Les coups de <3 du mois de mars

Écrit par Werner Dejaeghere

La nouvelle rubrique du blog arrive avec un troisième numéro (vous pouvez retrouver le mois de Janvier ICI et Février ) et ce mois-ci la moisson de film vu a été assez importante et encore mieux, les bons films ont été légion (beaucoup moins au ciné malheureusement). Ayant donc vu pas mal de bon film, je vais devoir faire des choix dans les films sur lesquels je voulais écrire (il y avait déjà une pré-sélection) et je ne vais pouvoir retenir Mary Poppins de Robert Stevenson, Phantom Of The Paradise de Brian De Palma, Collateral de Michael Mann, La Corde de Alfred Hitchcock, American Beauty de Sam Mendes, Le Dernier Roi D’Écosse de Kevin MacDonald ou encore Conan Le Barbare de John Milius sinon ça faire un peu beaucoup. Ce mois-ci on devait avoir un invité qui n’a pas pu finir sa critique, mais qui viendra très certainement dans les mois à venir. Je serais donc seul à écrire et ce mois-ci je vais vous parler de…

Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick: 4,5/5

Voilà un film dont j’ai repoussé le visionnage dès que je pouvais en m’inventant des excuses bidon et ce pour une seule raison, Eyes Wide Shut est le dernier film de Stanley Kubrick que je verrais avec un œil neuf, car c’était le dernier film du maître que je n’avais pas vu et comme Kubrick est le réalisateur (avec son Orange Mécanique) qui m’a fais devenir cinéphile, cette dernière surprise je l’appréhendais surtout que c’est en plus le dernier film qu’il a fais et qui est aussi son film testament, car il est mort avant la sortie du film. Et quel dernier film! Eyes Wide Shut est un de ses tout meilleurs films (j’ai fais une liste ici), une œuvre aussi mystérieuse qu’explicite qui dissèque les relations de couple, le désir et surtout l’amour, mais certainement plein d’autre chose qu’on a pas remarqué parce qu’on est tout de même chez Kubrick. Le film se déroule quasi intégralement dans la nuit et autant dire que ça installe une ambiance assez incroyable et ajoute énormément de suspens, car Eyes Wide Shut est par moment un thriller paranoïaque et son personnage principal avec ses errances nocturnes est une sorte de Travis Bickle de la haute bourgeoisie. Kubrick vient avec un regard d’une perversité effrayante nous interroger sur la nature profonde de l’homme et nous offre avec Eyes Wide Shut une réinvention de son cinéma totalement fascinante. Ce chef-d’œuvre testamentaire est tout simplement indispensable et je vous donnerez comme conseil de le voir durant la nuit (effet garanti).

Hyper Tension (Crank en VO) de Mark Neveldine et Brian Taylor: 4,5/5

Alors là on s’attaque à un sacré nanar, un immense plaisir coupable, mais qui fait pourtant énormément de bien…Hyper Tension, un film quasiment inconnu alors qu’il est le film qui reflète le mieux la carrière de Jason Statham, un film taillé pour le « Stat » où il n’a jamais été aussi bon, car mis à part Revolver et Snatch de Guy Ritchie voir Braquage À L’Anglaise de Roger Donaldson, le « Stat » ce n’est que des films de secondes zones qui arrive à être passable grâce à Statham, ce film est le joyaux d’une carrière controversée, donc un indispensable. Hyper Tension est une série B qui aurait pu très vite tomber dans le nanar totalement pourris, mais le duo Neveldine/Taylor a eu la très bonne idée d’y croire, d’y aller à fond et de faire adhérer leur délire, c’est justement pour ces raisons que Hyper Tension fonctionne, car en ne se prenant pas au sérieux, mais tout en assumant les réalisateurs incorpore encore plus de fun et accouche d’un film ultra-jouissif. Le film suit un tueur à gage à qui on a injecté une drogue qui si le cœur ne reçoit sa dose d’adrénaline s’arrête à partir de là vous l’aurez compris, le film prend un rythme absolument fou et ne s’arrête jamais une seule seconde pour souffler et ce dès la première minute, on est attrapé dans l’histoire et on n’en ressort qu’à la fin avec un sourire jusqu’au oreille et le souffle coupé. Hyper Tension est une série B de folie qui serait très bête de ce refuser, surtout qu’elle est excellente et puis surtout il y a la scène de sexe la plus cool du monde dedans!

