Category Archives: Juillet 2013

R.I.P.D. Brigade Fantôme

Écrit par Werner Dejaeghere

R.I.P.D. Brigade Fantôme ou R.I.P.D. (Rest In Peace Department) en VO (ce qui a quand même plus de gueule!) est ce qu’on appelle et ce qu’on considérait déjà comme un nanar. Le premier rapport qu’on a eu avec le film de Robert Schwentke fut une affiche où on pouvait voir Ryan Reynolds ce qui ne nous rassurer nullement, puis vient une bande-annonce catastrophique qui annonçait rien de bon et surtout de très forte similitude avec Men In Black. Mais voir un nanar c’est toujours chouette (sauf quand il y a Nicolas Cage) et puis quand on possède une carte UGC illimité (Quentin comme moi) on va voir un peu tout et n’importe quoi!

Synopsis:

Dans le film d’aventures surnaturelles, R.I.P.D. Brigade Fantôme, Jeff Bridges et Ryan Reynolds jouent un tandem de flics d’un genre très spécial, puisque défunts, et envoyés par leur unité de police, le R.I.P.D. (Rest in Peace Department), pour protéger notre planète d’une recrudescence de créatures néfastes qui refusent de passer tranquillement dans l’autre monde. Le shérif Roy Pulsifer est un vétéran de cette brigade dédiée à la traque d’âmes belliqueuses se faisant passer pour des citoyens ordinaires. Sa mission : appréhender les criminels qui tentent d’échapper au Jugement Dernier en se dissimulant parmi les vivants.
L’irascible et indiscipliné Roy se voit assigner comme nouveau coéquipier feu Nick Walker, un jeune policier de Boston récemment défunt. Les deux «hommes» vont devoir ravaler leur antipathie respective pour mener à bien leur mission. Quand ils découvrent un complot susceptible de mettre fin à la vie telle que nous l’avons toujours connue, les deux cracks du R.I.P.D. n’ont qu’une option : rétablir l’équilibre cosmique pour que le tunnel qui mène vers l’au-delà ne remplisse pas soudain la fonction inverse et ne précipite pas l’avènement des morts.

(Source: AlloCiné)

Ce R.I.P.D. Brigade Fantôme s’avère et contre toutes attentes assez « bon » dans la mesure où c’est honnête efficace et assez bien réalisé. Après il y a un scénario assez voir trop léger, mais qui se laisse suivre sans déplaisir. Prenez un comics inconnu, réunissez un casting d’acteurs connus, pas les plus célèbres et pas les meilleurs non plus (bonjour Ryan Reynolds), ayez un budget de 130$ millions de dollars, engagez un réalisateur efficace, mais loin d’être l’un des meilleurs (Robert Schwentke dont le dernier film en date est Red), ajoutez des effets spéciaux dépassés, mixez le tout est vous obtenez R.I.P.D. Brigade Fantôme qui est et on le savait mauvais, mais pas dans le mauvais sens. Robert Schwentke signe un gros nanar, une série B fantastique, mais l’ensemble est attachant et efficace malgré ses nombreux défauts.

R.I.P.D. Brigade Fantôme : Affiche

Le scénario est d’une connerie intersidérale. C’est bourrés d’incohérences, classique, sans idées, mais il y a un tel rythme et une telle sympathie que l’on se surprend a aimé et même a être pris dans l’histoire. C’est jamais ennuyeux et heureusement. Les personnages sont clichés et mal écrits. Ils manquent cruellement de profondeur, les motivations et personnalité sont assez floues et même les relations établies sont à peine travaillés et donc assez brouillés. Et bizarrement au contraire du film, ils sont très (trop!) peu attachants, on les suit et rien de plus. Les dialogues sont totalement débile. Il n’y a rien à gardé, mais on se surprends a rigolé de temps à autres (peut-être par énervement!).

Les acteurs sont bons. Ryan Reynolds est toujours juste (et oui!). Il fait le stricte minimum, mais il le fait bien, Jeff Bridges est mauvais ou plutôt insupportable, son accent et sa voix sont tout simplement énervant, Kevin Bacon est bon, Mary-Louise Parker est magnifique, Stephanie Szostak est parfaite.

La mise en scène est loin d’être mauvaise, bien au contraire. Elle est très inventive et assez impressionnante, c’est simple, mais ultra-efficace. La photographie de Alwin H. Kuchler est très jolie quand il y a pas de scènes d’action, mais dès qu’il y en a un tout petit peu ça devient laid. Christophe Beck signe une B.O. efficace et sans originalité aucune…comme à son habitude! Elle n’apporte absolument rien. Les effets spéciaux marchent, mais sont quand très simples, voir dépassés.

