Category Archives: Août 2014

Black Nativity

Écrit par Werner Dejaeghere

Là on est devant un film qui sentait pas mal le sapin et je dis pas seulement ça car c’est un film de Noël. Déjà sa date de sorti chez nous, le 27 août, sortir un film de Noël vers la fin de l’été, idée stupide et puis le sortir en plein anonymat car le film est non seulement sortie sans aucune promo, mais aussi avec une distribution chaotique et programmé dans les salles à des horaires assez aberrant. Black Nativity ou comment la Century Fox détruit un projet. Bon après le film en lui même à part sentir très mauvais est une très bonne surprise. Le film est une réadaptation d’une pièce de Langston Hughes qui fait un carton à Broadway depuis les années 60, c’est Kasi Lemmons qui s’occupe de modernisé un peu l’ensemble et elle a fait un travail plus qu’admirable car si Black Nativity a tout du film de Noël dans ce qu’il a de plus cliché et lourd il y a tellement de bonne intention qu’on ne peut qu’être conciliant.

Synopsis :

Le jeune Langston vit avec sa mère célibataire, Naima, à Baltimore. Lorsqu’il rejoint sa lointaine famille à New York pour les vacances de Noël, il ignore que ce voyage va changer beaucoup de choses.

En débarquant dans la grande ville chez le révérend Cornell Cobbs et sa femme Aretha, Langston a bien du mal à se plier aux règles qui lui sont imposées. Il ne rêve plus que de retourner chez sa mère. Son odyssée, pleine de surprises, va lui donner la force de découvrir la vie sous un autre angle et grâce à ses nouveaux amis et à un petit coup de pouce venu du ciel, il va finir par trouver le vrai sens de la foi, du pardon et de la famille…

(Source : AlloCiné)

Black Nativity on aurait tendance a le détester parce que ça coule de bon sentiment, c’est du pathos à chaque scène et c’est cliché au possible sauf qu’ il est aussi vrai qu’on a aussi tendance à pardonner les erreurs des films de Noël (un vrai genre en soi), mais pour le coup on a rien à pardonner car malgré tout ses défauts le film se porte lui même par on le disait plus haut, de bonne intention, une envie de Kasi Lemmons de procurer de la joie, donner un peu d’amour au travers de son film et c’est des intentions louables d’autant plus que ça fonctionne. Black Nativity est un très jolie film devant lequel on se sent bien et qu’on regarde sans déplaisir. Le film est une réadaptation d’une pièce de Broadway donc c’est aussi un film musical est là où on pouvait penser que ça le rendrait encore indigent ce qui au final il n’est pas et mieux que ça c’est même un plus, les numéros chantés sont réellement sympathique et très accrocheur.

Le scénario est tout simple et même assez prévisible, mais cette histoire de famille déchirée par le passé est certes attendue et n’évite pas les poncifs, mais c’est beau et plutôt prenant. Les dialogues sont quasiment inexistant étant donné que c’est un film musical et qu’ils ne sont que lien entre les scènes de chant. Les musiques elles sonnent juste et parlent bien plus que des dialogues qui auraient lourdingue. Le mot cliché a certainement été inventé pour les personnages, mais qu’importe on s’y attache très vite et on est pris d’une vrai empathie pour eux.

Le casting en plus d’être formidable et aussi très bien choisi. Entre la chanteuse/actrice Jennifer Hudson qui joue de sa très belle voix, la chanteuse Mary J. Bilge qui fait une chouette apparition, l’acteur/chanteur Tyrese Gibson impeccable et le rappeur Nasir Jones qui nous offre très bon seize dans son apparition. Un casting musical très bon, mais du côté des acteurs qui eux ne poussent la chansonnette que dans leur salle de bain c’est aussi de très bon choix. Commençons par Jacob Latimore premier rôle et plutôt convaincant en ado déboussolé. Forest Whitaker dont le talent n’est plus à démontrer et encore une fois merveilleux. Angela Bassett est elle toujours juste.

