Flop 2015

Écrit par Werner Dejaeghere

Classement à la fois facile et difficile à faire que celui des ratés de l’année. Facile parce que comme chaque année il y a évidemment de mauvais films, mais difficile parce que souvent on a eu mal devant, vraiment. On se dit que il mérite tous une place parce qu’ils sont à nos yeux tous mauvais, mais pourtant il faut faire un choix. Ce choix c’est ici, c’est maintenant, pour mon Flop 2015 ça ira de film foncièrement mauvais vers ce qui s’avère plutôt être des déceptions.

2015 à au-delà du Cinéma était une bien mauvaise année pour le Monde et c’est certainement pas les films (et tellement d’autres !) qui ont aidés. Cette année le site fut quasiment inactif, j’ai vu beaucoup moins de films (au total 125). J’ai essayé de privilégier les bons films dans une année globalement décevante et c’est pourquoi il n’y pas ces films qui au vu de la bande-annonce, le réalisateur, les acteurs, … auraient pu très certainement être dans cette liste : Cinquante Nuances De Grey de Sam Taylor-Wood, Pyramide de Grégory Levasseur, Entre Amis de Olivier Baroux, Tracers de Daniel Benmayor, Gunman de Pierre Morel, Poltergeist de Gil Kenan, Hitman : Agent 47 de Aleksander Bach ou encore Nos Femmes de Richard Berry.

Voilà une liste de 20 films qui font partis de ce qu’il y avait de pire cette année.

20. N.W.A – Straight Outta Compton de F. Gary Gray

On commence par une énorme déception, biopic sur le groupe mythique N.W.A par F. Gary Gray (Friday, Braquage À L’Italienne, ). On s’attendait pas forcément à quelques choses qui ne serait que pure vérité dans les faits où dans le portrait d’un groupe si hardcore au parcours assez remarquable, mais là c’est carrément de la rigolade. Compton devient juste un quartier black où les flics sont tous des gros nazis et où si t’as pas d’objectif t’es un branleur, rien d’un des quartiers les plus violents du monde, l’ascension du groupe est tellement lissée que ça en devient ennuyeux malgré un casting exceptionnel qui essaye de sauver le navire. N.W.A – Straight Outta Compton est à l’image du rap « gangsta », il a que de la gueule.

19. Tale Of Tales de Matteo Garrone (Il Racconto Dei Racconti)

Certainement LA déception de l’année, Tale Of Tales déçoit tant il avait du potentiel. Déjà ses acteurs, le casting avait de quoi faire saliver et puis surtout proposer un discours moderne au travers de conte. Au final Matteo Garrone (Gomorra, Reality, …)ce la joue premier degré tout du long dans un long-métrage qui assemble tout les pires clichés de ce qu’on peut penser d’un film qui va à Cannes. Il n’y a ici aucune magie et surtout aucune poésie, Tale Of Tales applique une espèce de réalisme qui se veut chic, mais où tout paraît toc. Garrone crée un paradoxe assez désolant, faire de toute fantaisie une surenchère grotesque, ce qui dans un film sur le conte est tout même un comble.

18. Everest de Baltasar Kormákur

L’un des films les plus surestimés de l’année, Everest c’est de grands acteurs, une grande aventure, de grands paysages et c’est surtout grandement mauvais. Tout ici relève plus ici du marche digestive que de l’expédition incroyable. Baltasar Kormákur (Contrebande, 2 Guns, ) brasse du vent pendent deux très longues heures où ils se passent trois péripéties dont on peut clairement se foutre et où il y a tellement de grosses ficelles qu’elles auraient pues servir pour l’ascension de l’Everest. Everest c’est le gros raté de l’année tant le projet était plein de promesse.