R.I.P.D. Brigade Fantôme : Photo Jeff Bridges, Ryan Reynolds

R.I.P.D. Brigade Fantôme est une bonne surprise, car on s’attendait à voir une grosse bouse infâme et on se retrouve devant un nanar fantastique sympathique et terriblement efficace. Le film de Robert Schwentke passe à la vitesse de l’éclair, il n’y a aucun temps mort, c’est bien réalisé et surtout c’est prenant. On sait pertinemment que c’est mauvais, mais on apprécie un minimum l’entreprise qui est d’une honnêteté à toutes épreuve. Jamais le film ne se prend au sérieux et se contente tout simplement de raconter sa petite histoire de flic revenant.

R.I.P.D. Brigade Fantôme est loin d’être un bon film, mais on va certainement pas boudé son plaisir devant un blockbuster qui ne se prend jamais pour le futur roi du box-office et qui en plus de ça possède un capital sympathie énorme. Robert Schwentke nous offre ce qu’il fait de mieux, des films simples et efficaces. Il y a malgré tout les défauts scénaristiques une certaine aisance de mise en scènes qui offre même quelques très belles séquences, on regrettera quand même que les personnages ne soient pas plus travaillé. On prend un certain plaisir à suivre ce gentil navet qui est totalement inoffensif pour la concurrence, mais on apprécie l’entreprise. Un petit plaisir coupable.

R.I.P.D. Brigade Fantôme de Robert Schwentke: 3/5

(sortie le 31/07/2013)

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INSAISISSABLES – Magique !

Écrit par Quentin Didier

Quand j’apprends qu’ « Insaisissables » est un film réalisé par Louis Leterrier (« Le Choc Des Titans », « L’Incroyable Hulk », « Le Transporteur »), je me dis que ce « Now You See Me » se verra sans moi. Quand j’apprends que lors d’une avant première en Belgique, les spectateurs se voit offrir des billets de cinq euros qui descendent du ciel, je me dis que la phrase « il faudra me payer pour aller voir ce film » n’a jamais eu autant de sens. Quand je vois cette Bande Annonce, je me dis (après avoir mis cinq minutes à me remettre de la présence idyllique d’Isla Ficher), que c’est le genre de film qui te triture le cerveau pour finalement te faire comprendre qu’il y avait quelque chose à comprendre alors qu’en fait, il n’y avait rien à comprendre. Un vrai tour  de magie en fait … mais magie il y eu puisque toute crainte s’est estompée, et ce « Insaisissables » s’avère être l’un des meilleurs blockbusters de l’année. Chapeau bas l’artiste (tu peux sortir de ton terrier louis !)

Insaisissables : Affiche

L’introduction de ses quatre cavaliers est certes classique mais la présence de la magie est là, et c’est tout ce qu’on demande (combien de films sont passés à côté de leur sujet cette année ?). Mieux encore, la toute première scène hallucine en nous impliquant dedans avec un tour de carte dont on ne peut s’empêcher de jouer aussi … et de subir la magie ! Jesse Eisenberg ayant trouvé ma carte, il ne me faut pas plus de 2 minutes de film pour déjà accrocher ! Car le point fort de ce film c’est d’ (ab)user de magie. On assiste ainsi pendant près de deux heures à un tour de magie, qui lui-même contient d’autres tour et ainsi de suite.

Côté casting, nos cavaliers sont assez équilibrés tant dans leur jeu que dans leur rôle. Jesse Eisenberg (et sa voix !) signe une copie parfaite, Dave Franco n’est plus simplement le frère de … (d’ailleurs pourquoi j’en parle !), Isla Ficher (qui semble avoir un peu trop tiré sur le whisky ses derniers temps) nous hypnotise avec sa crinière rousse, Mark Ruffalo est et à toujours été parfait, et enfin Woody Harrelson est bon ! Comment ? Mélanie Laurent ?

