Category Archives: Avril 2014

Last Days Of Summer

Écrit par Werner Dejaeghere

Last Days Of Summer c’est le nouveau film de Jason Reitman, réalisateur adoré du public de Thank You For SmokingJunoIn The Air et Young Adult et autant dire que je déteste ce réalisateur car le bonhomme signe des films plein de cynisme, mais d’une absolu bêtise et qui tombe toujours dans les clichés. Avec Last Days Of Summer Reitman délaisse le cynisme pour nous offrir un film des plus classiques du scénario à la mise en scène et autant dire qu’il est bien mieux dans ce registre, car il est indéniable que Jason Reitman sait filmer et ici il peut pleinement laisser parler sa réalisation au lieu de faire parler ses personnages par un verbe exaspérant.

Synopsis:

Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux. 
Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue. Pendant ces quatre jours, ils vont révéler de lourds secrets et réapprendre à aimer…

(Source: AlloCiné)

Last Days Of Summer est clairement mauvais, car il se contente de ressortir les codes du mélodrames sans rien y ajouter ou même apporter ne serait-ce qu’un élément novateur et bien non, Jason Reitman se contente de raconter son histoire. Son film a un charme qui opère très vite et fait que son film se laisse regarder sans déplaisir. Last Days Of Summer c’est le film qu’on a déjà vu 100X, mais qu’on se lasse jamais de revoir que ça soit bon ou mauvais (au même titre que les films d’action) sauf que celui-ci est une enivrante chronique d’été qui est portée par un trio tout en douceur. Reitman signe un film à l’ambiance fiévreuse qui n’est ni réellement raté, ni vraiment réussi, même si c’est bourré de clichés et que le côté thriller et très vite expédié on reste accroché.

Last days of Summer : Affiche

Le scénario est très mal écrit et pourtant ça n’est pas tellement un défaut, car tout fonctionne grâce à des enchaînements parfait. La mélo marche toujours, mais pour un film qui parle d’amour on pouvait s’attendra au minimum à quelque séquence de charme, mais non ici on tombe amoureux d’un coup sans même nous montrer comment il arrive, comme si c’était normal. Le côté thriller du film est assez aberrant, car on s’y attarde quasiment jamais et malgré tout on insiste vraiment dessus et ceux tout du long. Les personnages sont terriblement attachant, mais tout de même très clichés et pas très bien écrits. Ils leurs manquent de la profondeur. Les dialogues sont d’une connerie abyssale, phrase Facebook sur phrase Facebook du style « je ferais vingt ans prison pour trois jours de plus avec toi ».

Le casting est très bon et c’est la principale qualité du film, car ils portent tout sur leurs épaules. Kate Winslet se parodie énormément, mais comme elle a un talent fou et bien forcément c’est génial. Josh Brolin est parfait en prisonnier blésé par la vie en cavale. Gattlin Griffith est une petite révélation qui est pas excellent, mais il renferme un talent prête à exploser. Clark Gregg est très bon malgré ses brèves apparitions, il apporte un jeu tout en nuance. Brighid Fleming est l’enfant actrice dans ce qu’il y a de pire, jeu exacerbé assez dérangeant. Brooke Smith est en-dessous. On peut aussi apercevoir Tobey Maguire et J.K. Simmons dans un jeu tout naturel et assez agréable.

La mise en scène est très bonne. Reitman filme tout en finesse et si il n’y a pas des millions d’idées, ça suffit à être au-dessus des la plupart des films du genre. la photographie de Eric Steelberg est absolument sublime et sent terriblement bon l’été. On en prend plein les yeux dans ce livre d’images en mode âge d’or. Rolfe Kent signe une B.O. très peu marquante et pourtant très encombrante. La musique est le chef qui ordonne le chantage émotionnel.

