Mission: Impossible – Rogue Nation

Écrit par Werner Dejaeghere

Mission: Impossible – Rogue Nation, 5ème opus de la franchise qui a été confié à Christopher McQuarrie, réalisateur du méconnu The Way Of The Gun et du délicieusement old-school Jack Reacher, mais surtout connu pour son travail de scénariste. On lui doit par exemple Usual Suspects de Bryan Singer. Tom Cruise producteur influent, car quasiment créateur de la franchise Mission Impossible au cinéma a soufflé le nom de McQuarrie avec qui il est ami et avec qui il avait tourné Jack Reacher, mais aussi sur des films nés de ses scénarios (Walkyrie de Bryan Singer et Edge Of Tomorrow de Doug Liman).

Synopsis :

L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

(Source : AlloCiné)

Mondialement connu et apprécié, mais surtout de qualité les films « Mission Impossible » sont très bons, car jamais bâclés étant donné que chaque film est réalisé par un réalisateur (re)connu qui sait apporter sa vision à un film de commande. Le premier, réalisé par le grand Brian De Palma (Phantom Of The Paradise, Scarface, ) est devenu un must du film d’espionnage. La suite plus décriée voir conspuée signée John Woo (À Toute Épreuve, Volte/Face, ) qui d’un niveau scénaristique était affligeant, mais où le génie visuel de son auteur l’emporté largement. Chouette nanar donc. Le troisième était lui le premier long-métrage de J.J. Abrams (Star Trek, Super 8, ) qui en avait fait un film d’action respectable tout en sobriété. Puis est venu un quatrième film qui a permit à la franchise de se faire une place dans les films qui rapportent gros, signé par un Brad Bird (Le Géant De Fer, Les Indestructibles, ) qui réalisait alors son premier film live et amenait une dimension presque cartoonesque sans oublier une bonne dose d’humour. Le niveau était donc là et prendre la relève se montrait compliqué, mais Christopher McQuarrie a su relever le défi en offrant film réussi, mais surtout un divertissement dense dans tout ce qu’il raconte et montre.

Reprenant la recette des opus précédents, c’est-à-dire un méchant qui veut détruire le monde, des voyages autour du monde, des cascades diverses et une équipe, ce cinquième film ne casse donc pas trois pattes à un connard, mais c’est là que la franchise excelle. Tout est ici classique dans le fond, mais tellement poussé à l’extrême que ça en devient passionnant. Christopher McQuarrie apporte un ton moderne qui rends le film complexe tout en restant très accessible, car jamais dans de grande explication, tout va à l’essentiel et le fait avec un rythme effréné où on ne prends jamais le temps de s’ennuyer cela même durant les scènes de dialogues. Blockbuster fou, Mission: Impossible – Rogue Nation est aussi un pur moment d’action où l’on est convié à une ahurissante course-poursuite à moto ou encore une séance d’apnée remarquable tout en faisant le tour du monde, le film ne se refuse rien pour plaire et le fait avec application.

McQuarrie donne au film une aura qui émane d’une réalisation classieuse et réfléchit combiné à un récit simple, mais passionnant. L’ensemble est inexplicablement magnétique, tout ici est fascinant, presque hors du temps. Mission: Impossible – Rogue Nation repousse les limites du blockbuster dans une surenchère d’action, qui au contraire d’un Fast & Furious ne se montre jamais bourrin. Le parfait exemple serait ce modèle de scène où tout transpire le cinéma, au début du film différent personnage se retrouvent dans l’Opéra de Vienne. Chacun à un but différent, mais tout va se lier, commence à un jeu du chat et la souris qui dure presque vingt minutes ! Ce qui est énorme dans un film d’action moderne et pourtant c’est jamais long, c’est d’ailleurs même la meilleure scène du film tant elle est parfaite. Christopher McQuarrie trouve l’essence même du divertissement dans ce qu’il a de plus noble, il joue dans cette scène avec le décor et tout ce que cela peut apporter. Il a arrive à renouveler sans cesse sans jamais passer à autre chose, tout s’enchaîne sans pour autant avancer et tout le long ce sera ça, il y a à chaque fois de nouveau enjeux qui relance le film. Le tout sous un rythme impeccable qui font passer les 2h12 que dure le film en un éclair.

