Jimmy’s Hall

Écrit par Werner Dejaeghere

Nouveau cru du plus connu des cinéastes britanniques, Jimmy’s Hall arrive deux ans après le feel-good movie La Part Des Anges et un an après son documentaire L’Esprit De 45. Cette fois-ci il n’est plus question de comédie ou de documentaire pour Ken Loach, mais de biopic, biopic sur James Gralton militant communiste irlandais et pour le réalisateur c’est l’occasion pour son (apparemment) dernier film de parler de ce dont il parle le mieux, son pays et son histoire. Jimmy’s Hall que ça soit lors de sa projection en compétition au Festival de Cannes ou à sa sortie publique a divisé, certains parlent d’un film anecdotique et les autres d’un beau film qui clôt parfaitement la carrière de Loach. Les deux partis n’ont pas vraiment tort et c’est de là que le film tire sa réussite.

Synopsis :

1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

(Source : AlloCiné)

Quand Ken Loach parle de la vie de son héros, ses combats, l’Irlande il est certes très intéressant et même assez efficace, mais c’est effectivement anecdotique, ici ce sont les thèmes abordés découlant de son histoire qui font de Jimmy’s Hall une réussite. Loach arrive au travers d’un film dès plus classique a nous offrir une ode à la libre expression et surtout à la culture, tout s’entremêle à la perfection pour au final aboutir  sur un film touchant, prenant et tout en pudeur. Il faut aussi souligner la qualité de la reconstitution vraiment irréprochable.

Jimmy's Hall : Affiche

Jimmy’s Hall n’est certes pas un chef-d’œuvre, mais au moins un grand film. Le genre de film qui en 1H46 arrive à faire le tour de son sujet ou en tout cas en aborder touts les aspects, mais qui au-delà de ça arrive à délivrer un message et c’est assez remarquable. Ken Loach mêle grand film classique et jolie film intimiste pour livrer un modèle de biopic, le tout doté d’une réalisation soignée. Jimmy’s Hall va à l’essentiel que ça soit dans ses scènes de danse filmé en direct avec le groupe qui joue et qui procure une vraie sensation de bonheur, de proximité, ce qui rend le film très authentique.

Jimmy’s Hall a la capacité de ne jamais lasser ou de souffrir de son statut de « film d’époque » grâce à un casting convaincant qui croient au projet et ça ce ressent forcément, mais si le film est réussi c’est aussi car Ken Loach a réussi a nous intéresser à ses personnages tout en fêlure et leur combat pour lequel on se prends instantanément de passion. Jimmy’s Hall divise et c’est compréhensible dans le sens où Loach ne prends jamais réellement partis (un peu quand même), mais il se contente de raconter la vie de Gralton, oui, mais il le fait avec une telle efficacité qu’on ne peut qu’adhérer.

Jimmy's Hall : Photo Aileen Henry, Barry Ward, Denise Gough, Martin Lucey, Mikel Murfi

Pour son dernier film Ken Loach livre un bien jolie film et en quelque sorte une synthèse de son cinéma. Jimmy’s Hall c’est un peu « Ken Loach pour les Nuls », mais de ce classicisme du propos à la forme ressort une touchante sincérité et une belle proposition de cinéma. Si l’on peut regretter le film prenne un peu trop son temps, il le fait avec grâce et tendresse pour un résultat entre douceur et tragédie, Jimmy’s Hall c’est du mélo qui tombe jamais dans le pathos où tout est dosé à merveille. Le film n’est pas le sommet dans la carrière du cinéaste, mais on prends un réel plaisir à le suivre dans cette dernière aventure. Entre Grandeur et légèreté Ken Loach part sur la plus belle des notes. Du vraie bon cinéma.

Jimmy's Hall : Affiche

Jimmy’s Hall de Ken Loach : 3,5/5

(sortie le 02/07/2014)

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Filed under Juillet 2014

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