Category Archives: Décembre 2013

Le Loup De Wall Street

Écrit par Werner Dejaeghere

« Le 25 décembre 2013 sortait Le Loup De Wall Street d’un grand réalisateur de 71 ans à l’époque qu’on appelait Martin Scorsese, il avait fais ces grands films que je t’avais montré Taxi Driver, Les Affranchis, Aviator, Raging Bull et d’autres, je n’ai jamais reçu de plus beau cadeau de Noël! » J’ai 84 ans, je suis sur mon lit de mort, je n’en ai plus pour longtemps, mais jusqu’au bout je parlerais de cinéma et de ce film…LE LOUP DE WALL STREET! Vous l’aurez compris, on a trouvé le meilleur film de l’année et le meilleur film de tout les temps selon moi (devant Voyage Au Bout De L’Enfer de Michael Cimino et Il Était Une Fois En Amérique de Sergio Leone).

Synopsis:

L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

(Source: AlloCiné)

Dire que Le Loup De Wall Street est un grand film, serait revenir a dire que Stanley Kubrick est un bon réalisateur…C’EST FAUX…Le Loup De Wall Street est un chef-d’œuvre et Kubrick un génie. Durant trois heures, Martin Scorsese nous convie dans son cinéma qu’il révolutionne totalement pour une orgie explosive avec un Leonardo DiCaprio possédé et dans un de ses plus grands rôles, on ne sait pas, en tout celui dans lequel il devient le meilleur acteur de l’histoire du cinéma. On ressort de Le Loup De Wall Street les yeux explosé et la tête fracassée comme si on avait pris dix rails de coke et une trentaine de Ludes!

Le Loup de Wall Street : Affiche

Le scénario est parfait. Le film dure 3H et ça passe à une vitesse incroyable, il y a un seul moment où on ressent une certaine longueurs, mais c’est à un moment où il y aussi un moment de flottement dans la vie du « héros », donc c’est en accord. Le film déploie une fresque prenante et tenu à la perfection, le rythme est dosé comme les ingrédients d’une sauce tomates faite par la mère de Scorsese et il démontre aussi un talent inouï pour la comédie. Les personnages sont très bien écrits et décrits. Ils sont tous très profond, sauf un qu’on aurait adoré voir plus présent et plus ancré dans l’histoire, c’est le personnage de Patrick Denham, l’agent du FBI joué par Kyle Chandler. Les dialogues sont d’une redoutables efficacité. Inventifs, hilarants, mordants, malins et le tout balancé à un rythme hallucinant.

Les acteurs sont tout simplement exceptionnels, tous apporte quelque chose et tous ce font passer pour des connards avec un naturel tout bonnement incroyable. Leonardo DiCaprio est possédé et plus que jamais il mérite un Oscar, il n’a jamais joué aussi bien, il est au-dessus de tout. Encore plus fou que dans Django Unchained de Quentin Tarantino et encore plus charismatique que dans Gatsby Le Magnifique de Baz Luhrmann sortis eux aussi cette année. Jonah Hill vient prouver qu’après Le Stratège de Bennett Miller, on pourra compter sur lui pour des rôles sérieux tout en ne perdant pas son génie comique, Margot Robbie est la révélation de ce film, son jeu n’est pas parfait, mais est tout aussi bonne (au propre comme au figuré!) que les autres, malgré son inexpérience, Matthew McConaughey a peu de scènes, mais malgré il donne tout est impressionne en totale impro (il a inventé le moment où il se frappe sur la poitrine et commence a chanter), Kyle Chandler a lui aussi peu de scènes, mais comme toujours, il surjoue. À noter aussi les excellents P.J. Byrne, Rob Reiner, Joanna Lumley, Jon Bernthal. Et comme on ne peut pas passer à côté, on va parler de Jean Dujardin, qui est bon, mais qu’on sentait un peu écrasé par la « pression ».

La mise en scène est absolument incroyable, toujours en mouvement virevoltante et immersive. Scorsese film comme un jeune réalisateur de 25 ans et ajoute encore plus de folie à son récit grâce à une mise en scène déjanté, inventive et toujours maîtrisée. La photographie de Rodrigo Prieto (Argo, Babel, Étreintes Brisées entre autre) est encore un fois impeccable. Radical et efficace comme à son habitude, il installe un grain dans l’image assez agréable et pas spécialement beau, mais il ce passe quelque chose qui ne laisse pas indifférent. Howard Shore signe avec Randall Poster son superviseur musical (aussi superviseur sur Spring Breakers qui est aussi musicalement immense) l’une des B.O. les plus hallucinante et cool de l’année (on pense forcément à Black Skinhead de Kanye West).