Le film doit aussi beaucoup a son casting où chaque acteur joue bien, même les petits rôles font du boulot. L’inépuisable Tom Cruise fait du Tom Cruise et il le fait bien, jamais mauvais et pourtant pas spécialement bon, Cruise sait y faire quand il s’agit de charmer et encore une fois il remplit le contrat à merveille. LA révélation du film qui vole même la vedette à Tom Cruise n’est d’autre que Rebecca Ferguson qui tout en classe démontre tout un panel d’émotion avec un talent extraordinaire. Aussi belle que bon actrice, elle est LA star du film. Le méchant du film est joué par Sean Harris qui joue tout en sobriété et se montre terrifiant de d’inhumanité avec son jeu tout en intériorité. Simon Pegg continue d’approfondir son jeu de film en film, lui qui été déjà formidable et désormais parfait. Jeremy Renner moins fade qu’à son habitude livre une prestation correcte. Ving Rhames est lui toujours aussi attachant. Les deux autres nouveaux arrivants que sont Alec Baldwin et Simon McBurney font le minimum syndical, mais leur talent fait le reste. À noter aussi un excellent Jens Hultén qui en impose malgré qu’il n’a qu’un 3ème voir 4ème rôle.

Christopher McQuarrie livre une réalisation d’une impressionnante fluidité et est aussi à l’aise dans les moments les plus calmes que dans les grandes scènes d’action. Il démontre un vrai talent, toujours parfaitement placé et profitant au maximum de ses décors il exploite tout les possibilités qui s’offrent à lui pour en retirer le meilleur. Robert Elswit fait encore une fois des merveilles à la photographie, il compose avec la mise en scène pour offrir un travail merveilleux mettant en valeur chaque situation. Il apporte encore plus de classe au film. À la musique Joe Kraemer se fait plaisir, ça pète de partout, omniprésente, presque pesante la B.O. est dans l’ensemble très classique, mais Kraemer en surchargeant ses compositions apportent encore plus de tension au film.

On pourra reprocher à Christopher McQuarrie qui contrairement aux autres réalisateurs n’apporte une grande vision d’auteur, mais qui ne manque par pour autant de talent et se paye même le luxe de gommer les petits défauts des précédents volets. Il déroule son film à un train d’enfer et quid de ce manque d’originalité quand le résultat est un blockbuster extrêmement bien construit qui divertit sans prendre son spectateur pour un imbécile. Mission: Impossible – Rogue Nation fait de la franchise un concurrent sérieux à la saga « James Bond » et qui au-delà démontre une résistance incroyable dans le paysage Hollywoodien, cinquième opus d’une série qui ne s’essouffle pas et qui s’améliore de film en film. Généreux et travaillé, ce Rogue Nation est le modèle parfait de ce que doit être un divertissement. Le résultat est là, on tient ici un summum du film d’espionnage et du film d’aventure.

Mission: Impossible – Rogue Nation de Christopher McQuarrie: 4/5

(sortie le 12/08/2015)

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Filed under Août 2015

Cake

Écrit par Werner Dejaeghere

Quatrième film du réalisateur Daniel Barnz après les inédits Phoebe In Wonderland et Learning To Fly, mais surtout l’imbuvable et très mauvais Sortilège qui revisitait La Belle Et La Bête avec des clichés à la pelle. Cake lui n’est pas tant clichés que ça, mais est rempli de bon sentiment alors qu’il aborde le sujet de la mort, de la dépression sous un aspect dramatique, difficile donc de croire en quoique ce soit. Les sujets du film sont faciles à dire car évident, savoir de quoi veut parler le film est une énigme dans tout dans Cake est floue car Barnz emmène son film sur plein de piste différente pour aller nulle part et repart directement sur autre chose. Cake est d’autant plus frustrant que dans son exploration du deuil et de la mort il s’avérait intéressant.