Je change ainsi in fretta de paragraphe pour aborder le cas « Mélanie Laurent » et par la même occasion laisser ci-dessus un paragraphe d’éloge sans la moindre grisaille. Mélanie Laurent, c’est la french touch de ce film. On appréciera notamment tous les hommages que Leterrier rend à la France,  à commencer par la présence de José Garcia (bon !) et des beaux plans de notre chère capitale, qui nous rassure et nous font dire que le plus français des ricains ne s’est pas trop pris le choux contrairement à d’autres  ( je ne citerais pas de nom pour ne pas finir … dans le grand bleu .. si vous voyez ce que je veux dire !).  Partant de là, on comprend la venue de Mélanie Laurent. Mais voilà, peut être est ce la barrière du maquillage ou du mauvais jeu d’acteur, mais la magie ne passe pas. Chaque mot dit en anglais (avec son accent bien à elle), chacune de ses apparitions décrédibilisent le film. Pourtant, je ne faisais pas parti de ses principaux détracteurs de l’époque qui l’avait assassinée une seconde fois dans «Inglourious Basterds», c’est pour dire !

Retournons à nos moutons ! Le film démarre très vite, avec la réunion des quatre cavaliers tout en magie bien sûr, puis un saut dans le temps … là où tout va vraiment commencer. Le film alternera ensuite de longues scènes de spectacles de magie (pour notre plus grand plaisir), de longues scène de bavardage (pour notre plus petit plaisir) et un enchaînement de mystères apporté par un Morgan Freeman des très bons jours. On le comprend avec ça, le film, sorte de tour de magie en trois actes, va jouer sur nos nerfs. On attend sans cesse le nouveau tour de magie des quatre cavaliers mais une barrière de bavardage d’une demi-heure se met en travers de notre chemin à tous les coups… avant leur prochain coup ! Heureusement, leur tour de magie va vous faire grimper … dans les tours !

Hormis un dernier tour un peu plus bâclé (mais voulu par l’histoire), les trois tours de nos quatre cavaliers font un sans faute.  Le braquage via téléportation est bluffant (quand on n’a pas vu la BA), le dépouillement à la Robin des Bois du second tour est amusant et entrecoupé de petits tours divertissants. Enfin, le tour final vaut surtout pour sa magnifique 3D sur les immeubles (la meilleure 3D se trouve sur un film en 2D, un comble non ?). N’allons pas dire dès lors que comme le dernier tour est raté, le film l’est ! Car le vrai dernier tour, n’est autre que celui dont nous sommes la victime depuis le début…

Insaisissables : Photo Dave Franco, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson

Louis Letterier signe un film nerveux, sans temps mort (oui, même quand ça bavarde, ça bavarde en rythme !) et ponctué d’une B.O. académique mais… magique! (suffisamment pour nous faire rester tout le long du générique).  Tous les tours sont remarquablement bien filmés, une sorte de très bon mix entre le clip et l’émission tv (quand je vous dis que nous sommes spectateurs tout du long).

Comme les précédents films du réalisateur, Louis Letterier n’en oublie pas l’action, se croyant même parfois dans « Le Transporteur » avec une fameuse scène de course poursuite en voiture.

L’on pouvait craindre le pire en matière de scénario. Mais bien mal nous en prend en découvrant le résultat… bluffant ! Des personnages secondaires très bien caractérisés (Morgan Freeman et Mark Ruffalo en tête), une intrigue béton mêlant des guerres à tous les étages et entre tout le monde,  une passionnante course contre la montre, des histoires que l’on croyaient enfouies à tout jamais, des remises en questions toutes les cinq minutes … et j’en passe. On est bien loin d’un épisode bateau et pas drôle de « Leverage ».  Après une heure à admirer le spectacle, Louis Letterier trouve le remède pour combattre l’ennui du spectateur en balançant la dynamique et la dynamite du mystère (qui est le cinquième cavalier ?). Un mystère qui va crescendo toutes les minutes pour trouver son apogée lors des dix derniers. Jamais l’on n’avait connu un suspense tel et une réalisation aussi nerveuse depuis « Trance ».

Le dénouement, bien que légèrement complexe est à la hauteur des attentes. Pire, pour les plus inattentifs dont je fais partie, il vous poussera à y retourner. « Insaisissables » fait donc parti de ses films à aller voir deux fois … ce qui lui vaut déjà un million de spectateurs dès sa première semaine! Bravo!

À voir… ou revoir ! Quoi qu’il en soit, ne passez surtout pas à côté de l’un des meilleurs  films de cet été. Parfait pour un samedi soir, parfait pour une après midi trop ensoleillée…  en fait parfait pour toutes les occasions. Du grand spectacle ! On en sort ravis ! Pour une fois que 7 euros la place de ciné, ça  fait pas cher payer !