Le Loup de Wall Street : Photo Leonardo DiCaprio

Le Loup De Wall Street c’est aussi le retour de Martin Scorsese à sa narration ample et où on retrouve ses personnages qui chute en pleine ascension, car ils sont rattrapés par la faiblesse de leur nature humaine, des personnages tel que Jake La Motta dans Raging Bull ou Tommy dans Les Affranchis (le personnage joué par Joe Pesci) voir Howard Hughes dans Aviator. Ca fait du bien de voir ça sur grand écran et surtout on ça impressionne, on a rarement l’occasion de voir autant de maîtrise et de folie dans un film. Martin Scorsese a 71 ans est plus que jamais le cinéaste du cool, il nous sort une œuvre libéré, moderne et tout bonnement jubilatoire. Alors certes on va dire que Le Loup De Wall Street est misogyne, mais c’est vraiment absurde, car Scorsese dresse le portrait d’homme qui sont dans l’excès total et permanent, dont le sexe, mais il condamne toujours cette société d’apparences, il les mets en accusation.

Le Loup De Wall Street, c’est surtout l’occasion de se poser une question, « Depuis quand on n’a pas vu un film aussi follement libéré, sans peur de choquer ou des critiques? », pendant 3H on assiste à un spectacle épuisant devant lequel on est aussi défoncé que ses personnages et où le rêve américain est démonté avec une intelligence jouissive et extraordinaire (encore plus que dans No Pain No Gain ou encore The Bling Ring). Martin Scorsese révolutionne son cinéma, dans le sens où il réinvente sa mise en scène et nous offre un film qui en plus d’être d’une puissance extraordinaire, mais aussi simplement cool. Film complet, comédie hilarante, brûlot sur l’envers du rêve américain, bazar sous coke, Le Loup De Wall Street c’est tout ça à la fois et c’est quand même immense. Et puis surtout on a un très grand acteur et un très grand réalisateur qui sont possédés par un génie inconnue qu’on a hâte de revoir. Film parfait et œuvre immense.

Le Loup De Wall Street de Martin Scorsese: 5/5

(sortie le 25/12/2013)

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Don Jon

Écrit par Werner Dejaeghere

Don Jon était très attendu, car c’est le premier long-métrage de Joseph Gordon-Levitt, acteur apprécié autant du grand public, que du cinéphile. On ne va pas se mentir, c’est aussi son sujet très alléchant qui nous a attirer, l’histoire d’un mec accro aux pornos et qui tombe amoureux d’une femme, forcément ça ne nous laisse pas indifférent. C’est surtout sa très bonne promo, mais aussi les échos favorables qui nous a poussé a nous intéresser à Don Jon. Alors que vaut le premier film de Gordon-Levitt et surtout, est-ce que toute cette attente en valait-elle la peine? Et bien…non! Clairement non, Don Jon a intéressé tout le monde, que parce qu’il était réalisé, écrit et joué par Joseph Gordon-Levitt, ça aurait été un réalisateur inconnu, ce film serait sorti dans l’anonymat le plus complet. Don Jon est tout de même réussi.

Synopsis:

Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

(Source: AlloCiné)

Don Jon a pour principal défaut d’être un premier film, car oui sauf quand on s’appelle Orson Welles ou Steven Spielberg, les premiers films sont souvent pleins de défauts. Joseph Gordon-Levitt a voulu trop en raconter et n’approfondi jamais ses sujets (l’addiction, le sexe, …) et c’est dommage, car son film est très malin et lui aussi en choisissant la comédie pour traiter de sujet pas forcément très drôle (ce qui selon lui est la meilleure façon de traiter les sujets sérieux et n’hésite pas a parler de Docteur Folamour de Stanley Kubrick pour illustrer son propos). Le côté comique de Don Jon est très réussi, trash et subversif, mais surtout très juste, car même si Gordon-Levitt a choisi de nous faire rire, il le fait avec grande intelligence dans les portraits qu’il dresse surtout.