Le film pêche un peu dans sa réalisation qui sans relief et rends Black Nativity un peu plat même dans ses chorégraphies. Lemmons nous offre une mise en scène qui manque d’inventivité et de lâcher prise. Tout est très carré, on aurait aimé ça un peu plus fou. La photographie de Anastas N. Michos est magnifique surtout dans ses jeux de lumières qui apportent une belle ambiance. Laura Karpman bien aidé par le chanteur Raphael Saadiq nous offrent une B.O. tout simplement splendide. Mélange de gospel aux accents soul et R’n&B, le tout nimbé de nuance hip-hop donne un ensemble musical particulièrement accrocheur.

Le cinéma c’est aussi des mystères comme Black Nativity, une alternative au film habituel, un mélange de genre, mais aussi un projet laissé à l’abandon par des producteurs qui n’y croient plus et c’est aussi pour ça qu’on aime le cinéma, car il offre ce genre de petite surprise. Kasi Lemmons en plus de livrer un très beau film de Noël et un musical exemplaire offre un film avec dans le fond un énorme cri du Black Power le casting étant entièrement black et ce passant à Harlem en plus d’être la réadaptation de la première pièce écrite par un afro-américain étant joué à Broadway. Tout cela ajoute à Black Nativity un caractère social particulièrement fort et très intéressant.

Kasi Lemmons a eu la bonne idée dans cet océan de bon sentiment de ne jamais en rajouter des tonnes et ça rends le film supportable, mais il s’avère qu’il est loin d’être insupportable de base alors le fait que la réalisatrice évite le sentimentalisme de trop c’est que ça apporte un plus de pertinence dans les portraits qu’elles dressent assez noirs derrière l’apparat d’un film de Noël qui fait tout pour rendre heureux. Black Nativity c’est ce qu’on peut faire de mieux dans le genre est un régal de film familial alors pourquoi bouder son plaisir devant une avalanche de bon sentiment et de pathos alors que le ton tout en musique donne le sourire. On peut s’interroger sur l’intérêt du film de Lemmons, mais on passe tellement un bon moment qu’on savoure.

Black Nativity de Kasi Lemmons : 3/5

(sortie le 27/08/2014)

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22 Jump Street

Écrit par Werner Dejaeghere

Le maître mot de 22 Jump Street est bluffant. Bluffant car si on était très emballé à l’annonce d’une suite étant donné qu’on avait adoré 21 Jump Street qui était une très bonne comédie US comme on en avait plus vu depuis un moment (il a d’ailleurs finis 10ème de notre Top 2012), cette suite elle n’augurait rien de bon, fin c’était surtout histoire de parano, car en ces temps de crise artistique qui a atteint Hollywood une suite était synonyme de machine à billet vert, mais surtout de profit au profit de la qualité et c’est là que 22 Jump Street se montre bluffant, il vient faire la critique de ce système hollywoodien gangrené par l’appât du gain. Le duo Phil Lord et Christopher Miller en plus de signer une comédie d’une hilarante connerie et d’une maîtrise comique impressionnante nous servent un divertissement qui fait le job à la perfection, mais surtout une radiographie du système hollywoodien au travers de pique bien sentie et pourtant d’une finesse incroyable.

Synopsis :

Les deux policiers Schmidt et Jenko, après être retournés au lycée pour mettre à découvert un nouveau réseau de trafiquants, retournent cette fois-ci à la fac pour démanteler un trafic de drogues.

(Source : AlloCiné)

Lord et Miller sont décidément de grand réalisateur qui à la manière d’un Spielberg arrive à allier divertissement de qualité et vrai film critique. 22 Jump Street déploie son intrigue avec un certain talent, car si on a que faire de cette histoire dès plus simplistes, les gags et les dialogues tout bonnement hilarant et au pire amusant fait que l’on ne peut pas se désintéresser de cette histoire classique dans le genre. On ne peut s’empêcher de se marrer devant ces gags souvent grossiers mais jamais vulgaires et surtout jamais superflus comme le sont les meilleurs films du Frat Pack.

