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Big Eyes

Écrit par Werner Dejaeghere

Tim Burton réalisateur en décadence artistique depuis 2005 et son Charlie Et La Chocolaterie, à partir de là il a commencé a perdre un peu de son public, de la crédibilité, mais surtout son talent. Six films plus tard vient Big Eyes son film le moins ambitieux depuis Pee Wee Big Adventure (son premier long-métrage) et pourtant pas son plus mauvais. La trajectoire de ce réalisateur culte a qui on doit Edward Aux Mains D’Argent, Mars Attacks!, Beetlejuice ou encore Big Fish pour ne citer qu’eux a pris une tournure bizarre, je parlais de décadence et pourtant chacun de ses films regorgent de qualité, mais avant Tim Burton savait imposer un univers, des personnages et des thèmes, c’était un créateur il est désormais plus qu’un faiseur à l’image de Alice Au Pays Des Merveilles ou Dark Shadows.

Synopsis :

BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

(Source : AlloCiné)

Tim Burton avec son 17e film se débarrasse de ses codes de réalisation et de ses univers fantaisistes qui lui ont valus sa notoriété, il signe là un petit film dans lequel on ne retrouve jamais vraiment sa patte et qui souffre d’un total manque d’ambition, mais heureusement qu’il y a seize long-métrages avant Big Eyes car sinon « l’univers Burton » serait totalement absent. On retrouve ici tout les thèmes qui lui sont chers et c’est ce qui fait tout l’intérêt du film, on peu y voir la situation de son réalisateur face à son art, mais à côté de ça Big Eyes est aussi un joli portrait de femme.

Big Eyes bien que dénué de l’investissement d’un réalisateur qui semble peu croire en son film, c’est un biopic d’une écrire très fluide presque évidente. On évite certes pas quelque cliché du drama sauce US, mais tout sonne plutôt juste et le classicisme de l’écriture colle bien à l’ambiance du film où tout est très carré. Les dialogues sonnent eux par contre un peu faux tellement ils semblent plat et sans saveur. Même si le style visuel de Burton est au abonné absent, la photographie de Bruno Delbonnel fait encore des merveilles, mais le film est aussi aidé par les décors du génial chef déco. Rick Heinrichs.

Le casting en fait souvent trop ou pas assez, mais tout ça s’équilibre plutôt bien. Amy Adams récompensée d’une Golden Globe de la Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie est encore une fois très bonne avec une simplicité de jeu assez plaisante à voir. Christoph Waltz cabotine toujours autant, mais cette fois il est ridicule et presque insupportable. Dans un petit rôle et avec très peu de temps à l’écran Jason Schwartzman, Danny Huston et Terence Stamp démontrent encore leurs talent avec des interprétations impeccable.

Big Eyes est loin d’être un grand Burton, mais à l’avantage de proposer autre chose dans une filmo. qui manque sérieusement d’inventivité et de création. Là où le film surprends aussi c’est dans sa manière d’aller chercher l’émotion, si c’est souvent assez vain l’intention de vouloir donner à son spectateur un film riche est bien là. Tim Burton a bien du mal à s’affirmer dans ce film désincarné et terriblement lisse, mais les thèmes abordés en font un savoureux discours venant d’un homme plein d’amour et compréhensif envers ses personnages d’autant plus quand ceux-ci lui ressemblent.

L’ensemble est d’une fadeur extrême, mais Big Eyes arrive à accrocher même dans ses moments les plus inintéressants ou quand le scènes sont ratés. Tim Burton a réussi l’exploit de sortir un chouette sans jamais y mettre l’envie, en bon faiseur il livre un film correct qu’on regarde plus pour ce qu’il raconte que pour ce qu’il nous montre. Le film certes bancal arrive à intéresser, mais la force de Big Eyes c’est qu’il arrive à éviter d’être un biopic à l’académisme poussiéreux même si il reste classique dans ce qu’il est. Burton peine à transcender son projet, mais son regard arrive à faire un bon film qui vaut le détour pour ce qu’il représente il est juste dommage que son réalisateur n’investisse pas plus son talent au service de ce qui n’est que la promesse d’un renouveau.

Big Eyes de Tim Burton : 2,5/5

(sortie le 18/03/2015)

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