Category Archives: Juin 2013

Les Petits Princes

Écrit par Werner Dejaeghere

Les Petits Princes est le premier film de Vianney Lebasque. Un premier film frais, dynamique, sincère et surtout prometteur, car malgré c’est nombreux défauts on y trouve beaucoup de talent. Beaucoup de choses sont mis en place, mais à trop vouloir en raconter il ne va pas au bout de ses idées. Certes c’est souvent cliché et assez simpliste, mais le film divertit et surtout séduit. On suit ce jeune au tournant de sa vie sans déplaisir et avec attention, surtout grâce à l’interprétation sans faute d’un futur grand acteur…Paul Bartel qui habite véritablement le film de sa classe et de son talent (on avez déjà pu le voir dans le bon Les Géants de Bouli Lanners et le très bon Fracture de Alain Tasma).

Synopsis:

JB, jeune prodige de 16 ans, est le dernier à intégrer le centre de formation où évoluent les plus grands espoirs du ballon rond. Entre l’amitié, la compétition, les rivalités et son attirance pour Lila, une jeune fille passionnée de street art, JB va devoir se battre malgré le lourd secret qui pourrait l’empêcher d’atteindre son rêve.

(Source: AlloCiné)

Film sincère, car authentique avant tout grâce à son casting d’une force et d’une vérité incroyable (tout les gestes techniques sont fait par les jeunes acteurs qui savaient déjà jouer au foot et ils ont en plus suivi une préparation de 3 mois). Au début on est devant un scénario simple et film quasiment un téléfilm même, mais on finit vite par être plus qu’emballé par le film qui distille parfaitement humour, émotions et suspense (et oui!).

Les Petits princes : Affiche

Le scénario est simple, il n’évite pas les clichés qui sont malheureusement obligatoire. Plein d’idées sont mise en place, mais il y en a tellement que le film ne fait qu’effleurer chaque sujet. Malgré tout ça se laisse regarder sans déplaisir. Les personnages sont assez bien écrits. Quasiment documentaire dans leur écriture, car ces jeunes on les connaît, on les les côtoie et en font des personnages terriblement attachants. Les dialogues sont d’une finesse incroyable, même les blagues les plus lourdes passent sans problème.

Les acteurs sont très bons. Paul Bartel est parfait tout en conflit intérieur. Il est un acteur à suivre de très près (on pourra le voir prochainement dans Michael Kohlhaas au côté de Mads Mikkelsen et Denis Lavant entre autre), Reda Kateb est d’un naturel désarmant, il joue exactement comme il vit, Eddy Mitchell est mauvais (l’erreur de casting du film), Ralph Amoussou et Olivier Rabourdin sont très bons, Samy Seghir est bon (il retrouve Paul Bartel avec qui il avait déjà joué dans Fracture),  Margot Bancilhon est toujours juste.

La mise en scène est très bonne. Très inventive et surtout très efficace, elle donne un effet stylistique assez intéressant au film. La photographie de Manuel Teran est sublime. L’image est léchée et très élégante. Christophe Menassier signe une B.O. efficace et agréable.

Les Petits princes : Photo Paul Bartel (II), Reda Kateb

Les Petits Princes est une petite surprise, car malgré ses défauts il tire le meilleur de lui-même et s’offre même le luxe d’être parmi les meilleurs films de cette année 2013 (pas dans un TOP 10 non plus!). On est divertit, mais pas abruti, car le premier film de Vianney Lebasque est très malin, mais aussi très fin, malgré les clichés qu’il n’évite pas.

Beaucoup défauts dans ce premier film, mais aussi beaucoup de talent disséminé ici et là avec finesse et intelligence. La force du casting et le soin apporté à l’image ne laisse pas indifférent et séduit même énormément. Vianney Lebasque signe donc un premier film très prometteur et réussi.