Synopsis :

Claire Bennett va mal. Il n’y a qu’à voir ses cicatrices et ses grimaces de douleur dès qu’elle fait un geste pour comprendre qu’elle souffre physiquement. Elle ne parvient guère mieux à dissimuler son mal-être affectif. Cassante et parfois même insultante, Claire cède à l’agressivité et à la colère avec tous ceux qui l’approchent. Son mari et ses amis ont pris leurs distances avec elle, et même son groupe de soutien l’a rejetée. Profondément seule, Claire ne peut plus compter que sur la présence de sa femme de ménage Silvana, qui supporte difficilement de voir sa patronne accro à l’alcool et aux tranquillisants. Mais le suicide de Nina, qui faisait partie de son groupe de soutien, déclenche chez Claire une nouvelle fixation. Tout en s’intéressant à la disparition de cette femme qu’elle connaissait à peine, Claire en vient à s’interroger sur la frontière ténue entre vie et mort, abandon et souffrance, danger et salut. Tandis qu’elle se rapproche du mari de Nina et de leur fils, Claire trouvera peut-être un peu de réconfort…

(Source : AlloCiné)

Daniel Barnz livre une réalisation plate presque absente où de rare idée sont là, mais totalement inutile donc bien vaine. La photographie de Rachel Morrison est affreuse, tout y est moche même dans les moments où elle essaye d’y mettre enfin un peu de travail. Le film est dans son ensemble très laid. Tout est niveau zéro du travail, aucun effort est fait pour apporter un peu de personnalité au film. Mention spéciale pour Karyn Wagner et ses costumes d’une effroyable banalité.

Le casting pourtant plein de star est totalement sous-employé. Jennifer Aniston (Bruce Tout-Puissant, Comment Tuer Son Boss ?) en cassant son image est juste venu pour chercher un Oscar, mais elle n’est jamais bonne, ce mettre au naturelle et s’éloigner de ses rôles ne suffit pas à faire passer une absence de talent. L’éternel « Rachel de Friends » vient faire des grimaces durant tout le film (ce qui ne l’a pas empêché d’être nominé au Golden Globes de la Meilleure actrice dans un film dramatique). Adriana Barraza (Babel) fait le minimum syndical, mais reste plutôt bonne. Sam Worthington (Avatar, Le Choc Des Titans) se révèle meilleur qu’à l’accoutumée, sans pour autant briller. Anna Kendrick (In The Air, 50/50) est comme à son habitude d’une fadeur extrême. Pour les reste d’une casting ce n’est que des tout petit rôle tenu par des stars comme Chris Messina (Argo), Felicity Huffman (Desperate Housewives, Transamerica), William H. Macy (Fargo, Magnolia) ou encore Lucy Punch (Bad Teacher).

Il n’y a pas grand-chose à dire sur Cake à part qu’il soit mauvais, on ne peut difficilement lui trouver de qualité à part peut-être que malgré son incommensurable lourdeur, il se laisser suivre et que Barnz propose une autre vision du Los Angeles qu’on a l’habitude de voir au cinéma. Tout cela est très maigre à l’image du potentiel cinématographique du film qui ressemble à beaucoup de ses films qui n’existe que par et pour leur acteur/trice (ici Jennifer Aniston) et passe complètement à côté de ce qu’ils veulent dire, comme l’était l’imbuvable et encore plus mauvais Gimme Shelter de Ron Krauss qui est un modèle du genre (R.I.P. Vanessa Hudgens). Dans ce Cake indigeste, la cerise sur le gâteau est ce manque de traitement qui vient rendre le film sans intérêt aucun.

Pour le jeu de mot on se contentera de dire que Daniel Barnz mériterait des tartes. Tout simplement inutile.