Last days of Summer : Photo Gattlin Griffith, Josh Brolin, Kate Winslet

Last Days Of Summer c’est un film dès plus classiques et pourtant on prends plaisir à suivre le nouveau film de Jason Reitman, mais malgré tout c’est bourré de défaut des codes de chaque genre qui sont brossés à la va vite pour un résultat frustrant, une niaiserie de chaque instant et des clichés à la pelle font de Last Days Of Summer une semi-réussite et non pas un semi-échec. Reitman maîtrise tout sans jamais y ajouter le petit plus qui en aurait fais un bon film. Le réalisateur voulait certainement livrer le grand film fiévreux au relent classique qui fleurait bon la belle époque, mais non Last Days Of Summer est un produit calibré qui arrive par parfois à toucher les sensations des classiques du genre.

Dans la moiteur de l’été le film explore le désir de l’amour de l’enfance à l’adulte avec certes du pathos qui sort par tout les pores de la pellicule, mais doté d’un casting qui arrivent avec un talent immense à faire tenir un récit bancal. Last Days Of Summer dans une Amérique ni profonde, ni grande, une Amérique simple est un concentré d’émotion et suspens et le tout expédié dans une fin qui achève de plongé le film dans une niaiserie totale, mais l’ambiance hyper sensuel collé à la plus belle des choses qu’est l’amour suffit à nous laisser prendre. Dans tout les cas on préfère Jason Reitman sous airs plus classiques un peu périmé bien loin de la bêtise de ses « brûlots » cyniques.

Last Days Of Summer (Labor Day) de Jason Reitman: 2/5

(sortie le 30/04/2014)

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The Amazing Spider-Man : Le Destin D’Un Héros

Écrit par Werner Dejaeghere

À ma très grande surprise, cette suite de The Amazing Spider-Man lui même reboot de la trilogie de Sam Raimi sur l’Homme araignée est une grande réussite. Je n’attendais absolument rien de ce The Amazing Spider-Man : Le Destin D’un Héros (qu’on va appeler The Amazing Spider-Man 2 son titre en V.O. pour cette critique) et pire je m’attendais à voir une énorme daube, un nanar à la Green Lantern de Martin Campbell. Si je pensais me retrouver devant une purge, c’est à cause de cette promo ridicule lancée par Sony, une promo à base d’affiche d’une incomparable laideur et d’un mauvais goût incroyable et des teaser ou autre bande-annonce qui ressemblait à de l’animation et au final on se retrouve devant un très bon film de super-héros.

Synopsis:

Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville.  Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui.  Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

(Source: AlloCiné)

The Amazing Spider-Man 2 est au final très bon mais il n’est pas exempt de défaut et surtout bourré d’incohérence assez flagrante, malgré tout ça fonctionne à merveille. Marc Webb semble avoir appris de ses erreurs, car en rempilant sur cette suite il gomme ce qui faisait le ratage du premier The Amazing Spider-Man, un film top grand public, un manque totale d’émotion, des scènes d’actions répétitives et une grosse impression de déjà vu, finis tout ça avec ce 2e opus Webb a pris le temps d’exploiter l’Homme araignée. L’action est plus présente et est enfin jouissive, l’émotion est enfin là et il y a même des enjeux dramatiques et puis surtout ce n’est pas totalement écervelé et aujourd’hui dans le blockbuster…ça fais un bien fou. Certes ça s’éparpille parfois un peu, c’est souvent vite expédié et très incohérent, mais on prend un réel plaisir à suivre ce The Amazing Spider-man 2.

The Amazing Spider-Man : le destin d'un Héros : Affiche

Le scénario est dans l’ensemble plutôt bien écrit même si il y a pas mal de défaut. Le film dure 2H20 et sur ce temps, ils doivent expliquer un nombre assez importants de relations entre les personnages et sur ceux le film est très bon, il établit tout sans jamais ennuyer même si il prend 1H pour le faire, mais qui soit si le film est un peu trop éclaté, ça marche car il s’explique toujours. Même les passages plus émouvants ne sont pas lourd, tout fonctionne avec brio. Les personnages sont très bien écrits, parfois un peu trop caricaturaux, mais on s’attache assez vite à eux. Les personnages bénéficient tous d’une certaine profondeur, ce qui est assez agréable. Les dialogues sont très bien construit et sont très justes. Le film n’oublie jamais d’être drôle et dans ce côté comique, il est très efficace.