Le scénario est parfait, car d’une efficacité à toute épreuve. Une histoire de trafic de drogue dans une université où vont allé fouiner deux flics infiltrés, rien de plus inintéressant et pourtant tout se déroule à un rythme d’enfer et quand le film se pose c’est pour parler de ses personnages ce qui est pour le coup très intéressant. Les dialogues sont excellents, ils sont d’une grande force comique et surtout d’une précision époustouflante. Toujours le bon mot au bon moment. Les personnages eux sont hyper attachants et même si ils sont très simples, ils sont bien travaillés. 22 Jump Street est aussi une ode à la camaraderie et ce n’est pas au travers de son récit qu’il le montre, mais de ses personnages qui d’après leurs choix, leurs actions vont mettrent leur relation à rude épreuve et tout ceci est parfaitement ficelé.

La mise en scène est très bonne, Lord et Miller savant filmer et ils le démontrent au travers d’une ribambelles d’effets certes inutiles, mais qui collent à l’ambiance du film. La réalisation est d’une folle liberté. La photographie de Barry Peterson est dès plus simple et pourtant il y a un certain aspect naturel (qui ne l’est pas vraiment) ce qui est assez rare dans ce genre de production. Mark Mothersbaugh signe une B.O. insignifiante qui n’est qu’une sélection de hit qui bougent et mettent l’ambiance. Ça fonctionne certes, mais ça n’a que très peu d’intérêt.

22 Jump Street : Photo Channing Tatum, Jonah Hill

Le duo Lord – Miller sont définitivement les réalisateurs les efficaces et les plus prometteurs d’Hollywood après avoir fais de Tempête De Boulettes Géantes pourtant pur produit pour vendre l’IMAX une espèce de fable écologique, faire revenir au goût du jour une série ringarde des 80’s avec 21 Jump Street et surtout fait d’un film d’animation familial un pamphlet contre le capitalisme avec La Grande Aventure Lego, ils reviennent avec 22 Jump Street, un divertissement ultra-calibré et tout ce qui a de plus classique pour venir parler des affres d’Hollywood, ses suites en pagailles et ce constant appât du gain. Ces deux réalisateurs sont remarquables tant ils arrivent à allier pur divertissement qui plaît au grand public et aux cinéphiles les plus difficiles et vrai regard critique sur le fond de l’histoire.

22 Jump Street c’est un film grand public tout ce qu’il y a de plus banal (mise à part qu’il est vraiment réussi), bonne dose d’action, un comique qui fait toujours mouche et pourtant derrière cet apparat commercial ce cache une radiographie d’un Hollywood sans inspiration. Il serait dur de bouder son plaisir devant 22 Jump Street tellement il est riche en niveau de lecture, on peut le regarder dans n’importe quel état d’esprit on y retrouvera toujours quelque chose et un quelque chose très réussi qui plus est. Phil Lord et Chris Miller signe le film qu’on espérait plus.

22 Jump Street de Phil Lord et Chris Miller : 4/5

(sortie le 27/08/2014)

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The Double

Écrit par Werner Dejaeghere

The Double c’est le second long-métrage de Richard Ayoade, un acteur comique anglais de 37 ans venu de l’univers du clip bizarrement encore assez inconnu. À tort. À tort car son premier film, Submarine était un petit bijou, une œuvre aussi folle que juste et un film sur la naissance de l’amour tout en poésie. Ayoade vient de l’univers du clip et ça ce ressent très fort, car que ça soit sur Submarine ou The Double il nous livre une réalisation clipesque à mort et si chez certains généralement ceci est un défaut car ils vont dans la surenchère totale, il y a de ces réalisateurs à qui le style sied à merveille et Richard Ayoade fait parti de cela. Comme le tout jeune réalisateur Fredrik Bond bluffant au commande de Charlie Countryman ou Terry Gilliam pour citer un grand. Pourtant le réalisateur est allé chercher des inspirations chez Jean-Luc Godard, David Lynch, Federico Fellini ou encore Aki Kaurismaki.