Insaisissables : Affiche

INSAISISSABLES (3,75/5) – Réalisé par Louis Leterrier – Sortie le 31 Juillet 2013

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TEXAS CHAINSAW 3D – Un régal

Écrit par Quentin Didier 

« Massacre À La Tronçonneuse », c’est une quadrilogie, suivi d’un remake, puis d’un prequel … du remake. Autant dire que même avant d’avoir vu un de ses films, il faut s’accrocher. Pas forcément attendu, le septième « Massacre à la tronçonneuse » se devait d’innover un peu pour que le public se donne la peine d’y jeter un coup d’œil. N’ayant vu que la version de 2003, je me serais bien contenter d’arrêter l’aventure ici. A l’heure où les films d’épouvante ne font plus preuve de la moindre originalité et adopte l’esprit écolo (vive le recyclage !), l’on peut dire que ce « Texas Chainsaw 3D » n’est pas à mettre à la poubelle. Accrochez vous, ça va saigner !

Là où ce septième opus marque des points, c’est en choisissant d’en faire une suite de l’œuvre originale (à l’origine, il était prévu de faire un préquel de celui de 2006, mais chut , on n’a rien entendu ! ). Le générique de début s’amuse ainsi habillement à nous rafraîchir la mémoire sur les éléments passés. Un bon point !

On l’a connait par cœur la recette des films d’horreur à la « Massacre À La Tronçonneuse », « Détour Mortel » et autres. Prenons une bande d’ado, mettons les en pleine nature et lâchons un ou plusieurs fous qui ont envie de chair fraîche. Mais voilà, passé les cents films sur le sujet, les meurtres bateau (je ne connais pas dix manières de mourir à cause d’une tronçonneuse), et le final guère convaincant, on s’en lasse.  Ce « Texas Chainsaw 3D » s’annonce ainsi différent. La bande d’ado est certes là, mais le décor change (on peut faire plein de chose dans une immense bâtisse), les secrets sont prédominants (la lettre, les secrets de famille). Bref, on a envie d’y croire. Alors pendant près d’une heure, on prend son pied, car sa marche et assez vite. L’ambiance est bonne, si on est vraiment dedans, on peut sursauter. La 3D est correcte et typée film d’horreur (qu’est ce que le plan de la tronçonneuse qui vient sur toi et se stoppe pendant 10 sec doit être ridicule en 2D !). Le casting de belles gueules est bon (je l’ai trouvé meilleur que la version de 2003 ! Les fans de Jessica Biel vont me sauter dessus, au secours ! ). Voila, sans révolutionner le genre, on s’amuse, on rit, on sursaute… ce qui fait du bien quand on n’avait pas eu dans le paysage cinématographique une telle boucherie depuis « Evil Dead ».

Le film passe assez vite et encore plus vite quand l’on veut en savoir son fin mot. Car, comme dit précédemment, un certain mystère règne…. Un mystère totalement absent depuis la toute première version de « Massacre à la tronçonneuse ».  Bien que très classique, ce mystère trouvera son apogée dans une scène en montage alterné … avant la descente aux enfers… la fin des illusions. Le dénouement est classique, bas de gamme et finalement nous montre que cette suite n’avait aucun intérêt. On ne pourra même pas compter sur un twist final (la grande marque des films d’horreur) pour sauver le tout.

« Texas Chainsaw 3D » satisfera les ados en manque de sensations fortes avec son rythme impulsif. En revanche, les fans de la première heure risquent de se voir dépayser et dépasser par les nouveaux codes des films d’horreurs désormais adaptés aux boutonneux et écervelés.

Et dire qu’une suite ( ou un préquel … ou un remake de la suite ou du prequel ou… bref quelque chose !) est en prépa…ration … Bon appétit.

Image

TEXAS CHAINSAW 3D (3/5) – Réalisé par John Luessenhop – Sortie le 31 Juillet 2013

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GOLD – KOH LANTA 2013

Écrit par Quentin Didier

VOIX OFF : Thomas Arslan « Bonjour, soyez les bienvenus aux confins du Canada et de l’Alaska.  Les chercheurs d’or ont rendez vous avec leur destin, ici à 8000 km de l’Allemagne dans ce dédale de roches et de forets perdus à travers le monde. D’un côté, les longues plaines mystérieuses de Wrangell, de l’autre, la nature sauvage de Glenora. Depuis des siècles, seuls les intrépides  gold-digger ont su dompter cette nature hostile, cette jungle impénétrable où vivent des espèces ailleurs méconnues. Et aujourd’hui, ils sont sept courageux prêts à tout pour décrocher le titre ultime, le précieux minerai.  Ils ont laissé leur famille, leurs amis et leur confort douillet pour tenter la grande aventure. En quittant l’Allemagne, ils croyaient connaitre les règles, mais les règles évoluent et croyez moi ils vont vite s’en rendre compte. Alors qui saura supporter la faim et les privations, qui osera affronter ses peurs et ses doutes, et qui sera le plus fort, le plus résistant ou le plus audacieux, pour survivre … et surtout survivre aux autres. En jeu, un amas d’or promis aux vainqueurs. Au départ ils sont  sept … à la fin, il n’en restera qu’un.  »

