Category Archives: Janvier 2014

Jacky Au Royaume Des Filles

Écrit par Werner Dejaeghere

Dire que l’on attendait ce film serait mentir, on priait pour qu’il arrive qu’importe ce qu’il arrive qu’importe ce qu’il pouvait être, car oui c’est surtout un projet de Riad Sattouf réalisateur du génial et déjà culte Les Beaux Gosses qu’on attendait. Au final on se retrouve devant Jacky Au Royaume Des Filles qui pouvait faire peur au premier abord et on a eu raison d’avoir peur, car le deuxième film de Sattouf est moins accessible que la précédente réalisation du réalisateur, mais tout aussi bon. Jacky Au Royaume Des Filles c’est une immense comédie, aussi maligne qu’hilarante. On prend un pied énorme devant cette critique parodique de certains maux du monde actuel. Riad Sattouf vient aussi dire que oui, la Comédie française peut-être drôle 1H30 durant tout en étant très intelligente, mais que surtout (et c’est de plus en plus rare) que l’on peut-être hilare devant une comédie française.

Synopsis:

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…

(Source: AlloCiné)

Jacky Au Royaume Des Filles est une comédie comme on aimerait en voir plus souvent, hilarante et intelligente, car Sattouf maîtrise parfaitement son sujet et offre une vraie réflexion sur le monde tout en aillant un grand sens du gag. Le deuxième film de Riad Sattouf est un bijou d’audace et créativité et ça paye, Jacky Au Royaume Des Filles et l’espoir de voir de bonne comédie produite en France (avec 9 Mois Ferme de Albert Dupontel ou encore La Fille Du 14 Juillet de Antonin Peretjatko l’année dernière). Offrant un univers au code détonnant, mais cependant un vrai puits à idée, on se régale de tout.

Le scénario est pas dès plus rythmé, mais c’est tellement drôle et prenant q’on pardonne ce rythme lent, mais pas déplaisant pour autant. Les personnages sont terriblement attachants, d’un incroyable charme ils son très bien écrits et se complètent assez bien, mais si tu fais que le film soit un peu parodique, ils soient quelques peu clichés. Les dialogues sont absolument géniaux. Tout un langage a été inventé, des mots tel que « bubune » ou encore « blasphèmerie » pour ne pas gâcher la surprise, le plus étant que ce dialecte est tenu jusqu’au bout et ne sert pas que deux/trois fois.

Le côté technique du film est vraiment très simple, mais le fait est que Riad Sattouf c’est réalisé et il a des idées de mise en scène et il agrémente toutes ses idées par une musique qui colle à la situation. La mise en scène est soigné et fluide, il y a pas grand chose a lui reprocher. La photographie de Josée Deshaies est très épurée et même assez jolie, sa simplicité la rends irrésistible. C’est Riad Sattouf qui s’occupe de la B.O. (il est aussi à la guitare) et autant dire que le monsieur c’est y faire et gratifie son film d’une musique du feu de Dieu, énergique, inventive et cool, c’est un régal pour les oreilles.

Le casting est absolument fantastique. Vincent Lacoste est prodigieux en jeune homme paumé et prouve qu’il est de plus en plus le futur du cinéma français, Charlotte Gainsbourg est sublime et tout en retenue, Didier Bourdon est absolument génial et enfin il joue sans faire une moue dégueulasse et repoussante, Michel Hazanavicius est totalement surprenant, son jeu n’est pas excellent, mais quel générosité, Anthony Sonigo est excellent, Noémie Lvovsky est bonne, mais on rôle ne lui va pas, William Lebghil est une bonne surprise, Valérie Bonneton est très bonne en tortionnaire, Anémone est dans la totale libération.

