Category Archives: Octobre 2013

Snowpiercer, Le Transperceneige

Écrit par Werner Dejaeghere

« Le Transperceneige arrivera UGC de Lille à 19H30, salle 3. » Je m’apprête à monter à bord du nouveau film de Bong Joon-Ho (The Host, Mother, …) juste après être revenu d’un voyage long et décevant dans l’espace (j’ai détesté Gravity!). Je n’en attendais rien de ce Snowpiercer, donc qu’elle ne fut pas ma surprise à la fin du trajet quand je me frottais la joue après m’être une claque sous forme d’uppercut! Rarement la S.F. ne m’avait autant plu et marqué (ce n’est pas un genre que j’adore), la dernière fois que c’était arrivé, j’avais 15 ans et c’était devant le 2001, L’Odysée De L’Espace de ce cher Stanley Kubrick (accessoirement mon réalisateur préféré), il y eu aussi plus récemment et dans une moindre mesure, District 9 de Neill Blomkamp et Looper de Rian Johnson.

Synopsis:

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

(Source: AlloCiné)

Snowpiercer, Le Transperceneige commence par un film sur la lutte des classes assez simplistes (un thème prisé cette année avec Upside Down ou encore Elysium) et évolue au fur et à mesure que le film avance au fil des wagons que ses personnages traversent. Bong Joon-Ho a adapté une B.D. française (Le Transperceneige de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette), mais son film semble être avant tout l’adaptation d’un jeu vidéo (un peu comme World War Z…en mieux) du fait de sa stylisation et ses séquences de fight et de gunfight intense, fun et puissante, mais surtout ultra-violente. On est sans cesse captivé, car Snowpiercer grâce à un rythme hallucinant, ne nous laisse quasiment jamais souffler et la mise en scène de Bong Joon-Ho apporte une énergie et une vitalité incroyable au film, car elle est tout le temps en mouvement.

Snowpiercer, Le Transperceneige : Affiche

Le scénario est en soi des plus simpliste. Au final ce n’est rien d’autre que des personnes qui traversent un train et défonce des gens à coup de hache, flingue, poing ou encore couteau, mais Bong Joon-Ho et Kelly Masterson y ajoutent une lutte des classes accessible, mais très juste et une critique de la politique maligne. Les personnages sont très bien écrit et surtout très attachant. Ils sont écrits avec facilité sans réelle profondeur, mais à y regarder de plus près, il y a un travail assez impressionnant, car on a l’impression de les connaître depuis toujours et surtout même les personnages très secondaires sont bien travaillés. Les dialogues sonnent toujours juste, c’est parfois un peu facile, mais c’est toujours efficace. Le film n’hésite aussi jamais à aller dans l’humour.

Les acteurs sont très bons. Chris Evans est parfait, tout en mâchoire carré et serré. Il trouve son meilleur rôle, car on avait jusque là pas encore décelé son talent d’acteur, Song Kang-Ho est très bon en père camé et insaisissable, Tilda Swinton est méconnaissable sous toutes ses prothèses, mais la qualité de son jeu n’en est pas altéré, elle reste très bonne, John Hurt est bon en patriarche usé, Jamie Bell est encore une fois bon, mais il n’arrive jamais à être plus que juste bon, Octavia Spencer est mauvaise, Ewen Bremmer est toujours juste. Il reste deux acteurs excellents, mais qui ne sont présent que le temps d’une séquence. Ed Harris est exceptionnel en homme de pouvoir calme et calculateur et il y une Alison Pill saisissante de folie.

La mise en scène est parfaite, elle est au service de la narration. Il y a une inventivité folle et de chaque instant, les mouvements de caméra apporte du rythme à la narration. La photographie de Alex Hong Kyung-Pyo est sublime que ça soit dans les endroits sombres, lumineux, ouvert ou confiné. Le travail sur la lumière apporte beaucoup à l’ambiance. Marco Beltrami signe une B.O. des plus géniales. Elle est hyper efficace et souligne l’action à la perfection.

