TOP 2014

Écrit par Werner Dejaeghere

Werner :

L’exercice du Top annuel est toujours compliqué, privilégié tel ou tel film est toujours cruel quand on les a adoré, l’année 2013 fut particulièrement dure pour le coup vu le nombre incroyable de très bon film, on attendait donc pas grand-chose de 2014 mis à part quelque film prévu depuis un bail car 2015 s’annonçait et même s’annonce absolument énorme tant l’agenda est chargé de film venant de grand auteur (Eastwood, Mann, Iñárritu ou encore PTA pour ne citer qu’eux) et finalement elle était vraiment pas mal cette année 2014 peut-être parce qu’on en attendait rien, mais les surprises furent bien présentes. Pas aussi énorme que 2013 ni aussi excitante que 2015, mais un parfait pont entre les deux.

Cette année le blockbuster US fut particulièrement bon et le cinéma français a su nous réserver de bonne surprise. 2014 fut un savant mélange de nouveauté et de classicisme qui a souvent su surprendre le spectateur.

C’est donc parti pour le Top 20 de cette année 2014 :

(cliquer sur les titres soulignés en bleu ou juste soulignés pour la critique complète du film)

20. Captain America, Le Soldat De L’hiver de Anthony et Joe Russo (Captain America: The Winter Soldier)

Habituellement très peu fan de l’univers Marvel, c’est avec une grande surprise que je suis sortie de la salle, je n’en attendais rien de cette suite, mais obligé de constater que l’ambition folle du film fait passer un cap chez Marvel. Les Russo’s emprunte aux thrillers politiques des années 70 pour allier fond et forme pour en faire un sommet du blockbuster. Aussi fou dans ses scènes d’actions dantesque que dans son scénario mené à la perfection, ce Captain America, Le Soldat De L’Hiver m’a réconcilié avec Marvel et ça, ça me réchauffe le cœur.

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19. Young Ones de Jake Paltrow

Pas exempt de défaut certes, mais ce mix entre Mad Max et District 9 est tellement innovant et rafraîchissant qu’on lui pardonnerait tout. Jake Paltrow se perds parfois, mais avec son film il offre une réelle proposition de cinéma, mélangeant science-fiction, thriller et western avec brio, le résultat est inégal oui, mais Young Ones est doté d’une aura énigmatique qui apporte une force incroyable. Mainte fois je me suis demandé ce que je regardé, mais Paltrow a su m’intéresser et surtout me surprendre donc je ne peux qu’aimer son film porté par un casting impeccable.

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18. Nebraska de Alexander Payne

Alexander Payne allie mélancolie et absurdité sous un noir et blanc splendide, empruntant des chemins balisés pour mieux nous toucher, cette histoire de relation père/fils est particulièrement belle. Nebraska est un film qu’aurait pu réaliser les Coen’s tant Payne semble être influencé par les frères, tout en y injectant son propre langage cinématographique car prenant le temps de se dévoiler sur un rythme pépère mais jamais ennuyeux. Nebraska est à la fois d’une évidente simplicité dans ce qu’il montre et de la manière dont il le fait, mais à la fois complexe dans ce qu’il raconte. Alexander Payne signe un film à la fois profondément dépressif, mais aussi très drôle, autant road-movie que feel-good movie et surtout portrait de l’Amérique moyenne et relation filiale difficile. Nebraska est un film incroyablement riche.

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17. Fury de David Ayer

Le réalisme voilà toute la force du cinéma de David Ayer, en 2014 on a d’abord eu Sabotage qui était un festival de violence gratuite et d’une exceptionnelle vulgarité, mais doté d’un réalisme qui en faisait un film toujours bourrin certes mais aussi très fort. Puis vient Fury dont je ne savais pas trop quoi en penser, je m’attendais à un truc très lourd et très pro-américains. C’était sans compter sur Ayer qui signe là un grand film de guerre dans la lignée de Il Faut Sauver Le Soldat Ryan, le discours patriotique en moins. Fury est une œuvre crade et ultra-violente qui plonge viscéralement au cœur de l’enfer de la guerre.