Jacky Au Royaume Des Filles est un réel plaisir et même si sa portée politique est enterré par les gags, on a déjà vu des manières plus conne et vaine pour parler du monde et le film de Riad Sattouf est d’autant plus jouissif qu’il saisi l’absurdité de notre société avec grand intelligence et avec une drôlerie de tout instant jusqu’à un plan final génial. Sattouf a tout compris à la comédie, il enchaîne les gags presque de façon mécanique à la Mel Brooks et tout ça n’est jamais poussif. Tout en simplicité, le film vient nous chercher et nous mets le sourire aux lèvres à chaque scène à un rythme lent, mais d’autant plus appréciable.  Jacky Au Royaume Des Filles est une surprise inespéré et on attends désormais beaucoup plus de la Comédie française qui est encore capable de nous offrir des pépites comme celle-ci.

Jacky Au Royaume Des Filles de Riad Sattouf: 4/5

(sortie le 29/01/2014)

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Dallas Buyers Club

Écrit par Werner Dejaeghere

Autant démarrer directement cette critique en disant qu’il n’y pas grand-chose à dire sur Dallas Buyers Club, car le quatrième film de Jean-Marc Valée est bien en tout point et on ne peut rien lui reprocher, malgré cela il s’avère que ce n’est ni un chef-d’œuvre ni un grand film, alors c’est quoi? Dallas Buyers Club est juste bien ni plus, ni moins et c’est à fois sa force et son plus gros défauts. Tout s’enchaîne à un rythme soutenu de manière à ce que l’on ne s’ennuie jamais, malgré le grand académisme de son film, Vallée ne tombe jamais dans le piège du film « Inspiré d’une histoire vraie » avec ses excès de pathos, non Dallas Buyers Club va certes à quelque scène de sentimentalisme, mais c’est dosé à la perfection. Le film vaut surtout et on le sait depuis longtemps (toutes la presse américaine en parlait) pour la performance de ses acteurs, Matthew McConaughey et Jared Leto qui ont tout les deux perdus beaucoup de poids et se retrouve physiquement transformés, ce qui leurs a valu un Golden Globes et un Oscar chacun (Meilleur acteur pour McConaughey et Second rôles pour Leto).

Synopsis :

1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

(Source: AlloCiné)

Dallas Buyers Club est d’un rythme impeccable, on ne s’y ennuie peut-être, mais on a parfois tendance à être lassé de cette histoire même si on est toujours touché. Les dialogues ne sont jamais là pour nous faire pleurer est remplir de pathos des scènes sentimentales, mieux le film est doté d’un humour corrosif à souhait et toujours bien sentie. La mise en scène est à l’image du film sèche et rentre dedans, ici pas de grande idée, on va à la simplicité sans négliger un réel langage cinématographique. La photographie de Yves Bélanger apporte une vraie ambiance au film, une esthétique sorti directement des années 80.

Les acteurs sont tous formidables. Matthew McConaughey est parfait et c’est surtout dans le fait qu’il arrive à nous faire oublier qu’il a perdu énormément de poids pour le rôle, Jared Leto est d’un naturel assez extraordinaire et si on ne parle que d’eux, c’est parce que le film tient surtout grâce à leurs performances, mais il ne faudrait pas oublier le reste du casting qui est aussi très bon. Jennifer Garner dont on attendait plus rien et ceux depuis longtemps est d’une grande justesse, Denis O’Hare est excellent, Steve Zahn est bon. Ici aucun acteur prendre tout l’écran pour se démarquer.

Dallas Buyers Club souffre d’un truc et c’est ce qu’il empêche d’être un grand film, c’est qu’il est convenue, l’exemple type du film académique. Tout ici est fait pour qu’on le déteste, scénario inspiré d’une histoire vraie, acteur qui se transforme physiquement, … et pourtant on ne peut s’empêcher d’aimer le film de Jean-Marc Vallée, car il est d’une grande honnêteté et malgré  le fait qu’il soit souvent très bancal, la sincérité de l’ensemble prend le dessus et nous touche en plein cœur.

Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée: 3,5/5

(sortie le 29/01/2014)

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12 Years A Slave

Écrit par Werner Dejaeghere

12 Years A Slave ou Twelve Years A Slave pour les moins bilingue d’entre nous c’est 7 nominations au Golden Globes (dont le Golden Globes du Meilleur film dramatique remporté) et 9 nominations au Oscar, c’est donc ce qu’on appelle communément un film « à Oscar », mais c’était sans compter sur l’intelligence de Steve McQueen pour ne jamais nous le faire ressentir. Le réalisateur de l’immense Hunger et du détestable, mais tout aussi fort Shame n’a pas perdu son talent pour mettre en scène les âmes en souffrance et le monde hostile. 12 Years A Slave nous montre avec une imparable justesse l’esclavagisme, le regard de Steve McQueen est d’une force incroyable et aussi très intelligent, car avec son troisième film ne se contente pas de dire « l’esclavage c’est mal », il n’épargne personne et contrairement à Lee Daniels et son très bon Le Majordome, McQueen montre que les blancs aussi sont victimes (indirectes) de l’esclavagisme et donc de leurs actes.

Synopsis:

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. 
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. 
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. 
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

(Source: AlloCiné)

12 Years A Slave c’est d’une intelligence rare, mais aussi d’une grande efficacité ce que Quentin Tarantino avait raté avec Django Unchained qui était parfait, mais qui sur le sujet était primaire. Steve McQueen a enfin trouvé le ton juste pour parler aux cinéphiles et aux grands public ce qui est très appréciable, car pour la première fois chez lui on ne s’ennuie pas, même quand il prends le temps de capter l’émotion de ses personnages dans le silence le plus complet. L’histoire nous tient pas en haleine, car on connaît la fin, c’est une telle aventure humaine qu’on est pris à la gorge.  La principale qualité du film de McQueen c’est qu’il nous bouscule jamais pour le plaisir et encore mieux, 12 Years A Slave ne prends jamais son spectateur en otage émotionnellement.

Le scénario est d’un rythme impeccable et tenu à la perfection. On ne s’ennuie pas et ce de bout en bout, même le final n’est pas bâclé, il est même d’une force incroyable. Les personnages sont tous hyper écrits et très approfondis. Dès qu’on voit un nouveau personnage apparaître, il y a tout une histoire derrière, on ressent le fait qu’ils ont vécu. Mention spéciale au négrier incarné par Michael Fassbender qui est d’or et déjà un « méchant » culte. Les dialogues ne font pas pas dans les grands discours avec des mots mots tout simples, ils touchent en plein cœur et disent énormément.

Les acteurs livrent tous une interprétation exceptionnel où tous sont impliqué, ils participent tous à la réussite du film. Chiwetel Ejiofor est très bon et il obtient enfin la visibilité qu’il mérite, Michael Fassbender est parfait et est absolument terrifiant en être fou, Lupita Nyong’o est toujours juste, Sarah Paulson tout en retenue est sidérante de naturelle, Benedict Cumberbatch en anglais glacial est exceptionnel, Paul Dano fait du « Paul Dano » et c’est toujours aussi fort, Brad Pitt est bon, mais a encore un peu de mal à le voir dans des films au penchant auteuristes.

La mise en scène est très simple, mais d’une maîtrise incroyable. Il y a pas de grand mouvement de caméra scorsesien ou des zooms spielbergien immersif, McQueen filme avec ses tripes et nous immerge dans un monde hostile dont on est spectateur impuissant et dont on doit subir l’horreur, c’est d’une inégalable puissance. La photographie de Sean Bobbitt est sublime et offre une image exceptionnel surtout dans les scènes nocturnes où l’ambiance est étouffante à souhait, il vient encore prouver qu’il est un des directeur photo indispensables, il reste malheureusement trop peu demandé. Hans Zimmer vient avec une partition grandiose et à la fois posée, elle rivalise avec ses plus grandes composition, ça fait longtemps qu’il nous avait pas autant régalé.

La seule déception que l’on aura pour 12 Years A Slave c’est qu’il aura fallu attendre aussi longtemps pour l’avoir (merci Mr. Obama). Le film de Steve McQueen est l’exemple parfait du film qui a tout pour faire l’unanimité. 12 Years A Slave n’est pas un chef-d’œuvre, mais un grand film et c’est déjà pas mal, McQueen allie à la perfection scènes choc et réflexion avec la même efficacité. Ici il n’y a pas de mélodrames ou de tire-larmes exaspérant, c’est de l’émotion à l’état brut et on est autant saisi par un choc émotionnel, mais aussi historique où on épargne personne.