Le scénario est assez moyen. Certes, c’est bien écrit, mais il y a jamais de vrai bon moment d’écriture. La narration est menée assez platement et le fait que ce soit un personnages qui refait les mêmes choses chaque jour, ajoute beaucoup d’ennui, même si bizarrement, on ne s’ennuie jamais vraiment. Les personnages sont eux, très bien écrient. Ils sont décrit avec une justesse incroyable et bourrés de détails qui ajoutent beaucoup de vérité à l’ensemble du film. On a quand malgré tout beaucoup de mal a s’attacher à eux ou a rentrer en empathie pour eux. Les dialogues sont totalement géniaux. Ils sonnent toujours justes et sont surtout très drôles, la réplique « L’éjaculation faciale?… Dans la vraie vie on éjacule pas sur le visage d’une fille! » en est l’exemple parfait.

Les acteurs sont étonnement en deçà de ce qu’ils nous servent d’habitude. Joseph Gordon-Levitt est bon, mais son interprétation est un peu légère, Scarlett Johansson est totalement détestable et de ce fait on déteste comment elle joue, mais à contre-emploi, elle est tout de même formidable, Julianne Moore est très bonne, mais son personnage étant assez vacillant, son interprétation en pâtit, la grosse surprise vient de Tony Danza (oui, oui Tony Micelli de la série Madame Est Servie!) qui même si il n’est pas excellent, il fait plaisir de le revoir sur grand écran.

La mise en scène est la grosse déception de ce Don Jon, car la réalisation s’avère assez fade et on attendait beaucoup à ce niveau-là, car Joseph Gordon-Levitt a dis avoir beaucoup appris sur les plateau quand il jouait pour Christopher Nolan (The Dark Knight Rises), Steven Spielberg (Lincoln) ou Rian Johnson (Looper, Brick), il n’en est rien. La photographie de Thomas Kloss est absolument immonde, il n’y a jamais aucun effet ou une quelconque apparence de travail. C’est très laid et ça ne colle pas à l’ambiance du film. Nathan Johnson (compositeur sur tout les films de Rian Johnson avec qui Gordon-Levitt est très ami) signe une B.O. fort sympathique qui est très peu originale, mais qui fonctionnent très bien.

Don Jon : Photo Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson

Don Jon à la fin laisse un peu de marbre, car avec un tel potentiel on assiste à un spectacle énergique et très charmant, mais qui au final s’avère assez abscons. Le film de Joseph Gordon-Levitt est en quelque sorte Shame de Steve McQueen pour les nuls. Don Jon oscille toujours entre le très bon (l’écriture) et le très mauvais (la technique) et qui font du premier film de Jospeh Gordon-Levitt un film moyen, mais qui réussi malgré tout à nous accrocher durant 1H30. Don Jon n’est certainement pas le film que l’on attendait, on certes un peu déçu, mais il en ressort quelque chose de convaincant et d’assez agréable. Reste le potentiel un peu gâché du sujet et la technique vraiment en-dessous, mais il y a des qualités indéniable. On ne sait pas trop si Joseph Gordon-Levitt a réussi son passage derrière la caméra, mais une chose est sûr on suivra sa carrière de réalisateur de près.

Don Jon de Joseph Gordon-Levitt: 3/5

(sortie le 25/12/2013)

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Le Géant Égoïste

Écrit par Werner Dejaeghere

Le Géant Égoïste est une libre adaptation d’un conte d’Oscar Wilde (Le Géant Égoïste, tout comme le film) et autant dire tout de suite qu’on ne ressort pas indemne du premier film de fiction de Clio Barnard (elle avait déjà réalisé The Arbor, un documentaire expérimental sur la dramaturge Andrea Dunbar), c’est terrassant d’émotions et un choc surpuissant. Film social dans la veine d’un Ken Loach (on pense très fort à Sweet Sixteen) et pour une fois qu’un film du genre ne pâtit pas de cette comparaison, on en profite. Le Géant Égoïste c’est en quelque sorte Tyrannosaur de Paddy Considine, mais avec des enfants et peut-être aussi pour les enfants (à partir de 10 ans, on peut-être touché par l’histoire).