Snowpiercer, Le Transperceneige : Photo Chris Evans, Jamie Bell

Snowpiercer, Le Transperceneige est un film d’une puissance incroyable. On rentre dans le film de Bong Joon-Ho directement, car l’univers est tellement bien posé qu’on est forcément pris dans l’ambiance installé et rajouter à ça une stylisation des scènes de violences absolument géniales (pourtant c’est plus suggéré qu’explicite!). Snowpiercer en plus d’être un divertissement grandiose et de très haut niveau et un film critique intelligent et surtout intéressant, on ne s’y ennuie jamais grâce à ses scènes d’actions, mais c’est là toute le réussite du film de Bong Joon-Ho, il arrive aussi à nous accrocher avec son côté plus cérébrale (exactement ce qu’il manquait à Elysium).

Snowpiercer, le Transperceneige est un des meilleurs film de l’année 2013 et déjà un must de la S.F. pour cette décennie en cours. Bong Joon-Ho signe un film intense et qu’on oubliera pas de si tôt! Snowpiercer roule sur des voies déjà prise, mais encore jamais vu, car on jamais vu un film de train aussi haletant et intelligent (rappelez-vous la connerie Unstoppable de Tony Scott). Une claque.

Snowpiercer, Le Transperceneige de Bong Joon-Ho: 5/5

(sortie le 30/10/2013)

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La Vie D’Adèle: Chapitres 1 & 2

Écrit par Dejaeghere Werner

La Vie D’Adèle est certainement la plus grosse attente de la rentrée, car on parle du film qui a fais sensation à Cannes et de plus a reçu la Palme D’Or de ce dernier Festival de Cannes, alors que vaut cette palme, que vaut le film de Abdellatif Kechiche? Et bien c’est grand, c’est du cinéma comme on en voit que très rarement, mais il y a une déception (minime) et même un défaut (involontaire) qui fait que La Vie D’Adèle n’est pas un chef-d’œuvre instantané, ce défaut c’est sa réputation. On parlait du film de Abdellatif Kechiche comme un film scandaleux, trash, chaud et même engagé, il n’en est rien, car La Vie D’Adèle est juste une sublime et grande histoire d’amour passionné et belle. On le prédisait scandaleux à cause de ses scènes de sexe libérés, mais ici c’est bien sûr très chaud, car rien n’est caché, mais Kechiche grâce à sa mise en scène arrive à ne jamais nous mettre mal à l’aise ou nous gêner. Son côté engagé et un peu erroné, car le film mets en scène une relation/un couple homosexuel et après les manifestations et autres combats pour le mariage pour tous, le film fait forcément résonance, mais le réalisateur avait écris le scénario avant ces événements.

Synopsis:

À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

(Source: AlloCiné)

On ne peut pas parler de La Vie D’Adèle sans parler de la réputation qui l’entoure, car le film de Abdellatif Kechiche a été jugé avant sa sortie et par des gens qui ne l’avaient pas vue. On a d’abord eu les échos d’un tournage abominable, les techniciens ont d’ailleurs poussé un coup de gueule, puis vient (après Cannes, car elle assurait la promo. du film) les piques de Léa Seydoux lancées à son réalisateur et forcément les réponses de Abdellatif Kechiche. Outre le fait que le film fut mal jugé, La Vie D’Adèle est un film magnifique qui dépeint le quotidien avec grâce et émotion, Kechiche capte le naturel avec une aisance déconcertante. La Vie D’Adèle est avant d’être un film sur l’homosexualité ou même la jeunesse, c’est un film sur les émotions et bien sûr une immense histoire d’amour. Abdellatif Kechiche pose sa caméra aux abords du cœur, au cœur des sentiments pour (comme la dernière Palme D’Or, l’inoubliable Amour) nous terrasser d’émotions avec la simple force de l’humain, tout en justesse.

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Affiche

Le scénario est d’une grande simplicité, deux femmes qui tombent amoureuse et qui vivent, rien de plus, rien de moins. La vie comme scénario, c’est forcément bon et même beau. Le film se raconte à la vitesse de la lumière, on passe 3H sans jamais s’ennuyer. Les personnages sont splendides, car Kechiche nous les dévoilent telles qu’ils (et plutôt elles pour le coup!) sont. On est frappé par l’humanité et donc la sincérité qu’ils dégagent. Les dialogues sont à l’économat, mais ils frappent toujours là où il faut. C’est d’une imparable justesse et d’une étonnante puissance.

