Category Archives: Février 2015

Things People Do

Écrit par Werner Dejaeghere

Drôle de film que ce Things People Do ou After The Fall en VO, vendu chez nous avec comme accroche « par la productrice de The Tree Of Life, Mud et Take Shelter » donc autant dire que la femme a misé sur de bon projet, mais sans avoir vu de bande-annonce ni rien savoir à quoi s’attendre, le premier film de Saar Klein est très surprenant. À savoir que Klein a été monteur pour Terrence Malick sur La Ligne Rouge et Le Nouveau Monde, ce qui ce ressent énormément car avec Things People Do le réalisateur fort de son expérience avec Malick lui emprunte cette réalisation flottante et contemplative, mais la puissance poétique en moins. Le film bascule ensuite dans le film de genre quand le personnage entame sa descente vers la criminalité et c’est là que ce premier film surprends, car il est en fait un quasi copié-collé de la série Breaking Bad.

Synopsis :

Bill, un père de famille dévoué, perd son travail du jour au lendemain. Il n’a alors pas d’autre choix que celui d’entrer, presque à son insu, dans l’illégalité. Quand il se lie d’amitié avec un inspecteur de police, c’est la double vie qui est désormais la sienne qui risque à terme d’être révélée…

(Source : AlloCiné)

Thing People Do est en soi un bon film dans sa critique du Rêve américain au travers d’un citoyen moyen qui devient criminel pour les besoins de sa famille, mais le gros problème c’est que Breaking Bad a déjà tout montré et quand Saar Klein reprends quasiment à l’identique une série parfaite, mais surtout déjà culte c’est que tout ce qu’il peut raconter ce montre particulièrement vain et en ça on ne pas vraiment en dire du bien. Pourtant Thing People Do est un chouette film de genre, une sorte de série B portée par une certaine grâce et une puissance silencieuse, mais là encore ça ressemble quelque à Cogan : Killing Them Softly de Andrew Dominik et si la comparaison est quelque peu poussée, dans les deux cas il y a énormément de longueur qui empêche de rentrer totalement dans le film.

Le film doit beaucoup à son casting qui arrive à apporter beaucoup de substance à un film qui en manque un peu. En tête de ce casting, le « héros », Wes Bentley (Hunger Games, Interstellar, American Beauty) qui ne devrait pas tarder à ce faire connaître et qui apporte ici une force incroyable à un personnage surfait pour lui donner de la consistance. Jason Issac éternel Lucius Malefoy dans la saga Harry Potter apporte lui aussi beaucoup de chose à son rôle de flic brisé. Vinessa Shaw (Two Lovers, La Colline A Des Yeux) tout en justesse n’a pas énormément à faire, mais dans un rôle très pauvre sa grâce arrive à le rendre un peu moins fantomatique.

Le gros problème de Things People Do c’est qu’il ne va jamais au bout de ses idées et tourne parfois un peu à vide d’autant plus qu’on connaît le récit déjà vu un peu partout, malgré tout Saar Klein s’en sort grâce à sa mise en scène certes parfois maladroite, mais qui est tellement élégante et à l’opposée même de son sujet, car le film au fond très noir est lumineux. Things People Do est un polar déroutant dans ses choix artistiques et s’affirme comme un film de technicien qui si il manque d’originalité à au moins le mérite de proposer du cinéma, ce qui est déjà pas mal.

Klein signe un condensé 1h50 de Breaking Bad qu’on ne peut qu’avoir envie de revoir à la fin de ce film, pourtant avec son premier film le réalisateur bourré d’influence arrive à dépasser le stade de la simple illustration de l’envers du Rêve américain sans aller forcément y aller à fond, mais l’ensemble ce regarde avec un certain intérêt. Things People Do n’est ni vraiment mauvais ni vraiment bon, il est juste un film parmi tant d’autre sur son sujet rien de honteux donc, rien de glorieux non plus. On prendra simplement la première réalisation de Saar Klein comme un film « à voir ».