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16. American Bluff de David O. Russell (American Hustle)

Armé de personnages en béton, David O. Russell livre un excellent film d’arnaque qu’il réinvente tout en lui rendant hommage et autant dire que ça fais des étincelles. American Bluff est il faut le dire jamais très intéressant, oui mais ! son propos et sa justesse tout du long allié à une touche d’humour fait mouche. Il est impossible de s’y ennuyer même si il est parfois long. O. Russell tout en rigueur livre un film très académique, mais qui séduit dans sa capacité à s’approprier le genre. Magnifiquement écrit, réalisé avec minutie, American Bluff est déjà un classique.

15. Yves Saint Laurent de Jalil Lespert

Premier biopic consacré à ce monument de la mode, juste avant Saint Laurent de Bertrand Bonello et dans cette bataille je dois bien l’avouer en plus de l’avoir aimé, je trouve le film de Bonello bien meilleur, plus osé, plus beau, mais voilà j’ai adoré la version de Jalil Lespert qui se fait plus conforme et lisse, mais qui arrive à nous retranscrire la vie du bonhomme avec une efficacité redoutable. Bonello y a ajouter des visions auteuristes qui apporte une aura incroyable à son film, mais Yves Saint Laurent à ce côté accessible que j’aime tant dans les biopic. Et puis Pierre Niney et Guillaume Gallienne y forment un duo formidable.

14. Nos Pires Voisins de Nicholas Stoller (Neighbors)

Nos Pires Voisins est ce que les productions Apatow peuvent nous offrir de mieux tant c’est maîtrisé dans ce que ça propose. Nicholas Stoller signe-là une espèce de 40 Ans, Mode D’Emploi de la comédie régressive, car comme Judd Apatow, Stoller s’attaque à la famille, proposant derrière une comédie absolument hilarante, de belle valeur. Le casting qui s’en prends à cœur pour nous faire marrer d’un Seth Rogen toujours aussi énorme à un surprenant (et bon) Zac Effron en passant par une Rose Byrne qui confirme encore une fois que c’est valeur comique indéniable, ils se donnent à fond pour nous faire à croire à cette grosse comédie pas si bête qu’elle en l’air. Nos Pires Voisins s’avère franchement génial.

13. Les Grandes Ondes (À L’Ouest) de Lionel Baier

C’est là toute la magie du cinéma, nous faire vouloir vivre des époques que l’on a pas connu et nous faire rêver et c’est exactement ce que propose Les Grandes Ondes (À L’Ouest), un petit voyage au Portugal pour aller y faire la révolution. Le film possède un atout imparable…le charme, un charme qui agit quasi instantanément et qui nous embarque dans une aventure dans laquelle Lionel Baier insuffle une liberté de ton absolument jouissive. Si ce n’est pas extrêmement drôle, Les Grandes Ondes (À L’Ouest) à le mérite d’être amusant tout du long de sa courte durée. Baier livre une comédie comme j’aimerais en voir plus souvent, détonnant et rafraîchissante.

12. Dans L’Ombre De Mary – La Promesse De Walt Disney de John Lee Hancock (Saving Mr. Banks)

Certainement le film qui m’a le plus surpris cette année, jamais j’aurais cru aimé un produit Disney qui s’annonçait extrêmement calibré et plein de morale dégoulinante au final Saving Mr. Banks est un film profond sur la liberté de création et surtout un grand film qui n’hésite pas à taper sur Disney (alors que c’est du studio). Tout ici était fais pour être indigeste et détestable, mais John Lee Hancock livre un travail impeccable pour signer ce qui est bien plus qu’un making-of sur la genèse de Mary Poppins. Tout en étant très grand public, Saving Mr. Banks arrive aussi à proposer une réelle vision sur l’art, le studio aux grandes oreilles et son fondateur, mais aussi un beau mélo familiale. Hancock signe un film bougrement malin.

11. Comment Tuer Son Boss 2 de Sean Anders (Horrible Bosses 2)

On prends les mêmes et on recommence… ou presque. Le premier était une bonne surprise c’est avec un certain plaisir que je suis allé le voir et à nouveau ce petit groupe m’a bien surpris, car Sean Anders en plus de faire mieux que le premier, en fait une vraie bonne comédie. Comment Tuer Son Boss 2 est très bien dosé, entre son côté comique régressif irrésistible et un côté film d’action parfaitement rythmé, cette suite montre que oui on peut faire une suite rien que pour l’argent (ce qui était inévitable le premier fut un énorme succès) sans pour autant livre un film de merde. Comment Tuer Son Boss 2 doit beaucoup à son casting impeccable et qui faut le dire fait même tout le film. Entre un Jason Sudeikis qui démontre encore tout son talent, Jason Bateman et son expérience et un Charlie Day énergique, sans oublier Chris Pine qui s’avère avoir un registre comique insoupçonné, ces acteurs ce font plaisir et ça ce ressent. Anders livre une comédie déjantée comme on en fait de moins en moins et qui pourtant fait tant de bien.