Les acteurs (et surtout les actrices bien entendu) sont très bons. Adèle Exarchopoulos est parfaite, on la sent dans ses limites et son jeu naturel (pas si naturel que ça au final), Léa Seydoux confirme ici qu’elle est bien une des futures grandes actrices françaises, son interprétation tout en force et très impressionnante, après il y a de jeune acteur inconnu aussi très bon, même si on y prête pas forcément attention étant donné que les deux actrices principales monopolise toute l’attention de leur présence, on retiendra Sandor Funtek et Jérémie Laheurte en tête.

La mise en scène est parfaite et d’une totale maîtrise dans ce qu’elle propose. Kechiche va au plus près de ses actrices et de l’action, mais il faut s’accrocher si l’on est pas fan de son style, car il abuse des gros plan et c’est parfois assez dérangeant. On se sent parfois oppressé. La photographie de Sofian El Fani est d’une beauté naturel très agréable, il y a un travail sur la lumière très intéressant. La B.O. est efficace, mais complètement inutile par rapport à la narration. Il y a aucune musique composition à par entière, il y a quelque titre balancé dans quelques scènes de « I Follow Rivers » à « Hermano« .

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux

La Vie D’Adèle est bel est bien un grand film sur l’amour, l’adolescence et même l’homosexualité (l’homosexualité, thème abordé plusieurs fois à Cannes cette année avec L’Inconnu Du Lac ou encore Ma Vie Avec Liberace), mais surtout un grand film sur les émotions. Abdellatif Kechiche filme avec puissance et explore les tréfonds de l’âme de ses héroïnes, il joue avec le quotidien et le naturel pour en faire une grande histoire sublimé par des actrices aux sommets et une grande justesse. Finalement cette histoire et une petite histoire de la vie, mais c’était sans compter sur Kechiche qui y apporte un vrai regard de cinéaste, mais aussi d’être humain. La Vie D’Adèle ne mérite peut-être pas la Palme D’Or, mais il aura secoué plus d’une personne et juste pour ça il mérite d’être vu.

La Vie D’Adèle: Chapitres 1 & 2 de Abdellatif Kechiche: 3,5/5

(sortie le 09/10/2013)

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Gravity (double critique)

Écrit par Quentin Didier et Werner Dejaeghere

Gravity événement majeur de cette année cinématographique 2013, crée un buzz et est un succès incroyable, à tel point que chez FreshBuzzCinéma ont a décidé de faire chacun une critique. Werner l’ayant vu plus tard, il rajoutait un petit avis sur le film. C’est parti dans 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… DÉCOLLAGE!

Critique de Quentin:

Les années 2000 ont eu leur « Avatar« , les années 2010 seront-elles marquées par « Gravity« ? Magistralement salué par les professionnels du milieu (James Cameron en tête), par les professionnels de l’autre milieu (astronautes et tutti quanti) et par le public (un carton au box-office), « Gravity » semble donc prendre le chemin de la voie lactée. Mais force est de constater que derrière ce tapage médiatique, le nouveau film de Alfonso Cuarón n’a peut être pas la carrure suffisante pour porter ce lourd poids sur ses épaules. On attendait du très grand, on n’a eu que du grand, alors forcément le film paye involontairement de sa notoriété.

Synopsis:

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

(Source: AlloCiné)

Le film pose très vite ses bases avec ses longs plans séquences soignés et délicats. Là où sur la Terre, le temps ne cesse d’être une obsession dans la vie de tous les jours, ici, la contradiction est poussée à l‘extrême et participe amplement à notre évasion mentale. Car, un peu à la manière d’Avatar quatre ans plus tôt, c’est un monde assez inconnu que nous devons appréhender, avec ses règles, ses normes, ses variantes et ses codes. De quoi être émerveillé, mais aussi incroyablement soumis par Dame nature, ce qui aura pour conséquence de pousser le spectateur dans ces limites. Sommes-nous capable d’accepter d’être dans le corps de personnes libres mais en même temps piégés ? Pouvons nous rester à notre place sachant que, plus que jamais l’homme est à la merci de la technologie et que cette dernière  peut la pousser à sa perte ? Accepterons nous que dans l’espace, un corps se doit de toujours avoir un lien avec une matière sous peine de mourir perdu dans l’obscurité ? « Gravity » n’est pas un film qui vous fera sortir de vos gonds à coups de rebondissements explosifs, mais il saura sans l’ombre d’un doute vous tester comme ont pu le faire précédemment des huit clos très réduits à la manière de « Buried ». Qu’on me dise ainsi que « Gravity » est un chef d’œuvre, je ne conçois pas, mais que l’on me dise qu’il s’agit d’une expérience, peut être la plus grande de l’année, là je cède. Pour autant, le film ne marche pas sur les traces d’attractions comme « Space Mountain ». Cela reste du cinéma, et bien que même si les moyens y sont mis, la frontière du spectacle n’est jamais avoisinée. Pour tous ceux qui ainsi auraient peur de dégobiller en cours de route donc, pas de panique.