Synopsis :

Garçon timide, Simon vit en reclus dans un monde qui ne lui témoigne qu’indifférence. Ignoré au travail, méprisé par sa mère et rejeté par la femme de ses rêves, il se sent incapable de prendre son existence en main. L’arrivée d’un nouveau collègue, James, va bouleverser les choses, car ce dernier est à la fois le parfait sosie de Simon et son exact contraire : sûr de lui, charismatique et doué avec les femmes. Cette rencontre amène James à prendre peu à peu le contrôle de la vie de Simon…

(Source : AlloCiné)

The Double c’est l’adaptation d’un roman de Fiodor Dostoïevski et si Richard Ayoade l’adapte c’est surtout pour l’univers barré qu’il pouvait retrouvé à l’écran (voir Harmony Korine produire le film n’est donc pas une surprise). Pari réussi donc car The Double est absolument délirant, que ça soit dans l’univers ou l’ambiance, Ayoade y apporte son petit grain de folie, mais surtout son imagination débordante. On y retrouve un peu de L’Écume Des Jours de Michel Gondry (qui vient aussi de l’univers du clip tiens, tiens) dans cette manière de s’approprier l’univers du roman et si l’adaptation du roman de Boris Vian par Gondry ce perdait dans sa poésie et ses inventions, The Double lui est transposé à merveille. Le film explore la folie, le soi-même et l’autre dans un thriller paranoïaque débordant d’idée et parfois effrayant. Si l’entreprise pouvait vite virer au grotesque c’était sans compter sur un Richard Ayoade toujours inspiré qui porte son délire à un aboutissement total.

The Double : Affiche

The Double n’aurait pas pu fonctionner sans un réalisateur un peu fou, ça tombe bien Richard Ayoade l’est et il apporte ce grain de folie à son film pour en sortir une œuvre personnelle et à part qui arrive a ce démarquer des autres par une direction artistique remarquable et une réalisation rigoureuse, mais qui va toujours à quelque élan de liberté. Ayoade change radicalement dans ce qu’il explore, mais il ne change pas son style quelque peu balbutiant dans Submarine et mieux il l’approfondi tout en allant dans l’expérimentation et c’est souvent bluffant. The Double qu’on l’aime ou non ne peut laisser indifférent ce qui dans le cinéma actuel c’est devenu assez rare et même un gage de qualité.

On ne peut pas parler du film sans parler de son casting de très bon acteur. Surtout un acteur, certainement le meilleur que l’on puisse trouver actuellement et depuis que le monde l’a découvert. Je parle bien sûr de Jesse Eisenberg qui a fais du chemin depuis l’ado névrosé et amoureux dans Bienvenue À Zombieland de Richard Fleischer (le film qui l’a fais découvrir au grand public), il est désormais un adulte névrosé et amoureux pour Richard Ayoade. Oui, mais non car depuis ses débuts en 2001 et surtout depuis que sa carrière a décollée,  il a exploré plus d’une piste et trouvé un auditoire souvent abasourdi par ses performances cérébrale et énergique tout en étant nonchalante et apportant un flegme bienvenu à ses films. Un corps de comédie dans une tête de film d’auteur, The Double n’attendait que lui et ça tombe bien car il porte le film de tout son talent.

On pourrait vous faire le même discours pour Mia Wasikowska, mais elle n’a déjà plus rien a prouver (si Eisenberg a encore vraiment quelque chose a prouver). Elle a joué à merveille et avec sa grâce pour pas mal de grand Monsieur du cinéma (de Burton à Jarmusch en passant par Van Sant ou Cronenberg) dans The Double elle apporte toute sa beauté pour faire chavirer l’esprit et le cœur du héros. Après on citera la joie de retrouver Craig Roberts, le héros du Submarine dans une petite scène tout comme Yasmin Paige, Noah Taylor et Sally Hawkins ou son copain de The It Crowd, Chris O’Dowd (dont la carrière est déjà plus fournie et vraiment bonne). Le reste du casting fait le boulot avec un certain talent, mais rien de spécialement marquant tellement Jesse Eisenberg et Mia Wasikowska bouffe l’écran de leurs immense talent.