Thing People Do (After The Fall) de Saar Klein : 2,5/5

(sortie le 18 février 2015)

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Les Nouveaux Héros

Écrit par Werner Dejaeghere

Disney + Marvel = Les Nouveaux Héros, certes cette combinaison réductrice est quelque peu facile, mais le nouveau Disney en gros c’est ça. Depuis le rachat de Marvel par Disney en 2009, on avait pas encore pu vraiment constater l’intérêt artistique que ça suscité, c’est surtout au niveau marketing qu’on ressentait ce rachat, et ce Big Hero 6 (son titre anglais) s’inscrit dans cette démarche d’appât du gain en combinant tout ce qui attire les gosses de la nouvelle génération. Si ça aurait pu rebuter au premier abord, c’était sans compter sur le studio aux grandes oreilles qui a toujours su s’inscrire dans son époque et livrer (presque toujours) des produits de qualité alliant fond et forme. Quand est-il alors de cette cuvée 2015 ? Et bien en fait pas grand-chose et en même temps énormément.

Synopsis :

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

(Source : AlloCiné)

Don Hall (Winnie L’Ourson) et Chris Williams (Volt, Star Malgré Lui) tout deux à la réalisation font un melting-pot d’influence qui ennuie parfois tant on a l’impression de l’avoir déjà un peu partout, mais pourtant leurs second film à chacun (ils sont avant tout scénaristes sur beaucoup de projet) marche du tonnerre et est même parfois excellent. On ressent l’envie d’offrir un grand spectacle et c’est réussi tout en ajoutant des thèmes fort et c’est là aussi réussi, mais comme pour Atlantide, L’Empire Perdu ; La Planète Au Trésor, Un Nouvel Univers ; Bienvenue Chez Les Robinson et Volt, Star Malgré Lui c’est carrément anecdotique et malgré tout Big Hero 6 reste un grand film pour enfant, mais il est loin d’être un grand Disney.

Big Hero 6 aborde le deuil à la fois de façon originale et terriblement classique, la faute a un scénario qui enchaîne des situations déjà vu tout en y incorporant une dose d’énergie bienvenue pour mélanger action et émotion à la perfection. À la fois divertissant et touchant, mais surtout très malin dans sa manière de parler de la mort au travers d’une quête vengeresse où choix moraux sont présent et si c’est parfois très léger, car destiné aux plus petits, il est assez rare de voir Disney attaquer un sujet de manière frontale comme il le fait ici. On regrettera juste que Hall et Williams ne s’adressent qu’aux plus jeunes dans ses thèmes (les 3-7 ans), n’essayent d’offrir un spectacle qu’aux 7-12 ans et oublient les adultes alors qu’il y a toujours dans les films d’animations pour enfant certaines choses ou gag à double-sens qui leurs sont destinés, ici elles sont absentes et c’est regrettable car ça rend le film encore plus anodin pour studio.

Mêlant influence du comics, l’émotion des Pixar‘s, culture asiatique et le cartoon, Don Hall et Chris Williams font un peu une bouilli de tout ça pour un ensemble qui ne surprend jamais vraiment, mais malgré un manque d’identité qui handicap le film, ça fonctionne à merveille étant donné que les deux réalisateurs font tout pour plaire et s’en dégage une sincérité évidente. Big Hero 6 est un divertissement qui séduit dans ce qu’il propose même si ça s’oublie très vite, durant 1H40 on assiste à un spectacle généreux qui assure le show tout du long. Un Disney doté d’une animation superbe et foisonnant d’idée (la ville du film est extraordinaire) sur une musique hyper efficace de Henry Jackman pour donner au film un côté trépidant qui le rends encore plus généreux, car Hall et Williams donnent tout ce qu’ils ont pour séduire… et ça fonctionne. Disney mineur que ce Big Hero 6, mais vrai bon divertissement et surtout un grand film pour enfant qui même si il est quelque peu écrasé par ses influences arrive à offrir du plaisir sans pour autant prendre son public pour des imbéciles et c’est là toute la force du film.

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) de Don Hall et Chris Williams : 3,5/5

(sortie le 11 février 2015)

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