Gravity : Affiche

Si le visuel est très bon, la 3D me laisse un peu sur ma faim, comme la technologie en elle-même dont je cherche encore l’utilité.  Si la scène de l’incendie marche à merveille, la 3 Dimensions énervera surtout par l’abondance d’objets qui viendrons trouver impact sur votre gueule, vous forçant à fermez les yeux non stop. Au niveau du son, « Gravity » nous prouve que le film s’adapte assez à tous. Si toi, Renée, 84 ans, à moitié sourde et guère fan de la Sy-Fy (lis) comme tu dis avec beaucoup d’humour, tu veux allez voir le film dont tout le monde parle mais tu n’oses pas, déambules y !  Plus que jamais tu te sentiras légère avec ton arthrite et plus que jamais tu te diras que tu n’es pas sourde. Car, il faut bien l’avouer, le film par moment se prend dans son propre piège en nous mettant réellement dans les conditions de l’espace mais oubliant que nous, pauvres spectateurs, ne somme pas munis du matériel adéquate. Mis à part ça (et encore, plus c’est fort, plus j’adore !), que ce soit avec une utilisation réussie des sons d’ambiances, ou de la musique de Price, le voyage sonore est assuré. Les B.O. de film qui sortent en CD ont souvent plus un intérêt commercial qu’utile. Force est de constater qu’ici, si sortie il y a,  elle semble même plutôt économique en nous évitant de payer des séances de yoga. Attention cependant à bien sélectionner les musiques parce que certaines ont de quoi remplir les salles d’attentes des ORL (n’est ce pas Renée ?).

Et puis arrive les choses qui fâchent. Les dix premières minutes sont magiques, on en prend plein les yeux, on découvre avec stupéfaction l’univers, mais … société de consommation oblige, on en veut toujours plus et tout de suite et il n’y a rien. Mais ça nous aurons l’occasion d’en reparler après (comment ? pourquoi ne pas en parler tout de suite ? …Et bien pour faire comprendre cette frustration que j’ai connu avec Gravity of course ! ).

Bien que le film s’auto suffise visuellement, on ne pourra s’empêcher de faire grise mine face à ses dialogues (qui ne cesseront jamais d’être) insupportablement mauvais. Alors oui on est sur la lune, on s’éclate, on fait un métier qui nous plait…. mais est ce qu’on est obligé de sortir des vannes toutes les deux secondes ? Ça nuit gravement le film ! Où comment avec ces simples dialogues on passe d’un film qui aurait pu certes être difficile à regarder pour la populace, à un film purement commercial et adapté à tous, parce que le but du jeu c’est le fric. Alfonso Cuarón clairement partisan du « On peut faire une œuvre exceptionnel et salué par la critique, mais si en plus on gagne plein de fric ça sera mieux. » sur ce coup là. En parallèle de ça, on ne parlera pas de la flagrante Américanisation du film (« ce chef d’ouvre est un film Américain et je veux que ça se voit ! ») qui aurait pu ceci dit être pire quand on sait que Georges Clooney était de la partie. What Else ?

Parlons acteurs justement. De prime abord, le cast. fait très commercial. Je te cible du Georges pour rameuter les ménagères qui ne seront pas forcément intéressé par le film sur le papier. Et je te ramène Sandra Bullock pour… MAIS POURQUOI EN FAIT ??? Mettant de côté ma rancœur pour l’actrice, car il faut bien avouer qu’il est assez difficile de sortir de nos têtes la Miss FBI ou encore la flingueuse en la voyant, sa prestation est aussi fade que son niveau visage. Je suis méchant !  Elle s’en sort pas trop mal mais on ne dira pas ce que l’on dit souvent pour un premier rôle « ça ne pouvait être qu’elle est personne d’autre » (Natalie Portman dans « Black Swan » ndlr).