The Double : Photo Jesse Eisenberg, Mia Wasikowska

On a peu parlé du fond du film dans cette critique, mais c’est parce qu’on s’en fout royalement étant donné que Richard Ayoade livre un pur film de cinéma. La forme prends le pas sur le fond, mais The Double est un thriller réellement bon qui sera surprendre son spectateur plus d’une fois. Si l’ensemble s’avère un peu fourre-tout, le film est tellement fou dans sa construction et sa réalisation qu’on lui pardonne surtout que le réalisateur mêle comique et drame à la perfection, c’est souvent effrayant et même angoissant, mais aussi tragique tout en étant amusant. Un mélange aussi stupéfiant et totalement maîtrisé. Ayoade est désormais un réalisateur confirmé dont on attendra la prochaine pépite et si celle-ci « n’est qu’un petit film » il est tout bonnement remarquable. The Double est un film comme on aime en voir, inspiré et à part.

The Double de Richard Ayoade : 3/5

(sortie le 13/08/2014)

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Young Ones

Écrit par Werner Dejaeghere

Avec Young Ones on tient là une curiosité comme on en voit peu depuis un petit temps. Jake Paltrow (oui le frère de Gwyneth) signe là son deuxième long-métrage après The Good Night un film inédit chez nous et passé inaperçu partout. Le projet est ambitieux et réellement surprenant, mais pas assez convaincant et pourtant il ce passe quelque chose au visionnage. La qualité de Young Ones est immense, mais c’est un film tellement énigmatique qu’on ne sait pas trop quoi en penser à la manière de Les Salauds de Claire Denis. Paltrow oscille sans-cesse entre grandiose et platitude extrême, il mêle aussi les genres avec brio, Young Ones est autant un thriller sur fond de tragédie familiale dès plus prenant que de la science-fiction sous-forme de film de engagé voir même un western au accent de revenge-movie ce qui donne un résultat assez inégal. Le film avait tout pour plaire, mais il ne fait que séduire et c’est déjà pas si mal.

Synopsis :

Dans un futur proche, l’eau est devenue rare, suscitant convoitise et violence. Dans ce climat hostile, Ernest Holm veille sur sa ferme, son fils Jerome et sa fille Mary, et nourrit l’espoir de rendre ses terres à nouveau fertiles. Tout comme Flem Lever, qui fréquente Mary en secret et n’a qu’une idée en tête : s’emparer des terres d’Ernest quel qu’en soit le prix.

(Source : AlloCiné)

Young Ones va à pas mal de facilité et on accordera ça à la jeune carrière de son réalisateur qui a du mal à appliquer le réalisme qu’il veut tant instaurer dans son film d’anticipation. Jake Paltrow livre un film entre Mad Max de George Miller pour l’ambiance et District 9 de Neill Blomkamp pour le propos. Si l’ensemble manque de rigueur, il sait accrocher et surtout il sait ce rendre mystérieux, Young Ones à une force déboussolante et une aura indescriptible qui fait de lui un vrai bon film. En tout cas une sacré surprise.

Young Ones : Affiche

Young Ones est un film vraiment bon, mais en demi-teinte car si il y l’ambition et une vraie proposition de cinéma qui est dès plus emballant il y a aussi un récit qui manque de profondeur à cause d’un propos trop sage et d’une trame psychologique pas assez développée qui font du deuxième film de Jake Paltrow un film confidentiel. Malgré tout les petits défauts présents, on prends un réel plaisir à suivre ce Young Ones qui par moment arrive a créer une ambiance glauque et tendu à laquelle on ne peut qu’adhérer. Il y a ici un suspens quasi constant épuisant, mais qui est immersif à souhait.

Le scénario est à la fois complexe et simple. Divisé en trois chapitre centrés chacun sur un personnage différent à la façon d’un film à sketch donc forcément inégal, mais tous prenant et très efficace. Le tout a une vraie cohérence et une redoutable efficacité. Les personnages présentés sont le stars du film avant l’univers offert ce qui est plutôt rare dans ce genre film, c’est louables mais malgré le fait qu’ils soient tous très attachants ils sont simplistes dans l’écriture ce qui les vides de toutes forces. La mise en scène est bluffante, totalement maîtrisé avec des vrais partis pris qui déroute parfois, mais qui plaise toujours. Jake Paltrow sait filmer et il aime le montrer.