Synopsis:

Arbor, 13 ans, et son meilleur ami Swifty habitent un quartier populaire de Bradford, au Nord de l’Angleterre. Renvoyés de l’école, les deux adolescents rencontrent Kitten, un ferrailleur du coin. Ils commencent à travailler pour lui, collectant toutes sortes de métaux usagés. Kitten organise de temps à autre des courses de chevaux clandestines. Swifty éprouve une grande tendresse pour les chevaux et a un véritable don pour les diriger, ce qui n’échappe pas au ferrailleur. Arbor, en guerre contre la terre entière, se dispute les faveurs de Kitten, en lui rapportant toujours plus de métaux, au risque de se mettre en danger. L’amitié des deux garçons saura-t-elle résister au Géant Egoïste ?

(Source: AlloCiné)

Rarement cette année on aura eu une aussi grosse claque dans la gueule (il n’y a eu que Snowpiercer, The Place Beyond The Pines et Spring Breakers qui mon fait cette effet), Le Géant Égoïste est un film qui nous prend à la gorge dès le départ et nous étrangle au fur et à mesure, car c’est un film très dur et qui jamais ne cache quoique ce soit, heureusement au bout il y a l’espoir et enfin on peut respirer. Clio Barnard signe un film qui en plus d’être très prenant et ultra-réaliste, est totalement maîtrisé. L’histoire de ces deux enfants rejetés et sans le sous nous bouleverse et nous fait aussi réfléchir sur des sujets très différents, mais aussi très important.

Le Géant égoïste : Affiche

Le scénario est très bien écrit. Radical au possible, on ne s’égare jamais ici, tout se passe et tout à des conséquences et c’est aussi la force de l’histoire ce que tout y est vrai et d’autant plus touchant. Les personnages sont bien écrit, mais surtout très beau. Ils sont décrit et mis en scène avec un grand naturel, comme si il n’y avait aucune écriture et c’est assez impressionnant. Les dialogues sont ni bien écrits, ni intelligents, ni drôles, les dialogues sont justes réels et présent. Il n’y aucune réplique forte, pas de discours en plan-séquence, que du brute et de la sincérité.

Les acteurs sont parfaits, comme dans beaucoup de film social anglais, il y a de jeunes acteurs qui sortent de nul part et qui crèvent l’écran et c’est encore une fois le cas avec Le Géant Égoïste. Conner Chapman et Shaun Thomas sont ses deux inconnus amateurs et ils sont absolument parfaits, d’une insolence et d’un naturel incroyable, ils portent le film à eux deux, Sean Gilder est très bon en homme tyrannique et tout en gueule, Rebecca Manley est toujours juste en mère qui perd ses fils peu à peu, Siobhan Finneran est bonne en mère perdu.

La mise en scène est très bonne. Il y a des effets de styles intéressant, de vrai mouvement de caméra inspiré et inventif, il y a bel et bien un vrai talent chez Clio Barnard. La photographie de Mike Eley est absolument sublime. Il y a un travail sur la lumière incroyable et réellement bluffant, on est souvent subjugué par la beauté des images, mais aussi sa force pour rendre l’environnement laid. Harry Escott (Shame de Steve McQueen, c’était lui) signe une très jolie B.O. et qui n’use pas de grosse partition pour arracher une larme.

Le Géant Égoïste n’est certainement pas un chef-d’œuvre, car les films sociaux ne le sont jamais, ils sont au maximum très bon, mais le film de Clio Barnard est celui qui s’en rapproche le plus, car en plus d’être d’une force incroyable dans sa narration et dans ce qu’il dénonce, la mise en scène enlevé et d’une incroyable maîtrise apporte enfin une réelle technique à un cinéma qui en manquait véritablement. C’est aussi la force de Le Géant Égoïste, c’est que malgré qu’il s’écarte un peu des codes du genre, il le fait en toute modestie, sans jamais perdre de son intensité. Le film de Clio Barnard est déjà inscrit dans l’histoire du cinéma britannique, car il en a toute l’intelligence et toute la puissance.

On compare forcément le premier film de Clio Barnard à du Ken Loach, car c’est le maître du genre, mais avec Le Géant Égoïste en plus de signer un des plus beau film sur l’enfance, Barnard arrive à égaler Loach et surtout à ne pas l’imiter et à créer son propre cinéma. Ce n’est certainement pas pour rien que Le Géant Égoïste fut nominé à 7 reprises et obtint une récompense (Meilleur technicien pour Amy Hubbard la directrice de casting) au British Independent Film Awards, mais aussi 3 récompenses au Festival du film britannique de Dinard dont le Hitchcock D’Or (la récompense suprême du festival).