Gravity : Photo

Ce qui a été le plus  reproché au film, c’est son intrigue digne du vide intersidéral. Ne voulant pas y croire au début, et surtout que je suis d’une nature à m’adapter assez facilement à tous les films, passer 1h30 dans une histoire sans réelle intrigue ne devait pas me gêner autant que de rester 1h30 dans un cercueil avec un seul acteur (j’ai même pu affronter l’interminable puzzle « An Oversimplification of her beauty » c’est pour dire !). Ceci étant dans le principe … mais dans les faits, y a comme un couac. Vous savez, cette impression (ma fois très populace) de sortir du ciné en se disant « putain mais il s’est rien passé du tout dans le film ». Car oui, « Gravity » est l’un des films les plus vides de cette année. Son intrigue se résume en trois lignes. Mais contrairement aux personnes lambda critiquant le film sur ce point sans chercher à pointer plus loin que leur nez, j’ajouterais que le problème ne vient pas tant de l’intrigue en elle-même, mais plutôt du scénario. Avec des dialogues ratés et des acteurs passables, l’émotion ne fait jamais mouche, ne mettant jamais vraiment en avant de grandes scènes (sur ce point là) dans le film, d’où la grande impression de platitude, voir de ridicule parfois. Je ne citerais pas la scène du « fœtus » beaucoup décriée alors que je la trouve sublime, mais plutôt les grands moments de solitude de Sandra Bullock qui le sont tout autant pour nous. Voilà, même si j’adore le pathos, je pense que « Gravity » pouvait trouver un juste milieu entre le rien et le tout.

Si le film n’a pas de scènes marquantes sur le  point de l’émotion, il peut en revanche compter sur l’action. Ça marche du tonnerre… l’arrivée de projectiles, les navettes qui n’en font qu’à leur tête … et puis c’est tout. Car l’action présente très vite ses limites. C’est génial, c’est beau … mais c’est très éphémère. En soit même je ne suis pas demandeur acharné d’action, mais force est de constater que quand l’émotion est fragile, on essaye de se raccrocher à autre chose (à la manière d’astronautes dans l’espace).

Quand on commence une critique, on aborde le début du film, quand on la termine, on aborde la fin. Et à ce sujet, je serais très (très) loin d’être tendre avec « Le film de la décennie ».  Quand on filme un ultime plan, j’estime qu’on est censé le soigner un minimum.  Là, il est d’un raté ! La faute à quoi ? À ses satanées gouttes d’eau qui viennent se mettre sur l’écran, et qui se voient amplifier par la 3D. Si « Percy Jackson 2 » et d’ailleurs la plupart des films en 3D ne peuvent tout maîtriser et surtout les gouttes d’eau, pour un soit disant « chef-d’œuvre » et un plan final, ça ne le fait pas mais alors pas du tout. De plus ( ah oui ce dernier plan est d’une inspiration sans précédent), on se retrouve avec un plan digne d’Avatar et même la musique qui nous ferait penser qu’on est retourné 4 ans en arrière. J’ai rien contre « Avatar« , mais le film s’appelle bien « Gravity« ! A ce niveau là, c’est presque une faute de goût…e ! L’on espérait d’autant plus un petit cliff final bien sympa mais ce n’est pas le cas. Pour autant, malgré ces deux défauts du final, il n’en reste pas moins correct, n’en faisant pas trop ni pas assez et se stoppant pile au moment où l’on commençait à s’ennuyer.

Si avec « Gravity« , vous ne verrez pas le temps passé,  il faudra cependant remettre les pendules à l’heure. Seulement 80 minutes et un scénario qui ne décolle jamais vraiment. Un comble quand on sait que ça se passe dans l’espace ! Pas le chef-d’œuvre attendu, mais suffisamment bon grâce à une MAÎTRISE technique bluffante.  Si l’on avait vraiment un reproche à faire à « Gravity« , ce ne serait pas sur lui, mais plutôt sur le Système qui pour ma part le surestime (« Un avant et après Gravity » euh …) et par conséquent créer une guerre entre les « Graviticiens » et les « Anti-Gravity », oubliant la vraie nature du film: pas un chef d’œuvre, pas un navet mais tout bonnement et simplement… un bon film!

