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Mission: Impossible – Rogue Nation

Écrit par Werner Dejaeghere

Mission: Impossible – Rogue Nation, 5ème opus de la franchise qui a été confié à Christopher McQuarrie, réalisateur du méconnu The Way Of The Gun et du délicieusement old-school Jack Reacher, mais surtout connu pour son travail de scénariste. On lui doit par exemple Usual Suspects de Bryan Singer. Tom Cruise producteur influent, car quasiment créateur de la franchise Mission Impossible au cinéma a soufflé le nom de McQuarrie avec qui il est ami et avec qui il avait tourné Jack Reacher, mais aussi sur des films nés de ses scénarios (Walkyrie de Bryan Singer et Edge Of Tomorrow de Doug Liman).

Synopsis :

L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

(Source : AlloCiné)

Mondialement connu et apprécié, mais surtout de qualité les films « Mission Impossible » sont très bons, car jamais bâclés étant donné que chaque film est réalisé par un réalisateur (re)connu qui sait apporter sa vision à un film de commande. Le premier, réalisé par le grand Brian De Palma (Phantom Of The Paradise, Scarface, ) est devenu un must du film d’espionnage. La suite plus décriée voir conspuée signée John Woo (À Toute Épreuve, Volte/Face, ) qui d’un niveau scénaristique était affligeant, mais où le génie visuel de son auteur l’emporté largement. Chouette nanar donc. Le troisième était lui le premier long-métrage de J.J. Abrams (Star Trek, Super 8, ) qui en avait fait un film d’action respectable tout en sobriété. Puis est venu un quatrième film qui a permit à la franchise de se faire une place dans les films qui rapportent gros, signé par un Brad Bird (Le Géant De Fer, Les Indestructibles, ) qui réalisait alors son premier film live et amenait une dimension presque cartoonesque sans oublier une bonne dose d’humour. Le niveau était donc là et prendre la relève se montrait compliqué, mais Christopher McQuarrie a su relever le défi en offrant film réussi, mais surtout un divertissement dense dans tout ce qu’il raconte et montre.

Reprenant la recette des opus précédents, c’est-à-dire un méchant qui veut détruire le monde, des voyages autour du monde, des cascades diverses et une équipe, ce cinquième film ne casse donc pas trois pattes à un connard, mais c’est là que la franchise excelle. Tout est ici classique dans le fond, mais tellement poussé à l’extrême que ça en devient passionnant. Christopher McQuarrie apporte un ton moderne qui rends le film complexe tout en restant très accessible, car jamais dans de grande explication, tout va à l’essentiel et le fait avec un rythme effréné où on ne prends jamais le temps de s’ennuyer cela même durant les scènes de dialogues. Blockbuster fou, Mission: Impossible – Rogue Nation est aussi un pur moment d’action où l’on est convié à une ahurissante course-poursuite à moto ou encore une séance d’apnée remarquable tout en faisant le tour du monde, le film ne se refuse rien pour plaire et le fait avec application.

McQuarrie donne au film une aura qui émane d’une réalisation classieuse et réfléchit combiné à un récit simple, mais passionnant. L’ensemble est inexplicablement magnétique, tout ici est fascinant, presque hors du temps. Mission: Impossible – Rogue Nation repousse les limites du blockbuster dans une surenchère d’action, qui au contraire d’un Fast & Furious ne se montre jamais bourrin. Le parfait exemple serait ce modèle de scène où tout transpire le cinéma, au début du film différent personnage se retrouvent dans l’Opéra de Vienne. Chacun à un but différent, mais tout va se lier, commence à un jeu du chat et la souris qui dure presque vingt minutes ! Ce qui est énorme dans un film d’action moderne et pourtant c’est jamais long, c’est d’ailleurs même la meilleure scène du film tant elle est parfaite. Christopher McQuarrie trouve l’essence même du divertissement dans ce qu’il a de plus noble, il joue dans cette scène avec le décor et tout ce que cela peut apporter. Il a arrive à renouveler sans cesse sans jamais passer à autre chose, tout s’enchaîne sans pour autant avancer et tout le long ce sera ça, il y a à chaque fois de nouveau enjeux qui relance le film. Le tout sous un rythme impeccable qui font passer les 2h12 que dure le film en un éclair.

Le film doit aussi beaucoup a son casting où chaque acteur joue bien, même les petits rôles font du boulot. L’inépuisable Tom Cruise fait du Tom Cruise et il le fait bien, jamais mauvais et pourtant pas spécialement bon, Cruise sait y faire quand il s’agit de charmer et encore une fois il remplit le contrat à merveille. LA révélation du film qui vole même la vedette à Tom Cruise n’est d’autre que Rebecca Ferguson qui tout en classe démontre tout un panel d’émotion avec un talent extraordinaire. Aussi belle que bon actrice, elle est LA star du film. Le méchant du film est joué par Sean Harris qui joue tout en sobriété et se montre terrifiant de d’inhumanité avec son jeu tout en intériorité. Simon Pegg continue d’approfondir son jeu de film en film, lui qui été déjà formidable et désormais parfait. Jeremy Renner moins fade qu’à son habitude livre une prestation correcte. Ving Rhames est lui toujours aussi attachant. Les deux autres nouveaux arrivants que sont Alec Baldwin et Simon McBurney font le minimum syndical, mais leur talent fait le reste. À noter aussi un excellent Jens Hultén qui en impose malgré qu’il n’a qu’un 3ème voir 4ème rôle.

Christopher McQuarrie livre une réalisation d’une impressionnante fluidité et est aussi à l’aise dans les moments les plus calmes que dans les grandes scènes d’action. Il démontre un vrai talent, toujours parfaitement placé et profitant au maximum de ses décors il exploite tout les possibilités qui s’offrent à lui pour en retirer le meilleur. Robert Elswit fait encore une fois des merveilles à la photographie, il compose avec la mise en scène pour offrir un travail merveilleux mettant en valeur chaque situation. Il apporte encore plus de classe au film. À la musique Joe Kraemer se fait plaisir, ça pète de partout, omniprésente, presque pesante la B.O. est dans l’ensemble très classique, mais Kraemer en surchargeant ses compositions apportent encore plus de tension au film.

On pourra reprocher à Christopher McQuarrie qui contrairement aux autres réalisateurs n’apporte une grande vision d’auteur, mais qui ne manque par pour autant de talent et se paye même le luxe de gommer les petits défauts des précédents volets. Il déroule son film à un train d’enfer et quid de ce manque d’originalité quand le résultat est un blockbuster extrêmement bien construit qui divertit sans prendre son spectateur pour un imbécile. Mission: Impossible – Rogue Nation fait de la franchise un concurrent sérieux à la saga « James Bond » et qui au-delà démontre une résistance incroyable dans le paysage Hollywoodien, cinquième opus d’une série qui ne s’essouffle pas et qui s’améliore de film en film. Généreux et travaillé, ce Rogue Nation est le modèle parfait de ce que doit être un divertissement. Le résultat est là, on tient ici un summum du film d’espionnage et du film d’aventure.

Mission: Impossible – Rogue Nation de Christopher McQuarrie: 4/5

(sortie le 12/08/2015)

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