Le film est doté d’un casting solide et par rapport à son prédécesseur, on ne fait plus le rapport entre les acteurs de la trilogie par Raimi. Andrew Garfield est parfait, dans le premier il ne faisait que convaincre et désormais il occupe tout l’écran. Emma Stone est très bonne et oublie un peu ses tics de jeu pour une interprétation plus nuancé. Jamie Foxx est plutôt au début du film pour ensuite verser dans le ridicule. Dane DeHaan est toujours juste, même quand il houe le méchant avec un maquillage dès plus horrible. Sally Field est toujours juste en femme au bord de la détresse. Paul Giamatti est très mauvais, il est allé se perdre dans un surjeux permanent assez irritant.

La mise en scène est complètement folle et surtout bourré d’idées. On est souvent impressionné dans les séquences de combat, mais encore plus impressionnant c’est que dans les scènes sans action Marc Webb insuffle une rigueur de mise en scène bienvenue dans le genre de production. La photographie de Dan Mindel oscille entre bijou de technicité et image tellement immonde qu’on en aurait presque envie de vomir. Hans Zimmer signe une B.O. absolument parfaite, un régal pour les oreilles. La musique souligne à merveille l’action à l’écran pour le plus beau des résultats. Et parce qu’il serait bête de ne pas parler des effets spéciaux souvent très bon, mais qui peuvent aussi être horriblement moche…Électro est assez immonde (sauf à de rare moment).

The Amazing Spider-Man : le destin d'un Héros : Photo Andrew Garfield, Emma Stone

The Amazing Spider-Man 2 est un très bon film de super-héros qui allie avec brio action et émotion dans un récit qui intéresse toujours et qui va à quelque trait d’humour bienvenue, on regrettera simplement les quelques longueurs qui heureusement ne gâche pas le film, mais qui au contraire explore un peu plus ses personnages et le monde qui les entourent. Marc Webb signe un modèle de divertissement, là où Captain America, Le Soldat De L’Hiver des Russo’s réinventait le blockbuster en allant chercher l’inspiration dans les thrillers politiques des 70’s lui va à fond dans ce qu’on a déjà pu voir, mais y ajoute un tel condensé d’idée dans la réalisation et dans la lecture de l’environnement qu’il offre l’un des meilleurs film Marvel.

The Amazing Spider-Man 2 est un pur plaisir qui en plus de pleinement remplir son contrat de divertissement donne à voir un univers travaillé et qui a de réelle ambition et une envie de donner quelque chose au spectateur, c’est l’une des rares fois où l’on ne ressent pas que les studios ont juste envie d’amasser les billets verts. Marc Webb nous offre un pur produit formaté, mais avec une telle attention porté à son film il en résulte un blockbuster soigné et sincère qui ne peut que plaire. Depuis The Wolverine de James Mangold et Man Of Steel de Zack Snyder le film de super-héros semble avoir trouvé le bon chemin même si il reste encore de la route pour que ça soit parfait. En attendant on savoure.

The Amazing Spider-Man : Le Destin D’Un Héros (The Amazing Spider-Man 2) de Marc Webb: 4/5

(sortie le 30/04/2014)

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Dans La Cour

Écrit par Werner Dejaeghere

Dans La Cour est une surprise sortie un peu de nul part, un petit film dont on attend rien, mais qui donne tout ce qu’il a à offrir. Dans La Cour c’est ce que le cinéma peut offrir de meilleur…un moment hors du temps agréable et divertissant à la fois. Pierre Salvadori nous raconte l’histoire de deux anges brisés par la vie, par le quotidien et signe un film social sur fond de comédie souvent absurde et bordel que ça fait du bien quand le cinéma français ne cherche pas mille effets comique pour faire rire, non Salvadori avec son film nous fait rire et même, fait son film (et toutes les émotions qui en découle) avec le cœur, avec une élégante simplicité et surtout une justesse de ton époustouflante.