Les Petits princes : Photo Vianney Lebasque

Les Petits Princes de Vianney Lebasque: 3/5

(sortie le 26/06/2013)

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L’Inconnu Du Lac

Écrit par Werner Dejaeghere

L’Inconnu Du Lac est un film sublime prenant comme genre le polar ce qui n’est qu’un prétexte, car le film est avant tout un film d’amour avec un soupçon de comédie magnifiquement distillé. Le film de Alain Guiraudie ne ressemble à rien de connu, car rien n’est réaliste on n’est presque dans du fantastique comme si ce lac était coupé du monde jusqu’au moment où la nature humaine ressort ses côtés les plus sombres et c’est là que le film est une pure merveille dans ses relations humaines qu’elles soient physiques ou « intellectuelles », elles sont toujours bien menés et toujours belle. Son côté polar est assez mauvais et en fait une série B, mais ce film a déjà une place dans le cinéma français.

Synopsis:

L’été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d’un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion.

(Source: AlloCiné)

Alain Guiraudie nous offre un des plus beau film (visuellement parlant) qu’on est vu depuis longtemps. Tout est à l’économie, mais certainement pas l’économie d’idée, certes il abuse parfois des plans larges et ce révèle être assez répétitif…on s’en fout! Nous on bronze, on jouit des corps, on fait des rencontres et on prends du bon temps tout simplement!

L'inconnu du lac : Affiche

Le scénario tient sur une vingtaine de pages au grand maximum, mais ce huit clos en extérieur et d’une intelligence affolante. La vie, l’amour, la mort traité avec brio, on suit ce polar avec attention, car tout y est abordé simplement avec minimalisme et c’est là sa grandeur. Les personnages sont d’une vérité et d’une humanité désarmante, ils sont attachants, mystérieux et beaux. Les dialogues sont simples (forcément), mais franchement c’est déclaration d’amour au bord de l’eau touche directement au cœur.

Les acteurs sont très bons et pour la plupart quasiment tous amateur. Pierre Deladonchamps est magnfique, Christophe Paou est bon, Patrick Dassumçao est très bon, Jérôme Chappatte est à côté, Mathieu Vervisch est parfait.

La mise en scène est grandiose. Sensuelle et maligne, on est pas près d’oublier ces séquences de sexe d’une beauté ahurissante. La photographie de Claire Mathon est belle à s’en décoller la rétine. Visuellement c’est élégant et épuré ce qui fait qu’accentuer son immense beauté. La B.O. est inexistante et c’est tant mieux, car il n’y avait pas besoin d’ajouter de la musique à la simplicité de l’être.

L'inconnu du lac : Photo Patrick d'Assumçao, Pierre Deladonchamps

L’Inconnu Du Lac est une totale réussite, tant sur l’émotions et sur le suspens (même si il y avait mieux à faire, mais on est pas là pour ça!). On apprécie ces petites vacances d’une heure trente-sept et on se dit en sortant qu’on a déjà vu mieux, mais que on jamais vu ça et l’essentiel est là…dresser un portrait d’une communauté dans un environnement mystérieux voir unique.

Alain Guiraudie nous livre avec son L’Inconnu Du Lac un film qui se laisse vivre, qui se laisse regarder et qui au final se laisse aimer, malgré une fin en dent de scie et un ensemble répétitif. On ne boudera certainement pas son plaisir devant ce polar gay enivrant et sublime.

L'inconnu du lac : Photo Christophe Paou, Pierre Deladonchamps

L’Inconnu Du Lac de Alain Guiraudie: 3,5/5

(sortie le 12/06/2013)

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LE RENARD JAUNE – Les dix petits aigres

