White Bird

Écrit par Werner Dejaeghere

Le grand fou qu’est Gregg Araki (Nowhere, Mysterious Skin, …) est de retour avec son nouveau film quatre ans après Kaboom, teen-movie carrément déjanté sous forme de trip hallucinant et il revient fort, mais pas comme à son habitude, il est devenu sage, plus accessible et peut-être même plus lisse. White Bird c’est un comme tout film du réalisateur, un teen-movie, mais aussi (et surtout !) un thriller, mais pas seulement car ce n’est certainement pas Araki qui va se contenter de servir un banal thriller, oh ça non ! Le film vient défoncer avec un véritable plaisir les codes établis en mettant en scène tout ce que la petite famille américaine bien sous tout rapport peut avoir de si chiant. Mais le gros problème avec White Bird c’est que tout du long on ce demande où est passé le réalisateur rentre-dedans qu’on a l’habitude de voir et surtout ce qu’on fout un peu là et c’est là tout le génie du film, c’est qu’on trouve les réponses à tout dans un final dès plus incroyable.

Synopsis :

Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble  à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

(Source : AlloCiné)

White Bird pousse le spectateur à se poser des questions et ceux sur plusieurs plan. D’abord sur l’histoire qui étant donné que c’est un thriller fait cogiter et sur ce point ça s’avère ultra-prévisible, ensuite sur le fond, Araki semble durant 1H30 n’avoir absolument rien à dire et on s’intéresse que très peu à cette petite pique lancé à la banalité, mais et même MAIS, c’est là que le film se montre absolument génial et totalement déroutant, c’est que dans ses quinze dernières minutes il remet tout en cause et quand je dis tout, c’est absolument tout ! Tout d’abord cette histoire qui semblait si prévisible ne l’est plus du tout et sur ce fait on s’interroge un peu sur l’utilité de tout ce qu’on a vu avant, mais c’est tellement déroutant que on pourra encore se poser la question après plusieurs visionnage. Et puis et c’est là dessus qu’on se pose énormément de question c’est sur Gregg Araki qu’on pensait perdu dans un thriller aux enjeux minuscules, mais qui se montre renversant. White Bird oscille tout du long entre le génie pur et le grotesque le plus total, mais le réalisateur se balade de chaque côté et nous balade dans tout les coins pour finir par nous convaincre que c’est un grand. C’est comme si il c’était amusé à être en-dessous tout du long (sauf dans sa peinture des relations familiales) pour mieux déconcerté son spectateur à l’arrivé.

Le scénario est incroyable, faussement prévisible et totalement jouissif. Même si durant tout le long c’est banal et déjà vu avec un tel final qui remets alors tout en question, c’est forcément bon. Les personnages sont forcément clichés étant donné qu’Araki mets en scène une famille américaine tout ce qu’il y a de plus simple pour mieux les bousculer, il n’en reste pas tous extrêmement intéressant et surtout très attachant. Les dialogues qui sonnent quelque peu creux trouvent alors tout leurs sens quand on découvre tout. Chaque phrase à un sens.

Le casting est tout bonnement incroyable. Chaque acteur est crédible, rien ne sonne faux alors que tout n’est que cliché. Shailene Woodley depuis qu’on l’a découverte dans The Descedants de Alexander Payne confirme qu’après The Spectacular Now de James Ponsoldt et surtout Divergent de Neil Burger qu’elle sera la nouvelle reine d’Hollywood sous peu. Eva Green est flippante à souhait en mère perdue dans sa propre maison. Shiloh Fernandez est une jolie découverte. Christopher Meloni est encore une fois impeccable et nous sert une interprétation pas très loin du personnage qu’il jouait dans la série OZ. Thomas Jane est très bon. Le reste du casting moins présent fais aussi le boulot.

La mise en scène est bien que très maîtrisé et plein d’idée assez convenue et même assez plate. Il n’y a jamais vraiment de surprise, Araki ne se contente que de l’essentiel et ce n’est pas plus mal ainsi. La photographie de Sandra Valde-Hansen est sublime que ça soit durant les séquences de rêve où durant les séquences sous forme de flash-back, tout est épuré et d’une grande beauté. Robin Guthrie et Harold Budd signe une B.O. réussie sans réelle grande partition mais qui suffit au film. Ils n’en font jamais trop.

White Bird c’est bizarre, car durant 1H15 on se demande vraiment où ça veut en venir et si on ne s’ennuie pas vraiment, on y prends pas vraiment de plaisir. Durant ces 1H15, le réalisateur se fait sage et dresse certes un portrait assez intéressant, mais rien de bien fou et puis il y a ces quinze dernières minutes qui donnent au film tout son intérêt, tout son sens et surtout toute sa grandeur. Gregg Araki avec un génie diabolique ce sert de son talent pour aller partout sauf là où on attendait le film, il nous fait croire des choses, nous montre des choses et toutes ces « choses » qui ne valaient pas grand-chose finissent par trouver resonance quand un grand réalisateur sait les utiliser à bon escient.

Thriller avant tout, mais aussi teen-movie certes simple et au service du thriller, mais teen-movie tout de même, Araki dépeint encore avec une justesse incroyable l’adolescence, c’est bluffant de naturel. White Bird est plein de faux-semblant ce qu’incarne le thriller, mais surtout l’adolescence période compliquée où l’on se cache pour mieux se trouver et c’est ça que Gregg Araki nous livre ici, un thriller qui grandit tout du long et finit par se trouver et se montrer à tous, tout comme l’adolescent qui devient adulte. Puissamment troublant et toujours mystérieux, on est ici devant un film qui est à part et pourtant ressemble à tous, ce qui le rends encore plus génial. Souvent malsain dans ses plus beaux moments, magnifique quand il se montre malsain, le film à plusieurs face et que ça soit sous n’importe laquelle, on est impressionné par la profondeur du projet. White Bird est vertigineux.

White Bird (White Bird In A Blizzard) de Gregg Araki : 3,5/5

(sortie le 15/10/2014)

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Filed under Octobre 2014

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