17. À 14 Ans de Hélène Zimmer

Hélène Zimmer n’a absolument rien à dire sur la jeunesse d’aujourd’hui du coup elle se contente de la regarder sans rien proposer. À 14 Ans réussi l’exploit de ne pas être ennuyer malgré le fait qu’il est vide de toute substance à part celles prises par ces jeunes qu’ils vomiront juste derrière et en prime on verra tout. Ici tout le monde à 10 de Q.I., tout le monde parle mal, les filles sont des connes et les gars des connards, c’est tellement caricatural que ça en devient risible. Un bon gros raté qui rappelle ces encore pire sitcom AB.

16. Cops – Les Forces Du Désordre de Luke Greenfield (Let’s Be Cop’s)

Comédie n’y faite, n’y à faire, Let’s Be Cop’s ce n’est que de la gêne. Jamais drôle malgré des dialogues bien envoyés, mais le pire étant que Luke Greenfield (Girl Next Door, Something Borrowed,) y va à fond dans le premier degré avec presque l’envie de réaliser un polar. Que ça soit dans son intrigue policière ridicule à son humour inoffensif tout est lourd.

15. Le Monde De Nathan de Morgan Matthews (X+Y)

Prenez Rain Man de Barry Levinson rajoutez lui encore plus de gros sabots puis le teen-movie rajoutez encore plus de clichés qu’il n’en a dans le genre, ajoutez-y une pincée de réalisme social à l’anglaise bien gonflant et mélangez le tout vous obtiendrez l’épreuve qu’est Le Monde De Nathan. Mis à part Asa Butterfield (Hugo Cabret, La Stratégie Ender, )qui s’en sort pas trop mal en autiste et un Rafe Spall (Prometheus, Mariage À L’Anglaise, ) plutôt bon en prof désabusé, rien à garder dans ce premier film de Morgan Matthews qui se vautre dans la niaiserie exaspérante.

14. Le Dernier Coup De Marteau de Alix Delaporte

Vous l’aurez peut-être compris juste au-dessus, j’ai dû mal avec le film social et quand celui-ci ressemble à tout les autres c’est encore pire. Le Dernier Coup De Marteau c’est les frères Dardenne sous xanax tellement il ne s’y passe rien ! Tout dans le film de Alix Delaporte (Angèle Et Tony) est inintéressant, du gamin qui essaye de retrouver un semblant de famille, du cancer de la mère, de la famille portugaise qui vient d’arriver, c’est pauvre, c’est ennuyeux et interminable. On gardera la beauté du cadre et l’excellent Grégory Gadebois (Le Prochain Film, Mon Âme Par Toi Guérie, ) ça reste peu.

13. Bis de Dominique Farrugia

En soit Bis est un film éminemment sympathique où même les deux comiques les plus utilisés de France que sont Kad Merad et Franck Dubosc (à l’affiche vingt films par an) ne sont même pas lourd. Le problème c’est que le Nul Dominique Farrugia (La Stratégie De L’Échec, Le Marquis, ) n’est plus tellement drôle depuis un bout de temps et aurait même tendance à virer au ringard, son film n’est qu’un enchaînement de situations attendues et de gag lourdingue. Il en reste quelques séquences qui fonctionnent plutôt bien et un casting étonnamment attachant, mais ça ne suffit pas à sauver ce Bis de la pauvreté scénaristique dont il souffre.

12. Charlie Mortdecai de David Koepp (Mortdecai)

Comme pour Bis, Mortdecai est en soi plutôt sympathique et même assez divertissant à tel point que je me demande comment il a fait pour finir dans ce classement. En fait ce film est un énorme nanar de luxe où les acteurs en font des tonnes. Entre grosse farce et très mauvais film, la nullité l’emporte toujours qu’importe le point de vue. David Koepp (Hypnose, Premium Rush, ) emballe le tout proprement pour un ensemble dès plus basique. De l’action à l’humour, Mortdecai se fait plus désespérant qu’autre chose.

