MALÉFIQUE – I HAD A DREAM

Écrit par Quentin Didier

Vous connaissez tous cette fameuse phrase commerciale « tout ce que vous connaissez va être remis en question ! » (« 2012 «  ,« Le Monde De Narnia 2 », « The Devil Inside »…). Si elle a pour habitude de faire saliver les foules, elle attire plutôt les foudres à la sortie de séance. « Maléfique » de Robert Stromberg surfe sur cette logique (qui ne l’est pas tant… à défaut d’être épatant !). En choisissant de réinventer un personnage classique de Disney (un classique d’un classique en somme, oh quelle belle mise en abime !), il cherche à se mettre tout le monde dans la poche… pour se les remplir ?! Finalement, porté par une promotion à l’image de ses actrices, somme toute(s) anorexique(s), « Maléfique » s’avère être le vilain petit canard (allez au coin-coin !) au milieu de tous ses blockbusters actuels. Mais chez Disney, tout ce qui est petit est mignon alors pourquoi ne pas tenter l’expérience… Même si ici Robert Stromberg fait ses débuts en matière de réalisation, il a auparavant travaillé sur les effets spéciaux de « Avatar » et de « Le Monde Fantastique D’Oz ». De quoi rêver, non ? (rêver c’est gratuit, une séance de ciné beaucoup moins !)

Elle, (c’)est Maléfique, une créature pure, d’une beauté aussi impénétrable que son royaume. Lui, Stéphane, un humain au cœur de pierre qui ne l’a laissera pas de marbre ! Le hasard les fit se rencontrer, s’aimer… puis se séparer. Digne successeur pour reprendre le trône de son père mourant, Stéphane privilégia trahir cet amour pour la gloire. Rancunière, Maléfique jura de se venger. Chose qu’elle exécuta des années plus tard lorsque Stéphane devint prince, qu’il trouva sa princesse et qu’ils eurent un enfant. Lors d’une cérémonie en son honneur, Maléfique, au-delà de jeter son dévolu sur le pauvre bébé, lui jeta également un sort : le jour de ses seize ans, elle tombera dans un sommeil sans fin … qui n’aura que le baiser d’un amour sincère comme seule échappatoire.  (« Eh bien c’est mal barré ! »).

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Pendant une heure et demie, « Maléfique » imposera un bon tempo. Des scènes à la durée exemplaire qui à aucun moment ne nous feront gagner le sommeil (nous avons vaincu la malédiction!!!!). Je vous vois venir sur vos grands chevaux, pauvres parjures que vous êtes, qui espéraient voir un film de deux heures et demie et qui auraient à coup sûr été la cible de vos venins à cause des longueurs. Là le film fait ce qu’il a à faire dans une constante parfaite. Si avec cela, il semble avoir fait le plus dur, il sera cependant très loin de convaincre les spectateurs de moins de six ans qui ne bénéficient pas encore du SMIC (Système en Marche de l’Implantation du Cerveau).

On l’annonçait comme un film plus sombre qu’à l’accoutumée chez notre ami aux oreilles rondes ! Certes je vous l’accorde il l’est mais c’est loin d’être l’orgasme absolu. Le tout est sans cesse plombé par des décors, des effets spéciaux, des dialogues déjà vus et revus ! Les effets en vert … mon Dieu que c’est moche ! Disney à l’air de penser qu’avec du vieux on fait du neuf ! Le problème c’est  qu’il faut une baguette magique pour cela ! Et de baguette, il n’y eu que celle en fer que nous nous sommes empressés d’acheter pour botter le derrière de ce cher Robert Stromberg.