Écrit par Quentin Didier

C’est un quiproquo (ô combien chanceux finalement) qui m’a fait aller voir ce film de Jean Pierre Mocky. Inconscient et avec une grande âme d’enfant, me voilà embarquer dans ce que je pensais être un dessin animé mettant en scène un renard qui enquête (et puis quoi encore !) un peu comme à la sauce « Canardo ». Quelle ne fut pas ma surprise de constater que malgré les couleurs flamboyantes du quartier et du bar restaurant, le temps risquerait d’être très très maussade pour moi. D’autant plus avec une scène d’ouverture assez mauvaise, mettant en scène l’arrivée de Charles Senac (Richard Bohringer saoul au quatrième degré et dans un état tertiaire si ça pouvait se dire !) écrivain et client (dans ce film,  on dirait un métier !) dans ce fameux établissement, le « renard jaune ». Une scène digne des plus grands navets, où l’exagération à l’outrance n’a que d’égale la pauvreté du texte si t’en est que texte il y est. Bref, on est loin d’être scotché, un comble pour un film qui parle de … scotchs !  N’ayant vu aucun Mocky et étant toujours stoppé dans l’élan de par sa réputation plus que sulfureuse, il m’aura effectivement bien fallu une pure coïncidence pour me retrouver en plein milieu de ce film qui nous narre la disparition tragique de cet écrivain que tout le monde aurait bien voulu tuer de sa propre main (moins aussi pour le coup). Pas facile alors pour la police (c’est un grand mot !) de découvrir l’identité du tueur, d’autant plus avec un inspecteur qui n’a que d’intellectuel son nom (Giraud, une référence au poète ?) au profit des plaisirs de la vie.

 La mise en place des personnages est rapide, le casting est bon, mais alors quel sentiment étrange de se retrouver en plein milieu d’une émission des « grosses têtes » où chacun joue un rôle désespérément loufoque (je soupçonne que Mocky ne connait pas l’astuce de l’eau pour remplacer le rhum !).  Où est la sœurtherese.com (ou.fr !) notre bonne sœur à tous ?, où est cet Antoine Duléry, le père de substitution pour beaucoup de filles qui adoreraient le serrer dans leur bras comme un gros nounours ? Que vient faire le sosie de Mado la niçoise derrière un comptoir ? Pourquoi nous infliger Philipe Chevalier dont la tête ne cesse de nous faire penser à la Matmut ( oui, je sais elle assure !). Le clou du spectacle réside en la personne de Michael Lonsdale qui nous arbore un magnifique cheveu sur la langue. Et puis quoi z’encore ! Je ne parlerais pas de Béatrice Dalle, d’une mocheté révoltante, mais ça, ça n’a jamais changé donc ce n’est pas très déroutant. Mais c’est tout un univers que « Le Renard Jaune » nous propose de découvrir, un univers Mocky qu’il est très difficile d’accepter quand on est novice. Mes yeux quittèrent ainsi progressivement l’écran pour pointer sur cette luminosité verte du nom de « sortie », synonyme d’espoir.

Mais une fois imprégné de cette ambiance (on ne pourra pas lui reprocher d’en avoir une, ca c’est sûr !) quelque chose, de l’ordre du miracle agit sur nous et nous fait esquisser un sourire. Presque comme un plaisir coupable, on apprécie…  On apprécie regarder cette brochette de gens qui n’ont rien d’autre à faire que squatter le bistrot toute la journée, on apprécie ce policier qui fait du surplace dans l’enquête, on apprécie ses petits intrigues secondaires … bref on déguste. Les personnages si détestables deviennent désormais uniques, attachant (Michael Lonsdale véritable bisounours est exceptionnel !). A ce niveau là, on peut dire que c’est du beau travail !

L’arrivé du meurtre assez tôt nous plonge dans une enquête quasi théâtrale purement et simplement sympathique et que dire de la B.O. de Vladimir Cosma (« La chèvre », « La Boum » et j’en passe et des meilleurs) qui montre que malgré ses 73 balais, il n’a pas perdu la main.  On rit, on tremble, on absorbe le film miette par miette, nous estimant chanceux de pouvoir assister à une pièce de théâtre sans avoir déboursé 50 euros.  Nous estimant également chanceux d’avoir ses bêtes de scènes derrière un écran et non en face !

On appréciera également plus ou moins la venue des rôles secondaires.  François Bertin, qui joue un peu trop bien la mémé tremblante (plus !) et de notre François Viette alias Ducobu 2, qui porte ici toujours son bonnet de cancre en nous montrant qu’il ferait mieux de repasser par la case « cour Florent »  (moins, vous l’aurez compris !).

Il ne faut pas se le cacher, à la réalisation Jean Pierre Mocky est loin de faire des merveilles. Tourné en une semaine seulement, le film ne peut être au top, mais diront que ses maladresses accentuent le côté brute des personnages, de la situation….