Cake de Daniel Branz : 1/5

(sortie le 08/04/2015)

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Filed under Avril 2015

Big Eyes

Écrit par Werner Dejaeghere

Tim Burton réalisateur en décadence artistique depuis 2005 et son Charlie Et La Chocolaterie, à partir de là il a commencé a perdre un peu de son public, de la crédibilité, mais surtout son talent. Six films plus tard vient Big Eyes son film le moins ambitieux depuis Pee Wee Big Adventure (son premier long-métrage) et pourtant pas son plus mauvais. La trajectoire de ce réalisateur culte a qui on doit Edward Aux Mains D’Argent, Mars Attacks!, Beetlejuice ou encore Big Fish pour ne citer qu’eux a pris une tournure bizarre, je parlais de décadence et pourtant chacun de ses films regorgent de qualité, mais avant Tim Burton savait imposer un univers, des personnages et des thèmes, c’était un créateur il est désormais plus qu’un faiseur à l’image de Alice Au Pays Des Merveilles ou Dark Shadows.

Synopsis :

BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

(Source : AlloCiné)

Tim Burton avec son 17e film se débarrasse de ses codes de réalisation et de ses univers fantaisistes qui lui ont valus sa notoriété, il signe là un petit film dans lequel on ne retrouve jamais vraiment sa patte et qui souffre d’un total manque d’ambition, mais heureusement qu’il y a seize long-métrages avant Big Eyes car sinon « l’univers Burton » serait totalement absent. On retrouve ici tout les thèmes qui lui sont chers et c’est ce qui fait tout l’intérêt du film, on peu y voir la situation de son réalisateur face à son art, mais à côté de ça Big Eyes est aussi un joli portrait de femme.

Big Eyes bien que dénué de l’investissement d’un réalisateur qui semble peu croire en son film, c’est un biopic d’une écrire très fluide presque évidente. On évite certes pas quelque cliché du drama sauce US, mais tout sonne plutôt juste et le classicisme de l’écriture colle bien à l’ambiance du film où tout est très carré. Les dialogues sonnent eux par contre un peu faux tellement ils semblent plat et sans saveur. Même si le style visuel de Burton est au abonné absent, la photographie de Bruno Delbonnel fait encore des merveilles, mais le film est aussi aidé par les décors du génial chef déco. Rick Heinrichs.

Le casting en fait souvent trop ou pas assez, mais tout ça s’équilibre plutôt bien. Amy Adams récompensée d’une Golden Globe de la Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie est encore une fois très bonne avec une simplicité de jeu assez plaisante à voir. Christoph Waltz cabotine toujours autant, mais cette fois il est ridicule et presque insupportable. Dans un petit rôle et avec très peu de temps à l’écran Jason Schwartzman, Danny Huston et Terence Stamp démontrent encore leurs talent avec des interprétations impeccable.

Big Eyes est loin d’être un grand Burton, mais à l’avantage de proposer autre chose dans une filmo. qui manque sérieusement d’inventivité et de création. Là où le film surprends aussi c’est dans sa manière d’aller chercher l’émotion, si c’est souvent assez vain l’intention de vouloir donner à son spectateur un film riche est bien là. Tim Burton a bien du mal à s’affirmer dans ce film désincarné et terriblement lisse, mais les thèmes abordés en font un savoureux discours venant d’un homme plein d’amour et compréhensif envers ses personnages d’autant plus quand ceux-ci lui ressemblent.

L’ensemble est d’une fadeur extrême, mais Big Eyes arrive à accrocher même dans ses moments les plus inintéressants ou quand le scènes sont ratés. Tim Burton a réussi l’exploit de sortir un chouette sans jamais y mettre l’envie, en bon faiseur il livre un film correct qu’on regarde plus pour ce qu’il raconte que pour ce qu’il nous montre. Le film certes bancal arrive à intéresser, mais la force de Big Eyes c’est qu’il arrive à éviter d’être un biopic à l’académisme poussiéreux même si il reste classique dans ce qu’il est. Burton peine à transcender son projet, mais son regard arrive à faire un bon film qui vaut le détour pour ce qu’il représente il est juste dommage que son réalisateur n’investisse pas plus son talent au service de ce qui n’est que la promesse d’un renouveau.