Pourtant le film commence plutôt bien. Nous écoutons les dires d’Angelina Jolie prônant que l’amour vrai n’est que simple mascarade ! A ce moment précis, toutes les filles de la salle se mirent à penser que si elle ne voulait pas de Brad Pitt, elles seraient très heureuses d’en prendre soin ! Bref, après s’être effectivement envolée au septième ciel avec son amour d’enfance, son amour commença à battre des ailes avant que celles-ci ne lui soient retirées par cet homme avide de pouvoir (reprendre le trône de son père). Le changement d’attitude du futur prince est assez concis, les débuts de la guerre entre les Landes (le royaume de Maléfique) et le monde des humains plutôt lissent. J’ai presque eu un moment de pitié quand j’ai vu cette pauvre cinquantaine de soldats se battre contre deux arbres et une femme avec des ailes (le combat de l’année vous avez dit ?). On ne peut pas aller vite et en même temps tout raconter, certes.  Après ce prologue, le film se met en place, le sort en est jeté, le spectateur tout autant … dans la gueule du loup. Parce que le problème est bien là.  Nous sommes comme tous les personnages du conte, nous attendons désespérément que les choses se passent sans pouvoir en changer la destinée. Aurora, le bébé victime de l’enchantement, est élevée dans un lieu lointain par trois fées aussi agaçantes que superficielles ( la Disney touch est dans la place !), le prince attend qu’elle ait ses 16 ans, date du début de la malédiction, pour la revoir en espérant que l’éloignement aura contrecarré tous les plans de Maléfique. Cette dernière, qui fera connaissance avec le sujet de son sort regrettera son choix d’antan à la vue de cette belle jeune fille en devenir sans finalement ne pouvoir faire quoi que ce soit ! On se contente donc d’attendre, d’attendre, non sans quelques scènes agréables, mais avec en tête l‘idée que le film ne réservera jamais aucune surprise, aucun enjeux, nada ! J’aime quand les films nous donnent une bonne raison de rester. Ici, au bout d’un quart tout semble tracé (et ils vécurent heureux…). L’on aurait pu espérer une bonne séquence d’anthologie au moment de l’endormissement de la belle. Le mot séquence est à revoir à la baisse tant l’instant est balayé aussi vite que Mickey dans « Fantasia » pour laisser place à une ultime scène de bataille évasive et un final niais au pas … possible !

Maléfique : Photo Elle Fanning

Alors si nous ne pouvons pas compter sur le visuel, le scénario… ( en sommes sur presque tout ce qui fait un film) pouvons nous au moins avoir l’appui de ces acteurs ? La réponse est négative. Si le personnage de Maléfique est en tout point ressemblant à l’originale, Angelina Jolie peine à dégager grand-chose. Alors oui elle est dans le personnage mais malgré sa tête d’affiche , on aurait plus envie de la lui couper… sa tête ! A moins que mes yeux n’eussent été trop occupés à regarder cet espèce d’os qui lui sort sur les joues (et moi par les trous de nez  au passage !). La deuxième star sur le plateau était Elle Fanning. Cette phrase au futur résume comme il se doit ma déception. Elle Fanning, fantasme de la gente masculine absolu est aussi molle qu’un accordéon. Mais où est passé l’égérie de Lolita Lempicka ???? Il est indubitable qu’Angelina Jolie lui rende ses cornes, et sur le champ! Pour le reste, Sharlto Copley totalement au bord de la dépravation irrite au plus haut point ! Brenton Thwaites, à défaut de se fondre dans son rôle, se fond parfaitement dans le décor! Imelda Staunton, bien connue des PotterHead, devait visiblement avoir besoin d’argent pour accepter de se rendre aussi ridicule de la sorte ! Seul Sam Riley tire légèrement son épingle du jeu malgré un personnage liposucé par Disney à mort !

Musicalement parlant, « Maléfique » doit revoir sa copie! James Newton Howard est fidèle à lui-même. Des soundtracks sans grand intérêt. Plus proche du grand canon que de l’onirisme. Il y en a quand même une qui fait exception à la règle avec un bon son en mode « choir » très appréciable. Et que dire du générique « Once Upon A Dream » réinterprété par Lana Del Rey ? La goutte d’eau qui fait déborder le vase de rhum ?! L’impression de se réveiller après une cuite monumentale.

« Maléfique » vendait du rêve mais ça c’était avant. Illico la séance terminée, je me suis empresser de retourner dans la boutique des rêves Euromillions pour changer le mien ! Un moment agréable pour les gens peu exigeants souhaitant se vider le cerveau. Pour les autres, la déception sera de mise autant que la simplicité qui enivre ce long métrage.

MALÉFIQUE (Maleficent) : 1,75/5 – Réalisé par Robert Stromberg – Sortie le 28 Mai 2014

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