Critique de Werner:

Gravity c’est le film événement que tout le monde attendait, attendu par à peu près tout le monde sur cette planète. On en parlait comme d’une immersion totale, une expérience hors du commun et même un chef-d’œuvre et bien forcer de constater que oui! Sauf sur un point le terme de chef-d’œuvre qui est totalement aberrant, alors oui il y aura un après Gravity, car ses effets spéciaux sont tout simplement extraordinaire, mais il n’y a rien d’autre dans le film de Alfonson Cuarón, il n’y a absolument aucun scénario, fin si mais c’est très secondaire. On tient certainement le film de la décennie (encore une fois, car c’est con de geek avait annoncé la même chose avec le bien pire Pacific Rim) en terme de science-fiction, car il révolutionne complètement en terme technique le cinéma.

Alors Gravity c’est juste un objet visuel et technique extraordinaire, dans la forme on peut aisément lui donné tout les prix qu’il mérite, mais dans le fond le film de Cuarón est extrêmement chiant et totalement vain, c’est même une purge. Gravity reste un film à voir, car c’est d’une incroyable maîtrise technique, mais on s’y ennuie à mourir et même si on se croirait dans l’espace, on se dit vite qu’on est bien mieux sur Terre!

Gravity de Alfonso Cuarón: Note Quentin-3,25/5-Note Werner-2,5/5

(sortie le 23/10/2013)

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INSIDIOUS 2 – Voyage, Voyage !

Écrit par Quentin Didier

James Wan est un homme totalement comblé !  Comblé de bonheur suite à l’énorme succès de son « Conjuring » mais aussi comblé de travail. Rares sont les réalisateurs qui peuvent se vanter de proposer deux films quasi simultanément tout en étant en préparation d’un autre « Fast And Furious » puis d’un autre « Conjuring » et probablement d’encore un autre… et plus si affinités. Mais voilà, à trop en faire, James Wan ne serait-il pas en train de se détruire lui-même ? A moins que ceci ne soit qu’un échauffement pour d’ores et déjà se mettre dans le bain pour Fast And Furious ?

Il y a deux ans, James Wan terrorisait le monde, moi le premier, avec « Insidious », tout droit sorti de nulle part. Fin frustrante oblige, tout le monde voulu une suite, moi le dernier. Comme dirait Maité, «  il faut abuser des bonnes choses », alors suite il y eu …

Là où le premier opus m’avait terriblement emballé, le second laisse un gout amer…de, confirmant qu’une part de gâteau c’est bien mais que deux, ça te les laisse où je pense !

Insidious : Chapitre 2 : Affiche

Après avoir sauvé son fils de l’emprise des ténèbres, c’est au tour de Josh de faire l’objet de toutes les attentions.

Introduisant son film sur une scène ultérieur aux événements du premier, l’on retrouve Josh enfant, déjà aux prises de l’au-delà. Scène assez interminable, guère accrocheuse et inutile (sur le coup), l’on peut très vite craindre le pire. Heureusement, l’arrivée du générique (ce qui pour ma part le distingue positivement de « Conjuring ») rappelle que Wan ne semble pas avoir oublié les valeurs fondamentales du premier opus malgré le fait que ce générique ne soit pas à la hauteur. L’esprit d’ « Insidious » s’empare donc progressivement du film ! Le rythme effréné fait toujours mouche, la cabalistique B.O. joue toujours son rôle et les acteurs d’une fadeur glaciale n’ont pas loupé le rendez vous.  Pendant une centaine de minutes donc, James Wan nous entraîne dans un train fantôme dont on aura apprécié le tour mais dont l’envie d’y retourner nous rebutera … et ce n’est pas qu’une question de fric.