Le Géant égoïste : Affiche

Le Géant Égoïste de Clio Barnard: 4,5/5

(sortie le 18/12/2013)

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Suzanne

Écrit par Werner Dejaeghere

Alors Suzanne c’est quoi? Deuxième film de Katell Quillévéré et plongé dans la classe moyenne, mais surtout Suzanne c’est qui? Suzanne c’est cette petite fille qui deviendra grande, cette jeune femme libérée, rebelle et terriblement vivante. Dire que l’on ressort de Suzanne fatigué n’est pour une fois pas une mauvaise chose pour un film, car le film de Katell Quillévéré est émotionnellement très fort et pourtant rien ne laisser présager une telle puissance en Suzanne qui d’apparence était très simple. Suzanne se déploie sur près de 30 ans et dans un temps très court (le film dure 1H34), contrairement à Laurence Anyways de Xavier Dolan qui possédait le même schéma de narration et qui lui durait 2H40, pourtant malgré tout ces moments de vie, jamais on trouve le temps long, car Quillévéré manie l’ellipse à la perfection et insuffle à sa narration une véritable plongé dans la classe moyenne quasiment aussi importante que la vie de Suzanne.

Synopsis:

Fille-mère à l’adolescence, Suzanne vit avec son père routier et sa sœur dont elle est inséparable. Sa vie bascule lorsqu’elle tombe amoureuse de Julien, petit malfrat qui l’entraîne dans sa dérive. S’ensuit la cavale, la prison, l’amour fou qu’elle poursuit jusqu’à tout abandonner derrière elle…

(Source: AlloCiné)

Le scénario est en soi pas très élaboré, mais c’est tellement tenu et bien amené que l’on pardonne cet simplicité. Le film se déroule sur quasiment 30 ans et pourtant ça ne paraît jamais, même certaines longueurs font preuves d’une grande énergie. Les personnages sont juste écrit à la perfection. Ils sont criant de vérité et d’autant plus beau. Les dialogues sont très bien écrit, car ils sonnent toujours juste. Ils sont très simples et magnifique de sincérité.

Suzanne : Affiche

Les acteurs sont bluffant de naturel et paraissent tous beau de par leurs sincérité. Sara Forestier est parfaite, elle est Suzanne jusqu’au plus profond d’elle, François Damiens n’est jamais ridicule en père blésé par la vie, Adèle Haenel est très bonne et on la suivra de très près, car cette sœur courage est magnifique et bourré de talent, Paul Hamy est bon en jeune homme qui tente pour survivre, on lui trouve un petit côté James Dean et il a l’ai tout droit sorti d’un polar. On notera aussi la présence de Karim Leklou encore très bon dans encore une fois un trop petit rôle, mais aussi Corinne Masiero toujours aussi énervante.

La mise en scène est très bonne. Si par moment il y a moins d’idées dans la mise en scène, il y a des moments de fulgurances assez incroyables. C’est maîtrisé et inventif. La photographie de Tom Harari est très jolie, la lumière naturelle apporte encore plus de sincérité qu’il n’en avait déjà au film. Verity Susman signe une B.O. fort sympathique, car elle nous offre quelques son qu’on avait oublié et qu’il est toujours agréable de réécouter. Elle est bien, mais peu originale.

Suzanne : Photo Adèle Haenel

On pense forcément à La Vie D’Adèle pour sa fureur amoureuse et destructrice, mais aussi à Laurence Anyways pour sa narration en ellipse et sa passion amoureuse en regardant Suzanne. Si les galères de Suzanne sont passionnantes, le regard sur la classe moyenne est lui saisissant de justesse. Katell Quillévéré signe un film émotionnellement très fort, mais aussi très beau, car il y a toujours de l’espoir et de l’amour dans son regard et son propos. Suzanne fait partie de ces films qui avec un rien raconte énormément et le raconte bien. Katell Quillévéré a un réel talent et son Suzanne est si elle continue ainsi, un des meilleurs films de sa filmographie qui espérons-le, viendra se remplir d’autres long-métrage. À suivre…

Suzanne de Katell Quillévéré: 4/5

(sortie le 18/12/2013)

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Casse-Tête Chinois

Écrit par Werner Dejaeghere

Casse-Tête Chinois est le troisième et dernier film de la trilogie de Cédric Klapisch réalisé par Cédric Klapisch bien entendu. Casse-Tête Chinois est la suite de L’Auberge Espagnole et Les Poupées Russes, la trilogie mets en scène les même personnages à une période spécifique de leur vie (étudiant, trentenaire et désormais quadragénaire) et la particularité de la trilogie, c’est qu’elle se passe dans différentes villes à travers le monde (Barcelone, Paris, Londres, Saint-Pétersbourg et maintenant New-York).

