Dans La Cour

Écrit par Werner Dejaeghere

Dans La Cour est une surprise sortie un peu de nul part, un petit film dont on attend rien, mais qui donne tout ce qu’il a à offrir. Dans La Cour c’est ce que le cinéma peut offrir de meilleur…un moment hors du temps agréable et divertissant à la fois. Pierre Salvadori nous raconte l’histoire de deux anges brisés par la vie, par le quotidien et signe un film social sur fond de comédie souvent absurde et bordel que ça fait du bien quand le cinéma français ne cherche pas mille effets comique pour faire rire, non Salvadori avec son film nous fait rire et même, fait son film (et toutes les émotions qui en découle) avec le cœur, avec une élégante simplicité et surtout une justesse de ton époustouflante.

Synopsis:

Antoine est musicien. A quarante ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d’errance, il se fait embaucher comme gardien d’immeuble. Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique : et si l’immeuble s’effondrait… Tout doucement, Antoine se prend d’amitié pour cette femme qu’il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages et inquiétudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

(Source: AlloCiné)

Dans La Cour bénéficie d’une douceur de propos qui rends l’ensemble souvent très surprenant, surprenant d’émotion brute balancé là dans le va-et-vient de la vie de cet immeuble. Pierre Salvadori nous offre un film devant lequel on se sent bien, c’est d’une saisissante légèreté. Certes Dans La Cour est un peu long et parfois on se demande l’intérêt de suivre l’histoire de ces deux dépressifs, mais Salvadori apporte une mélancolie qui nous prends au cœur et qui nous fait très vite adhérer à son film, mais surtout tout ça est réalisé sans pathos et sans qu’on ne se sente déprimé.

Dans la cour : Affiche

Le scénario ne raconte certes pas grand-chose certes, mais il le raconte très bien. La chronique de ces deux êtres perdus vise tellement juste que l’on est pris dans le film comme dans un thriller. Les personnages sont écrits avec une grande sincérité, même si le trait est parfois un peu trop forcé on s’attache très vite à tout les personnages rencontrés. Les dialogues sont imparables, d’une grande vérité et souvent très drôle. C’est parfaitement ciselé.

Les acteurs sont tous très bon et surtout, ils sont tous d’un grand naturel. Gustave Kervern ballade sa moue boudeuse partout avec un talent assez déconcertant, rare son les acteurs qui jouent le fatigué sans paraître faux. Catherine Deneuve est comme toujours, absolument parfaite, elle illumine l’écran de sa classe et de son immense talent. Féodor Atkine nous sert un jeu assez classique, mais ça fonctionne et c’est le principal. Pio Marmai arrive à faire d’un personnage tout simple, une personne pleine de profondeur grâce à une interprétation tout en relief comme il le faisait déjà dans Grand Départ de Nicolas Mercier. Le reste du casting plus amateur et aussi très bon.

La mise en scène est pleine d’idée et surtout des bonnes. C’est totalement maîtrisé et d’une technique irréprochable, ce qui est assez rare dans le paysage français. La photographie de Gilles Henry est plutôt jolie malgré le manque de technique, il n’y a pas des effets de lumières hyper travaillés, non, elle est à l’image du film…d’une grande simplicité. Grégoire Hetzel signe une B.O. assez mauvaise et surtout pas originale pour un sous. La musique n’occupant pas une grande place dans le film, ça ne gâche pas le plaisir qu’on éprouve.

Dans la cour : Photo Catherine Deneuve, Gustave Kervern

Ça fais bien longtemps que le cinéma français n’avait pas autant surpris et avec Dans La Cour Pierre Salvadori nous surprends de bout en bout, car il allie technique et récit avec brio et sans jamais tombé dans la prétention d’un grand film, Salvadori filme l’humain avec une profonde pudeur et une sincérité incroyable. Dans La Cour passe du rire au larme avec grande aisance et si les passages comiques sont là pour diluer un peu la noirceur du côté dramatique, il s’avère que c’est plus drôle que la plupart des comédies actuelles alors que le réalisateur ne cherche pas à l’être à tout prix. Dans La Cour est un film qui fait le plus grand bien, car il nous fait passer un excellent moment et il le fait avec un propos toujours intéressant.

Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer n’est jamais très loin et comme avec celui-ci on ressort plein de vie et l’envie de savourer chaque instant. Quand un film nous montre la vérité, on ne peut que l’apprécier et Pierre Salvadori y met tout son cœur et pose un regard très juste. On oubliera certainement très vite Dans La Cour, mais en attendant il a réussi l’exploit d’être bon durant les 1H37 qu’il dure et ça c’est inestimable.

Dans la cour : Photo Catherine Deneuve, Féodor Atkine, Gustave Kervern

Dans La Cour de Pierre Salvadori: 3,5/5

(sortie le 23/04/2014)

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Filed under Avril 2014

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