Big Eyes de Tim Burton : 2,5/5

(sortie le 18/03/2015)

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Filed under Mars 2015

Things People Do

Écrit par Werner Dejaeghere

Drôle de film que ce Things People Do ou After The Fall en VO, vendu chez nous avec comme accroche « par la productrice de The Tree Of Life, Mud et Take Shelter » donc autant dire que la femme a misé sur de bon projet, mais sans avoir vu de bande-annonce ni rien savoir à quoi s’attendre, le premier film de Saar Klein est très surprenant. À savoir que Klein a été monteur pour Terrence Malick sur La Ligne Rouge et Le Nouveau Monde, ce qui ce ressent énormément car avec Things People Do le réalisateur fort de son expérience avec Malick lui emprunte cette réalisation flottante et contemplative, mais la puissance poétique en moins. Le film bascule ensuite dans le film de genre quand le personnage entame sa descente vers la criminalité et c’est là que ce premier film surprends, car il est en fait un quasi copié-collé de la série Breaking Bad.

Synopsis :

Bill, un père de famille dévoué, perd son travail du jour au lendemain. Il n’a alors pas d’autre choix que celui d’entrer, presque à son insu, dans l’illégalité. Quand il se lie d’amitié avec un inspecteur de police, c’est la double vie qui est désormais la sienne qui risque à terme d’être révélée…

(Source : AlloCiné)

Thing People Do est en soi un bon film dans sa critique du Rêve américain au travers d’un citoyen moyen qui devient criminel pour les besoins de sa famille, mais le gros problème c’est que Breaking Bad a déjà tout montré et quand Saar Klein reprends quasiment à l’identique une série parfaite, mais surtout déjà culte c’est que tout ce qu’il peut raconter ce montre particulièrement vain et en ça on ne pas vraiment en dire du bien. Pourtant Thing People Do est un chouette film de genre, une sorte de série B portée par une certaine grâce et une puissance silencieuse, mais là encore ça ressemble quelque à Cogan : Killing Them Softly de Andrew Dominik et si la comparaison est quelque peu poussée, dans les deux cas il y a énormément de longueur qui empêche de rentrer totalement dans le film.

Le film doit beaucoup à son casting qui arrive à apporter beaucoup de substance à un film qui en manque un peu. En tête de ce casting, le « héros », Wes Bentley (Hunger Games, Interstellar, American Beauty) qui ne devrait pas tarder à ce faire connaître et qui apporte ici une force incroyable à un personnage surfait pour lui donner de la consistance. Jason Issac éternel Lucius Malefoy dans la saga Harry Potter apporte lui aussi beaucoup de chose à son rôle de flic brisé. Vinessa Shaw (Two Lovers, La Colline A Des Yeux) tout en justesse n’a pas énormément à faire, mais dans un rôle très pauvre sa grâce arrive à le rendre un peu moins fantomatique.

Le gros problème de Things People Do c’est qu’il ne va jamais au bout de ses idées et tourne parfois un peu à vide d’autant plus qu’on connaît le récit déjà vu un peu partout, malgré tout Saar Klein s’en sort grâce à sa mise en scène certes parfois maladroite, mais qui est tellement élégante et à l’opposée même de son sujet, car le film au fond très noir est lumineux. Things People Do est un polar déroutant dans ses choix artistiques et s’affirme comme un film de technicien qui si il manque d’originalité à au moins le mérite de proposer du cinéma, ce qui est déjà pas mal.

Klein signe un condensé 1h50 de Breaking Bad qu’on ne peut qu’avoir envie de revoir à la fin de ce film, pourtant avec son premier film le réalisateur bourré d’influence arrive à dépasser le stade de la simple illustration de l’envers du Rêve américain sans aller forcément y aller à fond, mais l’ensemble ce regarde avec un certain intérêt. Things People Do n’est ni vraiment mauvais ni vraiment bon, il est juste un film parmi tant d’autre sur son sujet rien de honteux donc, rien de glorieux non plus. On prendra simplement la première réalisation de Saar Klein comme un film « à voir ».