Il y a une scène très courte, mais très importante et très maligne où le personnage incarné par Benedict Cumberbatch offre un violon au personnage principal incarné par Chiwetel Ejiofor après que celui-ci est réussi un travail qui va rapporter de l’argent à son « Maître » et ça reflète très bien la mentalité de l’époque et l’absurdité de l’esclavage, car avec un naturel bouleversant le personnage principal dit à la réception de son violon : « Merci Monsieur, mais c’est trop. » et sur ce le personnage de Cumberbatch répond « Mais non voyons, vous le méritez et nous espérons bien que vous nous égaierez longtemps avec. » et désorienté le personnage de principal retourne vers son cabanon. En à peine deux minutes, McQueen parvient à capter tout le désespoir et l’incompréhension d’un monde face à un contexte des plus horribles.

12 Years A Slave de Steve McQueen: 4/5

(sortie le 22/01/2014)

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Match Retour

Écrit par Werner Dejaeghere

« Pourquoi? » est le premier qui m’était venu à l’annonce du projet avec une certaine excitation. « Pourquoi pas? » avec une certaine envie de le voir au vu de la bande-annonce. « POURQUOI? » en sortant de la salle après la séance. Match Retour c’est l’affrontement de deux grandes légendes du cinéma, Sylvester « Rocky » Stallone et Robert « Jake La Motta » De Niro sur un ring et tout ça orchestré par Hollywood et dans le film de Peter Segal c’est à peu près pareil. Mais ce Rocky V.S. Raging Bull n’est qu’une mascarade qu’on aurait aimé au mieux parodique et au moins respectueuse envers ses deux grands films et ses deux grands acteurs, mais non Match Retour ne rend jamais hommage. On peut y voir une critique du système hollywoodien, mais dans ce film bas du front, on y croit as vraiment.

Synopsis:

Henry « Razor » Sharp et Billy « The Kid » McDonnen sont deux boxeurs de Pittsburgh propulsés sous le feu des projecteurs grâce à leur rivalité ancestrale. Chacun a eu l’occasion de battre son adversaire à l’époque de sa gloire, mais en 1983, alors qu’ils s’apprêtaient à disputer un troisième match décisif, Razor a soudain annoncé qu’il arrêtait la boxe : sans explication, il a ainsi brutalement mis fin à leur carrière à tous les deux.

Trente ans plus tard, le promoteur de boxe Dante Slate Jr., y voyant une occasion de gagner beaucoup d’argent, leur fait une offre irrésistible : monter sur le ring pour obtenir leur revanche une bonne fois pour toutes. 

(Source: AlloCiné)

Match Retour est à la base déjà inutile, mais le fait qu’il soit en plus raté nous fait encore plus nous questionner sur l’utilité. Le film de Peter Segal était une chouette idée pour les fans comme un délire appréciable et amusant, mais Match Retour n’amuse jamais et n’est jamais délirant, pire il est ridicule et même assez désolant voir gênant. Segal ne régalera personne avec ses excès de bon sentiment au milieu d’un face-à-face coincé entre clin d’œil trop forcé et cabotinage à tout les niveaux. Tout les traits sont forcé dans Match Retour.

Le scénario est en soi bien écrit et bien tenu, mais c’est d’une connerie abyssale et d’une incroyable platitude. On s’y ennuie certes pas, mais on se fout de tout et rien ne prends jamais. Les scènes larmoyantes sont le coup de trop et qui nous mets K.O.. Les personnages sont clichés des cheveux jusqu’à la plante des pieds, on est jamais pris d’empathie, ils sont certes agréable à regarder, mais ça ne suffit pas. Les dialogues sont très cons, trop simple, mais ils savent ce montrer parfois drôle. En fait il y a que les petites joutes verbales qui amusent.