11. 108 Rois-Démons de Pascal Morelli

Bouillie esthétique complète où l’animation se mêle au réel et inversement pour un résultat absolument dégueulasse. Pascal Morelli (Corto Maltese, La Cour Secrète Des Arcanes, Shuriken School, …) démontre de grandes ambitions, mais il se perds dans son projet. Certes intéressant et même parfois amusant, 108 Rois-Démons est tellement brouillon qu’il en devient lourd. Réellement moche, le film de Morelli ressemble plus à un jeu vidéo au graphisme digne de la Playstation 2.

10. Les Chevaliers Du Zodiaque – La Légende Du Sanctuaire de Keiichi Sato (Saint Seiya: Legend Of Sanctuary)

L’animation a beau être superbe, l’univers de la série Les Chevaliers Du Zodiaque en long-métrage est une abomination. Keiichi Sato (Asura, Black Butler, ) mêle un humour lourdingue qui fait passer tout les personnages pour des clowns et qui désamorce chaque enjeux ou émotions, enjeux qui en plus de ça se révèle très vite sans intérêt. Un bien triste film d’animation pour cet univers cultissime qui se transforme en véritable purge.

9. Valentin Valentin de Pascal Thomas

Le thriller est ici bien amené et même assez original, mais Valentin Valentin dérive sur une réflexion sur le désir qui rends le tout très pénible à suivre. Pascal Thomas (La Dilettante, L’Heure Zéro, ) livre un film qui veut à tout prix se faire intellectuel. Des dialogues récités au acteurs aux jeux surfaits, l’ensemble se transforme très vite en un calvaire juste gonflant.

8. Une Histoire Américaine de Armel Hostiou

Ça passe vite, ça s’oublie tout aussi vite, la faute à la banalité du projet qui fait tomber Une Histoire Américaine dans une vacuité totale. Armel Hostiou a être inspiré c’est tellement pauvre que tout devient fade alors que la tragédie sentimentale et une des choses les plus intéressante à voir. Dans la nouvelle vague de comédie française loin des codes commerciaux, celle-ci est déjà anecdotique. Même Vincent Macaigne (La Fille Du 14 Juillet, Eden, …) à l’air de s’y ennuyer !

7. Journal D’Une Femme De Chambre de Benoît Jacquot

Le rythme c’est surtout ça qui manque à Journal D’Une Femme De Chambre qui est tout de même doté d’une bonne histoire, mais c’est tellement lent dans son développement qu’on se fout de tout. Benoît Jacquot (Les Adieux À La Reine, 3 Cœurs, ) exploite à peine ses deux-trois pauvres idées et en oublie d’insuffler un peu de vie dans ce film d’époque complètement désincarné. Même les acteurs –Vincent Lindon– qui se demandent ce qui fout là n’y peut rien, rien à garder dans ce film dès plus médiocre.

6. Ouija de Stiles White

Depuis quelques années le cinéma d’horreur n’est plus que l’ombre de lui à quelques rares exceptions près. Ouija n’y échappe pas, nanar première classe où le frisson ne peut être que par un froid dans la pièce où vous le regardez. Stiles White dont c’est le premier film en tant que réalisateur impressionnerait en prenant le parti pris de ne rien montrer, ni même suggérer, ce qui est admirable vu l’explosion du quota de jump-scare idiot dans le genre, sauf que si en soit c’est agréable de pas avoir un film agressif qui gueule toute les deux secondes ici il n’y a malheureusement rien à raconter. Ouija ou le film d’horreur sans peur.

5. Into The Woods, Promenons-Nous Dans Les Bois de Rob Marshall (Into The Woods)

La comédie musicale, un genre qui si on est dans une bonne forme n’est pas forcément déplaisant et qui surtout revient depuis quelques années assez régulièrement. Into The Woods c’est une adaptation d’une pièce de Broadway par Disney. On y retrouve le musical hystérique qui a frappé Hollywood, celui qui part dans tout les sens et le pire de la chanson Disney bien énervante, l’insupportable qui reste en tête le tout emballé dans une esthétique immonde et durant deux (longues) heures. On saluera la tentative de relier les contes avec malice, mais Rob Marshall (Chicago, Nine, ) certainement en pause café durant tout le temps du tournage n’insuffle aucune idée à son film. On vous épargnera la critique des acteurs qui à part Emily Blunt (Looper, Sicario, …) sont tous navrants de ridicule, Meryl Streep (Out Of Africa, The Hours,) en tête qui ici continue son hécatombe cinématographique.

