La vie rêvée de Walter Mitty – The Secret LIFE of the American Teenager

Écrit par Quentin Didier

C’était l’un des films les plus attendus de ce début d’année, la cinquième réalisation de Ben Stiller promettait bien Monts et Merveilles… Malheureusement, comme une sorte de résolution de fin d’année qu’on aurait prise puis abandonnée au bout de quelques jours, l’excitation du film s’essouffle très vite…

On y croyait pourtant en ce projet.  Une bande-annonce de toute beauté, un Ben Stiller qui semblait vouloir s’écarter de son univers risible… le successeur de « Into The Wild » était donc en marche et comme Mitty himself, nous en rêvions… (P.S.: les points de suspension seront prédominants dans cette critique tant le potentiel du film était là mais finalement on reste sur notre faim s’imaginant nous-mêmes à regret ce que cela aurait pu donner… et qu’est-ce que ça aurait pu être beau!)

On connait tous un Walter Mitty! Vous savez, ce gars qui bosse dans les archives et qui est follement amoureux d’une femme qui travaille dans la même boite que lui mais dont sa timidité lui aura toujours fait défaut pour lui déclarer sa flamme. Non, au lieu de ça Walter préfère se réfugier dans ses absences, sorte de vie parallèle qu’il invente pour se prouver qu’il peut être quelqu’un de courageux… de notablement remarquable. (N’est pas Walker Texas Ranger qui veut!) Une existence plus que lambda jusqu’au jour où pour rechercher un mystérieux négatif disparut, il se lance dans un périple incroyable à travers le monde. Du Groenland en Afghanistan en passant par le fameux volcan Islandais imprononçable, le quarantenaire, va devoir prendre confiance en lui afin de retrouver le grand reporter Sean O’ Connell, le seul à pouvoir retrouver cette fameuse photo manquante qu’il a lui-même prise.

On ne va pas faire comme le personnage de Ben Stiller, on ne va pas y aller par quatre chemins, ce film avait (presque) tout pour faire sensation sur le principe: le voyage, les visions de la vie parallèle et une petite histoire d’amour impossible. Mais voilà, au final rien n’est dépaysant, rien n’est beau, rien n’est charmant ! La faute à quoi? Tout simplement parce que Ben Stiller aborde chacune ses trois histoires sans jamais vraiment les pousser dans leur paroxysme. Tout au plus, l’histoire d’amour semble être la plus travaillée mais elle en agacera plus d’un. Par conséquent, l’on en ressort bien frustré, un peu comme si l’on venait de voir un téléfilm bâclé.

La Vie rêvée de Walter Mitty : Affiche

Premièrement : la recherche du négatif perdu s’avère effectivement négative et perd le spectateur au cours du voyage. Les indices sont futiles, ce n’est pas souvent clair et le dénouement de tout ça est plus que risible. On compte donc sur les paysages, les rencontres avec les locaux (tout ce qui avait fait la grande réussite du film de Sean Penn) pour combler les meubles.  Mais là encore, les paysages ne sont guère prédominants et les rencontres sont emplies de vide. On aurait aimé que Walter Mitty se la joue un peu « Rendez-Vous En Terre Inconnue »  que un « Indiana Jones À La Recherche De L’Arche Perdue« . C’est très loin des images très soignées des affiches de la promo. Alors forcément, une fois le générique de fin à destination de l’arrivée, on a l’impression de ne jamais avoir décollé! La palme du ratage revient à la scène de rencontre entre Ben Stiller et Sean Penn (qui visiblement à du mal à supporter le Jet Lag) tout simplement plombante. Mais à l’image du film (inégal), elle est suivie d’une bonne scène de football au milieu de nulle part avec des locaux (ENFIN!!!).