10. Astérix – Le Domaine Des Dieux de Louis Clichy et Alexandre Astier

Le domaine des Dieux c’est bien de cet ordre que Alexandre Astier et Louis Clichy semblent venir en venant t redorer le glaive du petit moustache qui avait pris pas mal de plomb dans les ailes de son casque. Astérix – Le Domaine Des Dieux est un excellent divertissement familial, un film d’animation réussi, mais surtout une comédie absolument hilarante. Doté d’une verve incroyable, d’un sens inouïe de la vanne et un débit mitraillette dans le gag, Astier insuffle une énergique incroyable à ce nouvel anime. Astérix – Le Domaine Des Dieux est un excellent moment à passer et un plus une adaptation parfaite. Certes il y a des défauts, mais Astier et Clichy démontrent une envie sincère de crier leurs amour pour la BD.

9. Horns de Alexandre Aja

Alexandre Aja ce chien fou signe un délire total et assumé, mais surtout maîtrisé car il mixe le genre avec une aisance impressionnante. Horns se révèle très vite être une série B, mais de grande qualité fonçant à pleine vitesse vers les sommets du culte. Aja en rajoute toujours des tonnes et donne à voir un bordel absolument mémorable et carrément génial. Doté d’une narration détonante, Horns surprends en permanence et surtout séduit dans sa façon de vouloir être énorme…ce qu’il est.

8. La Crème De La Crème de Kim Chapiron

Conte de fée moderne où les sentiments sont morts, mais l’amour toujours ambiant La Crème De La Crème est un mélange des genres détonnant, mais surtout puissant. Kim Chapiron signe un teen-movie à la justesse de ton absolument incroyable où se côtoie un humour ultra-efficace, une critique intéressante, mais surtout un saisissant portrait adolescent et avant tout un grand film sentimental. La Crème De La Crème est un film complexe et à la fois très simple à l’image de ses personnages, mais sa force réside dans cette capacité à nous emmener dans un monde à part tout étant très accessible. On a en prime la révélation Alice Isaaz. Chapiron démontre encore un talent immense et signe un film brillant.

7. Tom À La Ferme de Xavier Dolan

Xavier Dolan le petit génie est déjà en train de renouveler son cinéma et s’essaye au thriller psychologique, mais garde ses thèmes et un style incroyable. Avec Tom À La Ferme, Dolan réinvente Hitchcock avec brio et n’hésite jamais à faire du rentre dedans. À la fois grand film d’amour particulièrement bon et aussi très intéressant, mais grand thriller haletant et parfois même effrayant, Tom À La Ferme c’est un grand film sur les sentiments et l’humain où l’on croise des personnages d’une profondeur exceptionnel. Dolan assure comme toujours sur la forme, mais cette fois-ci surtout sur le fond. Ajouter à cela un casting immense et vous obtenez un très grand film.

6. Boyhood de Richard Linklater

La vie condensée en un film, c’est là toute l’ambition qu’avait Richard Linklater qui au travers d’un film fleuve capte l’essentiel, les choses simples tout en évidence et pourtant quel film réfléchis. Tourné sûr douze ans avec les mêmes acteurs et pourtant jamais Boyhood à la prétention de dire « regardez le travail », loin de là, le film raconte, montre avant tout et ne souffre jamais de son système. Linklater réussi avec brio son film qui est un monument de mélancolie pure et qui parlera à chacun car il fait écho à la vie. Boyhood c’est ces petits instants de rien qui font un tout et rendent à la fois profondément triste, mais heureux… la vie quoi !

