Category Archives: Novembre 2013

BATTLE OF THE YEAR – The Dream Team

Écrit par Quentin Didier

L’on ne pourra jamais y échapper, chaque année nous pouvons découvrir sur grand écran un film de danse pour teenagers, si ce n’est pas plus. En 2012, le correct « Street Dance 2 » et « Sexy Dance 4 », en 2011 l’ensorceleuse Katerina Graham a enflammée la piste avec « Honey 2 », en 2010 « Street Dance » et « Sexy Dance 3 » se sont à nouveau retrouvés en Battle.  Entre histoire d’amour et conjugaison de danses impossibles, concours internationaux et rejets nationaux, les franchises ont épuisé leur stock de thème, autant que leur tête d’affiche de maquillage. Il fallait donc du renouveau dans tout ça… rien de pire qu’un mouvement de danse inlassablement destiné à se répéter comme une poupée danseuse qui tourne. Et contre toute attente, l’année du changement est bien celle de 2013. Avec son nom autant machiste que guère attrayant « Battle Of The Year » dit « BOTY » pour les intimes, se veut révolutionner le genre. Mais à vouloir s’écarter des sentiers battus, ne se met-on pas les fans à dos (ados)? La réponse est …mitigée!

Battle of the Year : Affiche

La grande originalité de « BOTY »  vient de son intrigue. On n’aurait jamais pensé dire ça de « Street Dance », « Sexy Dance » et autres… Adapté d’une histoire vraie, le film mélange ceci dit quelques aspects de l’ordre de la fiction, afin de satisfaire le public. Inutile de dire qu’il est très facile de deviner ce qui est ou non romancé.   Commençons pas le commencement. « Battle Of The Year » est la plus grande compétition de Break Dance de tous les temps. Les Américains, à l’origine de la création de cette dance ont néanmoins été très vite détrônés par les Coréens, Français ou encore Allemands. Depuis 15 ans, la « dream team »  n’a jamais réussi à remporter le titre, de quoi la surnommer par anagramme la «drame team ». Pour relever le drapeau américain au plus haut niveau, Dante Graham engage ainsi Jason Blake (interprété par « Josh Holloway » s’il vous plait!) pour y parvenir.  Ancien coach de basketball, il a depuis la mort de sa femme, mis sa carrière sur le banc de touche, préférant la compagnie du panier à linge débordant et vivre le reste de son temps…mort sur un canapé. Dante croit en son talent et le convainc d’entrainer une équipe pour le « BOTY ». À sa manière (assez controversée), Jason essayera de mener la « dream team » au sommet, créant par la même occasion une thérapie de son mal être, le tout en évitant les remontrances de son patron avec ses pics…. de Dante !

Je n’ai pas particulièrement aimé le premier quart d’heure du film, voir pas du tout en fait. Avec son générique bateau, et son démarrage de croisière, le film prend un peu l’eau. Ça démarre comme un mauvais téléfilm où l’homme d’affaire convainc le mec qui n’en a plus rien à faire de la vie de suivre sa cause. Mais ce dernier ne s’en sent pas capable, refuse, puis accepte, puis se la joue un peu borderline en en faisant voir de toutes les couleurs à son boss qui pense plus au blé qu’au champ de victoire.  L’occasion également de découvrir « Franklyn  avec un Y », joué par Josh Peck,  qui viendra faire la troisième roue du carrosse et apporter cette touche de fraîcheur tout au long du film comme il avait su l’être dans « L’Aube Rouge ».

Ici, il n’est nullement question de s’attarder sur une histoire d’amour. Seul une guèguère très puérile entre macho assez énervante abordera le sujet, mais en aucun cas Josh Holloway ne fera le sexy boy pendant deux heures pour conquérir une femme. Hallelujah !  Non, le film mise tout sur l’entrainement acharné avec quelques parenthèses sur l’introspection de Jason, bien vu et bienvenue. Alors forcément, le rythme est efficace et les presques deux heures de film passent assez vite. L’autre piège que « BOTY » réussit à éviter c’est l’artifice. Bien que j’apprécie que les films de danses en 3D mise à fond sur ca, je dois reconnaitre que je préfère n’avoir aucun artifice de toute nature que ce soit, que me retrouver comme devant « Street Dance 2 3D » avec des beaux artifices visuels mais surtout des artifices narratifs plombant. L’intrigue de « BOTY » se déroule principalement dans un centre de rétention, avec une vingtaine de bad boy qui n’ont pas besoin de se faire beau. Même l’arrivée de la sexy chorégraphe à mi parcours n’aura pas d’incidence sur cela. Comble de la situation, cet univers finalement terre à terre permet de faire envoler les émotions (la réciproque marche tout autant !). De tous les films de danses pour teenagers que j’ai pu voir, c’est bien le seul qui s’avère être aussi sensible (peut être un trop parfois !). Une BO raffinée, des moments d’introspection de Jason d’une longueur mesurée et parfaite et une évolution des comportements et mentalités  nous montre que le but de ce métrage n’était pas de nous faire soutirer de l’argent mais des larmes …