Le défaut majeur du film réside dans son intrigue. Là où il y a deux ans, la parentalité, le couple, la découverte des esprits était des thèmes forts, ici, tout semble être basé sur de la superficialité.  Les enfants sont mis de côté, le couple Renai / Josh n’a rien d’intéressant puisque Josh n’est pas Josh et la caméra de James Wan ne cherche pas à  aller puiser dans les tripes de Rose Byrne pour se voir confronter des interrogations élémentaires : peut on encore aimer un être qui n’est plus lui-même ? (ça viendra peut être dans le 3e).  Toutes réflexions philosophiques  semblent donc prohibées dans cet opus (et même dans les films d’épouvantes en règle général) pour se centrer sur l’action et encore l’action. Mais voilà quelque chose sonne faux tout le long du film, quelque chose que je mettrais dans l’ordre de l’acceptation et dont le seul but est … commercial ! Dans « Insidious » c’était très intéressant de voir comment une famille tranquille pouvait réagir à l’arrivée du surnaturel dans son monde cartésien. Dans le « Insidious 2 » par contre, c’est très déroutant de les voir accepter cela. Donc logiquement dans « Insidious 3 », Renai se transforme en Buffy contre les Vampires en fait ! D’ailleurs, à certains moments, le film se rapproche beaucoup de certaines scènes de « Paranormal Activity ». Il n’est jamais vraiment bon de copier les grandes œuvres déjà, alors si on se met à copier des ratages commerciaux…

Revenons-en à l’intrigue. En la basant sur un nouveau personnage sorti de nulle part pour expliquer  le pourquoi du comment, le film prouve une nouvelle fois ses faiblesses. Alors forcément, à la sortie, un sentiment de frustration, de néant même nous envahit et nous fait poser cette question fatale : « mais en fait, ce film servait à quoi ? ».  Et je répondrais à cela ; « nous faire passer du bon temps », donc grossièrement la moitié du contrat serait rempli. Le seul vrai intérêt de l’intrigue résiderait dans ses voyages dans le temps. Où comment le passé peut influencer le présent et vice versa. Et à ce niveau là, l’encastrement d’une scène du 2 dans le 1 comme si dans le 1, on avait prévu de faire cette scène dans le 2 (alors qu’en fait pas du tout) est incompréhensible à comprendre en lisant mais réussit en la regardant.

Insidious : Chapitre 2 : Photo Barbara Hershey, Patrick Wilson, Rose Byrne

Mais que je suis méchant au fond, « Insidious 2 » recèle bien de points positifs quand même. Les plus frileux d’entre nous trouverons le moyen de sursauter de temps à autre, les autres se contenteront d’être subjugués par la bonne réalisation de maître Wan qui présente quand même ses limites. On commence à être habitué avec cette saga, après une heure de film environ, cette dernière verse dans le grand guignolesque ! Les puristes sauront apprécier, les autres c’est moins sûr ! Le film de 2011 y avait recours comme une goutte de vin dans son eau et s’en faisait une force, celui-ci y tombe beaucoup plus facilement comme Amy Winehouse qui mettrait une goutte d’eau dans son vin. La scène d’arrivée dans les ténèbres en est malheureusement le parfait exemple. Prenez une pièce vide, fermez la lumière, allumez la machine à fumée et … bonjour les ténèbres … brr j’ai peur ! (bon j’ai froid, rallumez le chauffage !).  Ce qui donne un quart d’heure dans les ténèbres raté, bien loin du premier  film où ce voyage était un point fort. Souvenez du « Tip Toe Through the tulips »…

Il y a tellement à déblatérer sur ce « Insidous 2 », autant de choses positives que de négatives mais on s’acharnera plus sur le négatif dans la mesure où la recette du positif tient dans le talent de Wan, qui nous l’a suffisamment démontré ces dernières années pour en reparler à nouveau.

Il semblerait que James Wan quitte le navire pour le troisième opus, ce qui en est tout à son honneur car ce dernier prend lentement mais surement la flotte. Les dernières secondes du film ne pourront dire le contraire… tellement elles sont lamentablement commerciales. Et puis entre nous … franchement … qu’est ce qu’on peut nous raconter (de bien) par la suite ?

