La Planète Des Singes – L’Affrontement

Écrit par Quentin Didier


919718094

Souvenez-vous, il y a presque trois ans, le premier opus de la nouvelle génération de « La Planète Des Singes » débarquait sur grand écran. Grand succès critique et public (plus de 3 millions d’entrées), ce « Origines » avait largement réussi à redorer une saga bien entachée par Tim Burton dix ans auparavant. Sa recette magique : éviter de tomber dans tous les travers des blockbusters actuels. Autant dire que ce second volet était attendu de pied ferme… Mais comme le bon vin, l’attente de « La Planète Des Singes : L’Affrontement » n’en sera pas… vain. Matt Reeves ajoute une nouvelle pierre à ce qui pourrait être la plus grande saga de cette décennie.

Ce qui est assez magique avec cette nouvelle version de « La planète Des Singes » c’est que même si presque tout change (réalisateur, compositeur, acteurs, décors) le résultat ne bouge absolument pas. Cet « Affrontement » réussit à garder cette touche si caractéristique du premier : l’humain avant l’action. Ô fans de blockbusters écervelés qui recherchez à tout prix de la castagne non-stop, passez immédiatement votre chemin avant de cracher votre venin. Si c’était moins flagrant dans le premier opus, ce second est dans tous les sens du terme assez difficile à regarder et est bien loin du petit divertissement tout public qu’il pourrait laisser paraître !

La Planète des singes : l'affrontement : Photo

Pour l’heure, le film est une suite directe du premier… enfin 10 ans plus tard. Après qu’un virus se soit répandu dans tous les recoins de la planète, un groupe de survivants (pour ne pas dire une mini-ville) tente de survivre. Bientôt à court d’électricité, ils n’ont d’autre choix que de rejoindre un barrage un peu plus loin afin de le refaire fonctionner s’ils veulent continuer à vivre comme de gens civilisés… comme des humains en somme  ! Mais sur leur route se trouvent César et sa famille, qui ne se réjouissent pas du tout à l’idée de retrouver des humains. Les premiers rapports sont houleux … si un compromis semble possible, la menace d’un affrontement plane sur toutes les têtes.

L’ouverture en deux temps est terriblement efficace. D’une part, elle fait écho au générique de fin du premier opus et d’une autre part, porté par une soundtrack puissante, Matt Reeves choisit d’en mettre plein la vue tout de suite et de nous annoncer la couleur : l’animal ici est embelli … presque humain … Reeves, réalisateur du célèbre « Cloverfield » semble maîtriser avec mention son sujet. Dommage qu’il se contente d’une vieillotte apparition du titre en guise de générique.

Pendant une heure ensuite, la mise en place se met en marche délicatement. C’est très jouissif de voir comment ces deux colonies (humains et singes) essayent de cohabiter ensemble.  Alors que certains trouveront cela (très) long, il suffit de lâcher prise  et de se laisser transporter pour ne pas voir le temps passer. Regarder pendant dix minutes une bande de singes se parler entre eux à coup de langue des signes ou tout simplement les voir parler comme des humains aurait pu être totalement ridicule. Et bien là pas un seul instant !  La « Performance Capture » donne un résultat au-delà du sublime. Certes le travail d’Andy Serkis pour César est sans appel, mais oublier le reste de la bande serait un véritable blasphème.  Et que dire de ces scènes de partage entre « humains et bêtes » qui ne sont pas sans rappeler l’émotion que James Franco et César nous avait donné préalablement. Maurice, l’orang-outan côte à côte avec un adolescent et unis par un livre … un bébé singe qui fuit les bras d’un des siens pour s’agripper et jouer avec des humains… ce second opus recèle de petits moments forts sans jamais tomber dans le pathos. Et puis comme si ça ne suffisait pas, cette mise en place est l’occasion de s’intéresser de près à ce qui va être l’origine d’un conflit sans précédent. C’est l’éternelle question…  Comment deux groupes distincts vont se retrouver à se faire la guerre ? Quel va être l’élément déclencheur ?  « La Planète Des Singes : L’Affrontement » choisi de ne pas tomber dans la facilité et met en place un véritable jeu de chat et de la souris qui prendra progressivement de l’ampleur ! Entre temps, le spectateur, comme prisonnier d’une montagne russe ne saura plus où donner de la tête tant le conflit et l’amour se confrontent sans cesse entre les deux camps. Alors qu’on me dise sur le champ qui s’est ennuyer pendant la première heure ??

jason-clarke-la-planete-des-singes-710x399-4877

Et puis le tant attendu « Affrontement » arrive … et ironie du sort, lui qui aurait dû exploser tout sur son passage à la vue de la longue mise en place, me laisse comme un arrière-gout inachevé en matière d’action (je suis un mec après tout !), mais n’en reste pas moins ultra efficace. C’est à ce moment-là que le film part un peu dans tous les (bons) sens et commence à mettre sérieusement mal à l’aise. Plus qu’un affrontement, cette guerre est presque une thèse sur l’humanisation de l’animal et par la même occasion une satire de ce qu’est devenu l’humain de nos jours. J’ai été beaucoup plus réceptif à ce message qu’à l’action en elle-même qui n’est qu’un combat de singes armés qui tirent dans tous les sens.

Exit Patrick Doyle qui nous avait offert une B.O. somptueuse (« Off You Go » reste un modèle du genre), c’est Michael Giacchino que l’on ne présente plus, qui prend les commandes. S’il évite allègrement les compositions pompeuses bien connues des blockbusters, l’on reste un peu sur notre faim.

La Planète des singes : l'affrontement : Photo Jason Clarke

Au casting, il fallait bien du lourd pour nous faire oublier James Franco et Freida Pinto. Sans faire d’étincelles, Jason Clarke, Gary Oldman et Keri Russel sont tout de même bons. Malgré tout, c’est cette retenu dans le jeu qui fait leurs points forts. L’on aurait pu s’attendre à un Gary Oldman en méchant insupportable, pas du tout. Rappelez-vous, on est loin de tomber dans les clichés des blockbusters. Hors de question d’avoir des personnages antipathiques (l’humain avant tout), hors de question de caser une sous intrigue sentimentale, hors de question de pulluler le film de blagues toutes les deux minutes… Qu’on le veuille ou non, « La Planète Des Singes : L’Affrontement » se mettra à dos tous les aficionados des films grands publics.

Un petit mot sur la 3D qui est aussi anecdotique que les petits défauts qui ponctuent le film.

Pari difficile mais pourtant réussi haut la main, Matt Reeves assure la relève de Rupert Wyatt dans un film moraliste, sensible et très sombre. Grâce à des scènes d’une puissance extrême et une limitation dans les décors, ce second volet à de quoi nous étouffer autant qu’il nous époustoufle ! Il m’est presque impossible de parler de Science Fiction tant le rendu est réaliste… Un grand travail qui surpasse même son prédécesseur et dont le troisième volet est (grandement !) attendu pour 2016 !

 La Planète des singes : l'affrontement : Affiche

LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT ( 3,75/5) – Réalisé par Matt Reeves – Date de Sortie : le 30 Juillet 2014

Advertisements

Laisser un commentaire

Filed under Juillet 2014

Un avis? Une critique? C'est ici, n'hésitez pas!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s