour conquérir une femme. Hallelujah !  Non, le film mise tout sur l’entrainement acharné avec quelques parenthèses sur l’introspection de Jason, bien vu et bienvenue. Alors forcément, le rythme est efficace et les presques deux heures de film passent assez vite. L’autre piège que « BOTY » réussit à éviter c’est l’artifice. Bien que j’apprécie que les films de danses en 3D mise à fond sur ca, je dois reconnaitre que je préfère n’avoir aucun artifice de toute nature que ce soit, que me retrouver comme devant « Street Dance 2 3D » avec des beaux artifices visuels mais surtout des artifices narratifs plombant. L’intrigue de « BOTY » se déroule principalement dans un centre de rétention, avec une vingtaine de bad boy qui n’ont pas besoin de se faire beau. Même l’arrivée de la sexy chorégraphe à mi parcours n’aura pas d’incidence sur cela. Comble de la situation, cet univers finalement terre à terre permet de faire envoler les émotions (la réciproque marche tout autant !). De tous les films de danses pour teenagers que j’ai pu voir, c’est bien le seul qui s’avère être aussi sensible (peut être un trop parfois !). Une BO raffinée, des moments d’introspection de Jason d’une longueur mesurée et parfaite et une évolution des comportements et mentalités  nous montre que le but de ce métrage n’était pas de nous faire soutirer de l’argent mais des larmes …

Pour en revenir à la B.O., j’y mettrais comme une petite réserve ceci dit. Si certains morceaux étaient pleins de subtilité, la plupart de ceux utilisés pour les chorégraphies m’ont fait sauter au plafond devant tant de « wesh wesh ». Une faute de gout …. mais venant de ma part. Car si les franchises « Sexy Dance » ou « Street Dance » mélangeaient les danses les plus raffinés avec celles plus percutantes, ici, l’on n’échappe pas à du 100% Hip Hop. Alors forcément quand on n’est pas trop fan, on grince les dents et on plie les oreilles devant chaque représentation. A réserver aux vrais fans de Hip Hop donc … à moins que ! Les « non fans » seront un peu plus chamboulés de passer de l’émotion à la brutalité (en aucun cas péjorative) mais les fans seront dégoutés devant ce gâteau beaucoup trop crémeux à leur goût. Finalement « Battle Of The Year » risque de ne satisfaire personne en voulant viser un public large. Et vu mon sentiment sur le film, ça n’a pas loupé.

Battle of the Year : Photo

Reparlons quelque peu de l’intrigue. Hormis quelques lourdeurs machistes (y a quand même Chris Brown au générique et on n’est pas près de l’avoir loupé !) le film s’en sort plutôt pas mal. Un cadre inhabituel, un Josh Holloway / Peck et surtout des danseurs attachants, un principe d’élimination qui me ravit autant que de regarder une émission de tv réalité, sont les principaux ingrédients de la réussite. La 3D n’est franchement pas une réussite (« Street Dance 2 » m’avait plus convaincu) mis à part pour les Split Screen qui sont cependant assez traditionnels.

Ceci dit le final (je ne vous spolierais rien en vous disant que ca se termine par le concours) pourrait faire changer n’importe qui de bord ! Là où le B-Boying m’a toujours laissé insensible, j’y ai pris mon pied et là où l’émotion avait toujours fait mouche (dans l’œil !), j’y suis beaucoup plus réservé. A défaut d’avoir un spectacle hallucinant, le concours est mené à 100 à l’heure, nous laissant juste le temps d’admirer les chorés et battles et de nous demander qui allait gagner (on n’oublie pas que c’est une histoire vraie et que même si les Américains terminaient deuxième voir troisième c’était déjà un exploit … donc le suspense était entier ! ).  A contre pied, l’émotion qui avait toujours été juste se voit désormais comme beaucoup plus lourde, voir Américanisée à mort. C’est presque comme si les musiques découlaient directement de l’hymne américain. Pire ! C’est presque comme si (on ferme les yeux et on y est !) on se retrouvait devant le final de « White House Down » ! Au secours !!!!  La musique du générique de fin (à défaut de son visuel) réussit à ne pas nous faire partir en courant.

BATTLE OF THE YEAR (2.25/5) – Réalisé par Benson Lee – Sortie le 13 Novembre 2013

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Filed under Novembre 2013

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