Gold : Affiche

Au générique, l’on retrouve Nina Hoss qui incarne ici le modèle de la femme courage en Emily Mayer. Encensée par les  critiques, je me permets d’être beaucoup plus réservé. Je n’ai en sois rien à dire sur son jeu, son charisme, mais son rôle ne lui permet pas de pouvoir rivaliser avec les meilleurs et pousser son talent à l’extrême. Imaginez vous une femme sur un cheval, dont la blondeur de ses boucles rivalise avec la noirceur de ses cernes et qui semble, à la manière d’un asiatique au travail, interdit d’émettre le moindre mouvement de facies. Avance sans broncher en somme. C’est d’autant peu évident lorsqu’à ses côtés, le séduisant Carl Boehmer (Marko Mandic) vous fait du gringue. Employé de l’impitoyable Wilhem Laser qui fait aussi partie du voyage, il devra refouler ses sentiments au profit … du profit à venir.  Gustav Muller et Joseph Rossmann sont également de la partie. L’un est un journaliste prêt à tout, l’autre …. Ceci étant un gros défaut du film ! On n’en retient pas grand-chose, à commencer par les personnages. On ne demande pas de multiplier les clichés mais au moins de nous impliquer en eux. Là, entre le jeu silencieux des acteurs, leurs visages sales, on ne sait pas vraiment qui est qui, quelles sont leurs motivations (même si cela semble plus qu’évident). Il y a comme un vide scénaristique sur ce point… Les personnages de Maria et Otto Dietz accompagnés de leur roulotte tel Charles et Caroline Ingalls en sont probablement la preuve la plus flagrante.  De cela forcément en découle un manque d’âme lors de la mort des protagonistes qui, il faut le dire, finit par nous rendre littéralement de glace et même pire, va jusqu’à faire résonner dans nos tête ces quelques mots : « A qui le tour ? » avec un rire sadique.

Ainsi, avec cette narration digne des plus grands slashers, « Gold » prend dans sa deuxième moitié d’intrigue des allures de « Harper’s Island », ce qui ne colle, mais alors pas du tout, à l’image d’un western dramatique. Pour faire court, ceux qui s’attendent à un bon western (ou même un western tout court) risquerons d’être déçu.

Thomas Arslan joue la carte de l’innovation pour faire bouger le monde du western. Mais tel le bon vieux pain, la meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de rester dans… la tradition.

Gold : Photo Nina Hoss

Le réalisateur prend le parti d’un film sobre dans tous les sens du terme. C’est simple, il n’en fait jamais assez (par peur de tomber dans les clichés ?). Plus tôt, nous citions un problème d’ordre scénaristique : le problème de la caractérisation des personnages. À la caméra, Arlsan est loin de briller. Il y a clairement une absence de dynamisme, le tout reste toujours très terre à terre (ce peu être un choix ceci dit !), les plans de nuit sont quasiment indéchiffrables. Au son, chaque note pousse à la souffrance ultime… Le montage et ses parti pris de fondu au noir, s’avère très mauvais, comme pour souligner un peu plus le manque de maîtrise ou pire, la profonde monotonie meurtrière du film ( drame en six actes !).

Reste des paysages à couper le souffle, un plaisir sonore concernant les sons d’ambiance qui, à la manière d’un CD zen, nous plonge en relaxation mentale … 30 min … puis nous endort littéralement par la suite à la vue du manque d’intérêt du film.

Alors oui, on prend son pied en se demandant qui va être la prochaine victime de dame nature et comment cela va arriver ! Mais je ne suis pas sûr qu’Arslan soit heureux que l’on compare son film à « Destination Finale ». Mais là est toute l’ambiguïté de la chose puisque jamais le réalisateur ne semble chercher à décoller de cette image, pire, il s’y enfonce (c’est sûr qu’avec le trou qu’il a fait, il l’as trouvera son or !).

