Dom Hemingway

Écrit par Werner Dejaeghere

Il n’y a pas grand-chose à dire sur ce Dom Hemingway, car il n’est pas grand-chose. Sorti chez nous 7 mois après sa sortie en Angleterre et dans une combinaison de très (trop?) peu de salle, le film de Richard Shepard ne vaut que pour Jude Law et aussi ses dialogues cool à souhait. On y suit un bad-boy excentrique tout juste sortie de 12 ans de prison et qui n’a qu’une seule envie…rattrapé ça ! Douze ans c’est long, très long (demandé à Salomon Northup de 12 Years A Slave!) et revenir dans le monde encore plus, surtout pour LE Dom, une femme morte, une fille qui vous déteste, pas une thune et une vie qui ne porte que sur l’argent, le cul et l’alcool certes c’est cool sur la papier, mais au cinéma ce genre de mec n’a jamais fais de merveille à part avec Las Vegas Parano de Terry Gilliam peut de personnage complètement allumé ont marqué le 7ème art, Dom Hemingway n’y échappe pas.

Synopsis:

Après avoir passé 12 ans en prison pour avoir gardé le silence, Dom Hemingway, célèbre pour savoir ouvrir le moindre coffre-fort, est de retour à Londres et a bien l’intention de récupérer ce qu’on lui doit !

(Source: AlloCiné)

Dom Hemingway partait avec toute les bonnes intentions parler d’un désaxé alcoolique et égoïste qui essaye de se réintégrer au travers d’un film délirant, c’est intéressant et en partie ça fonctionne, mais c’est juste là que le film coince dans ce « en partie »Richard Shepard aborde multitude de thème sans jamais approfondir quoique ce soit et c’est vraiment dommage, car Dom Hemingway est un vrai bon film de gangster british à la Guy Ritchie (Snatch, Revolver ou encore Rock’N’Rolla) et le fait qu’il tourne en rond et qu’en plus il ne raconte pas grand-chose le rend inoffensif et très peu marquant. Shepard ne sait pas complètement planté non plus, Dom Hemingway a des qualités et ses qualités on le retrouve dans le côté délirant du film et là il est plutôt excellent. Grâce au show que nous sert un Jude Law survolté (bien loin de ses rôles de gentleman) et des dialogues sous forme de punchline souvent très drôle, on passe un bon moment et on s’y amuse réellement. Même si ce n’est pas la complète éclate, car le film reste tout de même assez sage, le trip est poussé assez loin pour nous emmené dans le délire et pour ça Dom Hemingway vaut le coup d’œil.

Dom Hemingway : Affiche

Le scénario est pas si mauvais, le gros problème c’est qu’il est inaboutie. À peine le film va dans une direction qu’il repart aussi tôt dans un autre et c’est vraiment dommage, sans compter tout ce dont il parle sans jamais aller au bout des choses. Les personnages sont plutôt bien écrit, certes on les a déjà vu et ils restent clichés, mais on est pris d’affection pour eux. Ils sont vivants et surtout très humains, certainement grâce au petit ajout de Lena Dunham (Girls) au scénario. Les dialogues sont la force du film. Inventif et complètement barré à la fois, ça ne peut que faire mouche d’autant plus qu’ils sont souvent très drôle.

Les acteurs sont franchement pas géniaux mis à part Jude Law absolument dingue. Il est parfait et porte le film à lui tout seul entre biture et monologue sur sa queue on ne le verra plus jamais du même œil. Ses 13 kilos pris pour le rôle n’auront pas était vain. Après pas grand-chose à garder dans ce casting d’acteur qui se contente d’être là à part un Richard E. Grant habité en bras droit (sans main) du héros et une Emilia « Daenerys Targaryen » Clarke plus mignonne que jamais. Demian Bichir est toujours aussi mauvais et nous sert du Bichir, interprétation lourdingue. Kerry Condon joue une fille qui est à côté de la plaque (la drogue?) et est elle même complètement à côté de la plage. Reste Jumayn Hunter assez ridicule en gangster, mais qui fait le boulot.

Le côté technique du film manque aussi d’envergure, on a souvent l’impression d’être dans du sous-Guy Ritchie. La mise en scène dynamique à souhait virevolte dans tout les sens et c’est appréciable, malgré tout ça manque d’efficacité. La photographie de Giles Nuttgens est bien terne et ce n’est pas forcément un défaut, car c’est sa signature il a travaillé sur quasiment tout les films de David MacKenzie (Perfect Sense et Young Adam entre autre) qui ont pour force justement cette aspect sombre, il a aussi travaillé sur The Grand Budapest Hotel qui malgré ses couleurs vives s’avère être le film le plus sombre en terme de rapport humain et le moins lumineux en terme de…lumière de la filmographie de Wes Anderson. Nuttgens ajoute donc vraiment son style aux films sur lesquels il travaille. Il faut aimer le parti pris. Rolfe Kent signe une B.O. que très peu originale, certes sympathique, mais ça manque d’une vraie patte.

Dom Hemingway n’est pas un mauvais film loin de là, mais il n’est pas très bon non plus malgré son capital sympathie immense et ses idées à la pelle. Si le film de Richard Shepard existe ce n’est que grâce à Jude Law qui accapare toute l’attention et c’est dans mieux pour le film, on se concentre alors moins sur ses problèmes de scénario et de son goût d’inachevé. Certes on passe un bon moment devant Dom Hemingway, mais on n’en retiendra rien et c’est dommage car il avait tout pour se faire connaître et devenir une petite référence dans le milieu de la comédie policière (même si c’est des gangsters) à la Ritchie.

L’un des mérites du film est de ne jamais être répétitif et encore mieux, jamais Shepard n’est exaspérant et c’est dingue quand un personnage tel que notre héros a une vie qui tourne en rond. Dom Hemingway est un film devant lequel on se divertit sans s’abrutir malgré qu’il mets en scène des abrutis et oui Richard Shepard a quelque peu appris des Coen’s même si son film ne ressemble en rien à un film des frères. Le réalisateur arrive à nous emmener là où il veut, certes il n’en profite pas pour approfondir ce qu’il aborde, mais c’est signe d’un certain talent et avec son film qui est des plus réjouissant, Richard Shepard démontre du talent et c’est déjà pas si mal. Dom Hemingway sera un des meilleurs films quand on voudra parler de la carrière de Jude Law et c’est tant mieux car il nous sert un grand numéro d’acteur. Rien que pour lui le film est à voir.

Dom Hemingway de Richard Shepard : 2/5

(sortie le 04/06/2014)

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Filed under Juin 2014

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