Synopsis:

Antoine est musicien. A quarante ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d’errance, il se fait embaucher comme gardien d’immeuble. Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique : et si l’immeuble s’effondrait… Tout doucement, Antoine se prend d’amitié pour cette femme qu’il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages et inquiétudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

(Source: AlloCiné)

Dans La Cour bénéficie d’une douceur de propos qui rends l’ensemble souvent très surprenant, surprenant d’émotion brute balancé là dans le va-et-vient de la vie de cet immeuble. Pierre Salvadori nous offre un film devant lequel on se sent bien, c’est d’une saisissante légèreté. Certes Dans La Cour est un peu long et parfois on se demande l’intérêt de suivre l’histoire de ces deux dépressifs, mais Salvadori apporte une mélancolie qui nous prends au cœur et qui nous fait très vite adhérer à son film, mais surtout tout ça est réalisé sans pathos et sans qu’on ne se sente déprimé.

Dans la cour : Affiche

Le scénario ne raconte certes pas grand-chose certes, mais il le raconte très bien. La chronique de ces deux êtres perdus vise tellement juste que l’on est pris dans le film comme dans un thriller. Les personnages sont écrits avec une grande sincérité, même si le trait est parfois un peu trop forcé on s’attache très vite à tout les personnages rencontrés. Les dialogues sont imparables, d’une grande vérité et souvent très drôle. C’est parfaitement ciselé.

Les acteurs sont tous très bon et surtout, ils sont tous d’un grand naturel. Gustave Kervern ballade sa moue boudeuse partout avec un talent assez déconcertant, rare son les acteurs qui jouent le fatigué sans paraître faux. Catherine Deneuve est comme toujours, absolument parfaite, elle illumine l’écran de sa classe et de son immense talent. Féodor Atkine nous sert un jeu assez classique, mais ça fonctionne et c’est le principal. Pio Marmai arrive à faire d’un personnage tout simple, une personne pleine de profondeur grâce à une interprétation tout en relief comme il le faisait déjà dans Grand Départ de Nicolas Mercier. Le reste du casting plus amateur et aussi très bon.

La mise en scène est pleine d’idée et surtout des bonnes. C’est totalement maîtrisé et d’une technique irréprochable, ce qui est assez rare dans le paysage français. La photographie de Gilles Henry est plutôt jolie malgré le manque de technique, il n’y a pas des effets de lumières hyper travaillés, non, elle est à l’image du film…d’une grande simplicité. Grégoire Hetzel signe une B.O. assez mauvaise et surtout pas originale pour un sous. La musique n’occupant pas une grande place dans le film, ça ne gâche pas le plaisir qu’on éprouve.

Dans la cour : Photo Catherine Deneuve, Gustave Kervern

Ça fais bien longtemps que le cinéma français n’avait pas autant surpris et avec Dans La Cour Pierre Salvadori nous surprends de bout en bout, car il allie technique et récit avec brio et sans jamais tombé dans la prétention d’un grand film, Salvadori filme l’humain avec une profonde pudeur et une sincérité incroyable. Dans La Cour passe du rire au larme avec grande aisance et si les passages comiques sont là pour diluer un peu la noirceur du côté dramatique, il s’avère que c’est plus drôle que la plupart des comédies actuelles alors que le réalisateur ne cherche pas à l’être à tout prix. Dans La Cour est un film qui fait le plus grand bien, car il nous fait passer un excellent moment et il le fait avec un propos toujours intéressant.

Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer n’est jamais très loin et comme avec celui-ci on ressort plein de vie et l’envie de savourer chaque instant. Quand un film nous montre la vérité, on ne peut que l’apprécier et Pierre Salvadori y met tout son cœur et pose un regard très juste. On oubliera certainement très vite Dans La Cour, mais en attendant il a réussi l’exploit d’être bon durant les 1H37 qu’il dure et ça c’est inestimable.

Dans la cour : Photo Catherine Deneuve, Féodor Atkine, Gustave Kervern

Dans La Cour de Pierre Salvadori: 3,5/5

(sortie le 23/04/2014)

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Tom À La Ferme

Écrit par Werner Dejaeghere

Tom À La Ferme est une plongée au cœur de la perte de l’être aimé où Xavier Dolan vient y mêler relations filiales difficiles. Du début à la fin le personnage de Tom essaye de comprendre les autres, apprend à les connaître et par la même occasion, nous aussi. Dolan signe un film avant tout troublant où il cache ses sentiments secrets et même inavouables, car tout en gardant ses sujets de prédilections il injecte un thriller psychologique des plus haletant où la tension monte en crescendo et l’où on est happé dans la spirale du deuil et de l’amour. Dolan réinvente Hitchcock avec une puissance extraordinaire.