4. Robin Des Bois, La Véritable Histoire de Anthony Marciano

Je préfère même pas en parler. Je résumerais son infinie nullité par deux arguments qui obligatoirement vous feront fuir de ce qui ce fait de pire dans la comédie française. 1. Il y a Patrick Timsit et 2. Il y a un caméo de Matt Pokora. Voilà. C’est encore plus triste quand on sait que Anthony Marciano avait réalisé une des grosses surprises de 2013, Les GaminsMax Boublil était bon et surtout où Alain Chabat était hilarant comme il ne l’avait plus été depuis longtemps.

3. The Humbling de Barry Levinson

Énième crise existentielle d’un acteur hasbeen en fin de carrière, The Humbling ne propose rien de nouveau sur le sujet et donc ennui. Barry Levinson (Rain Man, The Bay, ) signe un gros brouillon de scénario qui put le déjà-vu, mais auquel on aurait tenté de cacher la médiocrité par des semblants de scènes originales. The Humbling est en fait plus triste qu’autre chose, triste de voir Al Pacino (la trilogie Le Parrain, Scarface) devenir de plus en plus mauvais, triste de voir Greta Gerwig (Damsels In Distress, Frances Ha, …) aussi insupportable et triste qu’en 2015 on cautionne encore de traiter un sujet aussi éculé avec aussi peu d’originalité. Levinson signe l’anti-Birdman, rien à montrer, rien à dire de nouveau et le tout doté d’un style foncièrement moche.

2. Cake de Daniel Barnz

Frustrant c’est le mot qui ressort pour Cake, frustrant parce que très intéressant dans son sujet (la mort et le deuil surtout) et pourtant rien n’est vraiment abordé dans le film, tout y est floue, on ne sait jamais où il nous mène ou ce qu’il veut dire. Daniel Barnz (Learning To Fly, Sortilège,) signe un film d’une laideur de sans nom, c’est affreux dans sa tentative de parler de la mort en y ajoutant plein de sentiment, le casting, Jennifer Aniston -mode « filez moi un Oscar »- activé en tête sont d’un ridicule constant. On ne croit en rien dans Cake, longue séance où l’on voit des gens boire, pleurer et rien faire pour après boire, pleurer et rien faire. Long, très long.

1. Soux-X de JMC

Tentative de cinéma social (encore !) complètement foireuse dans ce premier film de JMC. Une multitude de sujets sont abordés dans Sous-X, mais le gros problème étant que déjà il y en a trop et surtout que jamais il y a un seul qui est traité. JMC livre un film qu’on sent très personnel où il essaye de donner le meilleur, mais il n’a aucune vision de cinéma et son film se transforme en une espèce de reportage de luxe dans lequel on aurait ajouté un semblant de fiction. Après tout ça n’a certes jamais empêché de passer un bon moment devant un film en sachant bien qu’il est mauvais, mais ici les 1H40 en paraisse quatre, ennuyeux à mourir en plus de jamais finir, Sous-X se transforme en véritable épreuve.

Des films comme Les Minions de Pierre Coffin et Kyle Balda, Taken 3 de Olivier Megaton ou encore Pitch Perfect 2 aurait pu venir faire un tour dans ce classement, mais dans les 125 films vus entre le 01 janvier 2015 au 31 décembre 2015 ce que j’ai vu de pire est bel et bien ce qu’il y a ci-dessus. Entre un cinéma social encombrant, l’animation lourdingue ou du déjà-vu, cette année 2015 n’aura pas manquée de livrer son lot de mauvais films.

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