INSIDIOUS : CHAPITRE 2 (2/5) – Réalisé par James Wan – Sortie le 2 Octobre 2013

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Turbo

Écrit par Werner Dejaeghere

Turbo est une sorte de remake de Cars, car oui dès le départ on c’était dis que ça y ressemblait très fort et bien oui c’est dans sa généralité quasiment la même chose, mais le nouveau film des studios DreamWorks ajoute justement ce qui manqué à Pixar pour leur Cars. David Soren se concentre avant tout sur son univers qui est d’une profondeur incroyable et sa paye pour le résultat final. Mais le point fort du film c’est qu’il se rends compte qu’il est complètement absurde et nous le fait savoir à maintes reprise.

Synopsis:

Turbo est un escargot qui n’a qu’un seul rêve en tête : être incroyablement rapide ! Son obsession pour la vitesse l’a rendu quelque peu impopulaire chez les siens, où lenteur et prudence sont de rigueur. Mais il est hors de question pour lui de se conformer. C’est alors que se produit un étrange accident qui lui donne soudainement le pouvoir de foncer à toute vitesse. Il s’embarque alors dans une aventure extraordinaire pour accomplir son invraisemblable destinée : courir contre le plus grand champion de course automobile, Guy La Gagne. Avec l’aide d’une équipe d’escargots aussi rusés que stylés, l’ultime outsider Turbo mettra tout son cœur – et sa coquille, pour prouver qu’aucun rêve n’est trop grand, aucun rêveur n’est trop petit.

(Source: AlloCiné)

Turbo est un film d’animation qui est très bon, mais c’est surtout du côté de l’animation et même de la réalisation que le film est une réussite. D’une inventivité à tout épreuve le film de David Soren est un réussite visuelle et technique exceptionnelle, on prend une vraie claque c’est impressionnant de beauté et de maîtrise. Le film tourne en rond, mais n’ennuie jamais, Turbo n’essaye pas de sortir une blague toutes les 5 lignes de textes, mais des qu’il y a de l’humour il fait mouche. Ce nouveau DreamWorks vient chercher Pixar sur son terrain sans le dépasser, mais ça se jouait à une coquille d’escargot.

Turbo : Affiche

Le scénario est dans l’ensemble assez bon. Il y a quelques passages à vide, sans aller jusqu’à dire longueurs, mais ça tourne parfois en rond. Les personnages sont d’une grande simplicité, mais ils sont très bien construit et surtout très attachant. Chacun d’eux à une histoire et quelque chose à raconter. Les dialogues sont très bien écrits. D’une grande inventivité, mais aussi très juste.

Le doublage (français) et très bon. Laurent Lafitte tout en décontraction et nonchalance réalise l’exercice à merveille, Gérard Darier lui est tout en intériorité et apporte un vrai supplément d’âme à son personnage. Le casting vocal originale devait être lui aussi très bon, on y retrouve les voix de Ryan Reynolds, Paul Giamatti, Snopp Dogg, Samuel L. Jackson et beaucoup d’autres.

La mise en scène est très bonne. C’est d’une constante inventivité, mais aussi très surprenant, voir même impressionnant. L’animation est parfaite. C’est infini beauté, il y a un travail extraordinaire sur les couleurs. Henry Jackman signe une B.O. enlevé et efficace, mais trop mise en retrait et donc très peu marquante.

Turbo : Photo

Turbo est donc une très bonne surprise et vient nous montrer que DreamWorks ne peut aller qu’en s’améliorant, car après Les Croods en début d’année le studio prouve qu’il faudrait vraiment compter sur lui et pas le voir comme l’éternel sous-Pixar. Le film de David Soren est une claque visuelle de chaque instant et c’est bien ce qui le rend si fort, car même si le scénario s’égare parfois un peu trop tout y est sublimé.

Turbo est une grande réussite qui est d’une grande intelligence, car il a beaucoup de recul sur lui-même. Tout est très bien travaillé, mais le problème avec le film de David Soren c’est que l’on ne sait jamais où il veut vraiment allé, ce qui s’avère être assez perturbant. Il lui manque un vrai bon scénario, il en reste un film techniquement irréprochable et formidablement bien construit. On saluera surtout l’inventivité de ce Turbo qui n’est pas LE DreamWorks, mais qui est un sacré bon moment. Un divertissement familiale particulièrement bon rien de plus, rien de moins.

Turbo : Affiche

Turbo de David Soren: 3,5/5

(sortie le 16/10/2013)

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