Pour en revenir à la B.O., j’y mettrais comme une petite réserve ceci dit. Si certains morceaux étaient pleins de subtilité, la plupart de ceux utilisés pour les chorégraphies m’ont fait sauter au plafond devant tant de « wesh wesh ». Une faute de gout …. mais venant de ma part. Car si les franchises « Sexy Dance » ou « Street Dance » mélangeaient les danses les plus raffinés avec celles plus percutantes, ici, l’on n’échappe pas à du 100% Hip Hop. Alors forcément quand on n’est pas trop fan, on grince les dents et on plie les oreilles devant chaque représentation. A réserver aux vrais fans de Hip Hop donc … à moins que ! Les « non fans » seront un peu plus chamboulés de passer de l’émotion à la brutalité (en aucun cas péjorative) mais les fans seront dégoutés devant ce gâteau beaucoup trop crémeux à leur goût. Finalement « Battle Of The Year » risque de ne satisfaire personne en voulant viser un public large. Et vu mon sentiment sur le film, ça n’a pas loupé.

Battle of the Year : Photo

Reparlons quelque peu de l’intrigue. Hormis quelques lourdeurs machistes (y a quand même Chris Brown au générique et on n’est pas près de l’avoir loupé !) le film s’en sort plutôt pas mal. Un cadre inhabituel, un Josh Holloway / Peck et surtout des danseurs attachants, un principe d’élimination qui me ravit autant que de regarder une émission de tv réalité, sont les principaux ingrédients de la réussite. La 3D n’est franchement pas une réussite (« Street Dance 2 » m’avait plus convaincu) mis à part pour les Split Screen qui sont cependant assez traditionnels.

Ceci dit le final (je ne vous spolierais rien en vous disant que ca se termine par le concours) pourrait faire changer n’importe qui de bord ! Là où le B-Boying m’a toujours laissé insensible, j’y ai pris mon pied et là où l’émotion avait toujours fait mouche (dans l’œil !), j’y suis beaucoup plus réservé. A défaut d’avoir un spectacle hallucinant, le concours est mené à 100 à l’heure, nous laissant juste le temps d’admirer les chorés et battles et de nous demander qui allait gagner (on n’oublie pas que c’est une histoire vraie et que même si les Américains terminaient deuxième voir troisième c’était déjà un exploit … donc le suspense était entier ! ).  A contre pied, l’émotion qui avait toujours été juste se voit désormais comme beaucoup plus lourde, voir Américanisée à mort. C’est presque comme si les musiques découlaient directement de l’hymne américain. Pire ! C’est presque comme si (on ferme les yeux et on y est !) on se retrouvait devant le final de « White House Down » ! Au secours !!!!  La musique du générique de fin (à défaut de son visuel) réussit à ne pas nous faire partir en courant.

BATTLE OF THE YEAR (2.25/5) – Réalisé par Benson Lee – Sortie le 13 Novembre 2013

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Inside Llewyn Davis

Écrit par Werner Dejaeghere

Inside Llewyn Davis est un grand film, mais un mauvais Coen’s, dans la mesure où on y comprends rien, on ne comprends pas pourquoi ce Inside Llewyn Davis, car avec A Serious Man, ils prenaient un tournant dans leurs filmo., ils allaient dans la pure dramaturgie, oubliant presque ce qui faisait leurs cinéma, mais ça fonctionnais, car ils en avaient fais quelque chose de très personnel, mais aussi tragiquement drôle. Avec Inside Llewyn Davis, on retrouve ce côté dépressif et mélancolique, mais avec A Serious Man on vivait et chutait avec le « héros », dans leur dernier film on est que spectateur impuissant de la misère du « héros ». Les Coen’s maîtrisent tout de même l’ensemble de leur Inside Llewyn Davis et nous servent un grand film, mais comme ils ne ressemblent à rien dans leurs filmo., c’est juste un bon film.