Les acteurs cabotinent à l’extrême et pour ceux qui jouent vraiment, ils font le strict minimum. Sylvester Stallone quand il essaye de jouer cabotine à mort, mais alors dans un film où il s’imite en train de cabotiner, ça pique les yeux et c’est une nomination au Razzie Awards à la clé, Robert De Niro est dans le surjeux constant, mais s’en sort encore bien, Kim Basinger est sublime, elle joue mal la plupart du temps, mais elle est tellement magnifique que ça passe, Kevin Hart est insupportable et en plus, il est mauvais, Alan Arkin est bon et amusant, Jon Berthal confirme après Le Loup De Wall Street qu’il est un acteur plein d’avenir, Camden Gray est la surprise du film, un tout jeune acteur formidable.

La mise en scène est dans l’ensemble mauvaise, mais il y a quelque idée assez agréable qui sont trop inabouties, mais présentes. C’est filmé un peu à l’arrache et le montage poussif et rapide accentue encore plus cet effet. Ça bouge constamment et un peu n’importe comment. La photographie de Dean Semler est comme dans tout les films sur lesquels il a travaillé trop superficielle. C’est affreusement laid et souvent très peu travaillé. Trevor Rabin signe un B.O. très efficace, mais trop fade pour être apprécié.

On ne s’ennuie heureusement pas devant Match Retour, car la stupidité ambiante a un certain rythme, mais ça n’intéresse jamais. On aurait juste aimé que le film de Peter Segal soit plus dans l’auto-dérision que la parodie de mauvais goût, car ça aurait été plus respectueux envers ses deux acteurs de légendes et surtout envers deux grands films, surtout envers les films étant donné que De Niro et Stallone ne se respectent plus. Robert De Niro en 2013 c’est cinq films sortis, dont quatre en salle et un DTV, en salle on a eu droit à 2 bouses du nom de Un Grand Mariage et Last Vegas, un excellent film : Happiness Therapy, un bon film : Malavita et un DTV : Face À Face avec Travolta au cast., donc bon et Sylvester Stallone lui fait revenir les 80’s au goût du jour : Du Plomb Dans La Tête et Evasion pour 2013. Match Retour ressemble plus à deux acteurs qui n’ont plus rien à prouver qui crache pour l’un sur un de ses plus grands rôles et l’autre son meilleur film.

Match Retour aurait pu être un chouette film pour lequel on aurait fermé les yeux sur ses défauts, mais non Peter Segal nous sort un film des plus ridicule et pour lequel on a jamais une once d’empathie, ni d’amour. On est gêné de tout ce qu’on voit, c’est désolant de voir de telle acteurs venir se ridiculiser pour rien, car Segal signe un film qui ne sert absolument à rien et n’apporte rien, c’est lourd et sans intérêt aucun, même le regard sur le troisième âge est raté. Au final Match Retour n’est qu’un banal produit formaté et bourré de bon sentiments, c’est en un mot GÊNANT.

P.S. : On sauvera par contre certaine chose (trois en fait) dans cette insulte cinématographique. Le jeune Camden Gray qui est absolument merveilleux, le maquillage sublime (et oui!) et la scène post-générique qui est absolument hilarante.

Match Retour de Peter Segal: 1,5/5

(sortie le 22/01/2014)

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Les Brasiers De La Colère

Écrit par Werner Dejaeghere

Un casting alléchant, des premières images intrigantes, une bande-annonce scotchant et finalement une énorme déception pour ce Les Brasiers De La Colère qui était annoncé comme le grand descendant de Voyage Au Bout De L’Enfer de Michael Cimino (mon film préféré) et ben oui il y a quelque similitude (le guerre au fond, l’Américain perdus et l’ouvrier, voir la famille), mais on est bien loin du chef-d’œuvre de Cimino, très loin… Scott Cooper n’a pas spécialement raté son deuxième long-métrage, mais c’est aussi loin d’être bon, il livre avec Les Brasiers De La Colère un film profondément académique sur l’Amérique profonde.