On peut aimer, on peut détester, « Le Renard Jaune » comme tous les Mocky ne fera pas l’unanimité mais a au moins le mérite de proposer une histoire construite, une formidable ambiance et une fin plutôt réussie. Garçon, j’en reprendrais bien un !

Image

LE RENARD JAUNE (3.25/5)  –  Réalisé par Jean Pierre Mocky – Sortie le 26 Juin 2013

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Star Trek Into Darkness

Écrit par Werner Dejaeghere

Star Trek Into Darkness est le 12ième film de l’univers Star Trek crée par Gene Roddenberry dans les années 60 et suite du Star Trek de 2009 (qui avait été un succès public et critique) et toujours emmené par le très surestimé J.J. Abrams (son cinéma et encore assez flous) descendant direct de Steven Spielberg et qui avait fait du très bon travail avec le premier (ou 11ième au choix) opus.

On prend les même ou presque et on recommence, on pourrait croire à un banal blockbuster hollywoodien sans âme et froid comme le marbre, c’était sans compter sur le style J.J. qui fait un vrai travail de scénariste sur ses personnages et sur les relations humaine, malgré tout le film manque sensiblement d’enjeu et de prise de risque pour pleinement convaincre.

Synopsis:

Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…
Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive.
Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.

(Source: AlloCiné)

J.J. Abrams signe et on ne peut le nier (qu’on est aimé ou non) un blockbuster de qualité qui est certes moins bon que son prédécesseur, mais qui offre des scènes d’action assez impressionnante et un minimum de fond même si le fait de voir d’un coup plein de mort ne nous fasse ni chaud, ni froid! On s’ennuie pas, c’est pas complètement con, il y a une vraie matière (le film étant parfois tourné dans des décors construit et non en fond vert), c’est une réussite à défaut d’être un grand film.

Star Trek Into Darkness : Affiche

Le scénario est dans l’ensemble assez bon, car on s’ennuie jamais. C’est bien construit, mais ça manque d’un petit quelque chose qui ferait vraiment décoller le film. Les personnages sont formidablement bien travaillé et ont une vraie psychologies (ce qui est rare dans un film de cette envergure), ce qui apporte beaucoup d’humanité à ce film de science-fiction. Le seul hic c’est ce méchant charismatique à souhait, mais tellement poussé qu’il devient presque caricatural. Les dialogues sont géniaux. Parfois très drôles, toujours malins, inspiré et inspirant.

Les acteurs sont bons. Chris Pine est bon, Zachary Pinto est très bon, Benedict Cumberbatch est toujours juste, Karl Urban peux parfois être parfait et dans la scène suivantes très mauvais,  Zoë Saldaña est mauvaise, Simon Pegg et Bruce Greenwood sont parfaits, John Cho et Anton Yelchin sont toujours juste.

La mise en scène est très inventive, parfois un peu simple, mais toujours pleine d’idées. La 3D est assez inutile. La photographie de Daniel Mindel est assez agréable à l’œil, mais n’est pas non plus renversante. Les effets spéciaux sont époustouflant. Michael Giacchino signe une sublime B.O., efficace et prenante.

Star Trek Into Darkness : Photo Chris Pine, Zachary Quinto, Zoe Saldana

Star Trek Into Darkness est assez sympathique et intéressant pour nous accrocher durant 2H10, même si il y a parfois quelques longueurs on ne s’ennui pas. On appréciera le soin apporté à l’univers et à la sincérité des sentiments, on regrettera que ce bon blockbuster ne soit pas un peu plus marquant. Du film grand spectacle malin et pas d’un bourrin rebutant suffit à rendre le film réussi.

J.J. Abrams signe une sorte d’amuse bouche avant de s’attaquer à Star Wars et c’est assez rassurant quand on voit l’état actuel à Hollywood. On ne prends certes pas un pied énorme, mais en bon successeur de Spielberg mets une touche d’émotions et un supplément d’âme bienvenu et de très bon goûts pour au final signer un des meilleurs blockbuster de l’année.

Star Trek Into Darkness : Affiche

Star Trek Into Darkness de J.J. Abrams: 3/5

(sortie le 12/06/2013)

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