Thing People Do (After The Fall) de Saar Klein : 2,5/5

(sortie le 18 février 2015)

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Filed under Février 2015

Les Nouveaux Héros

Écrit par Werner Dejaeghere

Disney + Marvel = Les Nouveaux Héros, certes cette combinaison réductrice est quelque peu facile, mais le nouveau Disney en gros c’est ça. Depuis le rachat de Marvel par Disney en 2009, on avait pas encore pu vraiment constater l’intérêt artistique que ça suscité, c’est surtout au niveau marketing qu’on ressentait ce rachat, et ce Big Hero 6 (son titre anglais) s’inscrit dans cette démarche d’appât du gain en combinant tout ce qui attire les gosses de la nouvelle génération. Si ça aurait pu rebuter au premier abord, c’était sans compter sur le studio aux grandes oreilles qui a toujours su s’inscrire dans son époque et livrer (presque toujours) des produits de qualité alliant fond et forme. Quand est-il alors de cette cuvée 2015 ? Et bien en fait pas grand-chose et en même temps énormément.

Synopsis :

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

(Source : AlloCiné)

Don Hall (Winnie L’Ourson) et Chris Williams (Volt, Star Malgré Lui) tout deux à la réalisation font un melting-pot d’influence qui ennuie parfois tant on a l’impression de l’avoir déjà un peu partout, mais pourtant leurs second film à chacun (ils sont avant tout scénaristes sur beaucoup de projet) marche du tonnerre et est même parfois excellent. On ressent l’envie d’offrir un grand spectacle et c’est réussi tout en ajoutant des thèmes fort et c’est là aussi réussi, mais comme pour Atlantide, L’Empire Perdu ; La Planète Au Trésor, Un Nouvel Univers ; Bienvenue Chez Les Robinson et Volt, Star Malgré Lui c’est carrément anecdotique et malgré tout Big Hero 6 reste un grand film pour enfant, mais il est loin d’être un grand Disney.

Big Hero 6 aborde le deuil à la fois de façon originale et terriblement classique, la faute a un scénario qui enchaîne des situations déjà vu tout en y incorporant une dose d’énergie bienvenue pour mélanger action et émotion à la perfection. À la fois divertissant et touchant, mais surtout très malin dans sa manière de parler de la mort au travers d’une quête vengeresse où choix moraux sont présent et si c’est parfois très léger, car destiné aux plus petits, il est assez rare de voir Disney attaquer un sujet de manière frontale comme il le fait ici. On regrettera juste que Hall et Williams ne s’adressent qu’aux plus jeunes dans ses thèmes (les 3-7 ans), n’essayent d’offrir un spectacle qu’aux 7-12 ans et oublient les adultes alors qu’il y a toujours dans les films d’animations pour enfant certaines choses ou gag à double-sens qui leurs sont destinés, ici elles sont absentes et c’est regrettable car ça rend le film encore plus anodin pour studio.

Mêlant influence du comics, l’émotion des Pixar‘s, culture asiatique et le cartoon, Don Hall et Chris Williams font un peu une bouilli de tout ça pour un ensemble qui ne surprend jamais vraiment, mais malgré un manque d’identité qui handicap le film, ça fonctionne à merveille étant donné que les deux réalisateurs font tout pour plaire et s’en dégage une sincérité évidente. Big Hero 6 est un divertissement qui séduit dans ce qu’il propose même si ça s’oublie très vite, durant 1H40 on assiste à un spectacle généreux qui assure le show tout du long. Un Disney doté d’une animation superbe et foisonnant d’idée (la ville du film est extraordinaire) sur une musique hyper efficace de Henry Jackman pour donner au film un côté trépidant qui le rends encore plus généreux, car Hall et Williams donnent tout ce qu’ils ont pour séduire… et ça fonctionne. Disney mineur que ce Big Hero 6, mais vrai bon divertissement et surtout un grand film pour enfant qui même si il est quelque peu écrasé par ses influences arrive à offrir du plaisir sans pour autant prendre son public pour des imbéciles et c’est là toute la force du film.

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) de Don Hall et Chris Williams : 3,5/5

(sortie le 11 février 2015)

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