Synopsis:

Un jeune publicitaire voyage jusqu’au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l’honneur de leur famille, une relation toxique s’amorce bientôt pour ne s’arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu’en soient les conséquences.

(Source: AlloCiné)

Xavier Dolan change les codes de son cinéma, délaisse quelque peu le style qu’on lui connaissait, mais pour mieux ce les réapproprier.  Il lâche les longueurs superflues, oubliez couleurs éclatantes sous de long ralentis où il guettait les corps avec Tom À La Ferme Dolan est incisif, il filme au corps-à corps comme si il avait un couteau sous la gorge et si ce changement brutal pouvait faire peur, car Xavier Dolan et son cinéma était sublime, indispensable certes, mais ce nouveau style est tout aussi puissant. Il laisse de côté les élans pop pour un style plus rentre dedans et réaliste.

Tom à la ferme : Affiche

Le scénario est minutieux, il respecte les codes du thriller dans lequel il déploie avec un rythme parfait des scènes de violence insoutenable, car cachée. Prenant de bout en bout, on ne s’y ennui jamais. Les personnages sont écrits à la perfection, chacun d’entre eux et travaillés et d’une profondeur extraordinaire. Si les personnages peuvent paraître antipathique c’est car il ne ce comprennent pas et on ne les comprends, car on ne les connaît et c’est la force de l’écriture c’est qu’on s’y attache au fur et à mesure. Les dialogues sonnent toujours juste et touchent toujours.

Le casting est tout bonnement sidérant, tout le monde est juste et plus encore. Xavier Dolan n’est certes pas le plus grand acteur de sa génération, mais il joue avec une telle sincérité qu’il arrive à tout faire passer, Pierre-Yves Cardinal est LA révélation du film, il est immense en beau-frère tyrannique et balance une palette de jeu tout en nuance, Lise Roy est impériale en mère perdue et rempli de tristesse, elle d’un naturel affolant, Evelyne Brochu est sublime en fille de la ville qui débarque à la campagne, on peut aussi souligner le prestation de Manuel Tadros qui avec une brève scène (une des meilleurs d’ailleurs) démontre un grand talent.

La mise en scène est d’une perfection à tout les niveaux, c’est une vraie leçon de cinéma. Dolan filme différemment, mais toujours avec autant de talent et d’idée, on en prend plein les yeux et on est même impressionné. Il s’amuse avec ses décors, ses paysages et puis juste pour le changement de format (ce qui ce fais rare de nos jours) durant les scènes « d’actions », la réalisation vaut tout l’or du monde.  La photographie de André Turpin est magnifique, il joue de la banalité des paysages avec brio. Il joue des couleurs sombres et des effets naturels, ce qui donne un résultat subjuguant de beauté sale. Gabriel Yared signe une B.O. assez jolie dans ce qu’elle propose comme titre et quand il va dans la compo. originale, elle n’a rien a envier au plus grand thriller. La musique installe une ambiance de folie.

Tom à la ferme : Photo Lise Roy, Pierre-Yves Cardinal, Xavier Dolan

Tom À La Ferme en plus d’être tenu d’une main de maître avec un rythme parfait et doté d’un sens de l’écriture incroyable, c’est d’une maîtrise du cinéma impressionnante. Dolan réalise son film avec une force, une envie de filmer, la rage de parler qu’on est emporté dans son film dès les premières secondes. Tout dans Tom À La Ferme les mots, les gestes, les regards tout à un sens comme dans ses précédents films, mais ici tout cela est sous une tension palpable qui prends à la gorge. Oui, Xavier Dolan a signé un thriller romantique fiévreux et toxique.