Synopsis:

Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu’un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu’il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l’aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n’importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu’à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d’où il vient.

(Source: AlloCiné)

Je disais plus haut que Inside Llewyn Davis ne ressemblait à rien de connu dans le cinéma des Coen’s, mais je vais me contredire, car oui on retrouve les losers attachant (Fargo, The Big Lebowski, O’Brother, Burn After Reading et A Serious Man), une odyssée (Miller’s Crossing, Barton Fink, O’Brother, No Country For Old Men et True Grit), parfois leurs humour absurde (qu’on voit que trop peu dans Inside Llewyn Davis), ces petites énigmes tout en allégorie (dialogues ou personnages « spéciaux ») et bien sûr les fins de film qui délivrent un message avec une simple phrase ou un plan qui résument tout et voit continuer le film au-delà de la fiction vu, mais le fait qu’ils rendent leur film si emprunt de pure mélancolie, fais de Inside Llewyn Davis une sorte d’O.V.N.I. dans leurs filmo. Si il fallait juger le Grand Prix du dernier Festival de Cannes comme un film qui n’était pas de ces deux génies que sont les Coen’s et bien Inside Llewyn Davis est un grand film, car on voit rarement des films avec tant de sujet abordés et qui ne s’égare pas, Inside Llewyn Davis est une odyssée musicale toujours agréable.

Inside Llewyn Davis : Affiche

Le scénario est superbement bien écrit (comme toujours chez les Coen’s) et surtout très bien tenu, le rythme est très lent, mais ce n’est jamais dérangeant, car on s’ennuie à aucun moment. Les personnages sont hyper bien écrits (forcément!), mais malheureusement très peu attachant (ce qui est rare chez les Coen’s la dernière fois que c’était cas, c’était pour The Barber et Ladykillers), ils n’en restent pas moi très intéressant. Les dialogues sont bien entendu écrit à la perfection et d’une inventivité de chaque instant, ils sont très maîtrisé dans l’écriture, mais ça paraît toujours très improvisé et ce qui les rends tellement savoureux, ils sont aussi très drôle.

Les acteurs sont parfaits. Oscar Isaac (on pouvait le voir dans Drive de Nicolas Winding Refn ou encore Sucker Punch de Zack Snyder) est parfait et démontre qu’il faudra bel et bien compter sur lui dans les années à venir, Carey Mulligan (que j’ai personnellement beaucoup de mal à supporter…et oui!) est magnifique en femme faisant tout pour s’épanouir, Justin Timberlake est bon et confirme que quand il est bien dirigé, il fait parti des meilleurs acteurs d’Hollywood, John Goodman est étonnamment à côté (ce qui est très rare!), Garrett Hedlund est très bon et prouve qu’il peut tout jouer, Ethan Phillips est toujours juste.

La mise en scène est très bonne, mais un peu trop simple. Elle va toujours à l’essentiel, c’est efficace, jamais affolant de maîtrise, même si elle est bel et bien présente. La photographie de Bruno Delbonnel est sublime dans ce qu’elle propose, ses nuances de gris rajoutent énormément à l’ambiance mélancolique. Delbonnel déploie une vrai maîtrise de la lumière comme il l’avait déjà démontré avec Le Fabuleux Destin D’Amélie Poulain, Un Long Dimanche De Fiançailles, Harry Potter Et Le Prince De Sang-Mêlé ou encore Faust. Marcus Mumford signe une B.O. sublime et totalement envoûtante, que vous aimiez ou pas la folk. On ne peut s’empêcher et ceux durant tout le film de taper le pied à terre, tellement la musique est prenante.

Inside Llewyn Davis : Photo Justin Timberlake, Oscar Isaac

Inside Llewyn Davis c’est les angoisses des Coen’s transposées à l’écran, mais le fait qu’ils mettent en scène un chanteur raté fait de leur film une no succes-story prenante, mais malheureusement quelque peu abscons dans sa mise en abîme. Les Coen’s signent un film de qualité, car que ça soit dans la technique, la narration tout est maîtrisé, mais le fait qu’il rate le côté ambiance qu’ils ont voulu installé ne prend à aucun moment, même si c’est installé à merveille. Le tournant mélancolique entamé avec A Serious Man fonctionnait à merveille, mais ici il fait sorti de route, mais malgré les tonneaux, ils retombent sur leurs quatre roues. Inside Llewyn Davis est un film réussi, mais Coen’s raté. C’est dommage, mais le niveau est bien présent.

Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen: 3/5

(sortie le 06/11/2013)

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