Her

Écrit par Werner Dejaeghere

Il faut avant de commencer cette critique préciser que je ne sais pas si j’ai aimé Her et que cette critique est susceptible de ne plus refléter mon avis dans 2 semaines comme dans 3 mois.

Her a été annoncé partout comme un chef-d’œuvre, un grand film d’amour comme on en a jamais vu et dans un sens c’est vrai, car Her est une révolution dans le cinéma romantique (ou peut-être même le cinéma tout court), c’est une sorte de Gravity du film d’amour, une expérience jamais vécu, une immersion au cœur de l’émotion et là où je trouvais Gravity assez stupide (notre critique est ici) dans son fond, ce qui m’empêchais d’en apprécier la forme, le film de Spike Jonze lui offre un regard tout bonnement hallucinant sur son sujet, Jonze dissèque l’amour, l’émotion et même l’être humain avec grand génie et dans sa forme c’est d’une précision extraordinaire. MAIS, car oui il y a un « mais » Her m’a totalement effrayé, même si le film est totalement génial et je pense que oui peut-être que c’est un chef-d’œuvre.

Synopsis:

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

(Source: AlloCiné)

Le quatrième film de Spike Jonze est un film futuriste où les hommes pour contrer la solitude s’offre les services d’une sorte d’intelligence artificielle appelée OS et le film se base sur cette relation entre Theodore (le personnage principal) et cette ordinateur avec une vraie personnalité dont le seul support est une voix, sur ce point là Her est du déjà vu sur toutes la ligne, amour impossible, crise de jalousie, fin vous connaissez, mais le film se démarque en se concentrant sur les tourments intérieure de son héros. Her nous fait alors ressentir une multitude d’émotions dont des choses que l’on a jamais ressenti et ça fait véritablement peur, surtout que Jonze mets une distance avec son spectateur qui fait qu’on de s’attache jamais au personnage, ce qui rend le film assez froid et pourtant on ressent les choses sans vraiment les comprendre. Ses émotions inexplorées sont vraiment surprenantes et c’est ce qui m’a fais peur, comment un film peut créer un tel effet, toucher l’humain jusque dans son for intérieur, comme si Her nous manipuler et nous explorer le cerveau, le cœur, je trouve vraiment ça effrayant et je fus assez énervé durant la séance.

Au-delà du fait que j’ai vraiment était réticent à ce qu’offrait Spike Jonze en terme d’émotions, le film en soit est ennuyeux voir très ennuyeux. Heureusement Her bénéficie d’un sujet toujours intéressant, mais le gros problème c’est que Jonze n’offre aucun point de vue, il se contente d’observer l’homme sans jamais émettre une critique et de ce fait, Her se déploie et on vraiment que faire de ce qui arrive. Les personnages ont beau être d’une justesse, les dialogues et leurs mésaventures et explorations amoureuses elles ne mettent jamais dans le mille et pire tout sonne souvent faux.

L’un des gros points forts de Her c’est son casting tout en tendresse et en mélancolie, Spike Jonze est un excellent directeur d’acteur. Joaquin Phoenix qui n’a pourtant plus rien à prouver arrive encore à approfondir son jeu et comme dans Two Lovers de James Gray, il n’est jamais aussi touchant que quand il joue les maux de cœur. La grande surprise du film vient du personnage invisible qu’est l’OS dont je parlais plus haut et qui n’est rien d’autre qu’une voix et pourtant elle est fascinante, belle, bouleversante et mystique, car oui c’est bien cette voix interprétée par Scarlett Johansson (son meilleur rôle?) qui nous fait ressentir ces émotions jamais vécu. Sinon Amy Adams confirme qu’elle est un actrice indispensable. Le casting porte bel et bien Her et malgré leurs look, leurs coupes d’un autre monde ne paraissent jamais ridicule.

Her : Photo Joaquin Phoenix

Je n’attendais rien de ce Her, car un flou énorme entouré le projet et je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, le film ne m’excitait vraiment pas et heureusement, car j’aurais été sacrément déçu. Tout le monde m’avait dis « Oui, c’est d’ores et déjà le chef-d’œuvre de l’année et peut-être le film de la décennie, tu pleures du début à la fin », on verra bien, j’ai vu et comme d’habitude quand on parle d’un film comme LE film de l’année…j’ai détesté (Pacific Rim en tête et Gravity en second), ce n’est pas le fait qu’on me l’a vendu comme ça qui me fait ne pas aimer Her, mais le film de Spike Jonze est surtout bourré de défaut, un rythme pesant, un côté philosophique de bistrot et surtout du déjà vu, malgré du jamais vécu.

Si je n’ai pas aimé Her, c’est car j’ai détesté être manipulé de cette manière comme un cobaye à qui on montrait le film du futur comme une chose vraie, alors que le côté S.F. du film de Spike Jonze est l’aspect le plus repoussant du film et mets cette distance qui fait que l’on ne s’attache à rien. Le manque d’enjeux dramatique nous fait décrocher très vite, mais pourtant Her arrive toujours à nous intéresser et ceux grâce à son sujet très bien traité, car on a rarement vu l’amour aussi bien regardé. Spike Jonze signe un prototype trop déstabilisant pour qu’on l’aime, mais Her promets un bel avenir. Un film en demi-teinte.

Her : Affiche

Her de Spike Jonze: 2,5/5

(sortie le 19/03/2014)

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Filed under Mars 2014

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