Hyper tension : Affiche Brian Taylor, Jason Statham, Mark Neveldine

Steak de Quentin Dupieux: 5/5

Steak, Steak, Steak… En voilà un film mal-aimé, car le film avait été vendu comme « La nouvelle comédie de Eric et Ramzy », comme les deux lurons en faisaient à l’époque les distributeurs ne savant pas comment le vendre étant donné que Steak est un film à l’humour totalement absurde, un véritable objet de cinéma. Il me fait toujours mal au cœur de voir les critiques du film, car les détracteurs du duo s’en donne à cœur joie pour bien montrer qu’ils avaient raison en disant que Eric Et Ramzy étaient des tâches tandis que les admirateurs totalement déconcerté par la promotion mensongère ce sont pris une belle claque en voyant cette ovni, c’est donc tout naturellement que Steak a fais non seulement un bide, mais en plus c’est fais descendre par la critique et le public. Moi j’avais vu Steak au ciné à 11 ans et j’avais déjà beaucoup aimé, je ne l’avais pas revu depuis c’est à l’occasion de la sortie de Wrong Cops du même Quentin Dupieux que je me suis mis un petit coup de nostalgie et c’est tout simplement un bijou, une comédie hilarante et dosée à la perfection. Steak c’est LE meilleur film du duo que forment Eric Judor et Ramzy Bédia qui sont des génies comiques absolus, mais qui ont une mauvaise réputation étant donné qu’ils ont joué dans des films souvent bien pourris (Les Daltons de Phillipe Haim en est le meilleur exemple). Dupieux signe une sorte de relecture d’Orange Mécanique aussi hilarante qu’intelligente où se confond poésie, humour et profonde mélancolie, on est ici dans un monde parallèle mystérieux où plane une atmosphère parfois effrayante, Dupieux instaure son cinéma avec une liberté jouissive et nous régale tout du long. Steak c’est la comédie dans ce qu’elle a de plus grande et je reprendrais les mots (un extrait) de Eric Judor répondant à la question de Thierry Cheze (Studio Ciné Live) qui était « Comment avez-vous vécu l’accueil mitigé de Steak » pour la résumais : « (…) nous avons emmené une partie de notre public vers une expérience qu’il n’aurait jamais tenté. Certes, abusés par la campagne promo, énorme piège pour faire le plein d’entrées les premiers jours, ces gens-là se sont pris de l’art dans la gueule… (…) » (retrouvez l’interview complète ici)

Steak : Affiche Eric Judor, Quentin Dupieux, Ramzy Bedia

Rushmore et La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaums en VO) de Wes Anderson: 4 et 4,5/5

