Bodybuilder

Écrit par Werner Dejaeghere

Troisième long-métrage de l’acteur Roschdy Zem sous la casquette de réalisateur après Mauvaise Foi et Omar M’A Tuer, avec Bodybuilder on sent qu’il cherche ses marques en tant que metteur en scène, mais qu’il a une vraie envie de cinéma. C’est donc avec une tonne d’idée que Zem nous plonge dans l’univers du bodybuilding. Le film est une plongée fascinante dans ce milieu méconnu qu’est celui du bodybuilding, mais pas que, car Bodybuilder c’est aussi une jolie chronique familiale. Roschdy Zem malgré qu’il ne livre pas un grand film, dresse un portrait généreux et étonnamment divertissant.

Synopsis :

À Lyon, Antoine, vingt ans, s’est mis à dos une bande de petites frappes à qui il doit de l’argent. Fatigués de ses trafics en tous genres, sa mère et son grand frère décident de l’envoyer à Saint-Etienne chez son père, Vincent, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années. À son arrivée, Antoine découvre que Vincent tient une salle de musculation, qu’il s’est mis au culturisme et qu’il se prépare intensivement pour un concours de bodybuilding. Les retrouvailles entre le père et le fils, que tout oppose, sont difficiles et tendues. Vincent va tout de même accepter qu’Antoine travaille pour lui afin de l’aider à se sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. De son côté, Antoine va progressivement apprendre à découvrir et respecter la vie que son père a choisie.

(Source : AlloCiné)

En choisissant de montrer autant la trajectoire du fils que du père, Zem rends son film immensément attachant et plein de sincérité. Bodybuilder plus que de nous plonger dans un milieu, dépeint de belle relation plein d’humanité qu’on ne peut qu’apprécier. Alors certes c’est plutôt banal et quelque peu simpliste, mais c’est aussi tellement généreux que tout fonctionne. Roschdy Zem signe là un projet dès plus curieux, mais traité avec beaucoup d’entrain et plein d’idée, aussi bonne que mauvaise. Le cinéma français c’est parfois ça aussi, des films tout simple, mais tellement surprenant qu’on se surprends nous même à y trouver plein de qualités.

Le scénario est dès plus simple, mais tellement bien tenu que ça n’ennuie pas une seule seconde malgré un ensemble parfois bancal. Les personnages sont magnifiques d’humanités et particulièrement attachants. Ils se montrent parfois un peu clichés, mais sans que ça soit forcément mauvais. Les dialogues n’ont rien d’exceptionnels, mais le naturel des échanges est saisissant. Tout paraît vrai.

Le casting est absolument génial où chacun joue parfaitement le non-jeu, car encore une fois tout ici paraît vrai. Vincent Rottiers continue son petit bonhomme de chemin et s’affirme de plus en plus comme un bon comédien. Yolin François Gauvin véritable culturiste est impeccable et pour son premier rôle s’invite en révélation. Marina Foïs a déjà fais mieux, mais même quand elle fait le minimum syndical elle reste bonne. Nicolas Duvauchelle montre encore un jeu très physique qui pour une fois fonctionne à merveille. Roschdy Zem joue très naïvement ce qui lui apporte un certain charme. Adel Bencherif est très bon en petite frappe. Dominique Reymond est très bonne.

La mise en scène est peu maîtrisé, car encore hésitante, mais pleine de bonne intention et surtout d’idée. C’est basique, mais on ressent réellement l’envie de cinéma. La photographie de Thomas Letellier elle est au contraire très maîtrisé, surtout dans les scènes de nuit où le mélange de lumière naturelle et artificielle donne un rendue sublime. La B.O. est véritablement nulle, une compilation de hit ringard est juste présent pour combler les scènes. Un modèle de médiocrité, un exemple à ne pas suivre. Heureusement ça ne nuis pas au film.

Les mauvaises langues diront que le film aurait pu ce passer dans n’importe quel autre milieu, ça ne changerait rien, mais c’est justement parce que Roschdy Zem choisi le bodybuilding que ça fascine, car il y a quelque chose d’insondable qui se dégage de cet univers de ces Mr. Muscle. Ce qui le rends fascinant, impressionnant et surtout intéressant. Le bodybuilding s’avère incroyablement cinégénique. Bodybuilder aurait pu tomber dans le vrai-faux documentaire ou le téléfilm de luxe, mais non c’est tellement emplie de justesse et d’une originalité pudique que c’est un vrai bon petit film.

Zem ce montre encore prudent derrière la caméra, mais démontre un vrai talent de direction d’acteur et arrive à placer ses envies de cinéma dans son casting. Bodybuilder a certes des faiblesses, mais tout y sonne juste et c’est aussi très attachant ce qui rends le mélange de plongée dans un milieu et de retrouvailles père-fils prenante à souhait et ça fait tout l’intérêt du film. Avec un sujet basique, le comédien/réalisateur trouve un angle original certes, mais surtout parfait. Le film est à l’image de ses personnages, simples et vrais. Balèze !

Bodybuilder de Roschdy Zem: 3,5/5

(sortie le 01/10/2014)

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Filed under Octobre 2014

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