Young Ones : Photo Kodi Smit-McPhee, Nicholas Hoult

Le film doit beaucoup de sa réussite à son casting tout bonnement parfait. Les quatre acteurs principaux valent à eux seuls le visionnage de ce Young Ones. Michael Shannon mets son expérience et son physique inquiétant au service d’un rôle de père torturé absolument hallucinant. Nicholas Hoult avec son visage d’ange nous sert un rôle tout en opposition tiraillé entre bien et mal, absolument magnifique avec sa barbe naissante et son yeux bleus infinis il offre un jeu tout en finesse, il est devenu une valeur sûre. Kodi Smit-McPhee est un acteur prometteur qui joue avec une efficacité bluffante, tout en intériorité. On a pas finis d’entendre parler de lui après avoir été le fils de Viggo Mortensen dans La Route de John Hillcoat, le fils de Jason Clarke dans La Planète Des Singes : L’Affrontement de Matt Reeves ou encore le fils de Robin Wright dans Le Congrès de Ari Folman, aujourd’hui il est encore le « fils de », mais il a du talent et un bel avenir. Et comment ne pas parler de la sublime Elle Fanning qui après Maléfique de Richard Stromberg prouve qu’elle apporte une vrai fraîcheur au film dans lequel elle joue.

Young Ones est une surprise sortie de nul part et qui fait un bien fou entre les milliers de blockbuster, les films d’auteurs qui se ressemblent tous, ce genre de film bis qui a quelque chose a apporter au cinéma est un plaisir dont il serait bête de se priver. Jake Paltrow est un réalisateur très prometteur tant il offre un vrai plus à son film qui sur la papier avait tout pour être un énième film méconnu, mais qui ne sert à rien et bien non Young Ones à quelque chose à dire et à montrer. Cette mixture de cinéma entre western, thriller et science-fiction est une œuvre ambitieuse et maîtrisé qui file l’espoir d’un cinéma de qualité constant, car même si il y a des défauts le film a une telle énergie et une telle envie de se raconter qu’il ne pâtit jamais de ses défauts. Jake Paltrow signe avec Young Ones un film aussi beau que sa sœur.

Young Ones de Jake Paltrow : 3,5/5

(sortie le 06/08/2014)

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Opération Casse-Noisette

Écrit par Werner Dejaeghere

Voilà bien un film dont on attendait vraiment rien et qu’on croyait même être une purge enfantine, mais faut le voir pour le croire ce Opération Casse-Noisette est une réussite certes pas un grand film, mais un jolie petit anime bien sympathique. Alors il faut replacer les choses dans leurs contextes, le film sort un 6 août dans un quasi anonymat six mois après sa sortie en salle et quatre mois après sa sortie vidéo sur les sol américain, le fait qu’il soit en salle alors que tout le prédestiné à sortir en Direct-To-Video tient déjà du miracle (Free Birds de  Jimmy Hayward risque certainement de subir le même sort). Issu d’un studio indépendant Opération Casse-Noisette est un film canadien, américain et… nord-coréen ! Oui, oui. Cela explique aussi l’apparition de Psy le désormais célèbre « chanteur » du tube Gangnam Style au générique, mais qui soit, le film de Peter Lepeniotis a fais sa route après une bonne opération au box-office U.S. en tout cas pour un film indépendant. Tout ça fais qu’on a envie de croire que The Nut Job (son titre en VO) qui bénéficie d’un capital sympathie énorme certes mais le gros problème c’est qu’on ne peut s’empêcher de le comparer aux grosses prods. de l’animation de chez Pixar, Disney ou encore DreamWorks. Le film de Lepeniotis ne sera donc qu’une curiosité estivale chez nous et c’est déjà pas mal.

