The Homesman

Écrit par Werner Dejaeghere

The Homesman c’est le retour de l’acteur Tommy Lee Jones à la réalisation 9 ans après son premier film, Trois Enterrements qui lui avait valu un Prix du Scénario et un Prix d’Interprétation masculine (pour lui-même) à Cannes. L’acteur de 67 ans revient au western pour notre plus grand plaisir, car son premier film est à l’image du jeu du vieux bougre…solide et efficace. Alors que vaut The Homesman qui a lui aussi eu droit à son ticket pour la Compétition au dernier Festival de Cannes ? Et bien il est déjà réussi et c’est déjà pas mal.

Synopsis:

En 1854, trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska.
Sur sa route vers l’Iowa, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente.  Ils décident de s’associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière.

(Source: AlloCiné)

Au départ on se dit que le film va être très long et il l’est réellement, mais c’était sans compter sur l’incroyable humanité et l’étonnante sensibilité qu’apporte Tommy Lee Jones à son film. The Homesman est un hommage au grand western classique à la John Ford dont le successeur moderne est Clint Eastwood, mais depuis Impitoyable en 1992 Clint a changé de genre, fini les western pour lui et c’est assez surprenant que ça soit un de ses amis qui l’honore aussi bien. The Homesman se déroule sans accroche, c’est efficace et surtout très solide (comme Trois Enterrements), on a pas grand-chose a reprocher à au film de Jones a part qu’il soit un poil trop classique, mais c’est bel et bien histoire de chipoter. La beauté de The Homesman est aussi une des ses qualités, les grands espaces sont sublimés par des cadres composés à la perfection.

The Homesman : Affiche

Le scénario est très bien écrit et surtout très bien construit. On est pris dans ce road-trip comme si on était à bord de cette roulotte. C’est un peu long, mais on ne s’y ennuie jamais. Les personnages sont attachants au possible, ils sont emplis d’humanité qu’on ne peut faire autrement que de les aimer. Les dialogues sont dès plus basiques, mais ils sont et ceux assez souvent étonnamment tendre, ce qui est plutôt agréable. L’humour y est aussi présent et fait toujours mouche… « Tu ne sais même pas pisser droit » à ressortir dans chaque bon dîner !

Le casting est parfait, ils sont tous une gueule qui est fait pour le western. Chaque acteur a quelque chose a raconter. Tommy Lee Jones nous sert une interprétation tout en profondeur bien loin de ses habituelles moues boudeuses. Hilary Swank est parfaite en vieille fille et pour la première fois, elle arrive à faire ressentir des émotions. Miranda Otto, Grace Gummer et Sonja Richter qui jouent les femmes folles du film sont toutes trois incroyable, elles sont sidérantes de naturel. Mention à Grace Gummer (la fille de Meryl Streep). Après les acteurs présent est de l’ordre de l’apparition qu’importe, mais ils jouent comme à fonde leur rôle. William Fichtner est né pour jouer dans des western après Lone Ranger, Naissance D’Un Héros de Gore Verbinski il vient confirmer que dans le genre on fait pas mieux. Tim Blake Nelson est encore une fois parfait en attardé quelque peu siphonné. Le seul point négatif vient de Meryl Streep qui se contente de faire le job.

La mise en scène est parfaite. Sans aucune vague Tommy Lee Jones construit des plans, des cadres d’une maîtrise assez bluffante. Si il n’a pas de réellement de style propre, sa réalisation est d’une classe folle. La photographie de Rodrigo Prieto est absolument sublime. L’alliance de la mise en scène et de la photo. font des grands espaces américains des tableaux époustouflant de beauté formelle. Marco Beltrami signe une très grande B.O. comme on a pas entendu depuis un bout de temps. Un véritable bonheur auditif.

The Homesman : Photo Tommy Lee Jones

The Homesman n’est pas un grand film ni même un grand western, non la seconde réalisation de Tommy Lee Jones est un drame intimiste empli d’une nostalgie dès plus émouvante. The Homesman a aussi une part de divertissement pur, un film où comme on dit « on en se prends pas la tête » (produit par Europa Corp. a.k.a. Luc Besson) et tout en même temps, il foisonne de thématique où mine de rien Jones vient quelque peu critiquer la conquête de l’Ouest.

Ce western est plein de chose à la fois. Drame intimiste et grand road-movie, divertissement et réflexion sur la place de l’humain, western âpre et tableaux magnifique, Tommy Lee Jones mixe tout ça sans jamais se perdre et mieux encore, tout est parfaitement cohérent. The Homesman est un hommage au grand classique et en même temps il a son identité propre, Jones signe film certes classique, mais remarquable en tout point. Si l’ensemble est dès plus rugueux, The Homesman ne peut que bouleverser ne serait-ce que par ce qu’il incarne. Un western, un vrai.

The Homesman : Photo Tommy Lee Jones

The Homesman de Tommy Lee Jones : 3,5/5

(sortie le 18/05/2014)

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Filed under Mai 2014

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