Synopsis:

Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes.

La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier u cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait ! Séparation. Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois ! Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…

(Source: AlloCiné)

Casse-Tête Chinois est le meilleur opus de la trilogie, car L’Auberge Espagnole est fort sympathique, mais ne racontait rien, Les Poupées Russes était mieux, un peu moins dans la sympathie, plus sérieux et surtout il était mieux tenu. Dans les deux films précédent l’humour était présent, mais ça fonctionnait que très peu, le propos n’était pas toujours dès plus malin, mais Cédric Klapisch fait de sa conclusion un film actuel, souvent très drôle, intelligent et touchant par moment (on ira tout de même pas jusqu’à verser une larme). Le fait que Casse-Tête Chinois a été tourné à New-York aurait pus être un soucis, mais non, Cédric Klapisch ne tombe jamais dans le cliché carte postale et c’est aussi une des grande qualité du film. Klapisch ne filme jamais New-York comme un touriste. C’est un véritable réussite et à tout les niveaux.

Casse-tête chinois : Affiche

Le scénario en soi ne raconte pas tellement de chose, mais le fait qu’il soit ancré dans notre époque et donc est un film très actuel. Le bordel de la vie de Xavier nous intéresse toujours et c’est très intelligent, mais surtout d’un rythme impeccable. Les personnages sont extrêmement bien écris, d’une sincérité et d’une vérité incroyable, on s’y attache très vite. Il n’y a aucun personnage qui n’est bâclé et ça c’est plutôt rare. Les dialogues sont très drôle et savoureux. On rigole souvent, mais c’est aussi d’une justesse incroyable dans les moments plus dramatiques (au sens large du terme).

Les acteurs sont formidables de naturel. Romain Duris est parfait en homme fatigué et en père qui fait tout pour s’en sortir, Cécile De France est bonne, mais le fait que son personnage soit le moins bien écrit pâtis un peu sur son interprétation, Audrey Tautou est toujours juste en femme de 40 ans qui doute, Kelly Reilly est absolument magnifique, dès qu’elle apparaît la caméra n’a d’œil que pour elle, Sandrine Holt est très bonne, Flore Bonaventura est en-dessous du reste du casting, mais elle reste très bonne. À noter aussi les excellents acteurs que sont les jeunes Pablo Mugnier-Jacob et Margaux Mansart, les enfants de Xavier dans le film.

La mise en scène est assez inégale. Elle est certes très bonne, voir parfaite par moment, mais Klapisch a des petits moments de flottements et c’est dans ces moments que la mise en scène est en-dessous et devient assez plate. La photographie de Natasha Braier est très jolie, la travail sur la lumière est sublime. On est souvent impressionné par le grain de l’image assez beau à regarder et même a admirer. La B.O. de Loïk Dury et Christophe Minck est pas très originale, mais elle est absolument géniale. On se surprend même à taper du pied.

Casse-tête chinois : Photo Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly, Romain Duris

Casse-Tête Chinois est un bien jolie film dans lequel, on prend plaisir à retrouver les personnages. Si les premier opus sont plus ou moins dispensable (même si on les aime), cet conclusion est indispensable et existe même sans ce soucier des premiers films. Le film de Cédric Klapisch est une véritable réussite, mais réussite totalement inattendu, on attendait pas de cette conclusion qu’elle soit aussi bonne, mais aussi parce que rare cette année sont les films français a voir été si bon. Casse-Tête Chinois est une surprise, car dans la Trilogie Cédric Klapisch on attendait pas un aussi bon film et sur celui-ci Klaspich n’a rien raté, c’est drôle, touchant et surtout intelligent. Cédric Klapisch boucle sa trilogie de la plus belle des façon.

Casse-Tête Chinois de Cédric Klapisch: 4/5

(sortie le 04/12/2013)

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