Je voulais parler de Rushmore, mais je ne pouvais pas non plus ne pas parler de La Famille Tenenbaum, ces deux films sont signés Wes Anderson un réalisateur désormais apprécié de tous grâce à des films décalés et un univers bien à lui dont je ne connaissais pas grand-chose il y a encore 2 mois (mis à part Moonrise Kingdom que j’avais à sa sortie en 2012), c’est avant d’aller voir The Grand Budapest Hotel (son dernier film) que je me suis plongé dans sa filmographie et autant dire que le monsieur ne me laisse pas indifférent, car je ne sais toujours pas si j’aime ou non ce qu’il propose, car tout ses films (les seuls films que je n’ai pas vu sont Bottle Rocket et Fantastic Mister Fox) sont dotés d’un univers bien particulier où la mélancolie s’allie à la poésie et à l’humour, mais le petit plus c’est que Anderson est un génie du cinéma, car il maîtrise absolument tout dans sa mise en scène ultra-travaillée et c’est parfois compliqué de rentrer dans ses films et qui peuvent donc faire paraître les choses très superficielles, ce fut le cas avec The Grand Budapest et La Vie Aquatique que je n’ai pas aimé sans qu’il soit pour autant mauvais. Ayant donc vu Moonrise Kingdom a sa sortie (j’avais adoré), c’est Rushmore et La Famille Tenenbaum qui m’ont très agréablement surpris, Rushmore c’est son deuxième et il contient tout ce qu’il fera son cinéma, mais avec un petit côté fauché qui le rends terriblement attachant et une galerie de personnage d’une justesse incroyable. La Famille Tenenbaum c’est un peu comme si le personnage principal de Rushmore avait fondé sa famille forcément dysfonctionnelle, Anderson vient avec encore une fois disséquer avec une incroyable justesse les relations familiales dans un film à fois enchanteur et terriblement noir, malgré son univers coloré. Au final dans le cinéma de Wes Anderson, c’est l’espoir et l’amour qui triomphe.

La Famille Tenenbaum : affiche

Malavita (The Family en VO) de Luc Besson: 4/5

Alors oui, je vous entends d’ici crier au scandale en disant que ce n’est pas possible d’avoir aimé cette bouse, Luc Besson ce fout de notre gueule, mais franchement c’est quand la dernière fois que vous vous êtes autant amusé devant un film français? Et bien oui… Alors oui je partais avec un avantage, je n’ai vu aucun film de Luc Besson mis à part son Arthur Et Les Minimoys (sympathique divertissement familiale, mais bien dispensable), mais j’ai vu beaucoup de ses films où il est scénaristes et tout est assez horrible des Taxi au Taken en passant par From Paris With Love ou encore Wasabi, le « Besson » a signé beaucoup de merde, mais ça reste tout de même en terre inconnue que je me suis lancé dans ce Malavita dont je m’attendais au pire et c’est d’ailleurs pour ça que je l’avais boudé lors de sa sortie en octobre 2013. Si l’expression « Plus c’est con, plus c’est Besson » s’applique très bien au film, il s’avère que cette fois si le film est terriblement con, il est aussi terriblement bon, car si à l’accoutumé les films de Besson sont des navets imbuvables, Malavita lui est plus qu’honorable et même très bien. Besson signe une parodie/hommage des films de mafia et au cinéma de Martin Scorsese (ici producteur) où certes c’est souvent très bête et bourrés d’arcs narratifs assez énorme, mais on prend un pied énorme à suivre cette famille de déjanté et surtout l’humour fonctionne, c’est jamais vraiment lourd on s’étonne même à sourire et malgré la montagne de cliché, cette caricature de la France et des US est vraiment amusante. Malavita est une véritable surprise dans le sens où le film à tout d’un nanar, mais où tout fonctionne à merveille, des références cinématographiques au excès de testostérone gratuit, Besson a forcé le trait et son jusqu’au boutisme paye. Malavita est un divertissement efficace et braiment agréable à suivre, on regrettera quelque longueurs, mais dans l’ensemble c’est vraiment du chouette cinéma. Un plaisir comme on aimerait en revoir plus souvent.

Malavita : Affiche

Et voilà si ce mois-ci j’ai oscillé entre pur film d’auteur et gros divertissement balourd, ça prouve bien que le cinéma peut toucher et ce en offrant tout et certes parfois n’importe quoi. Ce mois de mars, fut le mois de toutes les surprises étant donné que j’ai vu beaucoup de bon ou en tout cas que j’ai apprécié. Dans ce troisième numéro de « Les coups de ❤ » j’espère vous avoir donné envie d’élargir vos horizons et de ne pas vous arrêter sur des à priori stupide, car au cinéma tout est histoire de ressenti et c’est à vous de vous forger votre avis. En espérant que le mois d’avril soit aussi riche. La suite au prochain numéro…

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