Deuxièmement : La Vie Rêvée De Walter Mitty. On le disait, le film est hétérogène, alors forcément les absences de notre chère Mitty le sont tout autant. Disparate dans leurs contenus… le  skate sur le goudron pour savoir qui aura la poupée fera chauffer la salle tandis que l’apparition du randonneur des neiges n’aura guère d’intérêt sauf celui de jeter un grand froid. Mais aussi disparate dans leurs répartitions… On les enchaîne dans la première demi-heure, puis elles s’amoindrissent par la suite (en même temps que le personnage reprend confiance en lui me direz vous… mouais je suis peu convaincu). Il y avait tellement à faire avec ces absences, même un film entier où l’on perdrait la notion du réalisme… Là ce n’est qu’un accessoire pour en mettre plein la vue alors que ce sont justement les paysages qui auraient dû le faire.

Troisièmement : l’histoire d’amour entre Walter et Cheryl. Les fans de romantismes seront aux anges, les autres maudiront à tout jamais le prénom de Cheryl, leur rappelant beaucoup trop Karen Cheryl qu’ils avaient déjà du mal à supporter à l’époque.  Pour ma part, ça passe, mais ça casse des briques.

La Vie rêvée de Walter Mitty : Photo

Ben Stiller s’est quand même rendu compte que ses trois intrigues pouvaient partir dans tous les sens et a donc décidé de rajouter un lien avec la société de rencontre « E-harmonie ». Pourquoi pas… le seul bémol, c’est que cela pousse un peu plus le film dans de l’humour alors que l’on attend inlassablement de le voir se diriger dans un drame, dans un film plus humaniste et touchant (à croire que j’ai mal vu la bande-annonce comme on lirait mal une carte pour s’orienter!).

Parlons d’un autre lien justement, les génériques, histoire d’apporter un peu de positif à cette œuvre. L’ouverture et la fermeture sont pour le coup vraiment réussies. On aurait aimé retrouver cette géométrie dans les plans, ce mouvement semblable à du Pop art tout du long. En fait ce qu’il aura vraiment manqué au film c’est ça, de la géométrie et de la géographie (ça fait très scolaire tout ça!). Certains plans sont très bien travaillés mais cela ne reste que trop peu et pour ma part la photographie est moyenne. Une fois le film arrivé à destination, l’on a l’impression de ne jamais avoir décollé.  L’on est loin de ce que nous avaient fait ressentir « Les Chemins De La Liberté » ou « Himalaya L’Enfance D’Un Chef » dans lesquels l’histoire se passe à un moment ou complètement dans cette « demeure des neiges ».

La B.O. pour poursuivre avec ces points positifs… du Junip, du José Gonzalez et même nos protagonistes principaux viendront assaisonner agréablement le film. C’est réussi, peu dépaysant mais ca marche et c’est le principal (surtout en randonnée!).

Est-ce la maudite VF que je me suis tapé où tout simplement les acteurs qui ne sont pas au top de leur forme. Vous allez me dire que voyagez ça fout un peu le bourdon… Ben Stiller s’en sort assez passablement. Ironiquement c’est Kristen Wiig et surtout Adam Scott qui touche le sommet (de l’Himalaya?).

Pour résumer « La Vie Rêvée De Walter Mitty » avait du potentiel, malheureusement et ça arrive souvent, il s’est perdu à l’aéroport. En voulant tout mélanger et surtout en choisissant de revenir plus à ses amours de comédies que de traiter d’un vrai drame, le film ne dépaysera ni les fans de la première heure de Ben Stiller, ni ceux qui s’attendaient à voyager. Puisant majoritairement sa source dans une histoire d’amour basique plutôt que dans celle de l’Océan Arctique, « The Secret Life Of Walter Mitty« risque pour plus d’un de ressembler à un énième épisode de « The Secret Life Of The American Teenager« .

La Vie rêvée de Walter Mitty : Affiche

LA VIE RÊVÉE DE WALTER MITTY (2/5) – Réalisé par Ben Stiller – Sortie le 1er Janvier 2013

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Filed under Janvier 2014

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