Thomas Arlsan pourra à coup sûr compter sur son collier d’immunité pour ne pas se faire éjecter. Nominé dans 9 catégories à la Berlinale 2013 avec ce film qui vaut de l’or, il a de quoi souffler avant d’être inquiété de la sentence irrévocable…

GOLD (1,5/5) – Réalisé par Thomas Arslan – Sortie le 24 Juillet 2013

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Wolverine: Le Combat De L’Immortel

Écrit par Werner Dejaeghere

Wolverine: Le Combat De L’Immortel est la suite directe de X-Men L’Affrontement Final (le troisième). Dire de ce nouveau film centré sur le personnages de Wolverine qu’on attendait vraiment rien du tout ne serait pas mentir…loin de là. Surtout après l’infâme prequel X-Men Origins: Wolverine de 2009 dirigé par Gavin Hood qui revenait sur les origines de Wolverine. On ne peut alors évidemment qu’être surpris d’avoir aimé le film de James Mangold (3H10 Pour Yuma, Walk The Line, Night And Day,…) qui apporte un vraie quelque chose au film. Pendant 2H08 on est devant un blockbuster de qualité qui est très efficace et vraiment sympa. Pas franchement original, mais on ne va pas boudé notre plaisir devant un film qui oscille parfois entre série B et blockbuster bourrin dans ce que les genres ont de plus noble, surtout après les déceptions (et mauvais) Iron Man 3 et Pacific Rim, voir Fast And Furious 6.

Synopsis:

Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité.

(Source: AlloCiné)

Alors Wolverine: Le Combat De L’Immortel de quoi ça parle? Ben d’un mec avec des griffes et un squelette en adamantium qui va au Japon et qui se fait enlevé son pouvoir d’auto-guérison et donc d’immortalité, car oui le personnage principal a beau être Wolverine, ce n’est pas un film sur Wolverine, mais avec Wolverine (répétition bonjour!). Et pourtant James Mangold réussi son film, car même si la première partie est trop longue on prend quand même plaisir à suivre notre X-Men préféré au pays du soleil levant.

Wolverine : le combat de l'immortel : Affiche

Le scénario est dans l’ensemble assez bon. La première partie est trop longue, mais le film dans son entièreté se révèle être assez prenant et en tout cas assez efficace pour ne pas  s’en désintéressé au bout de 30 minutes. Les personnages manquent cruellement de profondeur. Les relations établies entre eux sont souvent très mal construites et parfois même assez ridicules. Ils sont tout même attachants pour la plupart. Les dialogues sont souvent drôles, mais aussi stupides. Japon dit tradition et on nous les explique durant tout le film, ce qui le rend parfois un peu trop bavard.

Les acteurs sont bons. Hugh Jackman cabotine un peu, mais il remplit le contrat, Rila Fukushima est très bonne, Tao Okamoto est bonne, Svetlana Khodtchenkova est très mauvaise, Hiroyuki Sanada est parfait, dommage qu’il soit sous-employé, Brian Tee est toujours juste.

La mise en scène est assez académique. Il y a certes quelques idées, mais rien de bien exceptionnel. Ce qui n’est pas dérangeant, car on est pas la pour ça. La photographie de Amir Mokr est étonnamment assez jolie. Marco Beltrami signe une B.O. convaincante, mais trop peu utilisé.

Wolverine : le combat de l'immortel : Photo Hugh Jackman

L’ensemble manque clairement d’originalité et de vitalité, surtout au niveau de la relation des personnages assez basiques, mais ça marche quand même. On retiendra même certaines scènes quasiment parfaite, la scène du train est vraiment impressionnante et celle où Wolverine se prend des flèches dans le dos sous un paysage splendide est presque poétique. James Mangold a eu la très bonne d’idées de ne pas trop prendre le film trop au sérieux.

Wolverine: Le Combat De L’Immortel est une série B ultra-jouissive caché, car aujourd’hui le blockbuster moderne ne s’autorise quasiment pas ou plus à être un peu plus intimiste et ne rien faire explosé. James Mangold signe le blockbuster  le moins spectaculaire de l’été et ce n’est certainement pas pour nous déplaire. Le film n’est pas vraiment réussi dans le côté intimiste qu’il espérait et pas vraiment réussi dans ses scènes d’actions (sauf celle du train), pourtant l’ensemble n’est franchement pas raté. Wolverine: Le Combat De L’Immortel n’est nippon, ni mauvais!

Wolverine : le combat de l'immortel : Affiche

Wolverine: Le Combat De L’Immortel de James Mangold: 3/5

(sortie le 24/07/2013)

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