Synopsis :

Surly est un écureuil malin et ingénieux. A peine débarqué en ville, il repère un magasin de noix avec un stock suffisant pour nourrir tous les animaux de la forêt pendant l’hiver. Mais pour pénétrer cette forteresse, il va avoir besoin d’aide. Assisté de ses amis, il va mettre au point un plan rocambolesque pour organiser le vol du siècle. Evidemment, rien ne va se passer comme prévu…

(Source : AlloCiné)

On aurait adoré dire « opération réussi, le film casse bel et bien les noisettes », mais non il s’avère qu’on passe un excellent moment devant Opération Casse-Noisette qui est fort prévisible car très classique dans sa narration qu’on a déjà vu partout, mais l’ensemble est très efficace et tout fonctionne alors. La surprenante surprise qu’est cette réussite tient surtout dans le fait que rien sur le papier ne l’annonçait entre des personnages lourds, des situations insupportables et une animation dépassée, mais à la final The Nut Job est doté de personnage attachant, des situations rythmées et une animation dès plus séduisante. Lepeniotis copie un peu partout et c’est le gros bémol du film c’est qu’il est ultra-prévisible, mais il n’empêche qu’on prends plaisir à suivre cette petite aventure qui mêle les genres dans une ambiance 50’s agréable.

Opération Casse-noisette : Affiche

Opération Casse-Noisette bien qu’il soit très classique ce laisse suivre sans déplaisir et mieux encore on se surprends même à s’attacher à cette petite bande et à leurs péripéties pour obtenir leurs noisettes. Peter Lepeniotis livre un film qui plaira à coup sûr aux enfants qui apprécieront cette virée dans les 50’s et aussi les plus grands qui y retrouveront l’énergie qu’on pouvait avoir dans les cartoons des Looney Tunes. Si cantonner Opération Casse-Noisette à une curiosité estivale est un peu facile, on se défendra en disant que heureusement qu’il n’est que ça, car dans la jungle des sorties cinés il n’y pas de place pour ce genre de chose… sauf en été.

The Nut Job est une agréable surprise qui n’égale jamais un Dragons 2 ou un Monstres Academy, mais arrive à surpasser des films d’animation qui bénéficie déjà de plus de moyen tel que Drôles D’Oiseaux. Lepeniotis tout en efficacité nous divertit avec un petit film réellement sympathique et qui nous ennuie jamais malgré le déjà vu de l’intrigue et sa narration ultra-prévisible. Opération Casse-Noisette donne aussi à voir des personnages pas si gentil que ça même si film pour enfant oblige, ils redeviennent tous gentils et droit dans leurs bottes et les dialogues souvent sont aussi assez explicites.

Opération Casse-noisette : Photo

Le casting vocal est aussi vraiment bon entre un Will Arnet particulèrement attirant, une Katherine Heigl charmante, un Brendan Fraser surexcité en mode George De La Jungle, les trois sont très inspirés. Il ne faudrait pas oublier un Liam Neeson à la voix assez effrayante, Maya Rudolph tout en tendresse et un Jeff Dunham carrément fou. Mention spéciale à Sarah Gadon qu’on entends très peu, mais qui a une voix à tomber aussi rassurante qu’une mère.

Opération Casse-Noisette est une jolie surprise venue un peu nul part et qu’on attendait pas, c’est d’ailleurs peut-être pour ça qu’on ce prends au jeu. Durant 1H25 vous allez être transporté dans les années 50 pour une chasse à la noisette en compagnie d’animaux un peu barré et des malfrats sortis des films de gangsters les plus cool le mieux là-dedans c’est que vous allez apprécier le voyage qui est dès plus agréable. Opération Casse-Noisette nous ressort tout les poncifs du film d’animation pour enfant, mais c’est de ce classicisme que vient tout le charme du film. Peter Lepeniotis tout en efficacité nous séduits avec un galerie de personnage attachants et une aventure particulièrement accrocheuse. Des films d’animation simple et bien fait, on en fait plus et en revoir c’est vraiment chouette alors pourquoi bouder son plaisir devant ce sympathique et sans prétention Opération Casse-Noisette.

Une suite est déjà prévue, nous on dit oui.

Extra Large Movie Poster Image for The Nut Job

Opération Casse-Noisette (The Nut Job) de Peter Lepeniotis : 3/5

(sortie le 06/08/2014)

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