Synopsis:

À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux. Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît. Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

(Source: AlloCiné)

Les Brasiers De La Colère s’annonçait être une plongée saisissante dans l’Amérique profonde et ses ouvriers qui survive, malgré une Amérique qui s’effondre (le film se passe en 2008), il comme là où Cogan : Killing Them Softly de Andrew Dominik, c’est-à-dire dans la merde et la détresse. Scott Cooper a raté l’occasion de faire un grand film, il n’a même pas réalisé un bon film, mais un film réussi, Les Brasiers De La Colère est réussi, car il est d’une sincérité agréable et d’une émouvante humanité, mais surtout sa ligne conductrice malgré qu’elle soit très attendu, se développe avec un certaine efficacité. Cooper et toute son équipe ont cru et croient en leur film (Leonardo DiCaprio qui est producteur en parle avec une incroyable ferveur), ce qui donne à Les Brasiers De La Colère un côté fort qui fait mouche. Le film reste pour autant très basique.

Le scénario est bien écrit, mais très (trop) simple. Tout ce déroule avec un aisance assez déroutante sans jamais vraiment dire que tout ici est souffrance, comme pour signifier la que la détresse était naturelle chez ses personnages, mais le gros problème du film, c’est qu’il n’est jamais prenant et surtout qu’il est très long. Toute ses longueurs nous ennuie et on finit pas se désintéresser du propos. Les personnages sont bien écrit, ils sont même très authentiques, mais on est jamais pris d’empathie pour eux et c’est bien dommage. Les dialogues sont étonnamment très inventif, que ça soit dans les faces-à-faces, les moments plus dramatiques et les moments « banals » par exemple dans une scène le plus vieux frère rend visite à son père malade et son oncle, son oncle lui dit « Ça va avec ta petite amie? Tu l’embrasseras pour moi » et pour réponse le plus vieux frère dit « D’accord vieux vicelard (en rigolant) », ça ajoute un naturel désarmant aux scènes, c’est assez incroyable.

Les acteurs sont tous (sauf Zoe Saldana qui faudra penser a arrêter de la prendre dans des films) parfaits. Christian Bale est absolument bouleversant, il sort tout son « malheur » pour nous offrir une interprétation tout en profondeur, Woody Harrelson est plus flippant que jamais, malgré des gimmicks très appuyé, Casey Affleck prouve encore une fois qu’on peut compter sur lui même pour des rôles plus musclés, Willem Dafoe est très bon en truand au grand cœur, Forrest Whitaker tout en retenu est étonnant, Sam Shepard est bon, malgré un rôle très effacé, Zoe Saldana est elle comme à son habitude très mauvaise.

La mise en scène est très bonne. Il y a énormément d’idées et c’est agréable d’enfin voir un film dont la réalisation est bonne tout du long (surtout pour un jeune réalisateur). Chaque scène, même si elle ne raconte que très peu intéresse grâce une mise en scène immersive. La photographie de Masanobu Takayanagi est assez jolie, même si le côté poisseux est raté, il y a un filtre gris/bleu qui marche bien et donne à l’image une froideur qui apporte quelque chose à l’ambiance. Dickon Hinchliffe signe une B.O. efficace et même réussi, mais qui manque clairement de relief pour nous prendre aux tripes lors des scènes fortes. Il lui manque l’intensité qui font les grandes partitions.

Les Brasiers De La Colère brille par son casting et sa mise en scène, mais c’est tout ce qu’on retiendra du deuxième film de Scott Cooper. Il y a du potentiel dans ce « brasiers », mais Cooper distille une rage à tout va et n’importe comment, tout ici est très droit, très attendu et surtout le film ne surprends jamais, même dans ses moments de face-à-face. Les Brasiers De La Colère est une grosse déception qui n’est tout de même pas exempt de qualité, mais dont on regrettera le manque de profondeur.

Les Brasiers De La Colère est un film très cru et même parfois terrifiant, mais Scott Cooper signe un film qui est aussi très académique, il fait tout pour impressionner et pour nous mettre LA claque ce qui est très dérangeant. Cooper nous fait du rentre dedans, ça aurait pu marcher si son film aurait été plus fort, car ici même son atmosphère anxiogène est ratée, la narration se déroule de façon très attendu, on est jamais surpris. Les Brasiers De La Colère reste très efficace malgré un ensemble au final très calibré.

Les Brasiers De La Colère de Scott Cooper: 2/5

(sortie le 15/01/2014)

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