Quand les vacances d’été ce finissent la population gay de L’Inconnu Du Lac partent en vacances au Québec et nous offre un nouveau thriller saisissant. Dans Tom À La Ferme on en prend plein la gueule, plein le cœur, on ressent mille émotions en même temps, on a peur, on ri, on pleure, on est est angoissé, on est perdu et surtout on aime, l’amour est le maître mot du film, l’amour fou, le vrai, l’inoubliable. Dolan en est qu’à son quatrième film et il se réinvente déjà, oubliez son style poseur et un peu superficiel (que j’adore), mais qui est toujours juste avec Tom À La Ferme il dynamite ce style tout en gardant le principal. Oui, Xavier Dolan est un grand réalisateur et ses films sont indispensables.

Tom À La Ferme de Xavier Dolan: 5/5

(sortie le 16/04/2014)

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Heli

Écrit par Werner Dejaeghere

Avec son nouveau film, Amat Escalante vient tenter de dénoncer la violence qui terrasse le Mexique et avec l’aide d’une mise en scène parfaite illustre ses propos frontalement sans essayer d’adoucir le trait et en soi les intentions du réalisateur sont plus que louables, mais Heli est tout d’abord carrément ennuyeux qui soit, mais il s’avère aussi totalement vain. Autant en allant au plus près du problème et en empruntant au documentaire pour dénoncer, Ascalante nous donne avoir 1H45 de cinéma pur en terme de mise en scène et c’est là tout le problème du film. Heli tourne très vite à l’exercice de style du fait de ce paradoxe entre docu et fiction, le cliché du film mexicain sélectionné au Festival de Cannes est bien présent.

Synopsis:

Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsque celle-ci tombe amoureuse d’un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.

(Source: Allociné)

Si Heli est bien nécessaire pour montrer la violence, les ravages de la drogue et la peur des cartels au Mexique était il bien nécessaire d’en faire un long film d’une longueur excessive et qui au final rebute plus qu’il ne fait réfléchir. Amat Escalante nous donne à voir de vrai scène de violence et tout ça est peut-être bien réel, mais on a que faire car ça tombe presque dans la gratuité, le réalisateur ce défendra en disant que la violence dans la « vraie » vie n’est pas comme ça et que dans son film il la montre tel qu’il est, mais son Heli est tellement ennuyeux que on finit bien vite par se désintéresser des scènes de tortures ou autres.

Heli : Affiche

Le scénario ne mène nul part et dans ce qu’il propose ennui terriblement. Tout les récits est inintéressant et tourne ne rond, mais dans la dénonciation ça marche, mais ça ne suffit jamais. Les personnages sont forcément très bien écrits, car authentique et il en est de même pour les dialogues qui sonnent toujours juste. c’est le gros défaut du film, c’est son écriture dès plus lourde et au final trop vide.

Le casting est composé d’inconnu qui font le travail avec justesse et ils ce débrouillent tous très bien, mais ils sont tous d’une effarante banalité. On sauvera tout de même Armando Espitia.

La mise en scène est parfaite, Escalante compose des plans hyper-travaillé absolument magnifique et souvent très impressionnant de même que certains plan-séquences. la mise en scène a été justement récompensée à Cannes par le Prix de la Mise en scène (même si il y avait quand même bien mieux à côté!). La photographie de Lorenzo Hagerman est assez moche à l’image de ce que le film dénonce et ce qui offre une certaine ambiance assez forte.

Je disais plus haut que les intentions de Amat Escalante étaient louables et on peut même le féliciter de l’audace d’avoir réaliser un tel film qui dépeint avec autant d’authenticité des maux qui frappent le Mexique, mais on est ici pour juger son film et Heli est mauvais. Quand le film vient enfin avoir quelque chose à proposer dans son récit, le film s’arrête et si il est assez rare de voir du cinéma sur 1h45 de long, Amat Escalante étire la longueur de ses scènes de tortures (le meilleur exemple) pendant lesquelles il ne vient rien apporter de plus pour la souligner, mais qui ennuie terriblement car il n’y a aucun regard. Heli est donc vain, mais surtout indéfendable.

Heli de Amat Escalante: 1,5/5

(sortie le 09/04/2014)

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