5. Libre Et Assoupi de Benjamin Guedj

Je n’ai absolument pas peur des mots et avec ce qui est LA surprise de l’année, Libre Et Assoupi mérite celui-ci… culte ! Et oui, le premier film de Benjamin Guedj a tout pour le devenir, car c’est certainement le film français le plus pertinent depuis L’Auberge Espagnole de Cédric Klapisch. Rafraîchissant grâce une nonchalance qui lui confère un style pépère, mais jamais ennuyeux Libre Et Assoupi est un portrait de vie amusant et une réjouissante crise existentielle. Enchaînement de scénettes certes, mais il y a dans le film de Guedj un vrai propos mature qui sera intéresser et surtout faire réfléchir.

4. Interstellar de Christopher Nolan

Immense voilà ce qu’est Interstellar qui est d’ores et déjà un classique du cinéma de science-fiction grâce à un univers sidérant d’imagerie et une aventure haletante au cœur de tout ce qui fais le monde. Christopher Nolan avec une ambition bien géré nous emmène dans des limites encore inexploré du cinéma et trouve enfin ce qui manquait tant à ses films… l’émotion. Interstellar c’est une aventure de presque trois heures à couper le souffle. On pourrait le comparer à d’autres grand classique de la S.F., mais ce serait réduire sa force, mais au jeu des comparaisons je dirais juste que Nolan a livrer son 2001 : L’Odyssée De L’Espace.

3. The Raid 2 de Gareth Evans

The Raid 2 est lui aussi déjà culte, car il réinvente complètement le film d’action et le pousse jusqu’à des limites jamais atteintes en offrant un ballet d’ultra-violence où le sang coule un flot et les coups ne sont donné avant tout au spectateur, c’est sonné qu’on ressort des 2H30 que dure le film et c’est avec un plaisir presque masochiste qu’on y retournerait. Gareth Evans s’encombre parfois d’un scénario un peu lourd et des dialogues trop nombreux, mais c’est nécessaire (au moins pour reprendre notre souffle !). The Raid 2 est un hommage et une redéfinition du film d’action qui est ahurissant de technicité. Evans signe un film ultra-jouissif.

2. The Rover de David Michôd

The Rover est certainement le film le plus impressionnant que l’on verra dans la décennie 2010, car ce film c’est l’apocalypse même et sous apparats de petit film fauché ce cache un grand film d’anticipation absolument sidérant. David Michôd réalisateur australien découvert avec Animal Kingdom revient avec ce qui est ni plus ni moins qu’un chef-d’œuvre, un film sans concession, âpre et qui n’hésite pas à bousculer voir tabasser le spectateur, car dans The Rover l’humain et surtout l’humanité en prends plein la gueule. Michôd signe un trip post-apocalyptique sous forme de cauchemar éveillé.

1. Mommy de Xavier Dolan

Xavier Dolan n’était alors qu’un jeune prodige à qu’on comparait à tout le monde, c’est désormais finis. Avec Mommy il devient un grand réalisateur, chef-d’œuvre n’est même pas assez fort pour définir un film dont je suis ressorti troublé, le souffle coupé, le sourire en coin et la larme à l’œil. Je ne peux même pas parler de ce film qui est riche de tout, qui est l’évidence même, Dolan signe un film somme tout en sincérité, capte toute la complexité du monde, de l’humain pour en ressortir ce qu’il y a de plus fort. Mommy c’est un monument d’émotion pure. La justesse de ton, la perfection de la forme et un casting touché par la grâce, un trio gagnant pour un grand film de cinéma. Dolan a tout compris.

Et voilà pour ce qui est de mes films préférés de l’année, ce que je considère comme les meilleurs. Mais il y a aussi cela qui n’était pas loin de rentrer dans ce Top :

The Homesman de Tommy Lee Jones

Le Conte De La Princesse Kaguya de Isao Takahata

The Spectacular Now de James Ponsoldt

Leviathan de Andrei Zviaguintsev

Whiplash de Damien Chazelle

Il aurait pu y être, mais je ne les ai malheureusement pas vu : A Most Violent Year de J.C. Chandor, Maestro de Léa Fazer, Pas Son Genre de Lucas Belvaux, Eden de Mia Hansen-Løve, Exodus : Gods And Kings de Ridley Scott, Un Illustre Inconnu de Matthieu DelaporteDumb And Dumber De de Bobby et Peter Farrelly, Samba de Eric Toledano et Olivier NakacheNight Call de Dan Gilroy, Mister Babadook de Jennifer Kent, Tonnerre de Guillaume Brac ou encore Le Hobbit : La Bataille des 5 Armées de Peter Jackson.

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